PARIS, July 7, 2009 (AFP) — President Nicolas Sarkozy said Tuesday he was determined to find the truth of who was really behind the 1996 abduction and beheading of seven French monks in Algeria, which has been blamed on Islamists. "I want the truth. Relations between major countries are based on the truth and not on lies," he said, adding that he would release any classified documents on the killings which investigators might ask for.
The move came a day after potentially explosive revelations that a French general told investigators the Algerian army killed the monks by mistake when it raided an Islamist camp and the French state covered up the tragedy. Critics have long been suspicious of the official French and Algerian view that the Trappist monks were killed by the Islamic Group Army (GIA) at the height of a decade of Islamist violence that left at least 150,000 people dead. The Algerian government has repeatedly been accused of exploiting extremist violence - and even staging gruesome attacks and blaming them on extremists - during the conflict to try to turn the population against the Islamists. It denies such accusations.
The Paris prosecutor's office opened an inquiry in 2004 into the massacre of the monks after a civil suit was filed by the family of one of the men and by a senior member of the monks' order. Patrick Baudouin, lawyer for the plaintiffs, said Monday the latest allegations were proof there was an attempt at "dissimulation on the part of the Algerian authorities and certainly on the part of the French authorities." His comment came after a source close to the probe leaked remarks allegedly made to French investigators last month by General Francois Buchwalter, who in 1996 was France's military attache in Algiers.
The now-retired general said Algerian army helicopters, hunting Islamist rebels, opened fire on a camp they spotted in the mountains near the monks' hilltop monastery in Tibehirine, 70 kilometres (45 miles) south of Algiers. The helicopter crews realised afterwards that not only had they hit members of the armed group but also the monks, Buchwalter said, according to the source. Buchwalter said he had been told of the incident by an Algerian soldier whose brother had participated in the helicopter attack.
The monk's heads - but not their bodies - were found by security forces two months after they were kidnapped in March 1996. Buchwalter told investigators that the bodies were riddled with bullets, said the source, adding that the question was now being asked if the bodies were dismembered to avoid the bullets being identified as army munitions. The general informed the French military chief of staff and the French ambassador but his reports were never followed up and he was told to remain silent to avoid damaging Franco-Algerian relations, the source said.
Baudouin said Monday he would ask to see Buchwalter's reports and for then French foreign minister Herve de Charette and French intelligence agents involved in the affair to be questioned. He said he would also request that Michel Leveque, France's ambassador to Algeria at the time, be questioned again.
Algerian President Abdelaziz Bouteflika, re-elected in April for a third mandate, began a policy of national reconciliation in 1999 after more than a decade of Islamist violence. Thousands of hardline Islamists have since handed themselves in and Bouteflika hinted during his election campaign this year at a possible referendum aimed at granting a general amnesty for those who give up their arms.
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Thread: Les moines de Tibhirine
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7th July 2009 14:23 #36
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7th July 2009 15:12 #37
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Mardi 7 Juillet 2009 -- Le président français Nicolas Sarkozy a demandé mardi la « vérité » sur le massacre des moines de Tibéhirine en 1996, estimant que les relations entre pays ne pouvaient pas être fondées sur « le mensonge », et assuré qu'il lèverait le secret défense sur tous les documents demandés par la justice française.
«Je vous dis une chose, je veux la vérité. Les relations entre les grands pays, elles s'établissent sur la vérité et non pas sur le mensonge», a déclaré le président français lors d'une conférence de presse avec son homologue brésilien Inacio Lula da Silva.
« J'indique de la façon la plus claire que, naturellement, je lèverai le secret défense sur tout document que nous demandera la justice. Il n'y a pas d'autre façons de faire la vérité, aucune autre façon », a ajouté M. Sarkozy. « Ce sont des faits qui remontent à 1996. La justice est saisie, la justice doit avoir tous les documents », a insisté le chef de l'Etat français. « On ne peut pas dire que l'amitié entre les peuples et entres les pays peut résister aux mensonges. Il faut faire la lumière, il n'y a rien à cacher. En tout cas de mon point de vue, je suis vraiment déterminé à ce que la lumière soit faite », a-t-il conclu.
Selon le récent témoignage du général François Buchwalter, ancien attaché de Défense français à Alger devant le juge antiterroriste chargé de l'enquête, les moines ont été tués peu après leur enlèvement par des tirs depuis des hélicoptères militaires algériens alors qu'ils se trouvaient dans ce qui semblait être un bivouac de djihadistes. Alger et Paris aurait ensuite étouffé ces informations.
La levée du secret défense dépend d'une autorité administrative indépendante, la Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN), que les autorités doivent saisir pour avis lors d'une demande par une juridiction française de déclassification de documents. La quasi totalité de ses avis, non contraignants, ont été suivis par les autorités concernées (Elysée, Matignon, ministères).
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7th July 2009 15:44 #38
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Samir Allam :
Mardi 7 Juillet 2009 -- Le gouvernement algérien ne va pas réagir aux derniers développements de l'affaire des sept moines français assassinés à Tibéhirine, a indiqué à tsa-algerie.com un haut responsable de l'Etat algérien. « Le gouvernement algérien ne va pas réagir. Il n'est pas concerné par les turpitudes d'un général à la retraite qui, en plus, dit avoir obtenu ses informations d'un militaire algérien, donc d'un félon », affirme notre source qui a requis l'anonymat.
Aucune démarche diplomatique auprès des autorités françaises n'est prévue, malgré les déclarations du président Sarkozy et de plusieurs hauts responsables français sur cette affaire. Le sujet pourrait être abordé au cours d'une rencontre entre les présidents Bouteflika et Sarkozy, en marge du G8 en Italie. Les travaux du G8 débuteront demain, mercredi 8 juillet.
« Pour nous, ce qui a été dit n'est pas important. Le militaire français a voulu donner un scoop qui n'en est pas un », explique la même source. Avant de s'interroger : « Quel intérêt ont les Algériens à faire une telle chose ? »(Ndlr : tuer les moines)
Pour lui, tout le monde le sait, à commencer par les autorités françaises : les sept moines ont été kidnappés par le GIA. « On avait conseillé aux moines de quitter les lieux avant ce kidnapping. Mais ils ont préféré rester sur place », ajoute le même haut responsable. «Ce qui s'est produit est simple : d'anciens chefs du GIA dans cette zone connaissaient bien les moines. Ils ne les menaçaient pas. Mais ces chefs ont été tués et leurs remplaçants ignoraient la relation que leurs prédécesseurs entretenaient avec les moines. Ils les ont donc kidnappés, puis tués».
Dans ce contexte, le même haut responsable exclut toute dégradation des relations entre Alger et Paris à cause de cette affaire. « Les responsables politiques des deux pays sont sages et lucides. Ils savent l'importance capitale à rester prudent et lucide et éviter les pièges des manipulations». Les dernières révélations du général français ne risquent de se transformer en une affaire d'Etat, poursuit le même haut responsable. « Le courant passe bien entre les présidents Sarkozy et Bouteflika. Nous travaillons sur une visite d'Etat du président algérien qui aura lieu en décembre prochain ».
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7th July 2009 20:23 #39
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Mardi 7 Juillet 2009 --La ministre française de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a promis mardi « tous les moyens pour mener à bien » l'enquête sur le massacre des sept moines de Tibéhirine en 1996 en Algérie, annonçant des « investigations supplémentaires » après le récent témoignage d'un général français.
Ce témoignage « apporte un élément nouveau pour lequel de nouveaux éléments d'investigation supplémentaires auront lieu », a déclaré mardi Michèle Alliot-Marie, lors de la séance des questions à l'Assemblée nationale. Les magistrats « disposent et continueront de disposer de tous les moyens pour mener à bien leur enquête, y compris en matière de coopération internationale », a assuré le garde des Sceaux, qui répondait au député socialiste François Loncle (Eure). « Tout sera mis en oeuvre afin de connaître les auteurs et les conditions de cet assassinat », a ajouté la ministre.
Le président Nicolas Sarkozy a demandé mardi la « vérité » sur le massacre et assuré qu'il lèverait le secret défense sur tous les documents demandés par la justice française.
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8th July 2009 00:02 #40
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Ghania Oukazi :
Mercredi 8 Juillet 2009 -- C'est au moment où il est question de restructurer les services de sécurité et de réfléchir en parallèle sur la problématique d'une amnistie générale au profit des terroristes qu'un militaire français vient d'affirmer que c'est l'armée algérienne qui a tué les 7 moines de Tibehirine. La déclaration du général français à propos de l'assassinat en 1996 des 7 moines trappistes qui vivaient sur les hauteurs de Médéa, à Tibehirine, coïncide avec des événements très particuliers pour l'Algérie. L'auteur de la déclaration et les médias français ont en effet, bien choisi le moment pour la rendre publique. L'Algérie célèbre ces jours-ci un double événement, son indépendance et la fête de la jeunesse. Un moment où l'armée est glorifiée pour avoir réussi à chasser le colonisateur français. Et le 4 juillet dernier, le président de la République a décoré de nouveaux généraux sur les hauteurs des Tagarins, siège du ministère de la Défense. C'est donc une conjoncture où l'institution militaire est mise à l'honneur. Le général français n'est pas le premier à douter des commanditaires et exécutants de l'assassinat des moines français. En 2001, un journaliste français a remonté les traces de ce tragique événement et avait affirmé que ce sont les services de sécurité algériens qui ont commandité le crime. Le journaliste ne dira pas plus. Il sera assassiné en France quelque temps plus tard. L'on ne connaîtra peut-être jamais le mobile de son assassinat. Pour le moment, c'est celui des moines qui remontent à la surface. Le général français affirme avoir été informé par un ancien militaire algérien sur ce qu'il a qualifié de bavure de l'armée algérienne.
Vu du côté algérien, ces affirmations sont très lourdes de sens lorsqu'on apprend de sources crédibles que le président de la République réfléchit sur un projet amnistiant tous les terroristes. Pour rappel, c'est lui-même qui a répondu instantanément à une voix qui s'était élevée du milieu d'une salle pour lui demander «El âafou echamil, sid Er-raïs !» (l'amnistie générale, monsieur le Président !). C'était lors d'un meeting électoral qu'il avait animé à Tamanrasset, une région qui n'avait vraiment souffert du terrorisme durant les années 90. «Une amnistie générale, jamais !», avait-il crié avant de préciser: «Je ne déciderais d'une amnistie générale qu'à condition que tous les terroristes déposent les armes, ceux qui ont commis des crimes demandent pardon à la Nation et le champ politique soit redéfini», avait-il affirmé. Ainsi, avait-il fait savoir implicitement que l'option d'une amnistie générale faisait bel et bien partie de son programme durant ce troisième quinquennat présidentiel. Ceci, bien sûr, si tout marchera comme il l'aura voulu et décidé. Mais d'ores et déjà, l'on apprend que sa montée aux Tagarins, le 4 juillet dernier, ne lui a procuré aucun bonheur. Il était de très mauvaise humeur. C'est du moins ce que soutiennent ceux qui l'ont vu de près. «Il avait même accroché des galons à l'envers, tellement il était énervé», nous dit-on. La colère du président aurait une cause importante, du moins à ses yeux.
La raison d'une colère
Bouteflika avait, selon nos sources, demandé qu'on lui remette la liste des militaires retraitables mais il ne l'avait pas eue. Il faut croire que l'établissement d'une liste pareille remet en cause la force qu'a toujours eue l'institution militaire à garder ce qu'elle veut de ses responsables et éjecter ce qu'elle veut d'entre eux et au moment où elle le décide. Les exemples de limogeage inattendus lui sont légion. Le chef de l'Etat compte, selon nos sources, procéder lui-même à la mise à la retraite des hauts gradés qui doivent l'être et retenir pour nécessité de service ceux qu'il estime indispensables pour la situation. Bouteflika n'a pas encore eu, selon nos sources, les informations qu'il veut avoir à ce sujet. Sa colère contre l'institution militaire intervient à un moment où la sécurité du pays exige plus que jamais des institutions de l'Etat, rigueur, présence et efficacité absolues. Selon nos sources, le président n'est ni content ni convaincu de ce qui se fait sur le terrain. Revoir le fonctionnement de l'institution militaire est une option qui coïncide avec la rumeur faisant état du retour de l'ancien chef d'état-major, le général de corps d'armée Mohamed Lamari, en remplacement de Abdelmalek Guenaïzia, l'actuel ministre délégué auprès du ministère de la Défense. Annoncée il y a quelques temps dans ces mêmes colonnes, l'information a fait dire à certains hauts responsables que «ce retour serait très possible puisque Lamari a été invité aux deux cérémonies, celle de l'annonce par Bouteflika de sa candidature à l'élection présidentielle du 9 avril dernier et à celle de sa prestation du serment présidentiel. Une invitation et une présence qui auraient selon certains irrité des responsables militaires, notamment Guenaïzia.
En même temps que l'armée, la restructuration des services de sécurité, tous corps confondus, toujours selon nos sources, apparaît très visiblement dans les approches sécuritaires développées en haut sous le sceau de la révision de la stratégie antiterroriste. L'assassinat des 18 gendarmes et celui de plusieurs gardes communaux durant ces derniers temps posent aujourd'hui véritablement la question de l'efficacité de ce qui est opérationnel en matière de sécurité. Le décès de Smaïl Lamari et du général Fodil Chérif imposent le changement. Il y a eu déjà vent dans ces mêmes colonnes de la création d'un super ministère de la Sécurité que dirigerait l'actuel ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Nouredine Yazid Zerhouni. «L'Algérie a plus que jamais besoin de centraliser ses services de renseignements parce que le monde l'exige tout autant que la sécurité dans le pays», nous disait hier un ancien responsable. Cette option imposerait la mise sous contrôle par Zerhouni de l'ensemble des services de sécurité existants. Ce qui signifie qu'il déchargera les services actuels y compris ceux de l'institution militaire d'importantes prérogatives qu'ils ont toujours gardées jalousement tout au long de l'histoire du pays. Réputé pour être un malgache influent (membre du MALG: ministère algérien des Liaisons générales) pour avoir été le chef de la région Ouest, «très proche de Bouteflika», Zerhouni a de fortes chances d'accaparer cet héritage sous une nouvelle appellation, bien sûr, mais aussi sous une nouvelle forme, moderne et professionnelle.
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8th July 2009 00:03 #41
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continued.....
Le retour du «Qui tue qui ?»
Telles que présentées, les choses sont loin d'être simples dans un pays comme l'Algérie où le renseignement fait presque défaut. «Sauf peut-être quand il s'agit de ficher des futilités», nous disait un haut fonctionnaire. Entre la restructuration des services et l'idée d'amnistier les terroristes, il y a l'armée qui, même si elle a toujours été placée en tête des pouvoirs selon un ordre d'importance bien établi, elle a eu, pour rappel, grand-peine à faire entendre sa voix quand les adeptes du «Qui tue qui ?» avaient envahi les enceintes des grandes institutions occidentales pour l'accuser d'être à l'origine de nombreux crimes. Depuis, l'accusation la poursuit jusqu'à continuer de menacer la quiétude de ses responsables. L'aventure à l'aéroport militaire français, le Bourget, de Khaled Nezzar, lorsqu'il a été évacué sur Alger en urgence et dans le secret, en reste un exemple frappant. Les échos du «Qui tue qui ?» et de cet épisode retentissent aujourd'hui à travers les propos tenus par ce général français qui dit avoir été informé par un ancien militaire algérien. En fait, tout est dans cette affirmation, d'un Algérien qu'on dit ancien colonel qui aurait informé un général français. Si l'armée est accusée d'avoir assassiné les moines trappistes, c'est que ceux qui le soutiennent veulent continuer à faire semer le doute sur l'origine des criminels des années 90.
Du coup, ce sont les terroristes islamistes qui gagnent en sympathie auprès des opinions publiques pour ne pas être considérés comme étant les seuls à avoir assassiné durant cette tragique décennie. Une amnistie générale leur serait donc permise au cas où le chef de l'Etat déciderait de la décréter. Ceci étant dit, une amnistie si elle est générale, elle pourrait aussi profiter à l'armée. Pour rappel, la charte pour la paix et la réconciliation nationale a beaucoup servi aux agents de sécurité de l'Etat, tous corps confondus, pour leur avoir consacré une disposition qui les absout de tout dépassement ou bavure. Aucune personne n'a en effet le droit de poursuivre en justice ces agents-là pour quoi que ce soit même si elle possède tous les éléments utiles pour cela. Le président de la République pourrait décider d'un texte qui prendrait en compte tous les aspects de la question d'amnistie pour que tout le monde trouve son compte. Encore une fois, la déclaration du général français sur les moines français, 13 ans après leur assassinat, n'est pas fortuite.
Il faut reconnaître que l'ouverture de dossiers aussi brûlants dans une conjoncture qui l'est tout autant pour le pays tombe dans un moment où le président de la République vient de perdre sa mère avec qui l'on dit qu'il avait des liens particulièrement forts. L'on dit qu'elle a été le ciment qui gardait la famille très unie, surtout dans les moments les plus difficiles. «C'est grâce à elle et à sa présence à ses côtés, que le président a pu traverser tout ce parcours, depuis son très jeune âge à ce jour», nous disait un de ses proches. Le président a aussi son frère Mustapha qui est très malade et est hospitalisé à Genève depuis plus d'un mois. Mustapha, gentil et aimable qu'il est, a lui aussi été à ses côtés et lui a été d'une grande disponibilité. Il faut dire qu'il a été au président, depuis sa maladie, son médecin de garde permanent.
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8th July 2009 00:16 #42
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Mercredi 8 Juillet 2009 -- Après les accusations du général à la retraite, François Buchwalter, le président Nicolas Sarkozy hausse le ton et exige que la vérité soit faite sur les circonstances de l’assassinat des sept moines de Tibéhirine en mars 1996. « Je vous dis une chose, je veux la vérité. Les relations entre les grands pays, elles s’établissent sur la vérité et non pas sur le mensonge », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse tenue avec son homologue brésilien, Lula da Silva, à Paris. Le président français parle, bien entendu, des relations entre l’Algérie et la France, et demande indirectement aux autorités algériennes de dire « la vérité » sur cette affaire.
Le général à la retraite, François Buchwalter, qui était attaché de la Défense à l’ambassade de France à Alger au moment des faits, avait accusé dans sa déposition faite devant la justice française, le 25 juin dernier, l’armée algérienne d’avoir commis une « bavure » qui aurait coûté la vie aux sept moines de Tibéhirine enlevés par le GIA. M. Buchwalter avait précisé que les moines avaient été touchés par des balles tirées d’hélicoptères sur un bivouac censé abriter des terroristes du GIA. Le général Buchwalter a repris ainsi une confidence d’un officier supérieur de l’armée algérienne dont le frère était aux commandes d’un des hélicoptères qui avaient participé à l’attaque. M. Sarkozy affirme qu’il est prêt à lever le secret défense sur tous les documents demandés par la justice française. « J’indique de la façon la plus claire que, naturellement, je lèverai le secret défense sur tout document que nous demandera la justice. Il n’y a pas d’autre façon de faire la vérité, aucune autre façon », a-t-il souligné, affirmant qu’« on ne peut pas dire que l’amitié entre les peuples et entre les pays peut résister aux mensonges. Il faut faire la lumière, il n’y a rien à cacher ». Le président français dit être déterminé à aller jusqu’au bout de cette affaire. Aux déclarations de Sarkozy ont succédé des réactions de la part d’actuels et d’anciens responsables français. Ainsi, Michèle Alliot-Marie a promis, en sa qualité de ministre de la Justice, de mettre « tous les moyens pour mener à bien » l’enquête. Il précise qu’il y aura des « investigations supplémentaires ». De son côté, le ministre français de la Défense, Hervé Morin, affirme n’avoir aucune raison de vouloir cacher quelque chose, précisant que la levée du secret défense dépend plutôt d’une autorité indépendante appelée la Commission consultative du secret de la Défense nationale. L’ancien juge antiterroriste et ex-député de droite, Alain Marsaud, n’a pas été tendre avec les autorités françaises de l’époque. Pour lui, l’affaire de Tibéhirine avait été « enterrée volontairement ». Il estime que l’ensemble des hautes autorités françaises de l’époque étaient complètement au courant de ce qui s’était passé. M. Marsaud a souligné avoir tenté sans succès d’ouvrir une information judiciaire après avoir reçu dès 1996 des informations sur une probable responsabilité de l’armée algérienne dans la mort des moines. L’ancien attaché de la Défense avait assuré avoir adressé à ses supérieurs des rapports détaillés.
L’ex-Premier ministre français Alain Juppé, en fonction au moment des faits, s’est défendu, hier, sur les ondes de la radio France info, affirmant qu’il n’y a absolument rien à cacher. M. Juppé se dit entièrement favorable à la levée du secret défense. « Ce fut un drame épouvantable et dès que nous avons appris l’enlèvement des moines de Tibéhirine par le GIA, nous avons utilisé toutes les procédures et tous les moyens pour essayer d’obtenir leur libération », a-t-il indiqué, reconnaissant que « les négociations ont échoué » et « depuis lors, des rumeurs circulent sur l’origine de ce massacre ». Hervé de Charette, alors ministre des Affaires étrangères, a quant à lui complètement réfuté la thèse développée par M. Buchwalter, la considérant comme « une énième version ». S’exprimant sur la chaîne d’informations en continu LCI, l’ancien ministre des Affaires étrangères a rappelé les différentes versions dont il a entendu parler : « J’ai entendu ; ce sont des conflits internes entre les civils et les militaires algériens ; j’ai entendu : ce sont des règlements de comptes menés par les services spéciaux algériens ; j’ai entendu : c’est une action du GI, d’ailleurs c’était la version officielle ; puis on a dit, ah mais non, c’est une action du GIA mais menée par un groupe très spécial conduit par un dénommé Zitouni mais qui est manipulé par les autorités algériennes. Voici donc la quatrième ou cinquième version de ces faits. Moi je m’en tiens à ce que je sais, à ce que j’ai pu voir, et pour le reste, malheureusement, ça restera dans les mystères de l’histoire. » La version du général Buchwalter ne semble pas faire l’unanimité en France. Plusieurs versions contradictoires ont été, effectivement, avancées depuis le massacre des sept moines après avoir été enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 dans leur monastère, à 90 km au sud d’Alger. Le GIA avait revendiqué leur assassinat à l’époque. Seules leurs têtes avaient été retrouvées. Du côté d’Alger, c’est toujours le silence sur cette affaire où l’armée est directement pointée d’un doigt accusateur.







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