Lundi 5 mars 2007 - - Le ministre français délégué à la Promotion de l’égalité des chances, M. Azouz Begag, s’est recueilli hier sur la tombe d’Algériens déportés dans l’archipel français de Nouvelle-Calédonie (Mélanésie, à 1 500 km à l’est de l’Australie) à la fin du XIXe siècle.
Le ministre a visité le cimetière arabe de Nessadiou à Bourail, où sont enterrés des déportés. Avec la communauté d’origine arabe, qui a fait souche dans ce village de la côte ouest, il a partagé un thé à la menthe et des spécialités algériennes.» C’est bon de se retrouver au bout du monde, où la France a une partie de son histoire, avec des Calédoniens qui ont la même gueule que moi, des gueules d’Arabe (...) Même pour un ministre c’était très difficile de retenir ses larmes, sans doute des larmes de la mémoire», a déclaré M. Begag à Radio Nouvelle-Calédonie.
«C’est la première fois qu’un ministre de la République effectue une visite officielle dans le cimetière à la mémoire des exilés et des disparus. C’est pour nous une reconnaissance dont nous sommes très fiers», a déclaré, pour sa part, à l’AFP M. Jean-Pierre Aïfa, président de l’Association des Arabes et des amis des Arabes de Nouvelle-Calédonie.
M. Aïfa, ancien maire de Bourail, est le fils d’un déporté algérien originaire de Sétif, ville natale des parents d’Azouz Begag. Il existe encore, selon M. Jean-Pierre Aïfa, une vingtaine d’enfants de déportés algériens en Nouvelle-Calédonie, mais la communauté tout entière compte plusieurs milliers de personnes.
Colonie pénale jusqu’en 1913, la Nouvelle-Calédonie a été entre 1864 et 1897 la terre de bagne d’environ 2 000 Algériens, notamment originaires de Kabylie, mais également de Marocains et de Tunisiens. Il existe peu de témoignages sur le sort de ces déportés arabes, hormis les écrits de certains participants à la Commune de Paris (période révolutionnaire en 1871), eux aussi exilés en Nouvelle-Calédonie, comme Louise Michel ou le journaliste Henri Rochefort.
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5th March 2007 07:59 #1
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Les Algériens déportés en Nouvelle-Calédonie :
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5th March 2007 08:37 #2
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5th March 2007 08:45 #3
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27th October 2008 08:49 #4
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Lundi 27 Octobre 2008 -- Séjournant ces jours-ci en Algérie dans le cadre de la participation à la Foire internationale d’Alger et invitée par la wilaya de Bordj-Bou-Arréridj, Mme Mélica Ouennoughi, chercheur en anthropologie historique et conservateur scientifique du musée de Bourail (Calédonie), a donné une conférence le jeudi 23 octobre 2008, au complexe culturel de Bordj-Bou-Arréridj, sur la déportation des Algériens en Nouvelle- Calédonie, suite à l’insurrection d’El-Mokrani et El-Haddad en 1871. Devant une nombreuse assistance parmi laquelle le wali, le P/APW, le recteur du centre universitaire, des responsables locaux et professeurs, Mme Mélica Ouennoughi a évoqué sa recherche en anthropologie historique sur cette communauté algérienne vivant en Calédonie, recherche qu’elle a menée durant 5 années sur les lieux mêmes de la déportation. Mme Ouennoughi a signalé, par ailleurs, les liens qui se sont établis entre les insurgés algériens, à leur tête Boumezrag, El-Mokrani et les communards parisiens de 1871, déportés dans les mêmes bateaux et dans les mêmes conditions dans les bagnes de Calédonie. Dans son ouvrage sur la question, qui sortira ces jours-ci en Algérie, Mme Ouennoughi apporte un éclairage complet sur cette douloureuse déportation basé sur l’étude des archives coloniales et les témoignages de leurs descendants et des chefs communards comme Louis Michel et Rochefort.
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14th August 2009 00:19 #5
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Vendredi 14 Août 2009 -- Avec le développement de leurs concessions agricoles, les familles de déportés algériens s’agrandissent petit à petit pour donner naissance à une communauté attachée à ses origines, à sa religion et à ses coutumes ancestrales. Malgré le mutisme gardé par les anciens sur leur passé, les descendants de ces déportés ont, tant bien que mal, tout fait pour transmettre ces repères aux générations futures. En participant pleinement au développement de leur pays d’adoption, cette communauté s’est complètement intégrée au pays sans avoir à renier son passé, sa religion et sa culture. L’exemple le plus marquant est celui de Taïeb Aïfa, actuellement maire de la ville de Bourail, une personnalité politique incontournable pour les grands problèmes sociaux politiques de Nouvelle-Calédonie. À leur arrivée en Nouvelle-Calédonie, la plupart des déportés algériens ont été logés dans l’île des Pins, une île vierge où tout était à faire. Certains décéderont dans cette île et seront enterrés dans le cimetière spécialement aménagé pour enterrer les révoltés de la commune de Paris. Ali Ben Galouza, né en 1821 à Draâ El Mizan, suite à son implication dans le soulèvement de 1871, est condamné à la déportation le 20 mai 1873 par la cour d’assises de Constantine. Il meurt le 17 novembre 1875 et sera enterré dans ce cimetière avec ses compagnons d’infortune de la commune de Paris. Sa tombe porte le numéro 103. D’autres algériens seront aussi enterrés dans ce cimetière des communards, on peut aussi citer Tahar Ben Akli ; lui et Ali Ben Galouza figurent dans la stèle commémorative du cimetière. La création d’un cimetière musulman à Nessadiou va entraîner le regroupement des déportés algériens dans cette vallée. Leurs épouses n’étaient pas autorisées à rejoindre leurs époux, ils finiront par se marier à des Européennes.
1896 - Création du cimetière musulman
Avec l’âge s’est posé le problème du cimetière de cette communauté musulmane. Ils se sont entendus pour soumettre cette question aux autorités administratives locales. Lors de la séance du 18 juillet 1896 de la commission, Charles Metzer soulève cette question et demande à cette commission « pour savoir s’il y aurait ou n’y aurait pas d’inconvénients à créer, à Nessadiou, un cimetière arabe ». À l’unanimité, la commission déclare n’en voir aucun et émet le vœu de donner satisfaction à ces professants d’un culte essentiellement différent, mais à la condition que les « arabes » soient seuls chargés, et à leurs frais, de tous les travaux d’entretien… (Extraits du registre des délibérations) Sidi Moulay, en voulant traverser à cheval par temps de grande pluie la rivière, s’est noyé. C’était un grand marabout très respecté. Le vieux Miloud, au nom de la solidarité communautaire, propose de l’enterrer sur son terrain. Il fait don d’une de ses concessions pour créer le cimetière musulman actuel de Bourail. Le marabout Sidi Moulay est enterré dans un coin de ce cimetière. Sa tombe devient un lieu de recueillement, où les vieux, autrefois, déposaient de l’argent et formulaient des vœux. Avec le temps, le nombre de tombes s’est accru, les plus anciennes n’ont malheureusement aucune inscription. Avant, les vieux n’inscrivaient pas les noms de leurs morts sur les stèles. En guise de stèles, ils utilisaient des pierres tombales peintes en blanc. L’entretien de ce cimetière est entièrement pris en charge par la communauté par le biais de l’Association des Arabes de Nouvelle-Calédonie. A l’intérieur du cimetière est planté un palmier orienté vers la Mecque et servant de kebla pour l’enterrement des morts. À côté de ce cimetière se trouve un hangar aménagé avec une petite cuisine et une salle avec des tables et des chaises. Des cérémonies de célébrations et de commémorations d’êtres chers disparus sont organisées par des familles, tous les membres de la communauté y sont invités à manger et à partager ce moment de recueillement avec la famille organisatrice. Ces rencontres rituelles sont assez appréciées par tous, elles leur permettent de se retrouver, y compris ceux de la communauté qui vivent loin de Bourail.
Cimetière musulman de Nessadiou
L’étape suivante a été de doter la ville d’une mosquée, c’est chose faite depuis un peu plus de 10 ans. Le regretté Mohamed Seddik Taouti sera l’un des grands artisans de la construction de cette mosquée, il apportera son aide et sa grande contribution en vue de réunir les fonds nécessaires pour son achèvement. Cette année, une plaque commémorative au nom de cet illustre bienfaiteur a été apposée à l’entrée de ce qui s’appelle maintenant le centre islamique de Bourail. Ce centre est situé à proximité du cimetière. Le vieux Jean-Baptiste Barretteau, voisin et ami des déportés algériens, mort en 1911, est, suite à sa demande, enterré au cimetière musulman de Nessadiou avec son oncle et sa fille Louise. On raconte qu’il a été enterré dans le cimetière par les anciens et que ces derniers avaient accepté la présence de croix sur leurs tombes. Une des conditions posées par les anciens est que la prière du curé soit dite sur les tombes et non dans tout le cimetière. Ce geste de tolérance a toujours été considéré comme un signe de reconnaissance envers des amis, des voisins et surtout des compagnons d’infortune. Par la suite, ce précédent a donné lieu à des polémiques soulevées par les jeunes des nouvelles générations de descendants de déportés d’origine musulmane. Le message transmis par les vieux, en répondant favorablement à la demande de leurs amis et voisins chrétiens d’être enterrés parmi eux, est un message de tolérance. On raconte aussi que ces vieux arabes étaient stricts, mais tolérants.
Mosquée de Bourail
Beaucoup de descendants de déportés algériens ont parfaitement réussi leur intégration dans ce pays. Celui qui symbolise mieux la réussite sociale et l’intégration dans ce pays de ces descendants de déportés algériens est sans contexte Aïfa Taïeb, surnommé le « calife ». Il est né le 31 octobre 1938 à Bourail et il est fils d’un transporté algérien. Il a d’abord été un grand sportif, lors des jeux du Pacifique Sud qui se sont déroulés dans les îles Fidji en 1963, il a gagné la médaille d’or au 3000 mètres steeple. Après une activité syndicale, il se consacre à la politique, il sera maire de Bourail de 1977 à 2001 et de 2008 à ce jour. Lors d’une visite de travail en Nouvelle-Calédonie, l’ancien ministre français d’origine algérienne, Azzouz Begag, s’est rendu au cimetière musulman de Nessadiou. Taïeb Aïfa prend la parole et lui déclare : « Vous êtes dans notre lieu de mémoire. » Il ajoute : « Les vieux couchés, là, avaient été exilés de leurs terres souvent données à des colons, puis installés sur des terres prises à des tribus. Pour eux, l’histoire s’est inversée. La colonisation qu’ils subissaient en Algérie, ils en sont malgré eux devenus les agents, pour survivre ici. » Taïeb Aïfa a visité à plusieurs reprises l’Algérie, dont il est devenu un fervent défenseur sur la scène internationale. On peut aussi citer Kader Boufenèche, petit-fils de transporté algérien, qui s’est beaucoup investi dans la communauté. Actuellement à la retraite, il a été président de l’Association des Arabes de Nouvelle-Calédonie. Sa participation à la construction de la mosquée de Bourail a été déterminante. Il a lui aussi visité l’Algérie à plusieurs reprises.
Une communauté solidaire
Cette communauté soudée s’est construite à partir d’une base de solidarité héritée d’un passé douloureux. Les anciens déportés algériens ne parlaient presque pas de leur passé, un silence devenu pesant pour les nouvelles générations. Elles voulaient comprendre l’histoire de leurs parents et surtout de rechercher leurs racines. On retrouve dans leur comportement dans la société certaines coutumes ancestrales algériennes transmises sans doute par leurs parents. Un des exemples de solidarité agissante est celui de Yasmine Mistoura, fille de déporté algérien. Agée et fatiguée, après une longue carrière médicale ponctuée par une médaille de mérite, a pris sa retraite et s’est installée seule à Nouméa pour rejoindre ses enfants. Cette femme extraordinaire est respectée au sein de la communauté. Elle me racontait que ces anciens amis de Bourail, à chaque fois qu’ils venaient à Nouméa, lui rendaient systématiquement visite. Elle était particulièrement heureuse de les retrouver. De par sa vertu, sa sagesse et sa longue expérience, elle était en quelque sorte le modérateur de la communauté. Elle a aussi visité à plusieurs reprises l’Algérie. Elle et ses enfants sont en contact avec des membres de sa famille, résidants du Khroub. Un oued du Khroub porte d’ailleurs le nom de leur famille, Mistoura.
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1st July 2010 00:28 #6
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Mohammed Zerrouki :
Jeudi 1 Juillet 2010 -- L’avocate Fatma-Zohra Ben Braham à lancé hier un appel solennel au chef de l’Etat pour «intervenir et permettre aux 212 Algériens injustement déportés en Nouvelle-Calédonie depuis 1873 de revenir dans leurs pays avec des passeports verts». L’avocate a lancé son appel lors d’une conférence au centre de presse d’El Moudjahid. Intervenant à l’occasion du 48e anniversaire de l’indépendance, l’Association Machaal Echahid en collaboration avec le Forum El Moudjahid a organisé une table ronde sur les crimes des forces coloniales françaises 1830-1962.
Mme Ben Braham a expliqué que «ces Algériens qui vivent en Nouvelle Calédonie méritent de revenir dans leurs pays d’origine. Ils sont injustement exilés par l’occupant français». «Le 10 mars 1873, s’ouvre au tribunal de Constantine le procès des chefs de l’insurrection sur 212 accusés, 149 sont maintenus en prison, ce procès a duré 56 jours», a affirmé Mme Ben Braham. Elle a ajouté qu’«un arrêt d’accusation établi le 21 septembre 1872 les renvoie devant la cour d’assises de cette juridiction. L’acte d’accusation leur est notifié les 9 et 26 décembre 1872. Le verdict sans appel fut la déportation en Nouvelle-Calédonie de la plupart d’entre eux.
Elle rappelle que les chefs de la résistance populaire, Mokrani Boumezrag, Aziz Ben Cheikh Ahaddad et son frère M’hamed faisaient partie du lot. Me Benbraham a indiqué que «les conditions de transport et de vie ainsi que les traitements inhumains infligés à ces déportés algériens, appelés Arabes, furent derrière la mort d’un très grand nombre». Elle a indiqué que «beaucoup de déportés algériens périrent durant leur déportation alors que deux tiers sont morts durant leur détention. Certains furent enterrés à l’île des Pins avec d’autres déportés communards, morts aussi en détention».
L’avocate rappelle que depuis 1998, tout transfert de population est considéré comme un crime contre l’humanité par la législation internationale. En parlant du code de l’indigénat, Mme Ben Braham a indiqué que «le nombre d’infractions réprimées n’est pas défini». Elle a expliqué que « les colons interdisent l’ouverture d’un établissement religieux, certaines pratiques religieuses ou culturelles sont interdites comme la Zerda ou la Ziara afin d’empêcher un regroupement des indigènes». Elle a indiqué que «les Musulmans sont punis pour la moindre faute, par exemple pour l’oubli de faire viser son permis là où il séjourne même pour 24 heures. Ils ne peuvent voyager dans d’autres communes sans autorisation et ne doivent pas habiter hors des douars».







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