Mardi 3 Juin 2008 -- Située à 330 kilomètres au sud de Béchar, la localité de Kerzaz, connue par la zaouïa du saint patron Sidi Ahmed Ben Moussa, s’est imposée au fil du temps comme la ville sainte du Sud-Ouest algérien. Placée sous la protection des cheikhs de la zaouïa, cette cité du désert servait jadis de refuge aux nombreuses familles qui, fuyant les rezzous et les guerres tribales, venaient s’installer dans ces lieux.
Trois ksour forment Kerzaz, chef-lieu de daïra depuis 1986. Le Megssem (nom signifiant emplacement au creux d’une vallée). Les premiers arrivés à Kerzaz édifièrent un ksar au pied de la montagne dominante attribué à une tribu dite des «Ouled Mali». Ksar Kerzaz, seconde agglomération, est à deux kilomètres et se répartit en trois quartiers : Matlaa, ksar Aassraf et ksar El Mourabitoun. Ce dernier conserve intacts aussi bien son cachet traditionnel que sa muraille et son enceinte. Il est constitué de «la fatiha», lieu de rassemblement des fidèles à l’occasion des fêtes religieuses et endroit préféré, depuis des siècles, pour le sacrifice du mouton par le cheikh de la zaouïa à l’occasion de l’Aïd El Adha.
La restauration et la maintenance continue de ce ksar par les populations de la région, dans le respect des normes de construction et d’architecture traditionnelles, permettent à ce vestige historique de garder sa sublime beauté. Les ruelles, les couloirs et les impasses conservent encore leur ancien cachet, tandis que les portes basses, unique accès vers l’intérieur des habitations du ksar, et toutes les autres façades, aussi bien à Kerzaz que dans les ksour environnants, sont badigeonnées à la chaux blanche à chaque fête du Mawlid Ennabaoui. Dar El Beïda est le siège de la zaouïa qui accueille les fidèles et les membres de la confrérie «El Karzazia».
Lors de la célébration du Mawlid Ennabaoui, la délégation rituelle, composée de plusieurs milliers de fidèles, se dirige vers «Zaouïa El Kebira» où se trouve le mausolée de Sidi Ahmed Ben Moussa, à 5 km à l’ouest de Kerzaz. C’est un véritable lieu de pèlerinage des membres de la confrérie qui, de l’avis de nombreux spécialistes, compte plusieurs milliers d’adeptes répartis à travers les différentes régions du pays. Ils viennent chaque année à l’occasion du Mawlid pour un pèlerinage à Zaouïa El Kebira.
Kerzaz compte aussi plusieurs sites historiques, notamment les ruines des ksour de Tazougar, de Sidi Moussa Ben Khalifa, le père de Sidi M’hamed Ben Moussa et fondateur de la cité. Il y a également les zones et quartiers composant la Zaouïa El Kebira et qui sont les ksour de Taouglane, Gambar, et Sidi M’hamed Ben Moussa avec sa résidence et enfin ksar Ouled Bendjerad, un autre grand érudit de la région du Sud-Ouest algérien.
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3rd June 2008 21:54 #204
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3rd June 2008 22:15 #205
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Fella Bouredji :
Mardi 3 Juin 2008 -- Le ministère de la Culture veut agir. Il propose des initiatives pour booster ce secteur souvent considéré comme secondaire mais qui recèle des possibilités de développement incommensurables. Invitée de l’émission «En toute franchise», de la Chaîne III de la radio nationale, la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, a annoncé dimanche dernier, des mesures censées être déterminantes pour la promotion de la culture.
La plus importante concerne la création, prochainement, d’un Centre national du livre pour chapeauter la politique d’aide à la création littéraire ainsi qu’à sa diffusion. La ministre n’a pas manqué d’expliquer qu’il s’agissait d’un centre qui prendra la forme d’un «observatoire fournissant les instruments fondamentaux nécessaires pour développer la politique du livre ainsi que celle de la lecture».
Et pour cause, le développement de la lecture publique a besoin d’un sacré coup de pouce ! A cet effet, elle rappellera le programme «colossal» initié en partenariat avec le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales et consistant en la réalisation d’au moins une bibliothèque par commune à l’horizon 2009. Mais la ministre de la Culture est certainement consciente du fait que l’ouverture de bibliothèques dans toutes les communes du pays ne résout en rien le problème culturel en Algérie !
Mme Toumi a donc mis en avant une initiative plus pertinente pour réconcilier la population avec le livre. Son département coopère avec le ministère de l’Education nationale pour introduire dans les programmes scolaires l’étude d’au moins quatre œuvres littéraires par élève et par année, à compter de la 1re année jusqu’à celle précédant l’examen du baccalauréat. Une initiative qui a le mérite d’attaquer le problème à la racine : l’école. Mais le doute est inévitable sachant que le système éducatif algérien ne cesse d’enchaîner les réformes, les contorsions et déboires qui vont avec. Il est difficile de croire qu’une telle initiative, isolée qui plus est, puisse vraiment agir sur des états d’esprit hermétiques à toute forme de soif de connaissances, de culture et d’ouverture qui règnent dans nos écoles. Il faut aussi souligner que l’initiative concerne exclusivement le livre. Or, le défi et les besoins ne sont pas uniquement dans la lecture, mais dans la culture en général, dans toutes ses expressions… Cela dit, l’espoir est toujours permis…
Après le livre, c’est au cinéma d’avoir son lot de changements prometteurs. Estimant que l’ordonnance de 1968 qui régit l’activité cinématographique est devenue «obsolète», la ministre de la Culture a annoncé que son département a initié une nouvelle loi qui devra encadrer et organiser ce secteur, ainsi que le projet de création d’un blockhaus permettant de rapatrier le patrimoine cinématographique national se trouvant à l’étranger. La mise en place d’un système d’aide à la post-production par la réouverture de laboratoires et évitant ainsi de réaliser cette opération coûteuse à l’étranger, est également envisagée. «Nous pensons le faire avec les moyens de l’Etat, en partenariat avec le secteur privé», a précisé la ministre. L’initiative la plus intéressante pour le cinéma n’est autre que la décision de récupérer les salles de projection, pour les réhabiliter et les donner en concession à des jeunes ayant suivi une formation. «Nous formerons des jeunes issus de l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel et des arts du spectacle [ISMAS] et de l’Institut des sciences de l’information et de la communication [ISIC] par l’organisation de stages bloqués», a-elle expliqué en lançant un appel «à toutes les bonnes volontés» pour la relance du cinéma national.
Et pour mettre un peu de baume au cœur de tous ceux qui attendent impatiemment que la culture devienne une réalité palpable en Algérie, elle abordera le volet relatif au patrimoine national. Mme Toumi a souligné qu’il est depuis six ans considéré comme une «question prioritaire» et que parallèlement à la batterie de textes d’application venue compléter l’arsenal juridique permettant la mise en application de la loi 78/04 relatif à cette question, son ministère s’est engagé dans une opération d’inventaire de tous les biens culturels du pays. «Nous avons entamé des chantiers énormes», a affirmé la ministre, soulignant que «c’est la première fois depuis l’indépendance que la Casbah d’Alger est classée secteur sauvegardé». En effet, on ne peut contester les avancées réalisées dans la prise en charge du patrimoine, mais il reste encore du chemin à faire, du travail à abattre et d’autres initiatives à prendre. En attendant que ces initiatives soient prises et que celles prises soient concrétisées, il ne faut pas se priver d’espérer…
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9th June 2008 01:12 #206
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Dimanche 8 Juin 2008 -- Trois parcs nationaux de la culture, Touat Gourara, Tidikelt et Tindouf seront prochainement créés dans l’Atlas saharien. C’est ce qu’a annoncé la ministre de la culture, Khalida Toumi lors d’une visite de travail effectuée le week-end à M’sila. Ces parcs, dont le décret exécutif a été signé et qui seront régis par un office, regroupent les wilayas de Laghouat, Biskra, Djelfa, M’sila, Naâma et El Bayadh pour le premier parc, Béchar, Adrar et Tamanrasset pour le deuxième alors que le troisième parc regroupe les sites touristiques et archéologiques de la wilaya de Tindouf. La mission de ces espaces se traduira entre autres par la préservation des ressources et des richesses archéologiques et naturelles de ces régions. Par ailleurs, Khalida Toumi annoncera que la wilaya de Msila bénéficiera de projets importants portant essentiellement sur la restauration de Kalaât Beni Hammad et la réalisation d’une maison de la culture aussi bien à Msila qu’à Boussaâda en développant les zaouiates telles celle d’El Hamel, dont les manuscrits devront être préservés, restaurés et photographiés. Annonçant la promotion prochaine du musée d’El Hodhna en musée national, la ministre a précisé que certains sites archéologiques de la wilaya, tels le moulin Ferrero et la Vieille ville seront classés et inscrits dans le patrimoine national. “Le musée Dinet, qui draine un nombre important de visiteurs dépassant ses capacités d’accueil, fera l’objet d’une extension avec recouvrement du terrain le jouxtant”, a ajouté la ministre.
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15th June 2008 19:48 #207
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Fella Bouredji :
Dimanche 15 Juin 2008 -- Avant de passer à la phase d’exploitation du patrimoine et des différents biens culturels que recèle le pays, il est utile de travailler à leur préservation. Et cela semble de plus en plus à l’ordre du jour. La problématique de la sauvegarde des ksour et des systèmes hydrauliques traditionnels, des foggaras commencent à sérieusement attirer l’attention. Elle a été au centre des travaux d’un atelier régional, ouvert mercredi dernier à Ghardaïa en présence des représentants du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et du ministère de l’Intérieur. Ce peut être une raison de croire en un éventuel essor prochain du tourisme culturel dans le pays. Organisé dans le cadre du projet pilote «les routes des ksour» par l’Office de la protection de la vallée du M’Zab (OPVM) avec le soutien du ministère de l’Intérieur et le PNUD, cet atelier regroupe de nombreux spécialistes du monde de l’architecture et de la préservation du patrimoine issus des wilayas d’Adrar, Ouargla, Béchar et Ghardaïa.
Au menu des discussions, plusieurs thèmes relatifs aux outils de sauvegarde, de réhabilitation et de restauration des ksour, à la sauvegarde et la valorisation du système hydraulique ancestral ainsi qu’à l’optimisation de l’utilisation de l’eau dans les écosystèmes oasiens. Les participants travailleront donc trois jours à l’élaboration d’un bilan et des perspectives concernant le projet pilote de la route des ksour 2008 qui vise à réhabiliter le cadre bâti traditionnel, à préserver l’environnement et à sauvegarder le patrimoine matériel et immatériel des régions des ksour, censé être générateur d’un développement local durable. Le PNUD en partenariat avec le gouvernement algérien et d’autres agences onusiennes et fondations publiques et privées avait mis en place ce projet pilote d’appui au développement local durable «les routes des ksour» qui touche les quatre wilayas du Sud. D’un coût estimé à deux millions de dollars, le projet impliquera dans toutes ses phases, d’une durée de trois ans (2005-2008), les acteurs locaux et mettra en œuvre une pédagogie active basée sur une approche participative (formation action) dans les différents domaines du projet.
Le projet vise également, selon certains participants cités par l’APS, «à renforcer les capacités des acteurs locaux à sauvegarder, réhabiliter et revitaliser le patrimoine culturel et le milieu naturel oasien de leurs régions et à développer l’économie locale». Les expériences de certains ksour en matière de protection, de préservation et de mise en valeur du patrimoine bâti ainsi que les systèmes hydrauliques ancestraux tels que les foggaras du Touat et du Gourara et le partage des eaux du M’Zab classés «patrimoine de l’humanité» seront présentées lors de ces travaux. Haut lieu d’architecture traditionnelle et important site touristique, la vallée du M’Zab, qualifiée de «leçon d’architecture» par le célèbre architecte André Raverau, a été édifiée dans le Sud sous forme de ksour pour une vie communautaire respectueuse de la structure sociologique des habitants avant d’être classée comme patrimoine mondial par l’Unesco en 1982. En marge de cet atelier, les participants auront droit à des visites guidées programmées en leur honneur à travers les différents ksour de la vallée du M’Zab.
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16th June 2008 07:51 #208
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Lundi 16 juin 2008 -- Les vestiges anthropologiques et archéologiques s’étalent en effet du paléolithique au moderne en passant par le punique, le romain, le byzantin et le médiéval. Les vestiges, fort nombreux, parsèment le territoire de cette wilaya où les ruines sont le plus souvent englouties sous la végétation. Le premier inventaire, celui de Stefan Gsel, date de la fin du XIXe siècle. Il a été enrichi depuis pour atteindre le nombre de 164 sites connus où il faut préciser qu’il n’y a jamais eu de fouilles. Fresques, silex et outils, dolmens et menhirs, sarcophages, ruines diverses, pressoirs…Rien ne manque à la panoplie des témoins de l’histoire tourmentée de cette région de l’Afrique du Nord. En 2003, une équipe d’archéologues algéro-italienne se concentre pendant deux ans sur la zone frontalière d’Om Teboul et El Aïoun. Elle fait de nouvelles découvertes, 142 fermes, 249 presses à huile, tombes, forteresses byzantines bâties sur les fermes antiques. L’un des sites qui s’est avéré des plus curieux pour les archéologues est Ksar Fatma dans la commune d’El Aïoun. Un site complètement perdu sous la végétation de la forêt de chênes qui couvre le flanc nord-ouest du Djebel Om Skek, limite physique avec la Tunisie. La légende locale veut que ce fut le palais d’une princesse. C’était une villa à deux étages construite avec des grès locaux et entourée de quatre huileries et d’une citerne. Les murs encore debout atteignent 7,56 m en hauteur, presque jusqu’au toit.
La porte d’entrée avec arc donne accès à la cour et la presse d’huile, monumentale, complètement conservée se trouve dans l’espace à côté de l’entrée. Une nouveauté technologique des outils de Ksar Fatma est la roue cannelée, conservée en 3 exemplaires seulement dans la villa et pas dans les autres fermes. On ne connaît pas d’autres exemples dans la Méditerranée. La roue cannelée permet d’exercer une plus grande force écrasante sur les olives dans le broyeur. Autour de la villa, il y a 4 huileries moins conservées. L’aqueduc de 696 m de longueur, complètement conservé, acheminait l’eau d’une source située 70 m plus haut vers des citernes. Avec Ksar Fatma, la direction de la culture a également proposé au classement deux autres sites. Les dolmens de Skhour à Bougous, un ensemble remarquable de mégalithes perchés sur les contreforts du Djebel Fedden et le fort moulin d’El Kala qui surplombe le port, l’un des bastions du XVIe siècle qui avec celui de la veille Calle et du Cap Segleb, assurait la surveillance de cette partie du littoral où les ottomans avaient permis aux premiers Européens de s’implanter pour le négoce avec les tribus locales. Deux sites sont déjà classés dans la région des ruines de la Vieille Calle et l’église d’El Kala.
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16th June 2008 07:51 #209
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Lundi 16 juin 2008 -- Alger abrite encore des vestiges de renommée mondiale et des monuments historiques de grande valeur, certes en état de dégradation avancé mais qui n’en demeurent pas moins les témoins irremplaçables des différentes civilisations qui se sont succédé sur cette terre. Une recherche historique approfondie sur ces constructions, qui forcent encore aujourd’hui l’admiration et le respect, s’avère appropriée pour en pénétrer les secrets et accéder aux clés du mystère qui habite ces lieux de rêve et de magie. Peut-on alors parler des vestiges et des palais luxueux qui peuplent la capitale sans citer la citadelle d’Alger que l’on nomme aussi Dar Essoltane ou encore Palais du dey ? Cette œuvre d’art, dont la construction a commencé il y a presque 500 ans sur les hauteurs de la vieille médina (Casbah), surplombe la baie d’Alger, offrant à la vue l’un des plus beaux panoramas du monde. Située à 118 mètres au-dessus du niveau de la mer, la citadelle, dernière demeure des deys d’Alger, reste debout comme pour défier les aléas du temps et l’érosion qui la gangrène.
Le palais entre rêve et réalité
Le visiteur de ce lieu de majesté est agréablement surpris par ses pavillons richement décorés, ses couloirs sculptés, ses salles parées de luxe et ses piliers couverts d’ornements. En déambulant dans cet espace, traversant les siècles, vous voilà plongés dans l’ère ottomane risquant presque à chaque instant de rencontrer le dey Hussein ou le dey Khodja Pacha qui ont gouverné Alger avant 1930. Une sensation agréable vous envahit en pénétrant dans l’aile réservée au dey, sentant presque sa présence assis avec majesté sur son trône. La stature haute, le dey se tiendrait là avec son allure de chef expérimenté et de militaire aguerri. Son imposante personnalité a également fait de lui un monarque hospitalier et généreux, un homme de foi et d’une grande noblesse d’âme.
Vie de palais, vie de faste et de luxe. L’aile réservée aux femmes réveille des images d’élégance et de raffinement. Les personnages des contes des Mille et Une Nuits semblent encore se mouvoir dans ces espaces, ombres furtives et fantomatiques qui ont, des siècles durant, occupé ces salles et d’autres chambres aux rideaux de soie et aux lourdes tentures de velours. L’imagination du visiteur le portera aussi vers ces femmes de toute beauté parées de bijoux sertis d’émeraudes, de perles et de diamants d’où fusent des parfums, essences d’ambre, de musc, de chrysanthème et de narcisse. On peut aisément imaginer les longues soirées d’été juste interrompues par une brise légère venue de la mer toute proche. Nonobstant le bruit des travaux en cours et l’état de décrépitude des lieux, on peut presque, en empruntant les longs couloirs, sentir les parfums de fleurs qui embaumaient l’espace et l’odeur envoûtante de l’encens.
Habillées de kaftan, de saroual, de bedroun de satin et de soie de Chine, les femmes sont là, regroupées autour de tables basses d’ébène du Soudan incrustées de nacre, sirotant le thé et goûtant les mets les plus délicieux et les confiseries les plus fines faites d’amande, de pistache, de noisette et de miel pur. Les servantes assises dans un des coins de la pièce, éventail à la main, attendent les ordres de leurs maîtresses pour que leur parvienne un peu de fraîcheur en ces chaleurs étouffantes. Des suivantes jouent des airs musicaux légers et reposants à l’image de ces après-midi qui semblent se prolonger indéfiniment. De temps à autre, des chants fusent, authentiques et agréables mélodies témoins d’une grande sensibilité et d’une culture riche et séculaire.
Cinq siècles et un parcours tout en mouvement
Construite au début du XVIe siècle, plus exactement en 1516, sous l’égide de Baba Aroudj, la citadelle a été achevée véritablement en 1591. Au tout début, ce haut lieu était destiné à des activités purement militaires abritant des unités de l’armée des janissaires en remplacement de l’ancienne forteresse située près de la mosquée de Sidi Ramdhane à la Casbah. La situation durera ainsi pendant un siècle, jusqu’en 1817, date à laquelle le dey Ali Khodja a décidé de quitter le palais «Djenina» (basse Casbah) qui abritait le siège du gouvernement d’Alger de l’époque, pour s’installer dans la haute Casbah et plus précisément dans cette citadelle où il mourut peu après. Le bruit des sabots est encore perceptible sur ce sol désormais déserté gardant en mémoire pourtant les longues processions de cavaliers se pavanant sur des pur-sang racés piaffant d’impatience. Officiers et soldats janissaires se sont relayés en ces lieux nostalgiques faisant la gloire de leur cité, menant des batailles et portant haut une armée des plus redoutables en ce temps-là.
Son successeur, le dey Hussein Pacha, a apporté les transformations nécessaires à cette caserne de janissaires pour l’adapter aux besoins du dernier souverain d’Alger et de sa suite. L’édifice, devenu siège du pouvoir, s’étend sur une surface de 1,5 ha et abrite l’aile réservée au dey qui entoure une immense cour de marbre blanc et où s’est produit le fameux incident du «coup d’éventail» à l’encontre du consul français en 1827, prétexte à l’invasion de l’Algérie en 1830. L’aile réservée aux femmes, ou gynécée, les salles de réunion ou diwan, la mosquée privée du dey et de sa suite, le jardin d’été, la poudrière et les cinq batteries réparties sur les différentes ailes du palais en sont les principales composantes. Une autre aile a été érigée à l’intérieur de la citadelle et réservée aux beys d’Oran, de Constantine et de Médéa (ex-Titteri) pour leur séjour à Alger ou pour leur réunion avec le dey. Le monument renferme, d’autre part, la mosquée des janissaires et une poudrière pour la fabrication du salpêtre, unique spécimen architectural en Algérie et dans le Maghreb.
Dar Essoltane, comme il plaît aux Algérois de l’appeler, était par ailleurs dotée à l’époque ottomane d’un système exceptionnel d’irrigation et de distribution d’eau. Cet édifice était la résidence permanente du dey Hussein Pacha - dernier dey d’Alger - durant 12 années avant l’expédition française de 1830. Durant les premières années de l’occupation française, ce lieu a été transformé en caserne de l’armée coloniale pour devenir ensuite un hôpital militaire. Le général De Bourmont en a fait, un peu plus tard, sa résidence. Jugeant le style architectural du palais inadéquat avec la façon de vivre occidentale, il y apporta des transformations importantes. La forteresse fut scindée en deux par une route, et le quartier qui jouxtait la Casbah où se trouvait la maison de l’agha ainsi que beït el Mel (ministère des Finances) fut complètement détruit afin d’isoler la forteresse.
L’aile du khodja, qui était premier responsable de la garde privée de Dar El Malik, a subi une destruction en règle tandis que les décorations et autres ornements des piliers ont disparu et des fenêtres ont été placées dans le pavillon réservé aux femmes sans rapport avec l’architecture originelle. La mosquée des janissaires au sud de l’aile du khodja a, elle aussi, connu, durant la période coloniale, des transformations radicales, ce qui l’a complètement dénaturée. Le palais du dey a été classé monument historique en 1887 tandis que la mosquée et la poudrière voisines furent aménagées, en 1930, en musée colonial militaire qui fut pillé par les Français à l’indépendance de l’Algérie en 1962.
L’urgence d’une résurrection annoncée
Désertée de ses occupants au lendemain de l’indépendance, la citadelle, abandonnée, a connu un état de délabrement avancé. Plus préoccupant encore, elle a été squattée par quelque 200 familles sinistrées qui en ont été délogées en 1978 lorsque la restauration de ce monument a été envisagée. En 1992 pourtant, l’APC de la Casbah a décidé de transformer ce lieu en habitations, ce qui avait provoqué l’opposition vigoureuse -et finalement salutaire- de l’Agence nationale d’archéologie et de protection des sites et monuments historiques. Par bonheur, des travaux d’importance sont actuellement en cours pour sauver ce monument historique, partie intégrante du patrimoine national, et lui permettre de retrouver son lustre perdu tout en veillant jalousement à la préservation de son aspect architectural d’origine.
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18th June 2008 00:36 #210
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Mardi 17 juin 2008 -- Le célèbre compositeur, musicien et professeur de musique dite savante araboandalouse, le Mostaganémois Mohamed Hmaïdia qui a l’ambition d’éditer un précieux recueil de travaux effectués au prix de plusieurs années d’efforts, de sacrifices et de labeur n’a pu trouver preneur en dépit de l’importance de cet ouvrage. En effet, l’impénitent chef d’orchestre algérien a conçu une œuvre relative à un magnifique amalgame de medh interprété dans la composition musicale inhérente au genre andalou. Une trouvaille en son genre dès lors que cela constitue une première en Algérie et bien entendu, tout est à l’honneur de l’assidu chercheur que demeure Mohamed Hmaïda. Ce dernier conserve en outre un tas de quacidate corrigées et élaborées et qui sont issues de divers horizons et autant de tendances, toutes poésies confondues. Un trésor en fait à préserver jalousement ! Mais voilà que son diwan cité plus haut demeure enfoui au fond d’un tiroir faute d’aide pour sa publication. Les responsables de la culture doivent expressément réagir car une telle initiative contribuera à la nécessaire préservation de notre patrimoine immatériel dont bénéficieront demain nos enfants.







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