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  1. #1
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    Nawal Imès :


    Mercredi 8 Juillet 2009 -- Qui aurait cru que donner un biberon à un bébé pouvait lui causer des problèmes de santé ultérieurement ? Personne, avant que des scientifiques n’affirment que les biberons en plastique contenant du bisphénol A (BPA) étaient responsables de problèmes de santé graves. Le Canada vient de donner l’exemple en interdisant la commercialisation des biberons incriminés. Plusieurs pays européens vont lui emboîter le pas. L’Algérie semble ne pas être concernée par ce débat qui fait rage ailleurs. Les biberons contennat du bisphénol A continuent d’inonder le marché algérien comme si le pays vivait en autarcie et n’était en rien concerné par les mises en garde des scientifiques. Est-ce un luxe que d’informer les Algériens sur les risques qu’ils font courir à leurs enfants. Le ministère de la Santé aurait pu ne serait-ce que sensibiliser, faire circuler l’information. Pourtant, la polémique enfle en Europe, au Canada et aux Etats- Unis. Le Canada est le premier pays à avoir eu le courage d’interdire formellement la production, la commercialisation et l’importation des biberons contenant du BPA. Une décision pas facile à prendre face aux pressions exercées par les producteurs qui se partagent un marché très juteux. Malgré les lobbies, le Canada annonçait, fin juin dernier, qu’aucun biberon contenant du bisphénol A ne serait commercialisé. Le ministère de la Santé reconnaît que «les taux d'exposition pour les nouveau-nés et les nourrissons de moins de 18 mois ne sont pas assez importants pour causer des effets sur la santé» mais préfère, dit-il, adopter le principe de précaution car il dit refuser «de négliger les doutes soulevés par certaines études quant aux effets possibles d'exposition à de faibles doses de bisphénol A. Des recherches ont notamment démontré qu'il peut perturber le système endocrinien». En France, une vive polémique avait été soulevée par les propos de l’actuelle ministre de la Santé qui estimait que les normes européennes actuellement appliquées étaient suffisantes, arguant que les études ne mettaient pas en cause le BPA à faible dose. Une lecture que le Réseau environnement santé (RES) condamne. Ce dernier estime en effet que «cela pose un problème de déontologie de l’expertise, dont les conséquences sont gravissimes. Les normes européennes sont fixées à un niveau beaucoup trop élevé, puisqu’à ce stade on constate sur toutes les espèces animales, mais aussi sur des modèles cellulaires humains, des impacts permettant de suspecter le BPA d’être impliqué dans les grands problèmes de santé actuels : cancer du sein, cancer de la prostate, diabète de type 2 et obésité, atteinte de la reproduction, problèmes neuro-comportementaux, maladies cardio-vasculaires» ajoutant que «le danger sanitaire est reconnu désormais par la quasi-totalité des scientifiques ayant publié sur le BPA. Il est conforté par toutes les données scientifiques récentes». Face à la pression des scientifiques, la France a décidé de réévaluer le risque du BPA et semble se diriger vers son interdiction. Plusieurs communes ont déjà pris les devants en interdisant les biberons au BPA dans les crèches. Combien de décennies l’Algérie attendra avant d’arriver à la même conclusion ? Les paris sont ouverts…

    Qu'est-ce que le bisphénol A (BPA) ?

    Le bisphénol A est une molécule qui sert de base à la fabrication des plastiques en polycarbonate (PC), matière utilisée pour ses propriétés mécaniques et chimiques proches du verre pour les bouteilles, et en particulier pour les biberons. En présence de liquide chauffé ou avec l'usure, le BPA a tendance à se «détacher» du polycarbonate pour migrer dans le lait et être enfin ingéré par le bébé. Les premières études ont clairement montré qu'à fortes doses, les effets nocifs sont avérés. Le BPA entre également dans la composition aussi des bouteilles d'eau et le revêtement des boîtes de conserve.

    Quels sont les effets du bisphénol A ?

    Ses effets sont aussi nombreux qu'effrayants : diabète, obésité, fertilité diminuée, cancers, maladies neurodégénératives et perturbations hormonales.

    Comment reconnaître un biberon au BPA ?

    Les biberons contenant du BPA sont estampillés de l’identifiant PC ou du chiffre 7. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les biberons des marques les plus connues et qui jouissent de la confiance des parents contiennent également du BPA.

  2. #2
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    Samedi 12 Septembre 2009 -- Les 350 bébés accueillis dans les quinze crèches municipales de Besançon - parmi 1 200 autres enfants de moins de 3 ans - ont eu droit à un cadeau surprise, fin août : un stock de biberons neufs. Pas question pour les élus de risquer que l'un de ces enfants développe plus tard d'éventuels troubles hormonaux dus au bisphénol A, une substance chimique entrant dans la composition de certaines matières plastiques, et notamment dans celles des biberons en polycarbonate. À la suite de la polémique scientifique sur les effets sanitaires de ce perturbateur endocrinien, tous les biberons concernés ont été mis au rebut. À l'origine de cette décision : la conseillère municipale déléguée à la petite enfance, Marie-Odile Crabbe-Diawara, et l'adjoint au maire chargé de l'environnement, Benoît Cypriani. Ils ont convaincu leurs collègues d'appliquer de façon radicale le principe de précaution, alors que d'autres villes, comme Paris, Nantes et Toulouse, ont choisi de ne plus acheter de biberons contenant du bisphénol A, mais n'ont pas retiré les anciens modèles des crèches. "En tout, nous avons acheté 300 nouveaux biberons pour un montant de 2 000 euros, précise Sylvie Scheubel, chargée de mission au service de la petite enfance. En parallèle, nous avons, bien entendu, conservé les modèles en verre qui ne sont pas concernés." Les parents, eux, ont reçu une note explicative. On y lit que le bisphénol A "peut être libéré dans les aliments au cours des multiples usages, surtout les chauffages". Il est "suspecté" d'avoir des conséquences nocives pour "la santé des plus jeunes à long terme", en raison d'un "effet cumulatif avec d'autres substances", selon une étude canadienne de 2008.

    "Préoccupation collective"

    "Le Réseau environnement santé a demandé à l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) de reconsidérer sa position, jugée trop modérée par rapport à la dangerosité du bisphénol A, qui a été interdit dans les biberons au Canada et par plusieurs Etats américains, mais pas dans notre pays, précise Eric Durand, chargé du développement durable à la ville de Besançon. Une proposition de loi visant à l'interdiction a été déposée au Sénat, et Chantal Jouanno, la secrétaire d'Etat à l'écologie, a saisi l'Afssa. Ce qu'ont décidé nos élus en juin, et que nous avons appliqué dès l'été, s'inscrit dans le cadre de cette préoccupation collective." Encore faut-il, pour que la mesure soit réellement efficace, que les familles renoncent également à utiliser ces biberons "suspects" à leur domicile. Ce qui n'est pas toujours le cas. À l'intention des parents des bébés qui fréquentent les crèches et ne sont pas encore entrés dans un processus de diversification alimentaire, le service de la petite enfance de la ville de Besançon a donc rédigé quelques conseils pratiques : ne plus se servir des biberons "abîmés ou vieillis", nettoyer les biberons en plastique à la main "plutôt qu'en lave-vaisselle", ne pas les surchauffer et, en tout cas, "pas plus de trente secondes au micro-ondes".

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