Dimanche 9 Mai 2010 -- “Soixante cinq ans après, l’odeur des corps calcinés et éparpillés sur le sol est toujours présente dans mes narines”, a affirmé samedi le moudjahid Rachid Riache, évoquant les massacres du 8 mai 19545 qu’il a vécus enfant, dans la région de Béni Aziz (nord de la wilaya de Sétif). Aujourd’hui âgé de 70 ans et habitant à Béni Hmidène dans la wilaya de Constantine, ce témoin oculaire de ce tragique épisode de l’histoire contemporaine du pays n’avait que 5ans à l’époque des faits, racontait-il devant une assistance chagrinée et affligée par le récit, composée des autorités locales, de la famille révolutionnaire et de représentants de la société civile, venue au centre culturel du chef lieu de commune de Béni H’midène qui a accueilli cette année les festivités commémorant le 65e anniversaire des massacres du 8 mai 45 à l’échelle de la wilaya.
L’horreur de ce qui s’est passé ce jour là à Béni Aziz et sa région, est demeuré gravé “dans ses narines”, dit-il. “Avec du recul, je sais aujourd’hui que ces scènes d’horreur ont été perpétrés par les hordes coloniales la journée du 11 mai 1945, en signe de représailles à quelques escarmouches qui avaient coûté la vie à un de leur soldat”, raconte-t-il. Le témoin a affirmé avoir vu des familles entières brûlées vives, des Algériens qui creusaient leurs propres tombes sous la menace d’armes pour y être ensevelis parfois vivants, des hommes égorgés et étêtés, des femmes enceintes mutilées et éventrées juste pour savoir le sexe de leurs fétus sur lesquels les bourreaux sanguinaires avaient auparavant misé de l’argent dans une sorte de pari macabre, des nourrissons monstrueusement étranglées ou étouffés en présence de leurs mères en état d’hystérie et de profonde douleur avant de subir, à leur tour, le même sort et des vieillards impitoyablement massacrés.
Ce véritable génocide a coûté la vie à pas moins de 765 Algériens de la région dont sept membres de la famille du petit Rachid, qui s’était retrouvé, d’un coup, sans famille et sans abri, la maison familiale étant incendiée. “C’est ainsi que je me suis retrouvé errant parmi les corps ensanglantés et déchiquetés, respirant l’air étouffant et nauséabond du sang et des lambeaux humains qui commençaient à se décomposer au soleil de ce mois de mai, qui, ironie du sort, fut radieux et contrastait curieusement avec l’horreur ambiante sur le sol”, se souvient ce moudjahid de la première heure.
De son côté, le représentant du secrétariat de wilaya de l’organisation nationale des Moudjahidine (ONM), à la cérémonie commémorative de ces date, organisée au carré des martyrs de Béni H’midène centre, devait souligner que plusieurs régions du pays notamment Sétif, Kherrata, Guelma, Oued Zenati, ont vécu des évènements semblables. Ces événements qui ont fait plus de 45.000 chahid, ont été sciemment prémédités et soigneusement préparés, a souligné le même responsable. Des expositions de photos et de documents d’archives, des baptisations aux noms de Chouhada de la Révolution ainsi qu’une cérémonie de remise de prix symboliques aux lauréats des différentes manifestations culturelles et sportives organisées pour la circonstance, ont marqué la commémoration de cette date, tournant dans l’Histoire du pays.
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Thread: Algeria: May 8th 1945
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9th May 2010 16:42 #50
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10th May 2010 00:18 #51
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Lundi 10 Mai 2010 -- Les témoignages des historiens mobilisent la conscience pour évoquer un génocide dont la mémoire le retiendra longtemps. Le Centre culturel algérien (CCA) a abrité samedi dernier une rencontre avec les historiens français spécialistes de la question coloniale. Gilles Manceron, Jean-Louis Planche et Mohamed Rebah ont témoigné de l’horreur des massacres du 8 mai 1945. Un documentaire de Meriem Hamidat diffusé à la même occasion se voulait un autre témoignage sur le génocide qui a emporté 45 000 victimes algériennes.
Evoquant ces évènements douloureux, les historiens ont retracé le parcours de cette tuerie avec à la clé une condamnation unanime de ces atrocités. Jean-Louis Planche a mis en relief les témoignages de l’époque en affirmant que «ce jour-là, la folie meurtrière s’est emparée des populations européennes», en rappelant des témoignages vérifiés en septembre 1945 où «près de cent camions ont déchargé des cadavres d’Algériens qui allaient être ensevelis dans de fosses communes, dans la banlieue de Constantine».
L’historien Mohamed Rebbah, auteur de l’ouvrage Les chemins et les hommes a affirmé durant son intervention que « le nombre de 30.000 morts a été annoncé à Paris dès la fin de mai 1945». Mais selon lui, «le bilan doit être obligatoirement supérieur à ce chiffre puisque les massacres se sont poursuivis quatre mois durant». En précisant que le nombre officiel d’Européens tués s’élevait à 104 morts.
L’éminent historien Gilles Manceron, qui mène depuis des années une quête sur la mémoire algérienne durant l’époque coloniale, a relevé que les évènements du 8 mai 1945 ont été un tournant important dans l’histoire de l’Algérie. «Le souvenir de ces massacres a été très longtemps présent chez des militants du PPA-MTLD, ceux-là mêmes, qui déclencheront la révolution armée le 1er Novembre 1954», soutient-il.
Quant au documentaire de 52 minutes intitulé Mémoires du 8 mai 1945 de Meriem Hamidat et de François Nemata, ce film a été réalisé en 2007 en démarrant sur un travail de mémoire et non de simples archives recollés.
La réalisatrice met en exergue dans cette œuvre, les témoignages de rescapés de ces terribles massacres. Elle a préféré surtout les témoignages «des petites gens et à tous ces acteurs anonymes qui ont vécu dans leur chair ces massacres» a-t-elle noté. La réalisatrice donne ainsi la parole aux habitants des différentes localités de la région de Sétif et de Kherrata pour parler de ce qu’ils ont vécu et enduré durant cette période.
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25th May 2010 00:28 #52
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H. Mouhou :
Mardi 25 Mai 2010 -- Le directeur des Archives nationales, M. Abdelmadjid Chikhi, a déclaré, hier à Alger, que le nombre des victimes algériennes massacrées par le régime colonial français durant le mois de mai 1945 est estimé à 90.000 par des sources américaines de l’époque, ajoutant que «l’Algérie va récupérer auprès des Etats-Unis une copie de l’archive attestant de cela». M. Chikhi, qui s’exprimait devant la presse en marge du séminaire sur la conférence de Bandoeng hier au siège des Archives nationales, a précisé que les massacres commis par les Français ne se résumaient pas à la seule journée du 8 mai 1945 et aux trois villes retenues par l’histoire, à savoir Sétif, Guelma et Kherrata. «Les massacres d’Algériens par les colons et l’armée coloniale française ont débuté le 1er mai 1945 et se sont poursuivis jusqu’à la fin du même mois et ont touché presque tout le territoire algérien», a-t-il affirmé. «Des sources américaines de l’époque ont avancé le chiffre de 90.000. Le document attestant cela se trouve dans les archives américaines et nous allons en récupérer une copie», a ajouté M. Chikhi précisant toutefois qu’»aucune démarche dans ce sens n’a été entreprise jusqu’à présent auprès des autorités américaines». Dans le même registre, le directeur des Archives nationales a indiqué que «les autorités américaines de l’époque avaient officiellement protesté auprès des autorités françaises, leur signifiant que les massacres commis à l’encontre des Algériens portent préjudice et n’honorent aucunement les Alliés». «C’était l’ambassadeur américain au Caire qui avait transmis les protestations américaines aux Français», a-t-il encore précisé. Des ultranationalistes français ont perturbé cette semaine le festival de cinéma de Cannes en manifestant contre la sélection et la projection du film Hors la loi du réalisateur algérien Rachid Bouchareb traitant des massacres de mai 1945. Les manifestants rejettent notamment la version des faits présenté dans le film ainsi que le nombre de 45.000 victimes, qui ne serait d’après eux que de l’ordre de 1.500.
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18th September 2010 00:08 #53
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كشف تقرير صادر عن القنصل البريطاني العام في الجزائر''جون إيريك ماكلين كارفال''، أرسله في 23 ماي 1945 إلى سلطات بلاده والخارجية الفرنسية، ونشر لأول مرّة أول أمس، بجريدة ''لوبوان'' الفرنسية، أن السلطات الفرنسية مسؤولة عن مجازر 08 ماي 1945 ومقتل الآلاف من الجزائريين، حيث يقر القنصل فيه بقوله: ''لقد فقد أحد الجنود الفرنسيين عقله، وأنا متأكد أنه ما كانت لتسيل كل هذه الدماء، لو لم يكن الجنود الفرنسيون متلهفين لإراقة الدماء''.
عادت صحيفة ''لوبوان'' الفرنسية إلى فتح ملف مجازر 8 ماي 1945، عبر الأرشيف البريطاني، الذي ينشر لأول مرة، وهو عبارة عن تقارير عسكرية لقنصلية المملكة البريطانية في الجزائر، مستقاة من معلومات جمعها الجنود البريطانيون المنتشرون في الجزائر، بالإضافة إلى مصادر رسمية من الحكومة الفرنسية، أعدتها القنصلية يوم 23 ماي 1945، وموقّعة من طرف القنصل العام البريطاني آنذاك ''جون إيريك ماكلين كارفال''.
نقل التقرير تطور الوضعية الأمنية في الجزائر ومراحل أحداث08 ماي 1945، التي دامت كما يقول 6 أيام، حيث يقر بأن هذه الأحداث بدأت بعد مظاهرات سلمية مرخصة، قادتها أفواج الكشافة الإسلامية ومناضلو حزب الشعب الجزائري في شوارع سطيف، شارك فيها حوالي 2000 شخص، منهم أطفال ونساء، لتعمّم بعدها في كل من: قسنطينة، فالمة، سوق اهراس ومنطقة القبائل الصغرى. وحملت المظاهرات شعار ''تحيا الجزائر حرة ومستقلة''، ''الديمقراطية للجميع'' وغيرها.
كما يشير التقرير إلى أن انحراف مسار المظاهرات التي أدت إلى الأحداث، تسبب فيها جندي فرنسي أراد مصادرة لافتة أحد المتظاهرين تحمل عبارة ''أطلقوا سراح مصالي الحاج''، وبعد رفض هذا الأخير تسليمها، فتح الجندي النّار عليه دون تردد، لينطلق بعدها الرّصاص من كل اتجاه، سواء من طرف الشرطة الفرنسية أو المعمّرين، الذين كانوا يتابعون المظاهرات من الشرفات. ليبدأ بعدها إطلاق النار على كل من يقع بين أيديهم من السكان الأصليين، أو يحمل علامات عنصرية كلون الشعر أو اللباس. ليضيف التقرير أن القنصلية البريطانية تلقت رسالة من السكان الأصليين لسطيف، أرفقها القنصل في ملف وجّه للسلطات البريطانية والخارجية الفرنسية، موضحا أن المعلومات حول الأحداث انتشرت بسرعة في الشمال القسنطيني وأدت إلى فوضى عارمة بين السكان، كانت تنذر بثورة قتل فيها عدد من الفرنسيين، لكن لم يتم التعرّض لا للبريطانيين ولا للإيطاليين العاملين لدى الفرنسيين. وقد واجهتها السلطات الفرنسية بإعطاء أوامر للدرك وحراس الغابات بالهجوم وإطلاق النار على كل متظاهر. ويكشف التقرير الذي نشرته الجريدة كما هو، أنه بعد تأزم الأمور، أعطت السلطات الفرنسية الأوامر للقوات المسلحة الجوية للتدخل وجنّدت 1200 طيار من الفرقة ,13 من مختلف النواحي العسكرية للهجوم على الشمال القسنطيني، بالضبط المنطقة الجوية الممتدة من سطيف إلى سوق أهراس، حيث قامت بقصف القرى عن طريق طائرات ''بي ''26 و''بي ''38، بأكثر من 300 إغارة، بين 08 ماي إلى 14 منه. ويضيف التقرير أن الملاحظات الجوية كشفت عن إبادة وتدمير كل القرى والدواوير الواقعة في هذا الخط الجوي.
كما يفيد نفس التقرير أن المعلومات حول عدد الضحايا لم تقدم، بينما اعترف الحاكم العام الفرنسي للقنصل البريطاني بسقوط بين 600 إلى 1000 ضحية. لكن الجهات الصحية الفرنسية، يقول القنصل، تتحدث عن 6000 قتيل و14 ألف جريح. بينما تذهب تقديرات أخرى إلى عدد أكبر بكثير من الضحايا فيما قتل بين 120 إلى 300 أوروبي.
من جهة أخرى، يرى التقرير أن الأحداث أثبتت أن هناك تحضيرا لثورة السكان الأصليين على فرنسا. مرجعا ذلك للظروف الاجتماعية المأساوية، التي يعيشها سكان سطيف والشمال القسنطيني. مذكرا بالمجاعة القاتلة التي عرفتها المنطقة في الشتاء، بالإضافة إلى استغلال حزب الشعب لهذه الظروف للدعاية لأفكاره الاستقلالية.
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7th May 2011 15:53 #54
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Merouane Mokdad :
Samedi 7 Mai 2011 -- À la veille de la commémoration des massacres du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata, commis par l'armée coloniale française, le débat est relancé sur le projet de loi de criminalisation du colonialisme. Sur ce sujet en effet, Mohamed Cherif Abbes, ministre des Moudjahidine, ne semble pas partager le point de vue d’Ahmed Ouyahia, Premier ministre et secrétaire général du RND sur le projet d’une loi criminalisant le colonialisme. «Les organisations de la société civile toutes tendances confondues, sont attachées à la loi criminalisant le colonialisme. Cette criminalisation est une revendication autour de laquelle se rallient toutes les forces vives du pays. Elle ne pourrait être qualifiée de caduque ou nouvelle car n'étant pas propre à une génération donnée», a‑t‑il dit.
Ahmed Ouyahia avait déclaré auparavant que ce projet de loi, défendu par le FLN, était «une manœuvre politicienne» marquant ainsi son hostilité à la démarche. «Lorsque les conditions favorables seront réunies pour traiter du dossier de la mémoire entre l'Algérie et la France, toutes les questions y afférentes seront débattues», a soutenu le ministre des Moudjahidine, suggérant l’existence de pesanteurs politiques dans le traitement des dossiers liés au passé colonial de la France en Algérie.
Par ailleurs, le ministre des Moudjahidine a qualifié une nouvelle fois les massacres du 8 mai 1945 de crimes contre l’humanité. «Nous ne pouvons, en tant que victimes, qualifier ces massacres autrement que de crimes contre l'humanité au sens juridique du terme car ils ont été commis contre un peuple sans défense qui, sorti manifester pacifiquement, a été sauvagement réprimé. Le crime est, de ce fait, établi, avec preuves et arguments à l'appui et ne peut être imprescriptible. Il pourrait être assimilé aux crimes les plus odieux dans l'histoire de l'humanité», a‑t‑il déclaré à l’agence APS. Selon lui, des situations moins atroces ont été classées comme crimes contre l'humanité. Le ministre a estimé que cette commémoration était l'occasion de passer en revue les sacrifices et les épreuves endurés par le peuple algérien pour le recouvrement de sa souveraineté et de son indépendance.







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