dimanche 14 janvier 2007 - - Mostefa Lacheraf, décédé hier à Alger, a eu un riche parcours où s’entremêlaient l’historique, le politique, l’écrivain et le sociologue. Né en 1917 à El-Karma, Mostefa Lacheraf est issu d’une double culture, française et arabe. Il fait des études secondaires aux lycées de Ben Aknoun d’Alger puis à la medersa Tha’alibiyya et des études supérieures à La Sorbonne.
Il adhère au Parti du peuple algérien en 1939 et rejoint le FLN dès le début de la guerre. Il exerce comme juge à Bou Saâda en 1942-1943. Mostefa Lacheraf faisait partie des cinq responsables de la révolution qui ont été arrêtés le 22 octobre 1956 suite à l’opération pirate qui s’est soldée par l’arraisonnement par les autorités françaises du DC3 d’Air Atlas reliant Rabat à Tunis.
Universitaire connu pour ses essais sur la révolution algérienne, Mostefa Lacheraf a vu son destin lié aux figures politiques de la guerre de libération nationale lors de son internement à la prison de la Santé (France) en compagnie de Mohamed Boudiaf, Ahmed Ben Bella, Hocine Aït Ahmed et Mohamed Khider.
Militant actif du Front de libération national (FLN) dans l’émigration, il est devenu membre de la Fédération FLN de France avant de rejoindre l’Espagne vers la fin septembre 1956. En Espagne, il a rencontré Mohamed Khider, membre de la délégation extérieure du FLN, qui activait à partir du Caire.
Ce dernier lui a demandé d’intégrer la délégation officielle du FLN devant se rendre au Maroc et en Tunisie. Membre du Conseil national de la révolution algérienne, le défunt a participé au congrès de Tripoli. Ex-rédacteur en chef du quotidien El Moudjahid, Mostefa Lacheraf a également occupé des postes diplomatiques après l’indépendance, dont celui d’ambassadeur en Argentine à partir de 1965.
Rappelé par le défunt président Houari Boumediene à Alger, il a été nommé en qualité de conseiller aux affaires culturelles auprès du président de la République, avant de se voir confier le portefeuille ministériel de l’Education nationale dans le gouvernement du 23 avril 1977 pour assurer ensuite le poste de délégué permanent de l’Algérie à l’Unesco.
Il est connu par ses essais sur le mouvement national algérien et la notion du nationalisme dans la révolution algérienne qu’il a reproduits dans son livre phare Algérie, nation et société. La dernière contribution écrite du défunt était une réflexion sur l’histoire de l’Algérie à travers son livre Des noms et des lieux.
L’écrivain et intellectuel Mostefa Lacheraf a fait l’objet d’un colloque scientifique du 18 au 20 décembre 2004, organisé par la revue Naqd et l’Association algérienne pour le développement de la recherche sociale (AADRESS).
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14th January 2007 16:14 #1
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Décès de Mostefa Lacheraf
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15th January 2007 17:59 #2
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Mostefa Lacheraf inhumé hier à El Alia:
Une foule importante est venue, hier, accompagner Mostefa Lacheraf à sa dernière demeure. Aucune figure de l’exécutif n’était apparente, hier à El Alia, lors de cette cérémonie, prise en charge, pourtant, par la présidence de la République.
L’ancien moudjahid, de la plume surtout, reposera désormais et pour toujours, aux côtés de centaines d’autres valeureux enfants de l’Algérie au carré des martyrs du cimetière d’El Alia d’Alger. Des proches, des amis, des compagnons d’armes et des citoyens anonymes sont venus rendre un dernier hommage à ce «monstre sacré» de la pensée purement algérienne qui effectue son dernier voyage, sans retour cette fois-ci, à l’âge de 90 ans.
Le corps de Si Mostefa était exposé sur un austère cercueil couvert de l’emblème national et posé sur l’esplanade marbrée faisant face aux tombeaux des défunts présidents Boumediène et Boudiaf. Parmi les présents, il y avait des personnalités nationales et d’anciens hauts responsables de l’Etat, à l’image de Mouloud Hamrouche, Abdelhamid Mehri, Belaïd Abdeslam, Rédha Malek, Youcef Khatib, Mohamed Salah Mentouri, le commandant Azzedine, Aziz Derouaz et El Hadi Lakhdiri et les généraux majors à la retraite Mohamed Touati et Khaled Nezzar, pour ne citer que ceux qui ont été reconnus parmi la foule.
Des personnalités du monde de l’art et de la culture, comme Saïd Hilmi, Amine Zaoui ou encore le directeur général de la Radio nationale Azzedine Mihoubi, étaient également présentes. Etaient aussi présents à cette cérémonie des responsables de partis et d’organisations politiques comme Abdelhak Brerhi (CCDR), Saïd Sadi (RCD), Ahmed Méliani (MDS), Ali Laskri (FFS) et Belaïd Abrika du mouvement des aârchs.
Le président de l’Association des oulémas musulmans algériens, Abderrahmane Chibane, a tenu aussi à être présent, alors qu’aucune présence des responsables des partis islamistes n’a été remarquée. Les autorités officielles du pays ont brillé, elles aussi, par leur absence.
Aucune présence de ministres ou autres officiels, sinon celle du ministre délégué chargé de la ville, M. Abderrachid Boukerzaza, et de quelques sénateurs n’a été signalée. Pourtant, les funérailles de Mostefa Lacheraf ont, selon un proche du défunt, été prises en charge par la présidence de la République.
Avant l’enterrement et la lecture de la fatiha, Rédha Malek a lu une oraison funèbre. Tout en rappelant le riche parcours de Mostefa Lacheraf avant et après l’indépendance du pays, Rédha Malek a mis en exergue le patriotisme, l’intégrité, morale et politique, et l’abnégation dans le travail «désintéressé» du défunt au service de son pays qu’il a toujours porté dans son cœur.
Il dira notamment que, «tout au long de son parcours, Mostefa Lacheraf n’a jamais cessé d’écrire sur l’histoire du pays d’une façon analytique et objective (…) prouvant ainsi sa conviction de voir son pays éternellement debout comme un Etat moderne au sens entier du terme, en comptant, en premier lieu, sur ses capacités et ses valeurs intrinsèques» et ce après avoir prié Dieu de lui accorder Sa sainte miséricorde.







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