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  1. #1
    Guest 123 is offline Registered User
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    Sensibilisation contre l’avortement à risque :


    Samedi 4 Juillet 2009 -- La salle de conférences de l’Association de protection de l’environnement de Tlemcen (ASPEWIT) a abrité, dimanche, une rencontre sur l’avortement à risque et son impact sur la santé des femmes et des familles, en présence du directeur de la santé, du représentant de la direction des affaires religieuses, de gynécologues et de médecins. Organisée par le comité de la wilaya de l’Association algérienne pour la planification familiale (AAPF), présidée par le docteur Nafissa Chabni, active militante du planning familial, cette rencontre a suscité un débat général qui s’est articulé autour des thèmes très sensibles présentés par des praticiens de la santé, des juristes et des psychologues : “L’avortement dans la législation algérienne”, “L’avortement et ses complications médicales”, “L’impact psychologique de l’avortement”, “Santé mentale et avortement” et “Approche religieuse de la problématique de l’avortement”.

    Le professeur Kaouel Meguenni, représentant de l’AAPF à Tlemcen, est intervenu en premier pour aborder les grandes lignes de la problèmatique de l’avortement à risque, soulignant d’emblée qu’il entraîne une mortalité et une morbidité importantes chez la femme (chaque année 68 000 décès sont enregistrés dans le monde, particulièrement dans les pays en développement). À cet effet, il dira que l’association nationale qui a son siège à Alger et qui existe depuis maintenant 22 ans (elle a été présidée par le professeur Tedjini Haddam de 1987 à 2000) a lancé, grâce à ses 3 000 volontaires, un grand débat au niveau de toutes les wilayas avec la tenue de rencontres nationales, de colloques et de journées d’étude, afin de sensibiliser le grand public aux conséquences de cette pratique illégale et fermement condamnée par la loi, notamment à travers les articles 304 à 307, 309, 311 et 313 du code pénal. Dans son plan stratégique 2005-2009, relatif à la question de l’avortement à risque, l’AAPFconsidère que ce dernier, “comme le prouvent les études effectuées par les organismes internationaux ces dernières années, constitue un danger pour la vie de la femme. Il est en soi un risque pour la santé de la mère, il augmente les risques de certaines maladies et peut être à l’origine de la stérilité de la femme. Il reste une cause majeure de décès et de handicaps pour beaucoup de femmes dans les pays en développement, notamment pour les adolescentes.” Deux exceptions sont cependant autorisées en Algérie : l’interruption thérapeutique de grossesse mais qui semble poser problème dans la pratique pour le corps médical et, depuis 2004, l’avortement est permis uniquement en cas de viol commis dans le cadre d’actes terroristes.

    En Algérie, il n’existe pas de données fiables sur ce phénomène, et s’il en existe, elles ne sont pas disponibles. L’incidence de l’avortement, ses effets, les tranches d’âge et les caégories de population qu’il touche sont ignorés. C’est encore un sujet tabou. Il a été rappelé, lors de cette rencontre, que l’Association algérienne pour la planification familiale a pour mission “d’œuvrer pour l’amélioration de la qualité de la vie des individus en faisant campagne pour la santé et les droits en matière de sexualité et de reproduction, par le plaidoyer et la prestation de services, plus particulièrement auprès des personnes démunies et vulnérables”.

  2. #2
    Guest 123 is offline Registered User
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    Lundi 6 Juillet 2009 -- Il y a un vide juridique en matière de législation en ce qui concerne l’avortement, a indiqué, hier, Dr Si Youcef K. de l’université de Bouira, lors de la rencontre organisée samedi à l’hôtel Soummam de Boumerdès par l’Association algérienne pour la planification familiale (AAPF), rencontre qui a réuni médecins, gynécologues et spécialistes. L’intervenant a cité l’exemple du cas de l’inceste qui n’est pas évoqué par la législation en vigueur, ainsi que le déphasage qui existe entre le code de la santé publique et celui du pénal en matière d’avortement qui date de 1966. Il citera également certaines ambiguïtés relevées dans les textes actuels. Ainsi, note Dr Si Youcef, le législateur ne précise pas quelle est l’autorité administrative à informer lorsqu’il s’agit d’un cas d’avortement thérapeutique. Le conférencier a affirmé que l’avortement dit “criminel” est interdit par la religion comme il est sévèrement sanctionné. Il cite l’article 304 du code pénal qui stipule : “quiconque, par aliments, breuvages, médicaments, manœuvres, violence ou par tout autre moyen, a procuré ou tenté de procurer l’avortement d’une femme enceinte ou supposée enceinte, qu’elle y ait consenti ou non, est puni d’un emprisonnement de un an à cinq ans et d’une amende de vingt mille à cent mille dinars.” Un intervenant a relevé à ce propos que la législation algérienne n’est pas assez sévère lorsqu’un avortement est forcé et dangereux, en citant la législation française et l’exemple du cheb Mami. Alors que la législation algérienne prévoit entre six mois et deux ans de prison ferme pour les femmes qui tentent de se faire avorter.

    Pour sa part, Dr Belguembour, gynécologue et chef de service de l’hôpital de Thenia, a affirmé que la pratique d’un avortement clandestin génère d’énormes risques pour la maman et peut provoquer des hémorragies susceptibles d’entraîner la mort. “Les complications dans le cas d’un avortement criminel qui se fait dans des conditions d’hygiène lamentables sont redoutables”, ajoute Dr Belguembour qui cite d’autres tourments pour la victime de cette pratique, comme la stérilité et d’autres séquelles. La femme deviendra une malade chronique, avec absence de cycle, sans parler des problèmes psychologiques, ajoutera-t-il. L’aspect sociologique de ce problème a, par ailleurs, été évoqué par des médecins qui ont relevé le manque de prise en charge des femmes ayant eu recours à cette pratique mais aussi l’hostilité de la société. L’absence d’une véritable politique de prévention et de sensibilisation a été également soulignée par les intervenants. Dr Abadlia s’est interrogée : pourquoi ne pas distribuer gratuitement les contraceptifs pour éviter de telles situations à risque pour les femmes mais aussi très coûteuses pour l’État ? Une femme médecin a évoqué les blocages rencontrés par les associations qui font de la sensibilisation au niveau des établissements scolaires et de l’université en citant l’exemple des prospectus sur le sida censurés, voire déchirés par des étudiants islamistes.

    D’autres intervenants ont déploré l’absence de statistiques susceptibles de donner à l’assistance une idée précise du nombre d’avortements enregistrés en Algérie et leurs causes. Les derniers chiffres parlent d’une moyenne de 8 000 cas d’avortement par an en Algérie, dont 200 à 300 clandestins, ou interruption volontaire de grossesse. Au moins 20 morts sont enregistrés chaque année pour des cas d’avortement, nous a affirmé, par ailleurs, un médecin qui note que la croissance de l’avortement clandestin est due très certainement à la remontée vertigineuse du nombre d’agressions sexuelles, de viols et d’incestes enregistré ces dernière années. La plupart des opérations d’avortement sont effectuées chez des femmes à domicile, chez des médecins, de faux médecins et même dans des cliniques privées. L’on se rappelle qu’en 2003, une fetwa a été décidée en Algérie pour les femmes violées par les terroristes.

  3. #3
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    Lundi 6 Juillet 2009 -- Le comité de wilaya de l’Association algérienne pour la planification familiale (AAPF) a organisé, hier à l’hôtel Soummam, dans la ville de Boumerdès, une rencontre-débat sur « L’avortement à risque et prévention ». Ce sujet tabou dans la société algérienne a été traité sous ses différents aspects au cours de cette rencontre. Sur le plan médical, les interventions ont été axées sur l’impact et les effets néfastes de l’avortement à risque sur la santé des femmes et de leurs familles. Dans ce sens, le Dr Belguembour, médecin gynécologue et chef de service à l’hôpital de Thenia, a évoqué, lors son intervention, les accidents récurrents survenant lors de l’avortement clandestin pratiqué souvent dans des conditions « non thérapeutiques ». Il s’agit, entre autres, selon lui, de « l’hémorragie qui pourrait être fatale pour la femme et de l’infection, car les outils utilisés ne sont pas stérilisés ».

    Du point de vue juridique, les différents intervenants, dans le cadre de cette approche, ont été unanimes quant « au vide juridique » existant en la matière et à « l’ambiguïté » qui caractérise les textes de lois relatifs à l’avortement. En effet, le Dr Si Youcef, enseignant à la faculté de droit du centre universitaire de Bouira, a relevé le vide juridique existant dans le cas d’avortement volontaire suite à un inceste avant de se poser la question sur l’identité de l’autorité qui devrait être informée par les médecins avant d’effectuer une opération d’avortement. « Le code pénal actuel oblige, dans ses clauses relatives aux cas d’avortement, les médecins d’informer les autorités avant de procéder à une opération d’avortement. Mais de quelles autorités s’agit-il ? », s’est-il interrogé. Cette question restera posée à la fin de cette rencontre. Les intervenants au cours de ce rendez-vous ont relevé également la confrontation des lois concernant l’interruption légale de la grossesse. Sur ce, les juristes, notent que « le code pénal prévoit une autorisation médicale devant être délivrée par un médecin ordinaire tandis que celui de la santé stipule que « le document en question doit être émis par un gynécologue assermenté ».

    Les praticiens dans ce domaine ont déploré, également, le fait que la législation algérienne soit moins rigoureuse que la législation française en la matière. « La peine pour un avortement criminel en Algérie est de 1 à 5 ans tandis qu’elle est de 2 à 10 ans en France », ont-ils regretté. Selon eux, une législation sévère « dissuaderait les gens de recourir à l’avortement à risque ». Pour ce qui est des réalités du terrain, des sages-femmes ont fait part des femmes souffrant des séquelles d’avortements clandestins. « Il y en a même celles qui ont tenté de se suicider », ont-elles signalé. Pour rappel, l’AAPF a été créée en 1987 à l’initiative de 72 bénévoles. Elle en compte 3 000 aujourd’hui. Depuis 1990, elle est membre de la Fédération internationale pour la planification familiale. Elle œuvre pour «l’amélioration de la qualité de la vie des individus en faisant campagne pour la santé et les droits en matière de sexualité et de reproduction, par le plaidoyer et la prestation de services, plus particulièrement auprès des personnes démunies et vulnérables». Notons enfin qu’environ 8 000 cas d’avortements clandestins ont été recensés en 2007 en Algérie.

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