Mardi 22 Avril 2008 -- Classé en 1982 par l’Unesco sur la liste du patrimoine mondial, le mausolée royal de Maurétanie est le deuxième site de la wilaya de Tipasa le plus visité avec près de 18 000 visiteurs recensés de janvier à fin mars 2008. De nombreux touristes y viennent pour s’imprégner de l’histoire de ce monument prestigieux qui, à ce jour, garde son mystère, mais aussi pour la beauté du site surplombant la plaine de la Mitidja.
Ce monument funéraire de “construction nord-africaine”, selon les spécialistes, appelé faussement “Tombeau de la chrétienne” ou encore “Kobr Erroumia”, est situé sur les hauteurs de la commune de Sidi Rached, dans la daïra d’Ahmer El-Aïn. Il est visible à des kilomètres et est souvent utilisé par les marins comme point de repère.
Selon M. Mounir Bouchenaki, qui lui a consacré un livre dans les années 1980 du siècle dernier, le tombeau est certainement un monument africain qui aurait appartenu à une famille royale numide ou maure qui serait enterrée en ce lieu, alors que la thèse la plus répandue attribue la construction du mausolée à Juba II et à sa femme Cléopâtre Séléné, fille de la célèbre Cléopâtre reine d’Égypte et épouse du triumvir Antoine. Situé à 261 mètres au-dessus de la mer, au sommet de la colline, ce site anonyme jusqu’au XIXe siècle, renferme un monument circulaire au milieu d’une forêt verdoyante installé sur une plate-forme aménagée, dont les seuls éléments précis en possession des chercheurs et spécialistes ont trait à ses dimensions et proportions géométriques.
Le tombeau, qui reste à ce jour un gigantesque mystère, à la mesure de sa taille, a alimenté de nombreuses légendes, dont la non moins “imagée” évoque une histoire de fortune pour qui pénètre à l'intérieur du monument. On raconte qu’un berger de la région a découvert que l’une des vaches de son troupeau disparaissait chaque nuit dans les interstices du tombeau pour réapparaître le lendemain. Intrigué, il décida un soir de s’accrocher à sa queue et put ainsi entrer avec elle par une ouverture qui se referma aussitôt. Il en sortit le lendemain les poches pleines de pièces d’or, ce qui fit de lui l’homme le plus riche de la région.
Ces légendes n’ont pas laissé indifférents les habitants et on rapporte qu’elles auraient même fortement impressionné les maîtres de la Régence d’Alger qui n’hésitèrent pas à tenter d’en fouiller les entrailles. On raconte, par exemple, que les deux pachas d’Alger, Salah Rais (1552/1556) et Baba Mohamed Ben Othmane (1766/1791), se sont attaqués à cette citadelle imprenable. Le second, dit-on, aurait même démoli à coups de canons le revêtement est du monument funéraire à la recherche du trésor enfoui.
Les responsables de la wilaya, soucieux de préserver ce site qui a retrouvé sa sérénité et sa quiétude d’antan, ont lancé, en 2005, une opération de réhabilitation des lieux grâce à une enveloppe de 5 millions de DA sur budget de wilaya. L'opération a permis de nettoyer la forêt qui jouxte le mausolée, de réaliser le revêtement du parking, de créer des promenades et de restaurer une vieille bâtisse transformée en maison d’hôtes pour l’accueil des délégations. Après le toilettage de la forêt, une aire de jeux pour enfants, un terrain de sport et une piste de jogging ont été réalisés sur le site où de nombreux amateurs d’activités de plein air viennent se divertir.
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22nd April 2008 00:35 #155
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22nd April 2008 00:43 #156
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Mardi 22 Avril 2008 -- Les actes destructeurs semblent être monnaie courante dans le site des ruines romaines situé dans la splendide ville côtière de Tipaza. Ces ruines, qui témoignent in situ et à ciel ouvert d’une histoire plusieurs fois centenaire, subissent, au quotidien, des gestes peu civilisés de la part des visiteurs. Un de ces gestes s’est d’ailleurs produit jeudi dernier, où un touriste étranger, septuagénaire, lequel au lieu d’aller acheter des souvenirs de Tipaza en dehors du site des ruines, a préféré cueillir un morceau de mosaïque laissé à même le sol pour garnir son séjour. D’un simple mouvement, ce touriste n’a pas réfléchi à deux fois pour tendre sa main et prendre ce petit morceau de grande valeur et le mettre dans sa poche. Combien d’autres touristes ont agi de la sorte ? Il suffit de voir l’état des mosaïques érodées par le vent et le sable, piétinées et volées par l’homme pour comprendre l’intérêt réel que l’on porte à notre patrimoine. L’alerte est donnée. A quand la réaction ?
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23rd April 2008 07:00 #157
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Mercredi 23 Avril 2008 -- La région de Bordj Mellala, dans la wilaya de Ouargla, a été programmée pour être inscrite sur la liste des sites archéologiques nationaux à l’instar d’autres sites similaires existant dans cette wilaya, a révélé le directeur de wilaya de la culture qui intervenait à l’occasion du mois du patrimoine. Un dossier portant classification de ce site a été déposé au niveau du comité national qui se réunit en pareille période pour la classification des sites archéologiques disséminés à travers le territoire national. Selon le même responsable, les rapports des chercheurs et des archéologues ayant exploré le site de Bordj Mellala ont dévoilé que ce site remonte à l’ère préhistorique. Les vestiges qui s’y trouvent consistent, notamment, en des résidus d’ossements et de squelettes, des coquilles pétrifiées et des flèches.
La région de Ouargla compte quatre sites déjà classés patrimoine national : le musée saharien, le vieux ksar de Ouargla, le vieux ksar de Temacine et la ville antique de Sedrata, qui avait fait l’objet d’une série d’expéditions de recherches et d’exploration. De même, 52 autres sites sont classés par le comité de wilaya pour la protection des biens culturels, dont le vieux ksar de N’goussa, le ksar de Mestaoua de la ville de Touggourt, la place «Citroën» et les sépultures des chouyoukh du sultanat de Beni Djellab de Touggourt.
Le programme qui a été mis au point à l’occasion du mois du patrimoine, prévoit une série de manifestations culturelles, dont la 7e édition de la Fête de la rose de sable, ouverte dimanche dernier au centre culturel d’El Bour, daïra de N’goussa, dans la banlieue de Ouargla. Les troisièmes journées théâtrales et d’artisanat, une journée d’information sur les voies et les moyens de préservation des vieux ksour figurent également au menu de ce programme.
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24th April 2008 04:53 #158
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Jeudi 24 Avril 2008 -- Située à proximité de la ville d’El-Omaria, 40 km au sud-est de Médéa, l’escargotière de Champlain fera prochainement l’objet de classement dans la nomenclature des sites archéologiques nationaux. S’étendant sur une superficie de 4 hectares environ, l’escargotière de Champlain située à El-Ghassoul, fait partie de l’oued Télata, ce dernier connu sous la dénomination “Rivière des os”. Le site recèle d’importantes quantités de coquillages, de restes d’ossements, de grosses pierres et de galets aménagés pour la chasse, explique-t-on. On indique qu’un second site localisé non loin du précédent présente aussi des éléments similaires, faisant conclure que toute la vallée est à considérer comme site archéologique important. En effet, l’escargotière et les différents objets trouvés sur les lieux sont, fait-on remarquer, caractéristiques du paléolithique moyen. Pour une protection du site et sa préservation, le service du patrimoine de direction de la culture de Médéa a constitué un dossier de demande de classement qui a été soumis à la tutelle.
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26th April 2008 01:41 #159
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Samedi 26 Avril 2008 -- Le Château de la comtesse, un bâtiment monumental datant de l’époque coloniale, a été retenu par l’université de Béjaïa pour accueillir un laboratoire et un musée de la mer, selon une information du rectorat. Le laboratoire des sciences de la mer sera créé en partenariat avec le ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques, précise-t-on. Des démarches avec les autorités locales et l’exécutif de l'APC d’Aokas, qui est le propriétaire légal du château désaffecté depuis des années, sont engagées en vue d’examiner les modalités de sa cession à l’université qui compte en faire un centre de rayonnement culturel et scientifique ouvert au public, a-t-on indiqué de même source. Le château, en dégradation avancée du fait de son abandon, garde cependant intacte sa stature. Situé en bordure de la RN9, à mi-chemin entre les localités de Bakaro et d’Aokas, il reste une des attractions architecturales les plus en vue de la wilaya. Entouré de forêts et faisant face à la mer, il jouit également d’une position naturelle de premier ordre.
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26th April 2008 02:30 #160
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Samedi 26 Avril 2008 -- Les travaux du 1er séminaire international du manuscrit ont prit fin avant-hier à la Maison de la culture d’Adrar. Nombreuses sont les conférences, suivies de longs débats animés par une assistance assidue, comme les 9 professeurs spécialistes dans le domaine du manuscrit qui ont pris part à cette rencontre d’envergure mondiale dont l’intitule est “La contribution de l’Algérie dans la civilisation arabe à travers le manuscrit”. Certes, les interventions n’étaient point à la portée de tout le monde, mais la thématique abordée est la propriété de tout citoyen. Puisque le magma des débats est le fait de rendre au peuple sa véritable pensée historique transportée à travers les temps par les manuscrits. Ne voulant guère sombrer dans la logique de la perdition continuelle de ce capital historique, la commission scientifique a abouti à la fin de la rencontre à une série de recommandations vitales pour la pérennité du vieux texte.
Voyant que le nombre de manuscrits se rétrécit comme une peau de chagrin, les membres de la commission scientifique ont abordé dans leurs recommandations le principe d’introduire les technologies actuelles dans la conservation et la pérennisation de ce patrimoine pour les générations à venir, et ce, en le copiant dans des CD et leur numérisation. Et la nécessité de créer un site web pour le Centre national du manuscrit qui permettra aux chercheurs et aux amateurs de mener leurs études sur les vieux textes. La commission scientifique du séminaire a abordé aussi dans ses recommandations la nécessité de redynamiser le rôle du Centre national du manuscrit et son équipement en matériel de pointe que revendique le traitement des manuscrits.
La commission appelle aussi à garder la relation conciliable qui existe entre le centre du manuscrit et les propriétaires des khizanate (bibliothèques traditionnelles), afin de préserver le manuscrit de la perte. Et dans le but d’accélérer la réalisation de la carte nationale du manuscrit, il a été demandé aux participants et aux spécialistes du manuscrit de vulgariser le vieux texte rare. Dans le dessein de garder le contact entre les pays en possession de ce capital historique, il a été recommandé la création des liaisons entre toutes les bibliothèques ainsi que la fondation d’une autre bibliothèque numérique unifiée entre les pays arabes.
Les membres de la commission n’ont pas oublier de demander l’institutionnalisation de ce séminaire international du manuscrit à Adrar pour conforter le Centre national du manuscrit et les laboratoires de recherches spécialisés. Tout de même, après avoir abordé la dimension de la préservation du manuscrit, les participants ont voulu aller dans le sens de la récupération des vieux textes, surtout ceux des Algériens qui se trouvent à l’extérieur du pays, comme ceux qui sont exposés dans les musées de Copenhague en Suède ou d’Alexandrie en Égypte.
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27th April 2008 13:46 #161
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Dimanche 27 Avril 2008 -- Au moment où la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, s’évertue à répéter que l’Etat, à sa tête le Président en personne, accorde toute l’importance à la préservation du patrimoine culturel, sous toutes ses formes, les responsables et élus locaux se doivent de signaler toute découverte ou site nécessitant d’être sauvegardés et que son département est prêt à prendre en charge toutes les sollicitations. Au moment où le monde de la culture célèbre le mois du patrimoine, et où d’importantes activités culturelles sont programmées un peu partout pour l’occasion, Tlemcen a, elle, vécu un massacre : le palais Agha, situé derrière le Mechouar, dans sa partie est, a été complètement rasé.
La démolition de ce monument historique a été décidée et entreprise sans un avis préalable ni autorisation. Le palais a été, dès l’indépendance, occupé par quelques familles avant d’être abandonné. Il sera livré à lui-même. Il fut saccagé et dégarni de ses matériaux que des vandales ont récupérés. Ce qui fut un palais a été laissé à l’abandon et est devenu une ruine avant qu’on lui porte le coup fatal, il y a à peine dix jours. Certains spécialistes affirment qu’on a refusé de l’inscrire pour qu’il soit classé, parce que la mafia du foncier avait déjà des visées dessus et avait l’intention de le démolir pour accaparer le terrain dans le but d’y inscrire un projet immobilier.
Le palais Mustapha, en dépit de sa position de proximité (servitudes) de la citadelle Mechouar, siège des rois zianides, qui a connu également des événements pénibles et douloureux après les années fastes du roi zianide Abou Hammou II, était également connu sous le nom de la caserne Mustapha car occupé par les troupes coloniales. Le palais ottoman sera par la suite transformé en hôpital, l’unique très probablement à Tlemcen à cette période. Interrogés, certains spécialistes avancent que le palais serait d’époque zianide, s’appuyant sur les diagnostics faits par des archéologues sur les matériaux des structures de ce monument, notamment le pisé, ce liant confectionné à base de terre et de chaux, semblable à celui utilisé dans la construction des remparts du Mechouar ou encore de Mansourah. Il fut ensuite reconverti en demeure d’un agha sous l’empire turc avant de devenir un hospice.
Des sources fiables de la direction de wilaya de la culture soulignent que des correspondances ont été adressées aux responsables et au ministère de la Culture. Nos sources avancent également que la gendarmerie de Tlemcen a ouvert une enquête pour élucider cette affaire de destruction de patrimoine, d’autant que l’on sait que ce site était choisi pour être un musée. Ainsi, il apparaît que cette démolition est un crime prémédité et que les lois qui protègent le patrimoine ont sciemment été piétinées.
Lors de notre enquête, on apprendra que le terrain sur lequel se dressaient, il y a quelques jours, les structures de cet ancien palais, avait été cédé à un privé pour la construction d’un parking à étages. Mais situé à moins de 20 mètres de ce prestigieux monument qu’est la citadelle, le projet avait reçu un avis défavorable de la «défunte» Circonscription archéologique (ANA) qui fera valoir la loi interdisant la construction de tout édifice à proximité d’un site patrimonial et pouvant le cacher. Aussi nombre d’observateurs s’interrogent-ils sur les complicités qui ont permis d’outrepasser la loi en autorisant la démolition de ce monument, portant ainsi atteinte au site d’El Mechouar. Des riverains ne cacheront pas leur inquiétude quant au devenir d’El Mechouar, car, diront-ils, si on a osé raser ce monument envers et contre toutes les lois, on peut aussi s’attaquer à la citadelle.
Rappelons qu’il y a quelques mois, on s’est attaqué aux vestiges d’une ville antique à Honaine lors de travaux de terrassement pour la construction d’une infrastructure publique. A Tlemcen, des personnes inconscientes mettent à bas des monuments de grande valeur pour récupérer un bout de terrain. Pourtant, certains élus avaient, il y a quelque temps, soutenu que le patrimoine et le développement durable apparaissent aujourd’hui comme deux notions complémentaires, unanimement utilisées par les décideurs et responsables locaux. La nécessité de protéger et de transmettre le patrimoine, héritage culturel défini comme «bien commun», est aujourd’hui une idée largement répandue parmi les élus.
Tout responsable urbain, élu ou autre homme de culture, semble désormais persuadé qu’une ville qui valorise ses héritages architecturaux et urbanistiques se donne les moyens de mieux préparer son avenir. Or, le terrain offre une autre réalité amère, âcre, désolante et ce, à l’heure où le monde encourage le tourisme culturel. Le patrimoine peut être considéré comme une ressource non renouvelable, qu’il s’agirait de sauvegarder, d’économiser et de valoriser. La référence au patrimoine et sa nécessaire préservation et transmission seraient même devenues des modes de légitimation privilégiés de la durabilité à l’échelle planétaire, déclare-t-on, en précisant que le patrimoine est une ressource symbolique, étroitement liée à la question de la mémoire et de l’identité. Mais également une ressource économique, sous l’angle notamment touristique.




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