Samedi 17 Mai 2008 -- Pour le médecin légiste, tout suicide représente un cas à étudier pour poser le véritable diagnostic quant aux raisons qui ont causé la mort. Si le législateur a instauré une loi rendant obligatoire l’autopsie devant tout cas de suicide, c’est justement pour rendre justice aux victimes assassinées par des tueurs machiavéliques qui élaborent des plans pour leurrer les enquêteurs chargés de l’enquête.
Combien de cadavres transportés vers les morgues avec une corde autour du cou et présentés comme des suicidés ont fini par se révéler, grâce aux médecins légistes, être des assassinats. “J’ai eu déjà un cas d’un mort présenté comme un suicidé par ingestion d’un détergent. Lors de l’autopsie, j’ai constaté qu’il était mort suite à un traumatisme cranio-cervical. Ce diagnostic a permis aux enquêteurs de poursuivre leurs recherches et d’arrêter les auteurs de cet homicide”, affirme le Dr Boulassel, du service de médecine légale du CHU de Tizi Ouzou où 67 cas de suicide ont été enregistrés en 2007.
À propos des statistiques, les médecins légistes se plaignent de l’absence de chiffres fiables car aucune étude épidémiologique n’a été menée jusqu’à présent en Algérie. Ce constat a été fait lors de la neuvième journée médico-judiciaire qui s’est tenue jeudi dernier à l’Institut national de santé publique à Ben Aknoun, en présence de médecins légistes, de magistrats et de représentants des services scientifiques de la Gendarmerie nationale et de la Sûreté nationale. Cette rencontre a permis aux différents intervenants de mettre l’accent sur les aspects juridique et médical du suicide. Si le suicide est un véritable fléau en Algérie, il ne faut tout de même pas ignorer que bon nombre d’assassins tentent de maquiller leurs crimes. C’est pourquoi les médecins légistes, les services scientifiques de la police et de la gendarmerie et les magistrats conjuguent leurs efforts pour débusquer les cas d’homicides maquillés.
Dans un autre registre, les intervenants ont mis l’accent sur le rôle de l’État et du mouvement associatif dans la lutte contre le suicide, par l’amélioration des conditions de vie des citoyens et par l’accompagnement des personnes fragiles. Pour sa part, le professeur Belhadj, du service de médecine légale de l’hôpital Mustapha, estime que le phénomène du suicide revêt plusieurs facettes dont certaines sont du ressort de la médecine légale et de la justice et d’autres relèvent de la compétence de l’État ou des psychiatres. “Quant aux médecins légistes, ils doivent apporter les preuves quand il s’agit de suicide et aussi lorsque la mort est provoquée par des personnes qui tentent de maquiller leur forfait”, explique le professeur Belhadj.
Si en Algérie, les chiffres ne sont pas disponibles, selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il y a eu en 2000, 877 000 suicides dans le monde. Selon cette même enquête, il y a un suicide dans le monde toutes les 40 secondes, ce qui effraie les spécialistes. En France, à titre d’exemple, le nombre des morts par suicide qui s’élève à 11 000 décès dépasse de loin les victimes des accidents de la route dont le nombre est de 5 000 par an.
Les médecins légistes préconisent une enquête épidémiologique sur le suicide en Algérie, pour connaître le nombre de cas, et surtout pour identifier les populations les plus exposées pour les aider. Le suicide est devenu ces dernières années un vrai fléau en Algérie et il touche toutes les couches de la société. Cette étude, si elle est menée, éclairera les spécialistes sur les raisons qui poussent par exemple des enfants et des personnes âgées à passer à l’acte fatidique.
Selon des études menées de part le monde, les hommes se suicident plus que les femmes qui font pourtant plus de tentatives, mais considérées comme des appels au secours. Les médecins légistes interviennent aussi pour déterminer les cas de mort par privation de nourriture et de soins, observés surtout chez des victimes âgées. Pour les mêmes spécialistes, certaines morts qui paraissent naturelles sont dues parfois à une anorexie involontaire, car les personnes en charge des personnes âgées, par oubli ou volontairement, les privent de nourriture et de soins. En somme, la médecine légale intervient pour différencier le suicide de l’homicide.
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17th May 2008 22:45 #1
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Suicide en Algérie : La création d'un observatoire national s'impose
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17th May 2008 22:48 #2
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Samedi 17 Mai 2008 -- Effarant ! En Algérie, le suicide a emporté plus de 300 âmes l’année écoulée. Un mort par jour ! Et devant l’absence de statistiques fiables, impossible de déterminer les chiffres exacts. Une chose est sûre, ce phénomène est en constante hausse ces dernières années. Pour mieux cerner ses causes et ses conséquences, une journée d’étude lui a été consacrée, jeudi dernier, au siège de l’INSP. Initiée par la Société algérienne de médecine légale, cette journée a abordé les aspects médico-légaux du suicide.
Il ne se passe pas un jour sans qu’un service de médecine légale en Algérie pratique une autopsie pour cause de mort violente, notamment le suicide, dira le Pr M. Bessaha, président de la Société algérienne de médecine légale, lors de son allocution d’ouverture. Plus d’un million de personnes se suicident par jour, de par le monde. Soit un mort toutes les 40 secondes, rapporte l’OMS. Statistiquement parlant, l’Algérie est l’un des rares pays au monde qui ne figure pas sur la liste établie par l’OMS, fautes de statistiques officielles, déplore le Pr Bessaha. De ce fait, les spécialistes appellent avec insistance à la création d’un Observatoire national de suicide, souligne Pr Bessaha.
Le chômage et la malvie constituent les premières causes de suicide en Algérie. Dans 56% de cas de mort violente volontaire (terme désignant le suicide en médecine légale) sont des sans-emplois, certifient les spécialistes. Les pathologies mentales sont, cependant, à l’origine de 75% des cas de suicide. La dépression nerveuse est la cause première dans la moitié des suicides. D’où l’importance d’une prise en charge sérieuse des malades dépressifs, par leur entourage. D’autres facteurs conduisent au suicide, tels la toxicomanie et autres dépendances, le désespoir et les problèmes familiaux.
D’après les spécialistes, la seule ville de Blida compte 69 cas de suicide enregistrés entre 2003 et 2007 : 16 cas en 2003, 13 en 2004, 17 en 2005 et enfin 14 et 9 suicides respectivement en 2006 et 2007. Quant à la moyenne d’âge des personnes suicidaires, elle varie entre 28 et 33 ans, expliquent les médecins légistes. S’agissant du sexe des personnes suicidaires, ce sont les personnes de sexe masculin qui prédominent, avec 75% des cas. Ainsi sur les 69 cas cités, on compte 52 hommes. Les femmes viennent en seconde position avec 25%, soit 17 cas.
Avec un taux de 45%, le mode de suicide le plus répandu reste la pendaison. On relève, toujours à Blida, 31 décès par pendaison. La défenestration est considérée comme le deuxième mode de suicide, le plus adopté, ont expliqué des médecins légistes du CHU de Blida. Par ailleurs, dans une enquête sur la mort violente volontaire dans la région de l’Oranie, on recense 227 cas de suicide entre 2003 et 2007. Près de 50% des personnes décédées avaient moins de trente ans, et les femmes représentaient 30%. Enfin, le Pr Bessaha a émis le vœu de voir la réalisation d’une étude nationale sur ce phénomène qu’est le suicide.
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29th May 2008 03:30 #3
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Jeudi 29 Mai 2008 -- Le phénomène du suicide prend de l’ampleur en Algérie, et en Kabylie en particulier. La wilaya de Tizi Ouzou a enregistré, à elle seule, 36 cas depuis le 1er janvier 2008, a-t-on appris hier. Durant les années 2006 et 2007, les services de la Gendarmerie nationale ont dénombré respectivement 46 et 48 cas. Les statistiques font état de la prévalence de ce fléau chez la tranche d’âge comprise entre 18 et 35 ans. Ces chiffres rendus publics à l’occasion des journées portes ouvertes, organisées par le commandement de ce corps de sécurité au centre culturel de la ville de Draâ Ben Khedda, placent la wilaya de Tizi Ouzou parmi les régions du pays où le taux de suicide est le plus élevé.
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21st December 2008 22:50 #4
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Dimanche 21 Décembre 2008 -- W.K, âgée de 16 ans, a été admise le week-end dernier au service des urgences, après avoir ingurgité une grande quantité de médicaments. Elle a subi un lavage d'estomac et ses jours ne sont plus en danger. Cette adolescente habitant Oran a tenté de mettre fin à ses jours. L'information est passée presque inaperçue. Et pour cause, ce phénomène social est considéré, de par sa récurrence, comme un fait divers. Pourtant, les statistiques, aussi froides que les corps qu'elles représentent, sont alarmantes. Selon des sources proches du CHU d'Oran, depuis le début de l'année 2008, une vingtaine de personnes se sont données la mort et quelque 400 autres ont tenté de le faire. A Oran, une enquête menée au niveau des services des urgences du CHUO a montré qu'entre 2001 et 2003, le nombre de tentatives de suicide a considérablement augmenté, passant de 295 cas en 2001 à 400 cas en 2002, 508 cas en 2003 pour atteindre 629 tentatives et une soixantaine de cas de suicide en 2005. En 2006, une soixantaine de personnes se sont suicidés sur quelque 300 tentatives et autant en 2007.
Plusieurs statistiques d'organismes algériens rapportent que 10.000 personnes tentent de se suicider chaque année. Environ un millier chaque année y réussissent, leurs appels au secours, leurs différents messages de détresse n'ayant trouvé aucune oreille attentive, ni au niveau institutionnel ni celui du cercle familial. Un chiffre qui n'est pas très réel, en ce sens que certains suicides n'ont jamais été déclarés, du fait que ce phénomène était un sujet tabou. Idem pour les tentatives de suicide (cinq fois plus importantes que l'acte lui-même) qui, hormis les cas d'absorption de barbituriques et donc d'admission à l'hôpital, le reste n'est jamais déclaré. Intervenant lors des travaux de la IXè Journée médico-judiciaire tenue en mai dernier à Alger, et ayant pour thème «Suicide et ses aspects médico-légaux», le Pr Madjid Bessaha, président de la Société de médecine légale (Saml), a fait remarquer qu'«il ne se passe pas un jour sans qu'un service de médecine légale en Algérie ne pratique une autopsie pour cause de mort violente, notamment un suicide». Cependant, a-t-il déploré, l'Algérie demeure l'un des rares pays au monde à ne pas figurer sur la liste des statistiques mondiales. Les statistiques officielles font encore défaut. Stress, dépression nerveuse, chômage, mal-vie expliquent l'inquiétant phénomène. En finir avec la vie pour fuir une réalité trop dure à supporter, telle est la situation qui a emporté l'année écoulée 177 âmes algériennes recensées par les services de police.
La culture du secret
Le suicide en Algérie est tenu secret aussi bien par les familles des suicidés que par les praticiens qui reçoivent dans les hôpitaux des patients qui se sont donnés la mort ou qui ont tenté de le faire. Le phénomène, véritable « crime contre soi», a augmenté de façon fulgurante. Il se produit un suicide toutes les douze heures en Algérie. La tranche d'âge des 18-45 ans est la plus touchée. Si le désespoir est un élément indicateur pour le suicidé, la plupart des spécialistes dans le domaine interrogés s'accordent à dire que dans 80 % des cas, le candidat au suicide présente des troubles psychiatriques ou des troubles de la personnalité, pas forcément pathologiques, mais facilement décelables par un professionnel de la santé mentale». Selon les psychologues, «le suicide ou la tentative de suicide s'illustre par trois fonctions. La première est relative à l'appel de détresse du concerné qui veut exprimer un malaise. L'affirmation de la personnalité en est la deuxième fonction, en ce sens que pour l'individu il s'agit de prouver, par un jeu, qu'il est invulnérable. Tandis que la troisième fonction se résume dans les troubles du comportement». Concernant l'approche éthique et culturelle du suicide du point de vue religieux, celui-ci est un pêché. Dans ce cadre, «les suicidés sont surtout des gens qui ont perdu tout repère et qui n'ont reçu aucune véritable formation religieuse». Certaines familles dissimulent la cause de disparition de leur proche pour ne pas avoir à supporter la charge de la condamnation religieuse et sociale qui pèse sur le recours à l'acte de mort volontaire.
«Si la dépression est généralement la cause directe du suicide, les conditions socio-économiques sont aussi des facteurs d'exacerbation de l'état dépressif. Ainsi, les chômeurs sont souvent les premiers sur la liste des suicidés, signe que le marasme social peut fragiliser encore plus les personnes déjà vulnérables psychologiquement», résument les spécialistes. D'autres facteurs aggravants sont aussi recensés, tels que les problèmes familiaux, les troubles psychiques, les déceptions sentimentales et l'honneur. Lorsque l'envie de mourir se manifeste et se fait pressante, le candidat au suicide use, selon les cas, de moyens susceptibles de rendre son triste projet «concret ». Produits chimiques, barbituriques, chutes volontaires, pendaison, asphyxie au gaz, ainsi que l'emploi d'armes à feu et objets tranchants sont autant de moyens utilisés pour mettre en application l'ultime acte de désespoir. Selon le sociologue français Christophe Baudelot, qui a animé une conférence en début d'année à Alger, le suicide en Algérie est un phénomène assez complexe. « Les sociologues ne peuvent pas se prononcer encore sur le suicide en Algérie», a-t-il affirmé. L'Algérie doit se rendre à l'évidence que cette situation ne peut rester en l'état parce qu'il faut savoir d'où vient ce mal. Néanmoins, des statistiques existent... Cela est lié, selon le sociologue français, à la situation de la mal-vie des personnes, la dégradation des valeurs morales et la décadence dans les systèmes éducatifs. Un phénomène qui touche les couches les plus défavorisées et diminuées. Il révèle également que les femmes ne se suicident pas mais font des tentatives de suicide. Cette action est significative, « c'est un appel au secours». Il est révélé aussi que les femmes font des détresses mais les hommes se suicident. La tragédie du suicide dans notre pays serait donc évitable pour peu qu'un réseau de centres d'écoute médico-psychologique soit largement déployé dans la communauté. La multiplication de ces espaces de proximité dans les établissements éducatifs et des quartiers permettraient de traiter la souffrance morale des sujets en détresse.
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2nd February 2009 22:42 #5
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Yahia Arkat :
Lundi 2 Février 2009 -- Le chiffre fait peur : pas moins de 53 suicides et une vingtaine de tentatives de suicide ont été enregistrés durant l’année 2008 dans la wilaya de Tizi Ouzou. Le phénomène, qui n’est pas nouveau, a cependant pris une ampleur jamais égalée depuis des années. À titre illustratif, il a été enregistré une quarantaine de cas de suicide l’année précédente. Durant l’année écoulée, le fléau a touché plus la gent masculine, puisque 41 hommes ont attenté à leur vie. Sept femmes ont recouru à cette solution extrême et autant d’autres ont été sauvées in extremis. Même les enfants n’ont pas été épargnés par ce phénomène ; deux enfants se sont suicidés l’année dernière, dont le 1er semestre a été le plus meurtrier. 27 cas de suicide et une dizaine de tentatives de suicide avaient été enregistrées.
Durant le mois d’août, les services de la Protection civile ont répertorié huit cas de suicide. Les psychiatres et autres experts de la santé mentale n’ont cessé de se pencher sur ce phénomène qui pose un problème de santé publique. Le suicide touche toutes les catégories sociales, ce qui voudrait dire que les difficultés socioéconomiques ne sont pas les seules raisons qui poussent à cet acte extrême de désespérance. Selon des études de spécialistes, il n’y a pas que les antécédents psychiatriques qui sont à l’origine de cette hécatombe sociale. Le chômage qui frappe de plein fouet de larges couches sociales ainsi que les conflits de ménage sont parmi les causes qui ont présidé au passage à l’acte chez les sujets vulnérables. Les déceptions amoureuses y sont également pour quelque chose. Nombre de “Casanova” ont mis fin à leurs jours après avoir vu leur cœur brisé par quelque dulcinée devenue subitement virtuelle.
Il reste que sur le plan de la prise en charge, les choses ne vont pas comme sur des roulettes. L’EHS Fernane-Hanafi de Oued Aïssi, dans la wilaya d Tizi Ouzou, déploie des efforts immenses dans ce sens, mais toujours est-il que le fléau ne manque pas de happer des vies humaines. Car la prise en charge psychologique des personnes en détresse doit intervenir aussi bien en aval qu’en amont. Pour le moment, la wilaya de Tizi Ouzou vient en tête des régions touchées par le fléau. Le chiffre de 53 cas de suicide sonne comme une alerte rouge pour les pouvoirs publics mis en demeure de trouver des solutions appropriées. Le bilan macabre en question est rendu public par la Protection civile de Tizi Ouzou qui fait une récap de ses interventions enregistrées au courant de l’année 2008.
Outre les cas de suicide enregistrés, les sapeurs-pompiers ont fait 4 interventions pour asphyxie par gaz carbonique et butane. Durant ces interventions, 4 personnes sont décédées, alors que 5 autres ont pu être sauvées. Selon le document de la direction de la Protection civile, 18 cas de brûlures ont provoqué trois décès, dont une femme. Concernant les accidents de la circulation, le bilan fait état de 755 interventions ayant causé 41 décès et 829 blessés. Les dégâts matériels se déclinent par 887 véhicules légers, 82 camions, 15 bus, 15 mobylettes, 13 tracteurs agricoles et 2 engins divers. Le bilan comporte également des chiffres se rapportant aux interventions rentrant dans le cadre de la lutte contre les feux de forêt et la campagne de surveillance des plages durant la saison estivale écoulée, avec respectivement 259 interventions et 1 253 opérations. Au total, ce ne sont pas moins de 13 798 interventions qui ont été enregistrées durant l’année 2008, soit une augmentation de 10% par rapport à l’année 2007. Ces interventions concernent, entre autres, les évacuations sanitaires, les extinctions de feux, les intoxications et les opérations diverses.
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25th March 2009 14:30 #6
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Mercredi 25 Mars 2009 -- Parler du suicide est une façon d’alerter l’opinion et les pouvoirs publics sur les dangers qui guettent notre société en vue de la prévention contre cette forme de violence contre soi-même. C’est ce qu’a décidé de faire la fondation Mahfoud-Boucebci, en organisant, demain, une conférence sur le thème à Riadh El-Feth, salle Frantz-Fanon. La rencontre sera animée par le docteur Maâmar Aouchiche, psychiatre, Mme A. Dalila Zouad, psychologue clinicienne à la DGSN, et le professeur Madjid Bessaha, médecin expert près les tribunaux (service médecine légale CHU Mustapha-Pacha) et président de la Société algérienne de médecine légale.
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28th March 2009 04:06 #7
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Samedi 28 Mars 2009 -- Le suicide prendrait des proportions alarmantes en Algérie. Mais en l’absence de statistiques officielles et d’études scientifiques, ce phénomène apparaît comme nouveau, notamment par son ampleur, préviennent les médecins légistes, les cliniciens et les sociologues qui ont participé hier à la conférence organisée par le fondation Mahfoud-Boucebci intitulée «le suicide en Algérie : un fait de société». Les spécialistes font référence aux cas de suicide rapportés souvent par la presse, par les services de la police et de la médecine légale établis à travers le territoire national. «Malgré son ampleur, il n’y a jamais eu d’études épidémiologiques pour évaluer ce problème», regrette le professeur Madjid Bessaha, du service de médecine légale du CHU Mustapha.
Pour ce médecin légiste, même les chiffres hospitaliers sont en deçà de la réalité, pour la bonne raison que «toutes les morts violentes ne sont pas systématiquement autopsiées». «Il arrive que des chutes de lieux élevés soient considérées comme accidentelles et ne font pas l’objet d’enquête sérieuse», a-t-il assuré tout en expliquant que le rôle du médecin légiste est purement technique et «la qualification de suicide, d’homicide ou d’accident appartient à l’intime conviction du juge». Pour étayer ses propos, cet expert a affirmé qu’entre 2004 et 2007, son service a réalisé 916 autopsies, dont seulement 474 cas de mort violente. Les autopsies de cas de suicide ont atteint 105 durant cette période, représentant 22,15 % des morts violentes. Entre 2000 et 2003, ce même service a réalisé 1 097 autopsies parmi lesquelles 630 cas de mort violente et 186 cas de suicide représentant ainsi 20 % des morts violentes.
D’après les résultats des autopsies des cas de suicide fournis par le professeur Bessaha, les hommes sont beaucoup plus touchés par ce phénomène que les femmes. Entre 2000 et 2007, 202 hommes se sont donné la mort, contre 89 femmes. Toujours selon ce professeur, le suicide est beaucoup plus répandu chez les jeunes de moins de 30 ans avec une proportion de 58,3 %, suivis des personnes dont la tranche d’âge est située entre 30 et 60 ans (37,5 %). Toutefois, ce phénomène n’épargne pas les vieux de plus de 60 ans même si le taux est moindre (4,2 %). Quant aux moyens utilisés pour passer à l’acte, 33,45 % des victimes se jettent de lieux élevés, 31 % choisissent la pendaison, 16 % avalent des produits caustiques, 6,25 % se donnent la mort au moyen d’une arme à feu, 4 % par la noyade et 3,6 % par l’ingestion de médicaments. La même source indique que 65 % des victimes sont des célibataires, 28,3% des personnes mariées et 6,2 % des veufs ou des divorcés.
Se référant aux cas de suicide enregistrés au niveau de son service entre 2000 et 2007, le professeur Bessaha prévient que le mal s’est aggravé dans la ville d’Alger et s’est même généralisé dans les grandes villes et les villages reculés. «Les constats de nos médecins légistes affectés à l’intérieur du pays nous le confirment de plus en plus», a-t-il regretté. À l’issue de son intervention, le professeur Bessaha a soulevé la difficulté de prévenir le suicide en Algérie faute de structures d’accueil et d’assistance des personnes dans le désarroi. «Le suicide est l’ultime refuge pour ces personnes souffrantes et ce drame aurait été évitable ou de moindre ampleur si les conditions de prise en charge sociale et médicale étaient meilleures», a-t-il estimé.







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