June 29th 1992 the president of Algeria, Mohammed Boudiaf, was assassinated during a speech.
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29th June 2006 12:02 #1
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On this day: June 29th 1992 - Boudiaf assassinated
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28th June 2007 03:42 #2
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Jeudi 28 juin 2007 -- Voilà quinze ans que le symbole incontestable de la révolution de novembre a été arraché à la vie, et de quelle manière. Face à l’indifférence parfois affichée des autorités, c’est bien la fondation Mohamed Boudiaf qui se charge, comme chaque année, de rappeler à tous les Algériens le courage inouï d’un éminent révolutionnaire doublé d’un grand homme d’Etat.
Quinze ans après ce funeste 29 juin 1992, la fondation Mohamed Boudiaf, dirigée par Fatiha Boudiaf, devait organiser hier une grande manifestation en hommage à l’ancien Président assassiné.
Organisée au palais de la culture Moufdi Zakaria, cette commémoration en hommage à Si Tayeb El Watani devait voir la participation de Reda Malek. L’ancien chef de gouvernement, et ami du Président défunt, doit à cette occasion donner une conférence sur le parcours de Mohamed Boudiaf, tant sur sa vie de militant que sur celle de président du Haut-Comité d’Etat. Une exposition de photographies était aussi programmée par les organisateurs.
Cette dernière doit, à cet effet, retracer tout le long parcours de ce fondateur du CRUA (Comité révolutionnaire pour l’unité et l’action) qui sera à l’origine du déclenchement de la révolution du 1er Novembre 1954.
Militant révolutionnaire de la première heure, Mohamed Boudiaf a été un membre fondateur du FLN et a pris part à l’épanouissement du mouvement nationaliste algérien. En désaccord avec la nouvelle direction du pays après l’indépendance, il s’exile en Europe puis au Maroc.
Après l’interruption du processus électoral en 1991, et la démission du président Chadli Bendjedid en janvier 1992, il est rappelé pour présider le Haut-Comité d’Etat.
Le 29 juin 1992, et alors qu’il s’adressait aux cadres de la ville de Annaba, une rafale de balles met fin à sa vie. Avec sa disparition, ce sont les espoirs de tout un peuple qui s’évaporeront.
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28th June 2007 04:51 #3
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Jeudi 28 juin 2007 -- Qui a assassiné Boudiaf ? Quinze années après son assassinat, le mystère reste entier. La thèse de l’acte isolé à laquelle est arrivée la justice n’a jamais convaincu. Le père du sous-lieutenant du Groupe d'intervention spécial (GIS), Lambarek Boumaârafi qui croupit en prison, est sorti de son silence.
Tout en demandant à ce que les dispositions de la charte pour la réconciliation nationale soient appliquées à son fils, il accuse des cercles occultes, «des détenteurs de dossiers noirs que le président avait menacé de dévoiler». Une thèse confortée par la veuve du président qui avait rompu le silence, voilà deux années, pointant du doigt «le pouvoir». La famille Boudiaf a totalement écarté la piste islamiste. En accordant un entretien à la chaîne Al Jazeera, Mme Boudiaf a affirmé en savoir beaucoup plus que les bribes d’informations distillées à dose homéopathique depuis le 29 juin 1992. «L'auteur physique de son assassinat n'est pas Boumaârafi. Celui qui a tiré sur le président était plus grand de taille. Je possède la cassette vidéo de la tragédie de Annaba. Le cadavre qui a été retiré de dessous la table serait celui du tueur de Boudiaf. Deux impacts de balles ont été constatés sur l'ambulance qui a évacué le président du HCE», avait-elle soutenu, balayant du revers de la main la version officielle soutenue mordicus par le pouvoir.
La famille Boudiaf qui a laissé entendre qu’elle détenait assez d’éléments lui permettant d’aller dans ce sens, avait dans un passé récent émis l’idée de saisir la justice internationale. Côté officiel, on semble compter sur les effets du temps pour que cet assassinat demeure une énigme et que les commanditaires ne soient jamais démasqués. D’ailleurs, les déclarations de la veuve de Mohamed Boudiaf n’ont eu aucun effet sur un système qui cultive l’amnésie allègrement. D’ailleurs, hormis la fondation qui essaye de cultiver le souvenir, les cercles officiels ne manifestent guère d’engouement pour la manifestation de la vérité. Trop gênant, le dossier est définitivement clos et seule la fondation Boudiaf se cramponne à cette exigence.
D’ailleurs, l’unique manifestation prévue cette année, c’est le recueillement traditionnel qu’organise la fondation au cimetière El Alia. A Annaba, c’est le comité local de la fondation Mohamed Boudiaf qui a été chargé de la préparation de cet événement. Une cérémonie sera organisée sur les lieux mêmes du drame, en présence de Mme Fatiha Boudiaf, épouse du défunt président et présidente de la Fondation Mohamed Boudiaf. Au dépôt de la gerbe de fleurs et la cérémonie de recueillement, succédera une conférence sur la vie et la mort de Mohamed Boudiaf.
C’est dans cette ville où l’auteur de Où va l’Algérie avait été tué alors qu’il présidait une conférence des cadres. «L’être humain n’est que de passage ici-bas. La vie est brève, nous devons tous disparaître un jour», avait-il dit à cette occasion. Paroles prémonitoires. Sa mort avait provoqué un émoi rarement égalé. Celui qui avait présidé aux destinées du pays pendant une période n’excédant pas six mois avait redonné espoir à des Algériens devenus nihilistes. Sa mort n’a fait que renforcer cette tendance.
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30th June 2007 14:44 #4
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30th June 2007 14:46 #5
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Samedi 30 juin 2007 -- Une cérémonie de recueillement à la mémoire de l’ancien président du Haut- Comité d'Etat (HCE), Mohamed Boudiaf, assassiné il y a 15 ans, le 29 juin 2002 à Annaba, a eu lieu hier dans la matinée au cimetière d'El Alia, en présence des membres de sa famille, de plusieurs anciennes personnalités politiques et de compagnons de lutte du défunt durant la guerre de Libération.
A cette occasion, une gerbe de fleurs a été déposée devant la sépulture du président disparu au carré des martyrs, en signe de reconnaissance au combat de l'homme et son dévouement à la lutte de Libération nationale puis à la reconstruction du pays. Tour à tour, les intervenants ont rendu un vibrant hommage à Mohamed Boudiaf en apportant des témoignages sur son œuvre et son parcours. Une personnalité qui a pu durant son court mandat à la tête du HCE faire rallier le peuple algérien particulièrement les jeunes et gagner leur sympathie par son humilité, son franc-parler et sa sincérité. Une fin tragique qui a suscité une profonde émotion au sein de la population. La cérémonie de recueillement d’hier sur la tombe de Si Tayeb El Watani entre dans le cadre des journées commémoratives organisées par la Fondation Boudiaf sous le thème générique de «Résistance et culture». Plusieurs manifestations culturelles et sportives ont également eu lieu à Alger et à Annaba.
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30th June 2007 19:33 #6
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Samedi 30 juin 2007 -- La culture de l’oubli semble être bien ancrée en Algérie. La foule, certes, n’était pas nombreuse mercredi dernier pour commémorer la tragédie du 29 juin 1992, mais la présence des bonnes personnes signifiait déjà que Mohamed Boudiaf comptait encore beaucoup d’amis fidèles en Algérie.
Organisée au palais de la culture Moufdi Zakaria, la commémoration officielle du quinzième anniversaire de l’assassinat de Tayeb El Watani, a vu la participation d’éminents membres de la famille révolutionnaire. Ces moudjahidine au regard encore perçant ont pour la plupart lutté contre le poids de l’âge, pour venir marquer de leur présence un souvenir encore vivace dans la mémoire de tous les Algériens. Messaoud Aït Chaalal, Pierre Chaulet, Ali Haroun, pour ne citer que ceux-là, se sont mêlés mercredi dernier à ces petites gens venues raconter chacun à sa manière le Boudiaf qu’il a connu ou côtoyé.
En l’absence de Fatiha Boudiaf souffrante, une exposition de photographies était aussi organisée dans l’enceinte du palais. Replongeant les admirateurs dans un passé pas très lointain, ces illustrations racontaient à elles seules la simplicité de Mohamed Boudiaf. On le voyait s’adresser au peuple avec l’aisance et l’honnêteté qu’on lui connaissait, ou accueillir à leur descente d’avion le président égyptien Hosni Moubarak et son épouse Suzanne. Mais c’est à n'en pas douter ses photos avec les jeunes qui ont plu le plus. A l’aise avec eux, l’ex-président du Haut Comité d’Etat était avec eux comme un poisson dans l’eau. Après les images, l’histoire. Présent aux côtés de Ali Haroun, Redha Malek a animé, à cette occasion, une conférence sur la vie du défunt.
Du PPA-MTLD (Parti du peuple algérien, Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) au CRUA (Comité révolutionnaire pour l’unité et l’action), en passant par l’OS (Organisation spéciale), l’ancien chef de gouvernement retracera dans les moindres détails le parcours d’un homme d’exception. Véritable architecte de la révolution du 1er Novembre 1954, Mohamed Boudiaf souffrira pourtant des représailles des siens comme il a souffert de celles des colons.
Présent dans l’avion d’Air Atlas détourné le 22 octobre 1956 par les autorités françaises, il est emprisonné avec ses compagnons, et ne sera libéré qu’une fois l’indépendance arrachée.
Après 1962, les événements prendront une autre tournure. «Boudiaf démissionnera une fois la prise du pouvoir par Ben Bella en septembre 1962», a déclaré Redha Malek. «Séquestré dès le 21 juin 1963 à Hydra, il sera même envoyé au Sud jusqu’en novembre. C’est là qu’il observera à deux reprises une grève de la faim, la première durera 30 jours, la deuxième 10 jours», révèlera le conférencier et ancien chef de gouvernement. Après sa libération, le fondateur du FLN (Front de libération nationale) choisira de s’exiler d’abord en Europe, puis finalement à Kenitra au Maroc. Redha Malek reviendra longuement sur la vie post-janvier 1992 de Mohamed Boudiaf. Il ira dans le sens de Ali Haroun qui avait mis en exergue le patriotisme de Tayeb El Watani. «L’Algérie naufragée se souvient de moi», aurait rétorqué celui qui avait accepté plus tard de présider le Haut Comité d’Etat.
De retour en Algérie le 16 janvier 1992, Mohamed Boudiaf avait exercé le pouvoir durant 170 jours, jusqu’à ce que le destin le foudroie un certain 29 juin 1992 à Annaba. «On lui a tiré des balles dans la nuque et dans le dos, alors qu’il prononçait des paroles de vie», disait avec une émotion certaine Redha Malek, qui avait rejoint le Haut Comité d’Etat juste après la mort de Mohamed Boudiaf. Quinze ans jour pour jour après cette ignoble forfaiture, l’héritage politique du défunt semble ne pas bénéficier de tous les égards nécessaires. Mohamed Boudiaf dérangerait-il même du fond de sa tombe ? Mystère.
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30th June 2007 19:40 #7
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Samedi 30 juin 2007 -- Ali Haroun n’a pas oublié son ami. Présent mercredi dernier au palais de la culture Moufdi Zakaria, l’ex-dirigeant de la Fédération de France et ancien membre du Haut-Comité d’Etat a bien démontré que son attachement pour l’ex-Président assassiné était indéfectible. Pour lui, la culture de l’oubli, si présente en Algérie, ne parviendra jamais à effacer l’héritage considérable de Mohamed Boudiaf.
La Tribune : Ali Haroun, comment expliquez-vous l’absence de tout représentant des autorités algériennes à cette commémoration de l’assassinat de Mohamed Boudiaf ?
Ali Haroun : Il est à remarquer que, depuis de nombreuses années, l’histoire récente de l’Algérie - je ne dis pas qu’elle est complètement occultée - est au moins enseignée de façon très très approximative ou superficielle. Pourquoi ? Il y a bien des raisons. La crise de 1962 a fait que, beaucoup de gens qui avaient été des acteurs réels de la lutte de libération ne se trouvaient plus au pouvoir en 1962. Comme l’histoire est écrite toujours par les vainqueurs, il est évident que celle-ci ait été, pour le moins, occultée pour qu’on ne dise pas que ceux qui pouvaient rédiger l’histoire soient contraints de dire des contrevérités. Alors, pour ne pas dire de contrevérités, on occulte la vérité. Cela dit, ce qui s’est passé depuis quarante-cinq ans est quelque chose de coutumier dans les révolutions. On dit que les révolutions mangent leurs enfants, eh bien, l’Algérie obéit, hélas, à cette règle.
Cela fait quinze ans que Mohamed Boudiaf a été arraché à la vie, pensez-vous que son héritage est toujours présent ou qu’il est tombé dans l’oubli ?
Je ne pense pas que l’on puisse oublier le message de Boudiaf. Même s’il a été de courte durée, je peux vous assurer que, pendant ces 170 jours, il y a eu un renouveau d’espérance exceptionnelle. Je peux vous rapporter des faits personnels. J’ai eu l’occasion, pendant cette période, de me déplacer à l’étranger, particulièrement en France, des gens de tous horizons sont venus me voir pour me demander s’ils pouvaient apporter leur contribution. L’accession de Boudiaf à la tête de l’Etat leur avait redonné confiance.
Il avait aussi impulsé un style nouveau d’exercice du pouvoir…
Premièrement, il parlait un langage que les Algériens comprenaient. Il parlait un arabe algérien, correct bien sûr, mais qui n’était ni emphatique ni un langage qui était fait pour les académiciens. Quelqu’un me disait à l’époque : «Tiens, ma grand-mère m’a dit : "Enfin je viens de comprendre mon Président".»
Deuxièmement, il était très simple. Il recevait pratiquement toute personne ou toute organisation qui demandait un entretien avec lui.
Comment avez-vous appris la nouvelle de sa mort ?
Ce fut une douleur extraordinaire. J’avais l’impression que notre dernier espoir venait de s’écrouler. Et pourtant la vie continue. Ce qu’a fait Mohamed Boudiaf était, je le crois, une étape marquante. Il a lancé un message fort, et je ne pense pas que ce message soit occulté à jamais. Vous savez, une vérité peut être oubliée un certain temps, mais elle ressurgit, parce qu’on peut la mettre sous le boisseau, mais on ne peut pas la détruire. Le vrai finit toujours par triompher.
Etes-vous optimiste pour l’avenir ?
Je suis né optimiste, j’ai vécu optimiste, et je crois que, jusqu’à la fin de mes jours, je le resterai.







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