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  1. #71
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    Lundi 3 decembre 2007 -- Le Centre national de recherches préhistoriques et anthropologiques et historiques (CNRPAH) a un projet d’exposition spéciale autour du thème «Béjaïa, centre de transmission du savoir». Cette manifestation sera organisée dans le cadre de l’évènement Alger, capitale de la culture arabe 2007 et aura pour commissaires MM.

    Slimane Hachi et Djamil Aïssani. Cette exposition a pour objectif de mettre en évidence le rôle de la ville de Béjaïa et de sa région dans la transmission des connaissances scientifiques à travers la Méditerranée. Elle comprendra différents supports (murs d’images), des films documentaires, des présentations de différents objets (manuscrits,…) qui seront structurées en 13 points.

    A travers cette activité, vous aurez à découvrir différents objets d’art figuratif notamment les figurines zoomorphes en terre cuite dans l’abri sous roche d’Afalou. Ces objets posent la double question des origines de l’art et de la céramique en Afrique du Nord.

    Il y aura également l’aqueduc de Saldae (Toudja), l’un des monuments les plus intéressants de la circonscription archéologique de Béjaïa. Il s’agira ici de présenter les méthodes de calcul utilisées par le librator (ingénieur militaire) Nonius Datus lors du percement du tunnel de Lahbel.

    Lors de cette manifestation, il y aura aussi la célébration du millénaire de la fondation de la qalaâ des Beni Hammad (1007 – 2007). Première capitale du royaume des Hammadites, la qalaâ a permis au Maghreb central de sortir de sa marginalisation.

    Le site de la qalaâ a été inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 1980. Durant l’année 2007, la ville de Béjaïa célébrera également le 940e anniversaire du transfert de la capitale du royaume Hammadite de la qalaâ vers Béjaïa.

    Une présentation de la structuration du milieu scientifique sera présentée (avec le rôle des princes de la science). Une attention particulière sera accordée aux savants comme le Qutb Sidi Bou Medienne et son école, la célèbre vision du métaphysicien Ibn Arabi à Béjaïa, la méthode en science des héritages de l’algébriste Al-Qurashi, les réponses du philosophe Ibn Sabin aux fameuses questions siciliennes de l’empereur Frederick II, le minaret à la qalaâ des Beni Hammad (coquille stuquée des niches), le géographe Al-Idrisi, la carte mondiale et les plantes «utiles en médecine» du Gouraya et enfin, le médecin Ibn Andras à Béjaïa.

    Nous verrons de surcroît que la ville de Béjaïa a été la convoitise de moult chercheurs et intellectuels à travers le monde à l’instar de Léonardo Fibonacci (1170 – 1240) qui dit dans son Liber Abaci avoir étudié le système de numération, les méthodes de calcul et les techniques commerciales auprès d’un maître admirable.

    Un événement permettant le début d’une ère nouvelle en Occident. En effet, selon les historiens, l’activité créatrice dans le domaine des mathématiques va renaître grâce à l’initiation des savants italiens aux méthodes de calcul à Béjaïa.


  2. #72
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    Mardi 4 Décembre 2007 -- Le patrimoine archéologique en Algérie bénéficie d’une attention comme il n’en avait jamais connu. En plus de la révision du cadre législatif et juridique en vue de renforcer sa protection et l’augmentation des budgets alloués à sa prise en charge, on assiste à une multiplication tous azimuts d’actions sur le terrain augurant un avenir meilleur pour nos richesses patrimoniales, tant sur le plan de la prise en charge que sur celui de l’exploitation qui sont désormais perçues sous l’angle de l’intersectorialité. Ainsi, plusieurs ministères (Culture, Tourisme, Intérieur, Défense nationale et Finances) travaillent souvent en collaboration, sans se marcher sur les pieds qui plus est (situation inédite en Algérie), sur des projets de protection, de promotion, de restauration ou d’exploitation de sites et d’objets patrimoniaux.

    Un exemple concret de ces actions communes nous est donné par le site de Youkous, un village romain situé dans la commune d’El Hammamet, à 20 km à l’ouest de Tébessa, et réputé pour ses sources d’eaux minérales, qui vient de bénéficier d’une enveloppe d’un million de dinars pour sa délimitation et sa mise en valeur. A l’époque romaine, Youkous, que les Romains nommaient Aqua Sisarusse, était une zone de transition sur la grande voie romaine entre Carthage et Lambèse (Tazoult-Batna). Mais durant la période coloniale, l’administration française, qui n’avait cure du patrimoine algérien qu’elle a, au contraire, entrepris de détruire, accomplit à Youkous son œuvre destructrice. Comme à la Casbah d’Alger, des percées seront aménagées dans le tissu urbain du village qui sera traversé par de larges boulevards. Un crime dont les traces sont ineffaçables. Aujourd’hui, intégré dans la zone d’expansion touristique, ce village, composé de deux cités, Ras Essour et El Medda, et s’étendant sur une surface de 22 hectares, retrouve ses chances de revivre non seulement comme périmètre protégé, mais aussi comme site touristique économiquement exploitable.

    Situé au bas d’une forêt, le village, qui est traversé par l’oued Bou Akous et où des ruines de bains romains remontant au Ier siècle après J-C ont été mises au jour, a les atouts nécessaires et peut constituer un premier noyau pour le développement du tourisme culturel dans la région, d’autant plus que cette dernière compte une trentaine de sites patrimoniaux, dont une dizaine sont inscrits sur la liste du patrimoine national alors que d’autres attendent la réalisation d’études et de fouilles pour déterminer leur importance culturelle. Des responsables du secteur touristique, cités par l’APS, confirmant la richesse de ce filon, soutiennent que la région de Youkous peut devenir un pôle touristique générateur de nombreux emplois. Le projet de création d’un centre d’étude et d’orientation touristique, dont la mission sera la promotion du tourisme culturel et écologique dans la wilaya, est d’ailleurs à l’étude.

    Autre exemple de cette volonté de redonner au patrimoine la place qui lui sied dans la région et au sein de l’économie locale : l’élaboration d’une carte archéologique des divers sites patrimoniaux et ksour séculaires de la wilaya de Naama. Selon cette carte, les sites préhistoriques se situent entre la ligne reliant Tiout et Aïn Sefra qui comprend quelque 500 stations de peintures rupestres. Tiout, à 88 km au sud-ouest du chef-lieu de la wilaya de Naama, est une zone où l’on compte un nombre important de fossiles faunistiques et floristiques, en plus des gravures rupestres qu’on trouve sur le plateau de l’ancienne citadelle de Moghrar Tahtani. Vers la zone de Chellala, on peut trouver des vestiges de poterie. Des fouilles menées en 2000 ont également montré l’existence d’une forêt paléontologique s’étendant sur 18 000 m2. La carte archéologique indique aussi l’existence de vestiges et de fossiles d’animaux ressemblant à des chevaux, mais d’une plus grande taille, dans les zones de Rouis El Hir et Oulgag, deux localités qui se présentent comme de véritables musées à ciel ouvert pouvant attirer un important flux de touristes nationaux et étrangers, notamment après la découverte des restes du dinosaure végétarien appelé communément «le géant des ksour».

    Par ailleurs, la carte archéologique comporte aussi des études historiques sur les cinq anciens ksour au sud de la wilaya de Naama, édifiés entre le Ve et le XVIIe siècle. Ces vestiges se composent de structures architecturales uniques en leur genre en matière de forme et de disposition des chambres, des puits, du système de distribution de l’eau, des méthodes de stockage des vivres, des zaouïas, des ruelles, outre les systèmes de défense et les tours, dont une grande majorité a été détruite. Ces ksour, disséminés à travers les régions de Sfissifa, Tiout, Moghrar, Asla et la citadelle de Cheikh Bouamama, sont construits avec des matériaux locaux, dont la pierre, l’argile, le plâtre, les feuilles et les troncs de palmiers, de roseaux et d’eucalyptus. Plusieurs parties de ces ksour, qui ont été détruites, ont été restaurées ces dernières années avec pour objectif la relance du tourisme dans cette wilaya. Mais il reste encore à faire tant sur le plan de l’étude urbanistique, en vue de la revalorisation des sites, que sur le celui de l’exploitation qui nécessite l’élaboration d’une véritable stratégie, à court, moyen et long terme, impliquant les différents secteurs concernés, lesquels, habitués à travailler en étroite collaboration, peuvent rééditer les schémas déjà expérimentés.


  3. #73
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    Mercredi 12 Décembre 2007 -- Un colloque international sur «le patrimoine mondial de la vallée du Mzab face aux nouveaux enjeux et défis» s’est ouvert lundi dernier à Ghardaïa. Près d’une vingtaine d’experts représentant des institutions nationales et internationales (Unesco, PNUD, UE) et des écoles d’architecture de France, du Portugal, de Tunisie, du Maroc et du Canada prennent part à cette rencontre organisée par l’Office de la protection de la vallée du Mzab (OPVM), avec le soutien de l’Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme (EPAU), de l’association Anghame Er Roustoumia de Ghardaïa et de l’Organisation arabe pour l’éducation, les sciences et la culture (Alesco).

    Les participants à cette rencontre de deux jours, qui coïncide avec la célébration du 25ème anniversaire du classement par l’Unesco de la vallée du Mzab sur la liste du patrimoine de l’humanité, ont abordé de nombreux thèmes ayant trait aux outils de sauvegarde, de prise en charge et de mise en valeur du patrimoine culturel, à travers notamment les expériences de certains pays, lesquelles seront présentées lors de ces travaux.

    Selon Mme Zahia Yahi, chef de cabinet de la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, la célébration du 25ème anniversaire du classement de la vallée du Mzab comme patrimoine mondial par l’Unesco, constitue à elle seule un événement qui devrait servir de station pour évaluer les résultats des efforts consentis et des actions engagées par l’Etat algérien pour la préservation de ce patrimoine exceptionnel à plus d’un titre. «Ces efforts visent à éviter que ce site de la vallée du Mzab, qui constitue un haut lieu de l’architecture traditionnelle classée comme référence dans le patrimoine de l’humanité, ne soit versé sur la liste des sites en péril», dira Mme Yahi.

    Pour le directeur de l’OPVM, qui a été à l’origine de nombreuses actions de préservation et de sensibilisation, «ce rendez-vous scientifique traduit l’intérêt accordé par le ministère de la Culture à la préservation et à la protection du patrimoine qu’il inscrit parmi ses priorités». De plus, ce colloque se présente comme «un espace d’échange d’expérience dans le domaine de la conservation, de la préservation et de la mise en valeur du patrimoine classé “mémoire universelle”», de même qu’il vise à «tisser un réseau de professionnels sur la gestion du patrimoine culturel afin de faire face aux enjeux du nouveau millénaire», ajoutera-t-il.

    Le représentant de l’Alesco a rappelé, quant à lui, qu’un comité de protection du patrimoine islamique sera mis en place comme il a été décidé lors de la réunion de l’organisation tenue en novembre dernier en Libye. Haut lieu d’architecture traditionnelle et important site touristique, les cinq villes fortifiées constituant la pentapole Ghardaïa ont été érigées dans la vallée de l’oued Mzab sous forme de ksour où la vie communautaire mozabite était structurée et régie par un conseil de sages dans le strict respect des préceptes et de la morale religieuse. Qualifié de «leçon d’architecture» par le célèbre architecte André Raverau, le site, qui a d’ailleurs a été un terrain d’étude et un sujet de thèse de nombreux architectes, a été classé comme patrimoine mondial par l’Unesco en 1982.

    Soucieux de l’importance de la sauvegarde de ce patrimoine universel, les pouvoirs publics ont classé toute la vallée du Mzab comme «secteur sauvegardé». Avant ce classement, des opérations de restauration, de réhabilitation et de sauvegarde avaient déjà été effectuées. C’est ainsi que des ksour du Mzab et des monuments historiques ont été sauvés de la dégradation. Les opérations de restauration ont touché, entre autres, les monuments funéraires et les ouvrages hydrauliques ancestraux, ces fameux «peignes» et réseaux de canalisations constituant le système d’irrigation qui distribuait équitablement l’eau des puits pour les maisons et les jardins de chaque cité.

    La restauration a également concerné les souks de ces villes. A noter que, pour cette dernière opération, les restaurateurs ont impliqué les habitants des ksour qui, grâce à leurs témoignages, les ont aidés à reconstituer les places de marché de chaque ksar telles qu’elles étaient par le passé. Cette implication des habitants est un autre atout pour la sauvegarde du patrimoine, et il s’agira de s’en inspirer et de la généraliser à d’autres sites.


  4. #74
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  5. #75
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    Jeudi 13 décembre 2007 -- Il est connu, aujourd’hui, que les pièces archéologiques sont des objets de valeur et valent des fortunes. Ces pièces que le temps n’a pu détériorer sont devenues la convoitise de réseaux transnationaux spécialisés dans le trafic illicite du patrimoine dont les acquéreurs et autres collectionneurs dépensent sans compter pour devenir les propriétaires de témoins de l’histoire.

    A l’instar de plusieurs pays, l’Algérie n’est pas épargnée par ce phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur. En effet, notre pays compte plus de 500 sites archéologiques et historiques dont 7 d’entre eux ont été classés par l’Unesco comme patrimoine mondial tels que le Tassili, Timgad, Tipasa, Djemila, Oued M’Zab, la Casbah et Kalaât Béni Hamed. En sus de ces derniers, d’autres sites seront certainement classés par l’institution onusienne.

    Devant la complication de la situation et la progression des atteintes au patrimoine matériel et immatériel, l’Algérie a paraphé depuis de nombreuses années plusieurs conventions internationales ayant trait à la protection du patrimoine culturel et historique.

    Pour contrer les assauts à répétitions des contrebandiers et autres voleurs des objets d’art et pièces archéologiques, la Gendarmerie nationale n’est pas restée les bras croisés mais tout au contraire puisqu’elle mettra sur pied trois Cellules de protection du patrimoine en 2005 et ce en collaboration avec le ministère de la Culture qui avait pris en charge la formation des gendarmes, devenus experts dans la lutte contre ce trafic.

    La création de ces cellules, qui seront six dans les mois prochains, intervient également après que le Commandement de la Gendarmerie national (CGN) eut pris conscience que durant la décennie de sang qu’avait connu le pays, des touristes occidentaux soutenus par des concitoyens, sans aucun état d’âme, avaient profité de la situation pour dépouiller nos sites de pièces rarissimes et de valeur.

    Préoccupés par la situation sécuritaire et la lutte antiterroriste, les représentants de la loi n’ont enregistré que trois cas de pillage entre 1990 et 1997 alors qu’en réalité des centaines d’affaires auraient été enregistrées. Au cours de la période 1998-2004, il a été recensé 25 affaires de trafic de patrimoine, précisera le commandant Abdelatif Keroud, adjoint-chef de la Cellule de Communication du Commandement de la Gendarmerie nationale.

    Selon le lieutenant Medjahed, chef de la cellule de protection du patrimoine de l’Institut national de Criminologie et Criminalistique de Bchami, des centaines de sites algériens proposent à la vente sur internet des pièces archéologiques rares, qui ont été prises en photo par nos concitoyens et mise sur la toile informatique. «Aujourd’hui, sur internet existe un site allemand qui propose à la vente des objets archéologiques algériens pillés dans plusieurs sites à travers le territoire national» nous a appris l’officier.

    «Avant, des touristes occidentaux circulaient librement au niveau des sites archéologiques du sud du pays et s’emparaient de quelques pièces quils vendaient à des collectionneurs dans leurs pays. Aujourd’hui, les choses ont changé dans la mesure où les agences de voyages informent la Gendarmerie nationale sur les éventuelles arrivées de groupes de touristes qui seront escortés par nos services lors des excursions dans les sites » expliquera le commandant Keroud.

    Depuis la mise en place des trois cellules suscitées, des résultats plus que satisfaisants ont été constatés par les gendarmes. En effet, depuis qu’elles sont opérationnelles, les mêmes cellules ont récupéré 1 127 pièces d’une valeur archéologique dont 96 pièces de monnaie en sus, du démantèlement d’un important réseau spécialisé dans le vol et le trafic des objets d’arts et d’archéologie, activant dans l’Est du pays. Ayant acquis plus d’expérience professionnelle, les éléments des cellules élucident de plus en plus d’affaires d’atteintes au patrimoine, mémoire de notre peuple et témoignage de notre civilisation.

    Preuve à l’appui, en 2007, il a été procédé à la récupération de 820 pièces archéologiques parmi lesquelles 26 pièces de monnaie, trois tableaux évalués à plusieurs milliards de centimes, du célèbre peintre espagnol Pablo Picasso ainsi que 200 pièces de fossilles d’animaux marins disparus depuis quelques millions d’années.

    Au cours des dix premiers mois, les auxiliaires de la justice ont traité 25 affaires relatives au trafic de patrimoine et récupéré 1 310 pièces inestimables telles que des pièces de monnaie, des statuettes, des faucilles remontant à l’âge de la préhistoire et l’âge de pierre, des bustes romains, des lampes à huile de l’ère romaine, la défense d’un mammouth, un pistolet de l’ère ottomane, et la tête de la reine égyptienne Néfertiti ainsi que d’autres objets.

    Par ailleurs, pour lutter efficacement contre la monté des atteintes contres le patrimoine national, les services de la Gendarmerie nationale à travers le Bureau central de la protection des biens culturels et historiques du CGN sont en train de mettre en place une banque de données comprenant des informations précises sur les pièces archéologies et culturelles que renferment les 500 sites algériens. Ils travaillent également en partenariat avec l’Institut national des cartes pour la réalisation d’une carte de tous les sites algériens.


  6. #76
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  7. #77
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