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  1. #1
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    Ces officiers qui ont dit non à la torture : Algérie 1954-1962


    L'armée française, et plus particulièrement son encadrement supérieur, n'a pas tout accepté des dérives de la guerre contre-révolutionnaire en Algérie, en particulier l'emploi de la torture comme pis-aller des moyens de renseignement. À l'inverse d'une idée reçue, la leçon de la guerre d'Algérie, victoire militaire sur le terrain mais défaite morale et politique, a longtemps hanté les cénacles du haut commandement. Quelles étaient alors les voix pour désavouer la torture et protester de l'intérieur, afin de ne pas cautionner l'irresponsabilité ? Qu'ils soient de confession catholique ou d'obédience marxiste, qu'ils agissent au nom de leur seule conscience ou au nom de l'éthique de l'officier, certains ont en effet dénoncé à l'époque, et même après la bataille d'Alger, les pratiques contraires aux traditions de l'armée, la banalisation voire l'"institutionnalisation" de la torture, au moment même où le général de Gaulle ordonnait la cessation des exactions en Algérie. Il y a donc bien eu un débat, de façon feutrée certes, et cet ouvrage entreprend de l'exposer et de l'analyser. Hors de toute polémique, en croisant les sources - archives, fonds privés... -, ce travail livre le fruit d'une longue enquête auprès de cadres d'active et de réserve, au temps des derniers gros bataillons d'une République engagée dans un conflit dont personne ne voulait.

  2. #2
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    Mercredi 11 Avril 2007 -- Près d’un demi-siècle après les atrocités commises par l’armée coloniale française en Algérie, la grande muette coloniale ose, enfin, reconnaître à demi-mot que le code d’honneur cher aux diplômés de Saint-Cyr n’a cessé d’être bafoué durant la guerre en Algérie. Une minorité de ses rangs a refusé de céder à la barbarie pour devenir ces «protestataires de l’intérieur» au risque de mettre en péril leur carrière et leur devenir.

    Les éditions Chihab viennent de publier à ce sujet Ces officiers qui ont dit non à la torture (Algérie 1954-1962) de Jean-Charles Jauffret, agrégé d’histoire, docteur ès lettres et spécialiste de l’histoire militaire coloniale.

    Pendant des décennies, la torture exercée d’une manière aveugle en Algérie était considérée comme des «cas isolés» ou «des dérapages». Il aura fallu attendre longtemps avant que les historiens ne démontrent que la torture était institutionnalisée et tolérée par les plus hautes instances coloniales. Dans les rangs de l’armée française, certaines personnes ont brisé la sacro-sainte omerta pour dénoncer les exactions commises au nom d’une nation, dont le slogan humaniste était entaché du sang des innocents. Jean-Charles Jauffret, qui dirige également un programme de recherche «Algérie» au CNRS, présente un ouvrage complexe dans lequel il apporte les témoignages de cadres actifs et de réserve qui avaient osé dire non à la torture.

    L’ouvrage est le fruit d’un long travail de recherche et d’enquêtes minutieuses. Témoignages vivants, archives militaires et fonds privé sont autant de références pour lever le voile sur ces personnes qui ont tenté de sauver leur âme et l’honneur de l’uniforme. Le fruit de ces travaux est présenté en deux grandes parties. Dans le premier chapitre, «une question de commandement», l’auteur replace les lecteurs dans le contexte de l’époque. Cela à travers deux grands événements majeurs, la situation avant la bataille d’Alger et le tournant funeste de 1957. Il démontre ainsi que «la guerre d’Algérie n’a donc rien d’un conflit aseptisé comme voudraient le faire croire à présent certaines mémoires qui, justement, la perdent ou veulent à tout prix étendre un brouillard épais sur cet autre passé qui ne passe pas».

    Il rend hommage au seul officier général qui a donné des ordres très clairs condamnant l’utilisation des méthodes fortes : le général Fernand Gambès, commandant des corps de l’armée. L’auteur cite également une minorité de chefs de corps qui ont refusé d’adopter les théories de la contre-guérilla et des méthodes physiques, privilégiant le respect de l’honneur des règles de la guerre à l’instar du colonel de Seguins-Pazzis. Dans la seconde partie de l’ouvrage, «une question de conscience», le chercheur aborde les cas des officiers protestataires selon leur parcours personnel et idéologique. Ainsi, il met en exergue trois cas d’officiers d’obédience chrétienne, Francois Durtestes, Jean le Meur et Henri Péninou. Egalement des cas d’officiers marxistes à l’instar de Chervel, Paquet, Aiziari et Brugié, tout en réservant un chapitre à quelques cas de conscience personnelle.

    En conclusion, dans le chapitre «le code du soldat», l’auteur revient sur le cas d’école de la torture en Algérie, les exactions enseignées par certains militaires français aux Américains, aux Chiliens et à d’autres ont été poursuivies dans d’autres pays.

    Ainsi, l’historien souligne qu’«il est des moments où l’Histoire semble bégayer, et il faudrait de façon urgente évoquer toutes les erreurs commises en Algérie, pour ne pas les reproduire au Moyen-Orient où, depuis longtemps déjà, l’armée israélienne est tombée dans les pièges des représailles collectives dans les territoires occupés».

    En conclusion, malgré une démarche universitaire, l’ouvrage, même s’il est intéressant d’un point de vue documentation, succombe à un certain parti pris qui se reflète à travers de nombreuses contradictions. Les florilèges de références et sources ne sauraient cacher l’absence de témoignages algériens qui auraient certainement apporté beaucoup plus de crédibilité à cet hommage à ceux qui ont osé dire non à la barbarie.


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