Samedi 13 Juin 2009 -- En 2002, 190 MDA( millions) sont enfin débloqués par le ministère de la Culture pour la restauration du palais Hadj Ahmed Bey, dont 15 ont été consommés jusque-là, pour différents travaux de remise en valeur. Le processus de réhabilitation est enclenché après une fermeture, plusieurs arrêts de travaux et maints atermoiements, qui auront duré… 27 ans. Le premier projet de restauration, lancé de 1982 à 1986, verra l’expertise exécutée par le bureau d’étude polonais PKZ. Des petits budgets sporadiques seront injectés dans cette entreprise des plus laborieuses, qui sera cependant arrêté dans son élan par manque de moyens financiers. Des sources bien informées avancent un montant global de 80 MDA pour toute la période antérieure à 2002, avec des entreprises ayant refait tous les travaux de confortement de la bâtisse. Une équipe d’architectes, entre autres, avait travaillé d’arrache-pied sur place, entre 1991 et 2002, selon l’architecte et chef de projet de l’époque, Nacer Touam. « Nous n’avions pas les moyens financiers, et nous avons composé avec ce qu’il y avait dans une conjoncture pénible », a-t-il déclaré. À partir de 2002, les travaux seront pris en main par un professionnel de la restauration, Abdelaziz Badjadja, avec la DUC comme maître de l’ouvrage. Classé monument historique par les autorités coloniales en 1935, le palais Hadj Ahmed Bey, qui a vu le jour en 1826, ne sera achevé qu’en 1835. Cet édifice n’aura servi qu’au dernier des beys, Hadj Ahmed, de 1836 à 1837, pour finir en siège de l’état-major de l’armée française. Ce léviathan budgétivore émerge enfin de l’embrouillamini dans lequel il était plongé, outre la polémique soulevée par les uns et les autres sur une réhabilitation des plus controversées. « Il fallait parer au plus pressé, dira Abdelaziz Badjadja : sauver ce symbole de la résistance de 1836, des intempéries, du vandalisme et de la dégradation ». C’est un travail de longue haleine auquel se sont patiemment attelées des équipes d’entreprises, en essayant, « autant que possible de rester fidèle à l’esprit d’époque ». À cet effet, le chef de projet fera appel à des artisans : ébénistes, dinandiers, sculpteurs sur bois… Tout ce monde travaille sur place, sculptant, ou grattant, le matériel déjà existant : portes, fenêtres, moucharabiehs et fresques murales, pour mettre au jour les peintures initiales. Les découvertes sont étonnantes ! Néanmoins, pour une citadelle d’une telle envergure, le gardiennage est quasiment absent, si l’on excepte deux personnes affectées, l’une de jour et l’autre de nuit. « Il nous faut une vraie gestion sécuritaire, comme pour la citadelle d’Alger avec son équipe pluridisciplinaire, gardiens, archéologues, historiens, etc. », préconise le chef de projet. Pour lui, il est impérieux d’établir une législation temporaire pour gérer ce patrimoine. Il déplore en outre les lenteurs administratives, sachant que des délégations affluent au quotidien, alors que l’inauguration officielle du palais n’a même pas encore eu lieu. Celui-ci précise qu’il était bien question de l’ouverture du palais au public le 16 avril passé, mais en l’absence de personnel d’entretien et de sécurité ad hoc, il ne peut prendre cette responsabilité. L’on nous fera savoir que ce bastion de l’Histoire, une fois livré, devra abriter des manifestations culturelles d’envergure. Une aubaine, on l’espère, pour Constantine !
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13th June 2009 01:00 #337
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14th June 2009 00:17 #338
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Saïd Dahmani, historien et archéologue, Dimanche 14 Juin 2009 :
En ce nouveau mois du patrimoine qui réapparaît à la cadence des «ahilla» (pl. de hilâl, croissant de lune), se pose le problème des rapports de la Sécurité (grand «S») avec le patrimoine notamment matériel. Rappelons que les différentes composantes du patrimoine sont des segments de la définition de l’identité, et partant, de la souveraineté. Il s’en suit que toute atteinte au patrimoine est une affaire de souveraineté, qu’elle soit sous forme de vol, de destruction ou de laxisme et de négligence dans la recherche ou d’ignorance des chargés du patrimoine et de sa protection. En matière de sécurité physique, le problème semble être davantage pris en charge, dans la mesure où les principaux services de sécurité ont créé des structures spécialisées. Mais il faut reconnaître que concomitamment, «la restructuration» de l’Agence nationale de l’archéologie (ANAPMSH) a détruit le réseau des circonscriptions dont les chefs étaient, du fait de leur statut de spécialistes du patrimoine et de la responsabilité statutaire en qualité de représentant du ministre en charge du secteur, plus efficaces dans les interventions primaires chaque fois que le patrimoine est l’objet d’atteinte. Ce qui n’est plus le cas actuellement, les directions de la culture, auxquelles ces prérogatives ont été transférées, traitent ces affaires bureaucratiquement , à savoir laissent «le dossier faire son chemin». Il est important de rappeler qu’ à partir de 1962, la priorité des priorités, en matière de sécurité générale du patrimoine, était sa récupération. Cette récupération incluait les documents et archives, d’une part, et l’action d’œuvrer pour une école de recherches à partir d’une problématique historique intérieure. Le pays est immense ; il a été le théâtre de toutes les civilisations qu’a connues le monde méditerranéen. Il fallait rompre avec la problématique archéologie et patrimoine renouant avec la résurrection de l’empire latin ou autre, et s’orienter vers une recherche définissant d’une part l’identité et d’autre part les relations de cette identité avec le défilement des civilisations depuis la préhistoire jusqu’à nos jours. D’aucuns crieront à la fermeture, au blocage et à l’isolement. C’était un impératif pour se situer soi-même. À ce propos, je tiens à rappeler que cette ligne avait été suivie par le regretté Sid Ahmed Baghli et par ses collaborateurs, qui avaient, également, donné à l’Algérie sa place dans les institutions mondiales et étrangères dans ce domaine et obtenu le respect des collègues étrangers. Du reste, une fois que les institutions gérant le patrimoine dans tous ses aspects ont été couronnées par la création de l’Agence nationale d’archéologie et de protection des sites et monuments historiques d’une part et celle des musées nationaux d’autre part, et dès que les premières équipes algériennes avaient pris en charge les recherches archéologiques, la coopération scientifique avec les universités algériennes, avec les institutions maghrébines et avec l’étranger prit de l’extension et de l’ampleur ; cela tout en préservant la sécurisation de la recherche et la restauration. En 1990-1991, la vitesse de croisière était atteinte.
Chasse aux sorcières
Mais à partir de 1992, s’installe une période de turbulence (avec une accalmie entre 1994 et 1996), pendant laquelle une volonté programmée s’était attelée à faire échouer tout l’édifice patiemment construit depuis 1962 : une sorte de chasse aux sorcières sous différents prétextes, des nominations inadéquates à la tête de l’Agence, l’effacement de l’esprit de l’ordonnance 67-280 (qui est loin d’être nourrie de l’esprit colonial !!), une restructuration qui désarticule sans prévoir des articulations entre les nouvelles entités et donc rompt l’unité du secteur, d’une part, et qui gère, d’autre part, le parc archéologique national selon le système des Epic, une véritable hérésie s’agissant d’une partie de l’identité et de la souveraineté !!! Le résultat de cette gestion ? Allez visiter les sites archéologiques, vous verrez dans quel état de «ruine» ils sont réduits, cinquante ans après l’indépendance !!!! Mais un domaine de cette sécurité pose problème, c’est celui de la recherche. Quel est le bilan de la dernière décade ? Les fouilles, qui étaient concentrées en majorité au niveau de l’Agence nationale de l’archéologie et ses partenaires, le sont-elles encore aujourd’hui ? Qu’en est-il des colloques ou séminaires ? Où en sont les publications (Bulletin de l’archéologie algérienne ; les monographies-guides des sites ? Les thèses et les études ?....)
Documents archéologiques détruits et violés
Or, des recherches commencées éprouvent des difficultés de poursuite ou d’achèvement ; des projets de recherches abondent, des chercheurs algériens, nombreux, attendent. Ce sont des retards accumulés dans la connaissance de l’histoire du parcours civilisationel du pays, dont un des effets est la menace sur la sécurité du patrimoine, car des pans peuvent échapper à l’archivage documentaire. Veut-on un exemple qui se déroule sous nos yeux ? La construction de l’autoroute Est-Ouest !! Combien de documents archéologiques a-t-elle déjà détruit définitivement, et combien d’autres ont été violés ? Un exemple ? Dans la localité de Aïn Cherchar, à la limite des wilayas de Annaba et de Skikda, les travaux de l’auto-route rencontrent une nécropole antique. Au lieu de rectifier le tracé, «on» déplace les ossements humains, en créant une nouvelle nécropole ! Sur le tronçon qui traverse le Parc national d’El-Kala, des gisements préhistoriques et des sites riches en documents relatifs à l’histoire amazigh dans l’Antiquité, sont perdus à jamais pour la mémoire nationale. Enfin, les relations interinstitutions nationales de recherches et de promotion en archéologie, en muséologie (Centre national de recherche en archéologie, universités, associations de la société civile), et les relations entre ces dernières et des institutions ou des associations étrangères, baignent dans l’imprécision, voire dans la contradiction, tant les circuits sont obscurs ,et sont parfois sous-tendus par des intérêts personnels. Il est vraiment incompréhensible qu’un chercheur algérien, qui présente toutes les garanties morales et même politiques faisant des recherches avec une institution scientifique étrangère au-dessus de tout soupçon, voit bloquée la reconduction de la convention avec l’institution nationale, alors que, parallèlement, une université organisant, au jour d’aujourd’hui, un colloque avec la participation de représentants du ministère de la Culture, invite d’anciens de «l’Algérie française», dont l’un serait l’auteur d’un livre sur l’espionnage et le contre-espionnage. Ces derniers seraient autorisés à faire des prospections (par qui ? comment ?) et de mettre en ligne certains objets récoltés au cours de leurs pérégrinations, alors que des chercheurs nationaux attendent longtemps pour pouvoir achever leurs recherches.
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15th June 2009 00:32 #339
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Lundi 15 Juin 2009 -- Des archéologues et des étudiants en archéologie étaient le week-end dernier les hôtes de la commune d’Aïn El-Hammam où ils ont pu visiter plusieurs sites préhistoriques et historiques, notamment la grotte du Macchabée, à proximité de Ouerdja ou ce qui fut le royaume de Koukou historique, dans la région d’Aït Yahia. L’initiative revient à l’association ACDJEA et à l’APC d’Akbil. Dans la matinée du jeudi dernier, 13 archéologues, accompagnés de jeunes du mouvement associatif local (en tout près de 30 personnes), ont pris la direction d’Abi Youcef d’où ils prennent la route ascendant aux hauteurs dominant le village Ouerdja. Sur place, il fallut suivre un chemin escarpé et étroit. Un sentier presque oublié si ce n’est la volonté des hommes qui veulent redécouvrir le patrimoine historique de cette région. Le chemin monte et la vue porte très loin au fur et à mesure de l’émergence des chaînes de montagnes du Djurdjura. “La création de cette chaîne de montagnes remonte à l’âge tertiaire, autrement dit, il y a plus de 65 millions d’années”, dira Yacine, guide au Musée du Bardo (Alger) et archéologue de formation. Pour notre interlocuteur, la région réserve “des lieux non encore exploités, un véritable terrain vierge”, ce qui devrait interpeller les responsables afin de mettre les moyens nécessaires pour l’étude de ces sites. Si le chemin monte encore, toujours plus long et plus haut, vers le rocher qui abrite la grotte du Macchabée, il a fallu escalader un mur en roc pour enfin arriver au niveau de ce site naturel. Le lieu est à l’état d’abandon, livré au vandalisme des passagers qui s’y hasardent. Les visiteurs trouvent le plaisir d’écrire leur nom ou le nom de leur premier amour sur la pierre impérissable, avec de la peinture effectivement, ce qui porte atteinte à l’image naturelle du lieu. “Notre souhait est de monter un projet en vue de protéger ce site et de le rendre accessible aux visiteurs, en quelque sorte le sauvegarder et le promouvoir”, enchaîne M. Tadjadit, responsable de l’association ACDJEA de l’ex-Michelet. Cette grotte fait partie du patrimoine du Parc national du Djurdjura. Ce dernier abrite d’autres curiosités naturelles uniques en leur genre, comme le lac dénommé Agoulmim qui est le seul lac de montagne situé à près de 1 700 m d’altitude, de même le gouffre le plus profond d’Afrique (905 mètres, précisément), et d’autres merveilles comme le pic Thaltate, surnommé “La main du Juif”… D’une superficie de 18 550 hectares, le Parc national du Djurdjura abrite une richesse naturelle rarissime, ce qui lui a valu une reconnaissance mondiale et un classement au patrimoine de l’humanité en 1997 par l’Unesco. La réserve englobe les territoires de 18 communes dont 10 dans la zone nord et 8 dans la zone sud. 68 villages sont ainsi recensés en zone périphérique et centrale avec une population de 75 000 habitants, répartis entre les wilayas de Bouira et de Tizi-Ouzou. L’expédition était une occasion pour les jeunes du mouvement associatif local de découvrir les conditions de la randonnée en montagne, les principes de gestion du groupe et les profits d’une telle activité.
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17th June 2009 00:55 #340
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Mercredi 17 Juin 2009 -- La démarche du ministère de la Culture relative à la mise en valeur et à la réhabilitation du patrimoine culturel du pays, richesse de toute la nation, semble bien trouver son écho à Bouira. En effet, pendant le Mois du patrimoine, l’association Histoire et archéologie de la wilaya de Bouira en collaboration avec la maison de la culture Ali Zamoum, a organisé récemment des journées nationales qui ont été une occasion pour les responsables de la wilaya, à leur tête, ceux de la culture, de souligner l’importance des différents projets de restauration lancés au niveau de la wilaya. Pour les représentants des bureaux d’études chargés de ces travaux, l’occasion leur a été offerte de mettre l’accent sur les différentes étapes ayant présidé à la mise en œuvre dudit programme. Les conférenciers invités à donner des communications, ont souligné l’urgence de la restauration des sites de la wilaya, eux, qui précisent que ces derniers-ou du moins ceux qui ont déjà fait objet d’études-se trouvent dans un état de délabrement avancé. Au nombre de 22, ces monuments attendent presque tous d’être restaurés, chacun suivant ses particularités et l’urgence signalée de leur état actuel. Faut-il ainsi noter qu’hormis 13 qui sont proposés au classement, dont seulement 5 sont retenus et classés. Les autres devront encore attendre, et cela pourra bien avoir des répercussions négatives sur leur état, à en croire les spécialistes.
Cependant, les responsables administratifs, à leur tête le directeur de la culture de la wilaya, ne perd pas pour autant espoir, car, selon lui, cette dynamique de restauration va suivre son cheminement jusqu’à ce que les résultats escomptés soient atteints.C’est dans cette optique d’ailleurs, que la journée d’étude du 17 mai dernier a été organisée. Trois bureaux d’études chargés des opérations de restauration, à savoir Gauld, Mahindad et Atrium d’Alger et de Blida ont présenté chacun un état des lieux respectivement des vestiges de la muraille de Sour El Ghozlane, du mausolée de Takfarinas d’El Hakimia et du fort turc de Bordj Hamza (Bouira). (Le représentant du bureau d’études Nnemla, chargé de la restauration de l’Aqueduc de Sour El Ghozlane n’a pas pu présenter sa communication). Tous ont souligné l’état de délabrement avancé de ces sites dont la restauration sera surtout longue. En perspective, le directeur de la culture de la wilaya, M. Reghal Omar, avec qui nous avions eu un entretien, dira que d’autres projets du genre sont prévus à l’avenir et que la wilaya de Bouira n’aura qu’à bénéficier du programme lancé par le ministère de la Culture.
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17th June 2009 02:56 #341
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Constantine :
Mercredi 17 Juin 2009 -- Les habitants de la commune d’Ibn Ziad viennent de lancer un S.O.S aux autorités locales et au premier responsable de la wilaya pour intervenir d’ urgence afin de stopper un massacre sur un lieu historique. Ce dernier risque de disparaître suite à des travaux de réaménagement décidés par les élus de cette commune. Le site, faisant office de place publique, se trouve au centre du village, là où est installée une stèle commémorative datant de 1939, construite, nous dit-on, en l’honneur de soldats algériens ayant participé à la première guerre mondiale. À l’intérieur, selon les déclarations de quelques vieux du village qui gardent bonne mémoire, il existe des plaques sur lesquelles sont gravés les noms des victimes. Cependant, depuis l’Indépendance, l’accès à l’intérieur de ce petit mausolée a été carrément obstrué et plus encore, des transformations l’ont défiguré, une mosquée érigée à côté du site ayant indûment grignoté une partie de l’espace. À l’Indépendance, surviennent d’autres transformations qui font des lieux une place commémorative du 1er Novembre 1954 et chaque année, la cérémonie de levée du drapeau national s’y déroulait. Mais aujourd’hui, les habitants, qui ont été contraints de réagir en alertant l’opinion publique et les responsables, notamment ceux en charge du secteur de la culture, dénoncent avec force le flou ayant entouré la prise de cette décision grave, qui mutile un peu plus la mémoire collective des Algériens. En ce sens, ces habitants viennent de lancer une pétition pour arrêter au plus vite les travaux de réaménagement du lieu au moment même où commencent à affluer de nombreux messages de solidarité et d’adhésion, en plus de ceux émanant des organisations de moudjahiddine, d’enfants de chouhada, etc. lesquelles, jusque-là, étaient restées muettes, et qui viennent à leur tour de réagir en exprimant leur étonnement face aux incohérences des autorités locales et des élus.
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23rd June 2009 00:21 #342
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Mardi 23 Juin 2009 -- Une centaine de candidats de différentes régions de l’Algérie a participé à ce concours dont l’objectif principal est la mise en valeur et la conservation du patrimoine historique et culturel de la région. Le modeste musée d’El Mouahidia permet aujourd’hui au public, comme au chercheur, d’accéder à une documentation variée sur l’histoire de la ville à travers ses riches collections photographiques, manuscrits anciens, etc. La maison du patrimoine a vibré, ce jeudi, au rythme des mélodies andalouses interprétées par Hajaj Chafik, dont la voix à la fois douce et puissante a charmé le public. L’occasion était de récompenser les gagnants du concours national sur le patrimoine matériel et immatériel de Nédroma et sa région, initié par El Mouahidia, dans le cadre du projet ONG2 financé conjointement par l’ADS (Agence de développement social) et l’Union européenne. Une centaine de candidats de différentes régions de l’Algérie a participé à ce concours dont l’objectif principal, selon Azzedine Midoun, président de l’association, est la mise en valeur et la conservation du patrimoine historique et culturel de la région. Un nombre important d’objets d’une valeur inestimable vient d’enrichir le musée de l’association grâce à ce concours. De la photo ancienne aux manuscrits en passant par la céramique ancienne (ustensiles de cuisine), habits traditionnels, objets artisanaux et dictons populaires ont été collectés par les concurrents.
En somme, le petit et modeste musée d’El Mouahidia permet aujourd’hui au public, comme au chercheur, d’accéder à une documentation variée sur l’histoire de la ville à travers ses riches collections photographiques, manuscrits anciens, etc. Toutefois, des membres de l’association s’indignent devant l’attitude irresponsable de certaines personnes qui réalisent des constructions sur des sites et monuments historiques classés, de surcroît, monuments nationaux. « Pendant que nous nous démenons pour protéger et mettre en évidence cette richesse, d’autres tentent de l’enfouir », déplore un membre de l’association. « D’ailleurs, nous sommes à la recherche d’un moyen de financement pour la concrétisation d’un projet en cours qui concerne la restauration de sites historiques de la région tels que le mausolée de Lala El Allia, de Sidi Abderrahmane, de Zouiet El Yacoubi et de SidiYouchaa », affirme-t-il. La réaction de ce membre est tout à fait légitime dans la mesure où l’association consent des efforts colossaux pour la sauvegarde du patrimoine historique et culturel de Nédroma et sa région. À l’occasion de cette cérémonie, plusieurs prix ont été décernés aux participants dont le premier est revenu à Mlle Rahal qui a présenté un manuscrit datant du seizième siècle. Mlle Sebiane Fairouz a décroché le deuxième prix pour avoir réuni 654 proverbes populaires. Le troisième prix est revenu à Hajaj Chafik qui a présenté le répertoire de Cheikh Ahmed Hassouna (Ghomari Nedromi), le maître incontesté d’El Haouzi à Nédroma, nous dit-on.
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1st July 2009 00:45 #343
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Mercredi 1 Juillet 2009 -- Les innombrables siècles n'ont pu avoir raison de ce magnifique musée historique et dont plusieurs ouvrages historiques et archéologiques lui ont été consacrés depuis le dernier siècle. Il s'agit du mausolée royal de Béni-Rhénane. Coincé à 220 m d'altitude en surplomb du site de l'antique capitale numide, le monument coiffe le sommet d'une colline dominant la basse vallée de la Tafna, sur sa rive droite, à 4 km de son embouchure et à 12 km au sud-ouest de Béni-Saf. L'accès au site est favorisé par trois chemins. Une route carrossable à partir de Béni-Saf, vers le sud, via la carrière de pouzzolane, une autre difficilement carrossable, en pente raide, serpentant le flanc sud de la colline à partir du village de Béni-Ghanem et une troisième piste, un sentier battu, serpentant le flanc Est de la colline à partir du lieu-dit Sidi-Mahdi. Et selon le président de l'association Siga (Oulhaça), Miloud Mohamed, des profanateurs ont, vers 2004, tenté des percées dans le souterrain qui, à notre humble avis, portent attente à la stabilité du monument. Apparemment ces profanateurs étaient à la recherche d'une hypothétique chambre secrète et donc d'un trésor. Cette transgression a été à l'époque signalée aux personnes concernées, mais rien n'a été fait depuis.
Cependant le monument fut dégagé et fouillé par G. Vuillemot, un chercheur historien français, au début des années 60. Avant cette date, il était enfoui sous un volumineux amas de bloc de pierres que les habitants de la région désignaient sous l'appellation de «Kerkar El Araïss» que l'on peut traduire littéralement par le «Dôme des mariées». Une tradition locale qui voulait que les futures mariées fassent plusieurs fois le tour du monticule de pierres pour s'assurer la fidélité de l'époux et le bonheur dans leur vie de couple. Le père Litthielieux, qui s'est penché sur l'Histoire de la région, note que cette tradition était encore vivante vers le début des années 1970. La dénomination adoptée par Vuillemot est le mausolée royal de Béni-Rhénane selon le toponyme de la plus proche ferme située en contrebas, aujourd'hui le village Béni-Ghanem relevant de la commune de Emir Abdelkader, 15 km à l'ouest de Béni-Saf. Ce monument est en réalité un tombeau en forme de tumulus dont la structure diffère extrêmement des monuments funéraires construits dans la période dite hellénistique à partir du IIIème siècle avant J.C. C'est un tombeau de la dynastie massaesyle attribué à Syphax au IIème siècle avant J.C. Il s'apparente dans son architecture au Medracen. Il s'agit aussi de bien funéraire produit d'une brillante civilisation originale à la fois africaine et méditerranéenne. Ce monument royal, comme bien d'autres sur le continent, présente une sélection d'exemples remarquables de sépultures remontant à des périodes variées et issues de différentes régions. Il témoigne de la diversité des conceptions architecturales et techniques artisanales élaborées au cours de plusieurs millénaires.
Le mausolée royal de Béni-Rhénane est composé de deux parties distinctes, une structure aérienne en pierre de taille et un souterrain. La partie aérienne, la superstructure du monument est une longue galerie de 45 m, composée d'un épais dallage sur lequel prend forme une série de gradins (à trois niveaux) dessinant une forme hexagonale très particulière. Ces derniers supportent un massif de maçonnerie de pierres de taille épousant les contours donnés par les gradins. Les pierres et les éléments d'architecture qui gisent autour du monument permettant d'avoir une idée assez précise de la forme du mausolée avant sa démolition. Il s'agissait, selon F. Rakob (musée Rheinishes de Bonn), d'une importante tour (17 m) coiffée à son sommet d'un édicule pyramidal. Des éléments de décoration empruntés à l'art grec (demi-colonne, chapiteaux, corniche et acrotères) ornaient les façades du monument. La structure souterraine est faite d'un ensemble de 10 chambres voûtées réparties en trois ensembles de caveaux ayant chacun un accès à part. L'accès de la façade Ouest semble être le principal.
La disposition des galeries est faite selon le schéma suggéré par la structure aérienne (alternance d'un côté courbe avec un côté droit). Les chambres sont de même hauteur et largeur, se succédant en enfilade selon un plan qui rappelle la forme particulière donnée par la superstructure. Le mobilier funéraire retrouvé dans différentes chambres atteste du caractère collectif du tombeau. C'est, selon toute vraisemblance, une tombe dynastique des rois et princes massaesyles et dont la construction devait coïncider avec la période de règne de Syphax, mort en exil à Rome, vers 200 avant J.C. Dans la structure souterraine, le souterrain est une longue galerie de 45 m serpentant sous la limite extérieure du dallage selon le schéma suggéré par la structure aérienne (alternance de côtés courbes et droits). A l'origine, cette galerie était répartie en trois compartiments cloisonnés. On accédait à chaque compartiment, séparément, par l'intermédiaire d'un puits donnant sur une porte à herse. Aujourd'hui, il est permis de parcourir la galerie, d'une extrémité à une autre, grâce aux ouvertures pratiquées dans les murs de cloisonnement par des pilleurs. Des ossements et un maigre mobilier funéraire cassé, éparpillé dans les chambres et à l'extérieur du monument, sont des indicateurs de la destination sépulcrale du monument.
La multitude de chambres (au nombre de 10) montre le caractère collectif du tombeau. C'est, vraisemblablement, une tombe dynastique des rois et Aguellids massaesyles qui régnèrent sur la région. Quant à sa profanation, selon le constat de G. Vuillemot, le monument a fait l'objet d'une destruction volontaire dès l'antiquité probablement lors de l'annexion de Siga au Royaume maure de Bocchus II en 105 avant J.C. Le mausolée a subi une ultime profanation en 2004, lorsque des individus, armés de pics, s'acharnèrent sur le dallage et les caveaux à la recherche d'une chambre secrète. Leurs dégâts sont considérables car pouvant nuire à la stabilité du monument (un puits profond fut creusé à hauteur de la chambre principale). Des pierres du mur furent arrachées pour permettre le creusage d'une excavation horizontale vers l'intérieur du monument. «Il n'en reste pas moins que le monument de Béni-Rhénane occupe une place intermédiaire entre les monuments circulaires - qui semblent puiser leur inspiration dans les pyramides d'Egypte - et les monuments à étages qui peut-être par l'intermédiaire des tombeaux de Sicile comme celui de Thenon ou comme les tombeaux princiers du Moyen-Orient s'inscrivant dans la série de tombeaux imités de près ou de loin de celui d'Halicarnasse, ou à travers ceux des successeurs d'Alexandre», avait souligné l'archéologue français dans l'un de ses travaux.
Avant de faire une autre remarque, la disposition de la galerie ne suit pas complètement le contour donné par la superstructure puisqu'il manque des chambres sous les façades nord-est et Est. Malgré sa complexité, on peut ranger le monument en question dans la catégorie des tombeaux bâtis de l'époque hellénistique dont plusieurs ont été fouillés sur la côte algérienne à Tipaza ou aux Andalouses. Des rapprochements peuvent se faire avec les monuments berbères datant des trois derniers siècles avant J.C. Avec le Mausolée royal de Maurétanie, il partage les éléments de décoration telle la corniche moulurée à gorge égyptienne, les colonnes relevant de l'ordre ionique et l'emploi du plâtre pour joindre toutes les pierres. Dans le Medracen, les fausses portes sont distribuées suivant un dispositif triangulaire équilatéral comme le sont celles des trois systèmes de l'hypogée.
Pour notre accompagnateur, Mohamed Miloud, le plus urgent est que le mausolée nécessite une restauration, une mission de sauvetage vu la dégradation alarmante de sa structure aérienne. Les blocs de grès finissent par s'effriter au contact de l'air marin et de l'action des pluies. Le souterrain en parfaite conservation nécessite tout de même quelques aménagements consistant en un déblayage des chambres funéraires, leur éclairage et un dégagement des accès menant aux caveaux. D'un autre côté, il est utile de faciliter l'escalade vers le monument en créant des sentiers battus et des pistes carrossables. Il est utile aussi de multiplier des manifestations culturelles et scientifiques sur le site par des journées d'études ou visites guidées tout en organisant des missions officielles de fouilles. Et puis une clôture en Zimmermann et un gardiennage ne seront pas de trop.







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