La guerre d'Algérie vue par l'ALN 1954-1962 :
L'armée française sous le regard des combattants algériens
de Dalila Aït-El-Djoudi
"Guerre des images", c'est ainsi que la guerre d'Algérie a souvent été qualifiée. Il est vrai que les belligérants se sont aussi affrontés à coups de stéréotypes à travers articles de presse, tracts et autre propagande. En incarnant leur adversaire, en redéfinissant l'" autre ", l'" ennemi " par rapport à eux, c'est leur propre identité que les combattants algériens construisaient, afin d'acquérir force et crédibilité. Cet ouvrage montre la diversité, parfois l'hétérogénéité des représentations de l'adversaire français. Car le regard des membres de l'ALN n'est pas le même selon qu'il s'agit du colon, du soldat de l'armée de métier, du jeune appelé ou des civils demeurés en France. Et si l'image du soldat français a évolué au fil des "événements" ou de la guerre d'indépendance, le passé colonial a nécessairement joué un rôle non négligeable dans sa construction. Ce livre est construit autour des précieux témoignages de soixante-dix-neuf anciens combattants de l'ALN-FLN originaires de la wilaya 3 (Kabylie) qui viennent étayer archives françaises et algériennes et combler ainsi le silence des hommes qui ont vécu ce conflit. Pour la première fois, le jeu des représentations est ici inversé et c'est enfin la vision du combattant algérien sur son adversaire d'alors qui est explorée. Témoignages et jeu des regards croisés dressent ici un pont entre les deux rives de la Méditerranée, une voie vers une compréhension mutuelle.
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16th March 2007 13:18 #1
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La guerre d'Algérie vue par l'ALN 1954-1962
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14th November 2007 19:51 #2
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Jeudi 15 novembre 2007 -- Une jeune historienne Algérienne vient de publier à Paris un livre sur la vision de l’ennemi par les moudjahidine. A l’origine, « La guerre d’Algérie vue par l’ALN, 1954- 1962 » est une thèse de doctorat en histoire soutenue par Dalila Aït El Djoudi à l’université de Montpellier.
Une version condensée de ce travail vient d’être publiée par les éditions Autrement. Pour mener à bien ses recherches, l’auteure s’est appuyée sur les archives de l’ALN, exceptionnellement ouvertes à l’occasion, et les témoignages d’anciens combattants de la Wilaya III et de la zone autonome d’Alger. Tout au long de ce travail de longue haleine, il fallait éviter l’écueil de la confusion qui pourrait surgir entre histoire et mémoire. En un mot, ne pas s’écarter de l’événement dans sa globalité avec l’implacable marche de l’histoire et le traitement individuel que l’on peut faire subir à ces événements. Surtout que l’essentiel de cette enquête est menée auprès de 79 témoins. Le panel comportait, à côté des anciens de l’ALN, un tiers de militants issus des rangs du MNA. L’enquête pour avoir une fiabilité scientifique doit aussi croiser les regards de tous les protagonistes de la guerre de libération. La France, comme le souligne l’auteure, a mis 37 ans avant de reconnaître qu’il y avait eu une guerre en Algérie. Cet état de confusion, entretenu de façon délibérée, a beaucoup joué sur la perception de l’autre. Il était donc difficile d’identifier clairement l’adversaire.
Du côté des combattants de l’ALN, l’ennemi, auquel on était confronté, était à la fois un militaire qui produisait la violence et le civil qui perpétuait l’ordre colonial. Des fois cette identification dépassait les deux concepts pour atteindre ce que l’auteure appelle « l’entité culturelle » et tout ce que cela charrie comme différences au niveau de la langue, de la religion et des habitudes culinaires et vestimentaires. Cette perception vient en contrepoids au regard de l’autre qui est chargé de toutes les connotations négatives. L’auteure rappelle tous les concepts qui ont fait florès dans l’imaginaire du petit peuple pied noir et de la presse coloniale. Pour beaucoup de soldats français, les moudjahidine étaient une sorte d’ennemi invisible que la propagande militaire ne faisait que rabaisser pour rehausser le moral de ses troupes. La réponse à ces clichés de la dépréciation venait du journal « El Moudjahid », qui essayait, à travers ses articles, de répondre à cette rhétorique coloniale par un discours que l’auteure juge modéré car il mettait en exergue la différence entre l’armée coloniale et le peuple français. Dans cette guerre des mots, l’ALN et ses combattants axaient leurs revendications sur le plan politique tandis que l’administration coloniale ne faisait que perpétuer les stéréotypes et les poncifs générés depuis les premiers moments de la conquête.







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