Mardi 22 Avril 2008 -- La Médecine traditionnelle dans l’Espagne musulmane est le titre d’un ouvrage du docteur Fadila Bouamrane publié par le Haut Conseil islamique (HCI). Ce livre se présente comme une introduction au traité médical Kitab El Taysir, d’Abu-Marwan Abd Al-Malik Ibn Zuhr, connu en Occident sous le nom d’Avenzoar (1091-1162). L’auteur nous plonge dans cet univers où se côtoyaient des peuples de différentes régions à l’image de Séville, Cordoue, joyaux du monde. Cette universitaire nous fait revivre à travers cet ouvrage les années fastes de cette période. Une bibliothèque avait été alors constituée et jouissait de la même réputation que celle d’Alexandrie. Des écoles de médecine arabe ou de langue arabe, qui connurent de grands médecins comme Ibn Sina, Ibn Abbas Al Majusi, Al Baghdadi, Ibn Al Mutran, Ibn Abi Usaybia, Ishaq Ibn Imran, Ibn Al Jazza, ou les fameux Avenzoar, Averroès ont été également construites.

Fadila Bouamrane nous présente un illustre médecin qui a marqué de son empreinte le monde de la médecine : Abu-Merwan Abd-Al-Malik Ibn Zuhr dit Avenzoar, qui est l’un des plus grands médecins, cliniciens, parasitologues du Moyen Age. Certains historiens ont dit de lui qu’il est le plus important parmi les médecins arabes depuis Rhazes de Bagdad. Certains de ses contemporains disaient de lui qu’il était le plus grand médecin depuis Galien. Avenzoar est né à Séville en 1091. Il a étudié à Cordoue à l’Université médicale. Après un bref stage à Bagdad et au Caire, il revient en Espagne comme médecin, au service des Almoravides (Al-Mourabitoun). Puis, après leur défaite par les Almohades (Al-Mouwahidoun), il se met au service du premier souverain Mouwahid en tant que médecin et ministre.

Il a fait toute sa carrière à Séville. Avenzoar s’est surtout consacré à la médecine, contrairement aux autres scientifiques qui abordaient plusieurs champs de la connaissance. Ainsi, il a pu contribuer à des travaux originaux et sur le long terme. Il se différencie des autres médecins par l’importance qu’il donne à l’observation et à l’expérience dans son travail qui, d’après lui, est la meilleure base et le véritable guide de la pratique médicale. Avenzoar a fait plusieurs découvertes importantes en tant que médecin. Il a été l’un des premiers à faire des expérimentations sur l’animal avant de les appliquer sur l’homme.

L’auteur fait référence surtout à son ouvrage intitulé Kitab al-Taysir fi al-Mudawat wa al-Tadbir (le Livre de la simplification des traitements et régimes). En effet, la renaissance avait pris le relais en en donnant la caractéristique grâce à l’oeuvre considérable d’Ibn Roshd (Averroès pour les Latins) de Cordoue qui a largement inspiré l’averroïsme latin, démontrant ainsi la qualité historique et scientifique de la pensée arabe, en dehors de toute vie spéculative de l’islam traditionnel. On apprend que cet ouvrage essentiel a été écrit à la demande d’Averroès (Ibn Sina).

Le deuxième livre Kitab al-Iqtisad fi Islah Al-Anfus wa al-Ajsad (Livre sur la réforme des âmes et des corps) fait le bilan sur différentes maladies, thérapeutiques et sur l’hygiène. Il y est abordé le rôle de la psychologie dans le traitement, de manière simple. Le troisième livre Kitab al-Aghziya (le Livre des denrées alimentaires) traite de plusieurs médicaments et de l’importance des denrées alimentaires et de la nutrition, ainsi que de leurs effets sur la santé. La Médecine traditionnelle dans l’Espagne musulmane est un livre de grande utilité pour les étudiants en médecine, mais aussi pour tous ceux qui s’intéressent à la connaissance et au savoir.