Jeudi 17 Avril 2008 -- Le Musée national des antiquités d'Alger organise aujourd’hui une cérémonie à l'occasion de la récupération du buste de Marc Aurèle. Cette manifestation sera présidée par la ministre de la Culture, Khalida Toumi, et le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, en présence des responsables de secteurs sécuritaires.
La pièce archéologique avait été volée en 1996 avec huit autres pièces du centre culturel de la commune de Skikda, rappelle la même source en ajoutant que les autorités algériennes en avait informé Interpol en 2004 en lui fournissant les documents nécessaires. Les autorités judiciaires américaines ont ainsi suspendu une opération de vente du buste de Marc Aurèle qui a été saisi en décembre 2006 en vue de sa restitution à l'Algérie.
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17th April 2008 17:05 #148
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18th April 2008 08:14 #149
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Saïd Bouterfa :
Jeudi 17 avril 2008 -- Plus fragiles que les vestiges de pierre qui ne sont pas eux-mêmes indestructibles ! Que reste-t-il de ces pages parcheminées, témoignages précieux et souvent magnifiques de l’existence, du savoir et de l’art de nos ancêtres ou prédécesseurs ? La Bibliothèque Nationale d’Algérie fut instituée le 10 octobre 1835 par le Gouvernement général français en Algérie, sous l’appellation de « Musée d’Alger ». En raison de l’augmentation rapide de ses collections, elle connut plusieurs déménagements : en 1838, elle se déplace rue Bab Azoun ; en 1848, rue des Lotophages ; puis en 1958, boulevard Frantz Fanon. Le catalogue général des manuscrits de 1893, ouvrage de l’orientaliste Edmond Fagnan, directeur de cette bibliothèque, nous renseigne sommairement sur la nature et l’étendue des collections. Nous pouvons aussi y lire en introduction ce constat clair : « Il ne paraît pas que, ni au moment de la conquête d’Alger par les troupes françaises ni dans les premières années qui ont suivi, aucun effort, n’ait été fait pour sauver de la destruction, soit les archives gouvernementales, soit les manuscrits dont il devait tout au moins se trouver quelques-uns dans les mosquées et dans les zaouïas. »
C’est à partir des fonds manuscrits publics et privés, que s’enrichirent les collections de la BNA de l’époque, tels ceux provenant des bibliothèques d’Alger, de Constantine ou de la khizana de cheikh El Haddâd, confisquée à la suite de l’insurrection de 1871. Dès la prise d’Alger et d’autres villes, les troupes coloniales n’hésitèrent pas à mettre à sac, piller ou brûler de nombreuses bibliothèques. Ainsi disparut la bibliothèque de l’Emir Abdelkader,après la prise de la Smala en 1843. Estimée à plus de 5 000 volumes reliés, les débris de cette magnifique collection, dont une partie à été brûlée, sont dispersés dans plusieurs bibliothèques françaises et européennes. Un sort encore plus dramatique détruisit la bibliothèque de l’école de la Kettania de Constantine, qui fut fondée par Salah Bey. Lors de la prise de la ville, des milliers de manuscrits furent la proie des flammes. Connurent le même sort : la bibliothèque de la Mohammadia du Bey Mohamed El Kabir de Mascara, les bibliothèques des mosquées et des zaouïas des villes du centre, telles celles de Médéa, de Blida, de Miliana et des environs d’Alger qui possédaient des collections très variées. On peut compter aussi les innombrables bibliothèques de Béjaïa, haut lieu d’érudition, qui jouissait d’une renommée particulière dans le monde musulman et en Occident médiéval, ainsi que celles des zaouïas des environs de Béjaïa, comme celle de cheikh El Haddâd à Sedouk, réputée pour ses manuscrits.
A l’est du pays, de nombreuses bibliothèques de villes importantes, telles que Constantine et de nombreuses khizanates de zaouïas furent victimes d’un sac systématique au début de l’occupation et de nouveau pendant la guerre d’indépendance. Plusieurs bibliothèques privées furent, en représailles, livrées aux flammes ou confisquées, comme la bibliothèque des Ben Lefkoun et des Bachtarzi (des Ben Lefkoun, que le Baron de Slane compulsa pendant plus d’un mois et demi, estimant en 1845, qu’il renfermait plus de 3000 volumes). Ajoutons les bibliothèques pillées ou détruites de Tlemcen, l’un des principaux centres religieux et intellectuels de l’époque, qui réunissaient, outre des fonds arabes, andalous et espagnols, des documents ottomans particulièrement importants pour l’histoire de l’Algérie à partir du XVIe siècle. Enfin, les bibliothèques des Oasis, comme celles de la Tijania de Aïn Madhi, de Temaçin, de Tolga, des Ouled Jellal et des autres régions d’Algérie, furent soumises aux mêmes destructions. Quant aux khizanates du Grand Sud algérien, telles celles d’Adrar, Timimoun et Aoulef, encore préservées jusqu’au début du XXe siècle, elles connaîtront à leur tour, à partir des années 1900, un sort identique.
En 1996, est inauguré le nouveau siège de la Bibliothèque Nationale d’Algérie, à El Hamma, en contrebas du Musée des Beaux-Arts d’Alger. Il était temps, car timides à partir des années 1970, les tentatives de préservation allaient se raréfiant, principalement au début des années 1990 : abandon d’une masse incroyable de documents manuscrits ou imprimés, d’archives administratives datant d’avant, pendant et après la colonisation, archives couvrant des sujets très divers. Cet énorme patrimoine, longtemps considéré par les pouvoirs publics comme une préoccupation accessoire, émerge peu à peu grâce au travail de nombreux chercheurs, aux activités croisées de la recherche algérienne et internationale et à l’action de quelques associations algériennes. Au-delà de l’émergence actuelle d’une véritable prise de conscience culturelle algérienne, on ne peut, pour le moment, que dresser un constat alarmant de la situation et de l’état du patrimoine écrit, d’autant que le temps est loin de jouer en notre faveur.
Trop souvent, les rares tentatives pour essayer de dynamiser une stratégie nationale en la matière, sont restées au stade de vœu pieux. Outre l’étroitesse actuelle du budget consacré à sa sauvegarde, une grave question d’ordre général reste posée : quelle signification les pouvoirs publics, à tous les niveaux, donnent-ils aux fonctions de conservation et de prévention ? Sans réponse à cette question fondamentale et sans l’élaboration d’un plan conservatoire global budgétisé - incluant personnel compétent, formations, locaux, matériel, etc. - il est exclu que puisse être maîtrisée la sauvegarde du patrimoine manuscrit en Algérie, cela en raison de la grande diversité des types de bibliothèques (nationale, universitaires, publiques, scolaires, de mosquées ou privées) et de la variété des collections manuscrites anciennes et modernes qu’elles renferment. Aucun environnement professionnel n’existe à ce jour. Les rares conservateurs ou restaurateurs de manuscrits se comptent sur les doigts de la main. La faiblesse du niveau de prise de conscience des instances de tutelle du patrimoine documentaire national et, conséquemment, l’absence ou l’insuffisance des efforts déployés ou à déployer pour la maintenance de ce patrimoine est d’une évidente réalité...
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18th April 2008 08:15 #150
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continued.....
Par le feu, les rongeurs ou l’oubli
Les immenses fonds manuscrits accumulés en Afrique musulmane depuis le XIe siècle ont subi au XIXe siècle deux épreuve dont la durée et les conséquences s’étendent jusqu’à ces dernières années : une certaine décadence dans l’enseignement due à des méthodes pédagogiques rigides l’avènement de la période coloniale qui accentua le repli identitaire des communautés et l’occultation (préventive ou défensive) des manuscrits lorsque ceux-ci purent être soustraits aux confiscations et destructions. Cette situation a sans doute fortement contribué à l’état de déliquescence que connaîtront les bibliothèques algériennes. L’imminence de la colonisation poussa nombre de propriétaires à mettre à l’abri leurs précieuses collections.
Au cours de nos recherches et enquêtes, nous avons pu recueillir des dizaines de récits relatifs à des collections enterrées, murées ou détruites par leurs propriétaires pour qu’elles ne tombent pas entre les mains des troupes coloniales. La marginalisation de la langue arabe a eu pour conséquence une déperdition vertigineuse du niveau d’instruction : en 1954 le taux d’analphabétisme sévissant dans la population algérienne se situait autour de 85% pour les hommes et de 94% pour les femmes. Les destructions entraînées par la conquête affectèrent gravement les écoles coraniques, notamment en milieu urbain. L’enseignement de la langue arabe se réfugia alors dans les zaouïas alimentées par les biens houbous, mais la suppression de ces derniers par l’ordonnance du 28 mars 1843, acheva de ruiner l’enseignement traditionnel dispensé dans les zaouïas. Atteinte dans ses bases profondes, la société algérienne va subir un processus de décomposition. L’arrêté du 8 mars 1938, pris par le ministre de l’Intérieur, Camille Chautemps, qualifiant la langue arabe en Algérie, « de langue étrangère », ne fera que reconnaître en l’aggravant, une situation de fait à la faveur exclusive de la langue française.
Toutefois, l’éloignement de certaines régions et la cohésion des populations, permirent de sauvegarder des pans entiers du patrimoine manuscrit. De nos jours, ces refuges sont encore très protégés et difficilement accessibles aux curieux et aux chercheurs. En Algérie, l’abandon quasi général de ce patrimoine documentaire, ancien ou nouveau, suscite des interrogations légitimes qui ne cessent de nous interpeller. On gardera en mémoire le sort des archives administratives de la daïra de Timimoun, datant de 1900, lesquelles, faute d’une décision administrative éclairée, ont été livrées aux flammes ou aux rongeurs et insectes. Et que dire de ce propriétaire qui, la mort dans l’âme, s’est vu contraint de brûler plus de 300 manuscrits, gardiens muets de la mémoire de son ksar, de sa tribu et de sa famille, à cause de la dégradation avancée de ces derniers ! La période 1961-1962 marque une période particulièrement importante dans la confiscation de la mémoire algérienne. Le transfert à Aix-en-Provence de la quasi-totalité des Archives nationales algériennes, véritable lobotomie, sera à l’origine d’un contentieux portant sur plus de 600 tonnes d’archives de la période coloniale, pour la tranche 1830-1962, à quoi il faut ajouter celles datant de la période andalouse et une grande partie du fonds turc, environ 1 500 cartons de documents ottomans. Faut-il rappeler aussi qu’un des derniers crimes de la sinistre OAS fut l’incendie de la Bibliothèque universitaire ?
La période post-coloniale engendrera à son tour une fracture socioculturelle très grave, consécutive à la fois à l’urgence des problèmes économiques et sociaux à traiter et au peu d’intérêt accordé alors à ce qui restait du capital culturel (monuments, manuscrits, etc.), malgré les efforts isolés de quelques individualités qui tentaient vainement d’alerter sur sa valeur et sa fragilité. Les problèmes que rencontre la conservation patrimoniale touchent l’ensemble de l’héritage de la société algérienne — et pas seulement les manuscrits ou les archives — et doivent donc être saisis dans leur globalité. Il nous faut réaliser et faire réaliser aux instances dirigeantes que l’on ne peut comprendre l’importance de la conservation de la mémoire collective d’un peuple, sans prendre conscience de la valeur intrinsèque de ce qui doit être conservé.Si le patrimoine mérite d’être préservé, c’est bien parce qu’il représente un patrimoine unique en soi et l’expression même de l’âme du peuple algérien, sa nature profonde, en somme notre altérité. Nous ne pouvons prétendre qu’il nous appartient si nous le laissons se perdre inexorablement.
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18th April 2008 23:33 #151
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April 18, 2008 -- A second century bust of Roman Emperor Marcus Aurelius was placed back on display on Thursday (April 17th) in Algiers's Museum of Antiquity after being stolen in 1996 from the Museum of Skikda and recovered in the United States in January this year. "After a long diplomatic and judicial battle, we recover today a piece of our heritage and of our history," Culture Minister Khalida Toumi was quoted as saying. In January, the U.S. Department of the Interior gave the bust to the Algerian Embassy in Washington. The theft was reported to Interpol in 1997, but the Aurelius sculpture was identified only in 2004 at a Christie's auction in New York.
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20th April 2008 03:38 #152
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Mohamed Medjahdi :
Dimanche 20 Avril 2008 -- A l’occasion du mois du patrimoine, le département d’architecture de l’université Abou Bakr Belkaïd, en collaboration avec la direction de la culture de wilaya de Tlemcen, compte organiser les 13 et 14 mai prochain, une conférence internationale sur la médina de Tlemcen. Selon le Pr Ghomari Fouad, cette rencontre permettra, à travers les thématiques retenues, de porter la réflexion sur le tissu urbain ancien de Tlemcen dans la perspective d’un plan de sauvegarde de la médina. Il souligne qu’elle a déjà fait l’objet de quelques études en amont ainsi que de nombreuses manifestations à caractère scientifique.
S’agissant de cette conférence internationale, notre interlocuteur précise qu’elle permettra aux spécialistes de réfléchir dans le cadre de la législation algérienne en matière de protection et de sauvegarde du patrimoine urbain et paysager. Tlemcen, structure urbaine, doit sauvegarder et tenter de capitaliser les enseignements d’expériences similaires pour aider à délimiter son territoire, sujet à un plan de sauvegarde.
Dans ce sillage, les organisateurs de cette manifestation déclarent que le centre historique de Tlemcen, la médina, présente sur le plan urbanistique une riche composition patrimoniale qui donne à la population le sens profond de sa place et de son identité. L’intérêt manifeste des habitants de la médina au patrimoine est observé par l’interpellation des pouvoirs publics, à propos de certains quartiers abandonnés. Il est révélateur de l’attachement de cette population à son héritage urbain.
Néanmoins, ajoute-t-on, des transformations quotidiennes ont lieu et sont liées aux remodelages des espaces (façades) et des reconstructions s’opposant au cadre bâti traditionnel. C’est le résultat de conditions de vie à la limite du tolérable. En effet, cette dégradation est due à la densification et à l’absence d’un minimum de confort, qui entraînent ces transformations et risquent de nuire gravement au site.
Cette situation problématique est le résultat d’une vision ambiguë vis-à-vis de cet espace urbain historique, reconnu dans les recommandations de nombreuses manifestations à caractère scientifique, par les différents acteurs qui préconisent la nécessité de remodelage et de restauration des quartiers anciens par l’installation des équipements de base, tout en évitant leur marginalisation par rapport à la vie économique et culturelle de la cité.
L’adaptation des lois et des décrets exécutifs relatifs aux instruments d’aménagement et d’urbanisation (PDAU et POS), aux contextes spécifiques sera également au cœur du débat lors de cette conférence. A l’instar d’autres communes d’Algérie, la commune de Tlemcen est dotée d’un Plan directeur d’aménagement urbain (PDAU) et d’un Plan d’occupations de sol (POS) dont trois finalisés touchant aux tissus anciens aux caractéristiques urbaine et architecturale spécifiques (Bab Zir, Agadir et le village d’El Eubad).
Cependant, on confond souvent les aspects fortement homogénéisants de la réglementation relative au POS et ceux qui concernent les zones spécifiques nécessitant un plan de sauvegarde. Le POS reste un instrument réglementaire et non d’urbanisme opérationnel alors que le plan de sauvegarde résume les stratégies d’intervention en milieu urbain ancien (médina). Il permet de mettre en évidence les différentes actions à atteindre sous forme d’un programme où l’unité spatiale de base sera la construction et où devrait être exigée l’étude des caractères historiques et morphologiques de l’environnement physique et social.
L’urgence est donc d’œuvrer pour que la médina de Tlemcen soit promulguée secteur sauvegardé selon la loi en vigueur, afin d’élaborer un plan général de sauvegarde des tissus anciens qui considère le patrimoine comme un tout. Définir le périmètre de sauvegarde et la réglementation spécifique en matière d’occupation du sol deviennent ainsi des actions de première nécessité. L’intégration du tissu ancien dans la ville appelle un travail à une échelle large sur les constructions environnantes, les voies d’accès, les réseaux d’alimentation en eau et d’assainissement, les équipements, etc. L’enjeu et l’importance d’une telle entreprise sont manifestement de grande envergure et demande réflexion à tous les niveaux.
Cette conférence scientifique sera l’occasion de susciter cette réflexion, ce débat et, partant, sensibiliser les divers acteurs (élus, administrations, aménageurs, urbanistes, architectes, paysagistes, géographes, et ceux, en cours de formation) à la valeur de leur patrimoine culturel comme atout pour le développement durable et la qualité de la vie. C’est l’occasion aussi d’inculquer aux étudiants les modes de perception de l’espace à travers le triptyque qui existe entre l’homme, son histoire et son milieu urbain. Les travaux de la rencontre porteront sur l’évolution des idées, des contextes et des instruments de prise en charge du patrimoine culturel. On mettra en exergue les atouts et les contraintes des instruments algériens en matière de protection et de mise en valeur du patrimoine monumental, architectural et urbain (secteur sauvegardé) à travers des comparaisons de cas.
De plus, les notions d’insertion de l’existant dans le développement et comment composer les notions de protection et d’environnement seront au cœur des débats des conférenciers, ce qui permettra, sans doute, une confrontation enrichissante entre chercheurs et acteurs. Il s’agit de trouver les outils juridiques du patrimoine et sa sauvegarde, les moyens d’intégration du patrimoine historique urbain dans un développement durable de la ville, et l’évaluation des moyens de sauvegarder le secteur.
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21st April 2008 02:54 #153
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Sihem Ammour :
Lundi 21 Avril 2008 -- Le coup d’envoi officiel des manifestations du mois du patrimoine, célébré chaque année du 18 avril au 18 mai, a été donné vendredi passé au Musée national archéologique de Sétif par le directeur du patrimoine au ministère de la Culture, Mourad Betrouni. En présence de nombreux responsables du secteur, le directeur a expliqué que le choix de la wilaya de Sétif pour abriter cette célébration correspond au riche patrimoine matériel et immatériel de la région dont la valeur et la réputation sont reconnues au plan international. M. Betrouni a salué, à cette occasion, les efforts déployés dans la wilaya «par des cadres passionnément attachés à leur métier, mettant leur compétence et leur énergie au service de la mémoire», rapporte l’APS.
Quant au directeur du Musée national archéologique de Sétif, Cherif Riache, il a expliqué que, dans le cadre du programme de la célébration de la manifestation, sera organisée une exposition intitulée «Sétif à travers les musées nationaux», destinée à mettre en valeur des pièces archéologiques et des objets divers empruntés aux collections des huit musées nationaux du pays. Il est à souligner que, depuis quelques années, la protection, la préservation et la valorisation du patrimoine matériel et immatériel national sont désormais une des priorités des plus hautes instances du pays.
A ce sujet, au début de ce mois, lors d’une visite d’inspection dans la wilaya de Aïn Defla, la ministre de la Culture, Khalida Toumi, a réitéré l’engagement de l’Etat de continuer à œuvrer à la réhabilitation et à la restauration du patrimoine culturel et historique national. Elle a déclaré à cette occasion à l’APS «l’extrême importance qu’attribuent les hautes instances du pays, à leur tête le président de la République M. Abdelaziz Bouteflika, à la préservation du patrimoine culturel et historique à travers tout le territoire national». La ministre a également confirmé l’entière disponibilité de son département pour financer et lancer les opérations visant la restauration du patrimoine. Estimant que «l’Algérie dispose d’un vaste et valeureux patrimoine identitaire, culturel et historique qu’il faut réhabiliter et ressusciter».
Mais si, désormais, le secteur bénéficie d’un acquis sur la nécessité de l’engagement des institutions pour sa préservation et sa réhabilitation sans rechigner sur les moyens financiers et humains à déployer. Il s’agit aujourd’hui de sensibiliser les spécialistes du secteur et le grand public pour une véritable dynamique dans la valorisation du patrimoine à travers, notamment, le tourisme culturel. Récemment, lors des ateliers organisés dans le cadre du colloque international du tourisme, qui s’est déroulé à Alger, Guy Burgel, professeur à l’université Paris X, a cité l’exemple de la Grèce qui connaît, depuis des décennies, «une explosion spectaculaire du tourisme de masse, lequel relaie les traditions historiques du voyage intellectuel et historique vers l’Orient».
L’Algérie, qui possède de véritables potentiels tant par la richesse que par la variété des sites civilisationnnels et patrimoine immatériel, aspire aujourd’hui à devenir un véritable pôle attractif historique et culturel. Ainsi, la célébration du mois du patrimoine devrait être l’occasion de mettre en exergue ses atouts pour une réelle relance du secteur. C’est certainement dans cet esprit que différentes wilayas s’attellent aujourd’hui à sensibiliser lescitoyens à travers l’organisation de différentes activités durant ce mois.
Citons, à titre d’exemple, l’initiative de la direction du tourisme et de la commune de Maadhid de M’sila qui organise la «semaine des visites guidées» aux ruines de la célèbre Kalaa des Beni Hammad. Par ailleurs, selon le responsable du centre culturel de Maadhid, ce musée devrait être classé de sorte à ce qu’il obtienne l’autonomie financière qui permettrait à ses responsables d’optimiser son exploitation et préserver ce pan du patrimoine national. D’un autre côté, afin de sensibiliser la jeunesse, une série de visites guidées au musée Djebrine de la ville de Djanet au profit des élèves des différents établissements scolaires, pour leur faire découvrir les vestiges et les matériaux des différentes époques civilisationnelles, ont été programmées par la direction de la culture de la wilaya d’Illizi et l’Office national du parc du Tassili (OPNT) à l’occasion de la célébration du mois du patrimoine.
En outre, des journées portes ouvertes sur le patrimoine archéologique, culturel matériel et immatériel seront organisées au niveau de Djanet et d’Illizi, et plusieurs visites touristiques sont prévues également au site touristique de Oued Djarat. A Aïn Defla, la célébration du mois du patrimoine sera également marquée par la mise sur pied de riches activités à travers les établissements scolaires, organisées par l’antenne locale de l’Agence nationale d’archéologie chargée de la protection des sites et des monuments archéologiques, en collaboration avec le musée «El Emir Abdelkader» de Miliana et la direction de l’éducation.
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21st April 2008 02:55 #154
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Lundi 21 Avril 2008 -- La Maison de la culture de la ville d’Adrar abrite depuis hier jusqu’à mercredi prochain les travaux du 1er séminaire international du manuscrit. C’est sous l’égide du ministre de la Culture, que le Centre national du manuscrit a organisé cette manifestation qui a pour objectif la valorisation et la conservation de ce capital écrit.Cette rencontre, qui a pour thème l’apport de l’Algérie à la civilisation arabe à travers le manuscrit, regroupera pas moins de 60 participants entre conférenciers et chercheurs de 7 pays qui jouissent de ce capital, dont l’Egypte, la Jordanie, le Maroc, les Émirats arabes unis, la Sultanat d’Oman et la Turquie. 30 conférences sont inscrites au menu de ce groupe de réflexion et une importante partie de ce patrimoine est exposé dans les halls du Centre national du manuscrit.
De son côté, l’université africaine Ahmed-Draya d’Adrar organisera, aussi, dans le même ordre d’idées, la rencontre nationale sur “Le patrimoine écrit et sa lecture critique” qu’auront à animer les professeurs de plusieurs facultés nationales. Notons que le Centre national du manuscrit d’Adrar, qui a ouvert ses portes en 2007, a bénéficié d’une enveloppe de 8 milliards de centimes pour l’achat de ses équipements. Ses principales missions sont la conservation, la restauration, la protection et la classification de ce capital écrit du patrimoine culturel national qui est le manuscrit.
Comme le Centre national du manuscrit d’Adrar doit prendre en charge les différentes khizanate, bibliothèque traditionnelles estimées à plus d’une centaine sur le territoire national. Il existe 53 khizinate à Adrar, 41 à Ghardaïa, 27 à Batna, 15 à Sidi Bel-Abbès, 21 à Tizi Ouzou, 8 à Tlemcen et Nâama, 4 à Tiaret… Chaque bibliothèque traditionnelle renferme dans ses armoires des milliers de livres qui traitent de plusieurs sciences : du fiqh, de la médecine, des mathématiques, de la littérature et de la philosophie.
Signalons enfin pour permettre le bon fonctionnement du Centre national du manuscrit d’Adrar, un conseil d’orientation a été installé la semaine dernière en présence de tous les représentants des ministère intervenant dans la gestion de ce patrimoine, comme ceux de l’Intérieur, du Commerce, du Tourisme, des Affaires religieuses, des Finances et du représentant du ministère de la Culture en la personne de M. Ali Khellassi, inspecteur du patrimoine, président du conseil d’orientation et commissaire du séminaire international du manuscrit.







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