Samedi 17 mars 2007 -- Mort comme il est né, dans la pauvreté, la misère et la persévérance, Mohamed Haroun demeure l’un des pionniers du combat pour la démocratie et l’identité amazighes. Persévérant et pugnace tout au long de son combat pacifique, Massa Haroun, comme s’accordaient ses amis à l’appeler, reste à jamais gravé dans la mémoire des Kabyles, et son nom est inscrit en lettres d’or dans le palmarès de l’histoire berbère.
Symbole de la lutte pour la liberté et contre l’injustice, Haroun était un fervent défenseur des couches défavorisées dont il faisait partie, de même qu’il est l’une des figures de proue du combat pacifique pour l’identité et la langue amazighes.
Mohamed Haroun, ou le poseur de bombes comme s’accordent à l’appeler plus d’un, était en effet un fervent défenseur de la justice, de la liberté et de la cause berbère. Refusant de se plier à l’injustice et révolté par l’attitude négative du pouvoir mis en place au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, Mohamed Haroun, ayant vécu l’atrocité du colonialisme français dans sa chair, a, depuis, mené sa lutte contre l’oppression.
La violence, dont Haroun ne voulait guère souffler mot, a toutefois été son ultime recours à tout combat, après avoir échoué à le mener pacifiquement. Nul n’est censé méconnaître Mohamed Haroun ni ne peut réduire son combat pour la démocratie.
Natif de Tifrit, village relevant d’Akbou (Kabylie), Mohamed Haroun est né le 13 avril 1944 au sein d’une famille dévorée par la pauvreté. Son père, dit le sergent Tahar, est tombé au champ d’honneur en 1958 quand le petit Haroun n’avait que 14 ans.
Au lendemain de la guère de libération, il a perdu deux sœurs, mortes d’une grande misère. Sa mère, seul espoir auquel s’accroche Mohamed, est morte dans un accident de la route. Elle venait lui rendre visite à la prison de Tazoult (Lambèse) où il était incarcéré.
Mohamed Haroun a donc perdu celle qu’il chérissait tant, sans pouvoir lui rendre un dernier hommage. Extrêmement affecté par la perte tragique de sa mère, il lui dédia, plein de tristesse, ce poème : «A celle qui me doit mille hommages.
Cette mère décédée, blessée en route pour venir me voir. Pourrais-je l’oublier un jour cette mère-courage. Cette regrettée mère qui a voulu accomplir son devoir…» Mohamed Haroun a commencé ses études primaires à l’âge de 11 ans, dans un camp militaire français.
Plus tard, en 1963, il a rejoint le Centre des enfants de chouhada de Bir-Latrach, à El-Eulma (Sétif). Brillant élève, il a été admis au CET (Collège de l’enseignement technique). Puis, en 1967, Mohamed Haroun s’est inscrit au CNET de Sidi Aïch (Béjaïa), où il a obtenu un CAP d’ajusteur.
Au lycée de Dellys, Haroun a obtenu le brevet de maîtrise, de même qu’il a réussi au baccalauréat, avant de rejoindre la capitale pour poursuivre ses études supérieures, à la Faculté centrale d’Alger. Pour subvenir à ses besoins, Mohamed Haroun travaillait.
Cela ne l’a pas empêché de s’adonner entièrement à la recherche sur la langue amazighe. C’est à cette époque qu’il a eu l’occasion de faire la connaissance du chercheur Mouloud Mammeri, lequel lui a prêté main forte dans ses recherches.
De 1972 à 1975, Haroun a contribué activement à donner naissance à deux revues. L’une intitulée Itij (soleil) et l’autre Taflit (la mèche), transcrites en tifinagh. Le 5 janvier 1976, il a été arrêté dans un restaurant universitaire avec plusieurs de ses camarades et condamné à perpétuité à la prison de Tazoult, suite à la fameuse affaire «des poseurs de bombes».
Mohamed Haroun a tiré sa révérence suite à un arrêt cardiaque, le 22 mai 1996, laissant derrière lui une veuve, deux orphelines… et une œuvre poétique immortelle. Sa pureté et sa persévérance ont fait de lui un homme connu et reconnu à travers son combat pour la liberté en Algérie, le pays qu’il chérissait tant.
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17th March 2007 10:41 #1
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Mohamed Haroun







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