Algeria.com Discussion Forum - Powered by vBulletin


+ Reply to Thread
Page 1 of 7 1 2 3 ... LastLast
Results 1 to 7 of 48
  1. #1
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    266,388

    La célébration du double anniversaire du Printemps amazigh et du Printemps noir

    Ferhat M’henni, chanteur engagé et porte-parole du MAK, a été l’hôte de la coordination locale des arouch de Seddouk avant-hier en fin d’après-midi pour animer une conférence-débat dans le cadre de la célébration du double anniversaire du Printemps amazigh et du Printemps noir sous le thème “Deux générations, un même combat”:

    Jeudi 19 Avril 2007 -- Dans une salle des fêtes de la commune qui s’est avérée trop exiguë pour contenir toute la foule venue écouter la figure de proue du Mouvement culturel berbère des années 1980 et que Kateb Yacine surnommait à l’époque le maquisard de la chanson, Ferhat M’henni, visiblement très ému devant tant de chaleur humaine que lui a réservé la population de Seddouk, a, d’emblée, tenu à rendre un vibrant hommage aux animateurs locaux du mouvement citoyen pour, dit-il, lui avoir fait “honneur et la fraternité” à travers cette invitation pour “marcher sur les pas de l’illustre personnage historique de 1871, en l’occurrence Cheikh Aheddad”.

    Après un bref historique de Tafsut imazighen de 1980 et du Printemps noir et faisant le parallèle entre ces deux dates-phares dans le combat identitaire et la démocratie, le conférencier a soutenu que ces deux événements majeurs dans le combat démocratique “issus l’un de l’autre comme Eve et Adam ne sont en vérité qu’un même processus qui marque l’émergence plus prononcée du peuple kabyle à travers son histoire”. Dans son intervention, le porte-parole du MAK a estimé que la génération du Printemps noir n’a rien à envier en termes “de sacrifice et de générosité à leurs aînés d’avril 1980”. Mieux encore, poursuivra le conférencier, “la génération de 1980 a été rattrapée par les comportements et les réflexes qu’elle dénonçait naguère chez ses aînés durant la lutte de Libération nationale, à savoir aller à la soupe du pouvoir en contrepartie des sacrifices consentis à une époque ou à une période de leur vie”. Ferhat M’henni n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour fustiger la génération 1980 en affirmant que “leur héroïsme d’hier ne peut en aucun cas légitimer la trahison d’aujourd’hui et je n’en veux pour preuve la cuvée des législatives prochaines”, souligne-t-il encore.

    S’adressant à une foule visiblement acquise à sa cause, l’orateur a lancé un appel pour que le double anniversaire des deux printemps 1980 et 2001 soit placé sous “le signe de l’autonomie régionale de la Kabylie”. Le conférencier a ensuite invité l’ensemble du mouvement associatif, les différents acteurs du monde syndical, économique et politique à engager une réflexion “individuellement ou collectivement en vue de la construction d’un pôle de résistance pacifique de la Kabylie” avant d’appeler les citoyens à se “mobiliser” pour la réussite de la marche de commémoration de ce double anniversaire programmée ce jeudi à partir de 11h à Tizi- Ouzou. Les débats ont tourné ensuite autour notamment de son projet d’autonomie régionale de la Kabylie, l’année d’“Alger capitale de la culture arabe” et les prochaines législatives que son mouvement, selon Ferhat M’henni, “rejette”. “Notre mouvement n’est nullement concerné par les prochaines joutes électorales”, tranche à ce sujet le porte-parole du MAK tout en fustigeant la politique de réconciliation nationale prônée par Bouteflika.

    Parlant des marches de soutien à la paix de Bouteflika organisées à travers le territoire national, tout en condamnant fermement le terrorisme et les attentats sanglants perpétrés par les hordes islamistes dans la capitale, le conférencier a estimé qu’elles (les marches) “servent tout au contraire d’encouragement au terrorisme car on ne peut en même temps se dire pour une lutte antiterroriste et prôner une réconciliation avec les mêmes auteurs et les commanditaires de cette violence”, conclut le conférencier. Par ailleurs, Ferhat M’henni a également animé dans la soirée de mardi une rencontre-débat au niveau du campus universitaire d’Aboudaou devant plusieurs centaines d’étudiants sous le même thème dans le cadre de la célébration du double anniversaire de Tafsut Imazighen et le Printemps noir 2001.

    Imposante marche des lycéens contre l'oubli et pour tamazight à Sidi-Aïch

    Plusieurs centaines de lycéens de Sidi-Aïch ont marché dans la matinée d’hier à l’appel de la coordination des lycées de la daïra dans le cadre de la commémoration du double anniversaire du Printemps amazigh 80 et des événements tragiques d’avril 2001 sous le mot d’ordre “Non à l’oubli et pour l’officialisation de tamazight”. Prenant le départ du lycée de jeunes filles, les manifestants ont fait un peu plus d’un kilomètre en empruntant la route de la gare, le nouveau pont, la principale rue longeant le commissariat avant de rejoindre le point de l’entame de la marche en reprenant à tue-tête des slogans hostiles à la réconciliation nationale de Bouteflika, contre le terrorisme et en faveur de la satisfaction de la revendication de l’officialisation de la langue amazighe. Dans une ambiance colorée, les lycéens n’ont pas cessé de fustiger le pouvoir en place en scandant : “Pouvoir assassin !”, “Bouteflika, Ouyahia, Houkouma irhabia !”, “Ulac smah ulac” et “Djazaïr houra démocratia !” Devant le commissariat de la ville de Sidi-Aïch, les marcheurs ont observé une halte en reprenant les mêmes slogans de dénonciation du pouvoir et pour la démocratie. Les manifestants ont repris ensuite leur marche avant de se disperser dans le calme.


  2. #2
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    266,388

  3. #3
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    266,388
    Jeudi 19 Avril 2007 -- «Le vingt-septième anniversaire du Printemps berbère nous surprend dans un contexte particulier, au milieu d’une société déroutée, vouée plus que jamais aux interrogations essentielles et au doute.

    Dans ces circonstances de questionnement et de remise en cause, la célébration du premier mouvement de masse pour la réhabilitation de l’identité berbère dans ses dimensions linguistique, culturelle et historique demeure un repère», lit-on dans une déclaration rendue publique par la communauté estudiantine de l’université M’hamed- Bouguerra de Boumerdès qui a organisé une marche pour enclencher les festivités marquant l’anniversaire de l’insurrection pacifique et citoyenne de 1980 contre le reniement de la dimension identitaire amazighe du peuple algérien. Dans cette même déclaration, les manifestants relèvent que les étapes chaotiques que traverse notre pays sont dues au refus de la revendication de la liberté d’expression, des droits de l’homme et de la représentativité démocratique. Ils réitèrent leur attachement au combat pacifique et moderniste pour une alternative démocratique seule, selon eux, en mesure de répondre aux aspirations des Algériens et des Algériennes.

    Comme le 20 avril coïncide avec le second jour du week-end qui voit l’université et la ville de Boumerdès généralement désertées, les marcheurs ont donc opté pour ce mercredi pour battre le pavé de la ville de l’ex-Rocher noir et rappeler l’exigence de la constitutionnalisation et l’officialisation de tamazight. Le long du parcours de cette marche, les manifestants ont scandé des slogans hostiles au pouvoir, notamment les fameux «Pouvoir assassin» et «ulach smah ulach». Des drapeaux et des banderoles ont été portés par les étudiants et les étudiantes. A noter que les militants structurés dans des partis politiques qui font de la question de tamazight une exigence politique essentielle ont déserté cette année le terrain dans la wilaya de Boumerdès. Les uns sont usés par l’instabilité au sein de leur formation politique et attendent peut-être des jours meilleurs, quant aux autres, par contre, ils sont attirés par la sécurité et les privilèges de la rente disponibles à la périphérie du pouvoir en place. Reste à la jeunesse de poursuivre sa «marche». C’est l’éternel recommencement si bien décrit par l’une des chansons de Brel au sujet des reniements induits par la course à des acquis sociaux.


  4. #4
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    266,388
    Jeudi 19 Avril 2007 -- Anticipant sur l’évènement, l’association culturelle Mohand Ath El Hadj (Tirsatine Azazga), connue pour son activisme et son attachement à la culture berbère, a organisé, jeudi dernier, un gala à l’occasion de la célébration du 20 Avril.

    La manifestation artistique a réuni une pléiade de chanteurs toutes générations et styles confondus où la chanson sentimentale, la chanson engagée et le genre festif ont fait bon ménage en dépit des mauvaises conditions acoustiques de la salle mais au grand bonheur du public qui en a eu pour tous les goûts. L’assistance, malheureusement peu nombreuse, considérant le riche plateau, a apprécié la prestation des artistes venus communier avec leurs fidèles dans une ambiance qui alla crescendo avant d’atteindre son paroxysme. Makhlouf, avec sa chanson culte, Amek arakmetsough, Oulahlou dont les tubes ont été repris en chœur par le public, Hakim Tidaf, Rachid Tougana, Youcef Amazouz, Dahmani Belaïd, le GAB et tous les autres ont enflammé la salle. La révélation du gala, animé par Djamila, sera, cependant, la jeune chanteuse Fatiha de l’association Yessis Idhurar qui a fait son baptême du feu. Elle a subjugué la salle en surmontant son trac et reçu les éloges méritoires de l’auteur compositeur Moh Tahir, musicien attitré de Yasmina, dont elle a repris l’un des tubes sans aucune répétition.


  5. #5
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    266,388

  6. #6
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    266,388
    Samedi 21 Avril 2007 -- Comme il fallait s’y attendre, le peu d’union qui restait au sein des arouch qui avaient réussi à maintenir un semblant de cohésion des rangs, a éclaté en petits morceaux ces dernières semaines à la faveur des élections législatives prévues pour le 17 mai prochain et pour lesquelles les différentes coordinations de wilaya se sont retrouvées avec plus d’un avis sur la participation ou non du mouvement citoyen à ces joutes électorales.

    Ainsi, à Bouira, des marches et autres activités maintenues jusqu’à l’année dernière et fêtées dignement, il n’est resté pratiquement rien. Le mouvement citoyen au niveau de la wilaya s’est réduit à marcher avec quelques dizaines de personnes avec pour la majorité, des citoyens venus d’El-Esnam où le comité citoyen continue à fonctionner dans la philosophie du ni, ni, en rejetant tout. A côté de cette action qui s’est voulue rassembleuse mais qui s’est avérée finalement presque un ratage, n’était l’événement et la symbolique du jour, d’autres festivités ont eu lieu notamment à travers les lycées et CEM de la wilaya dans sa partie berbérophone et le chef-lieu. Des festivités organisées à l’intérieur des établissements pour perpétuer cette journée qui rappelle les terribles évènements du 20 Avril 1980 qui allaient donner naissance, 8 ans plus tard, à l’ouverture démocratique et tamazight d’arracher plusieurs acquis notamment son introduction dans la télévision après l’historique marche du 25 janvier 1990, puis son introduction dans l’enseignement après la grève du cartable et le boycott scolaire de 1993/1994, et enfin, sa constitutionnalisation après les évènements du Printemps noir 2001. Aujourd’hui, au niveau des établissements, les enseignants de tamazight tant au niveau des collèges et primaires que dans les lycées, essayent d’inculquer la culture démocratique et pacifique qui était l’essence du MCB depuis sa création.

    Par ailleurs, au niveau du centre universitaire de Bouira, une semaine culturelle a été organisée par l’association culturelle estudiantine “Assirem N’Djerdjer”, avec outre la conférence animée par l’un des principaux animateurs d’avril 1980, en l’occurrence Ali Brahimi, une exposition-vente de livres, d’habits traditionnels et de poteries, des coupures de presse relatant l’événement , une radio locale, une pièce théâtrale ainsi qu’un gala ont été au menu de cette semaine. Au niveau des communes, la section locale du MCB de M’chedallah, a organisé ce vendredi une conférence-débat avec Ali Brahimi, ainsi qu’un gala organisé la veille. Les deux activités ont été organisées au niveau du théâtre communal mais dont l’intérieur ne dispose d’aucun siège. Autant dire que les spectateurs tant pendant le gala que lors de la conférence étaient tous debout, en attendant que la direction de la culture dégage une enveloppe financière pour la pose des sièges. A Bouira, l’association Tagherma présidée par Djaâfer Abdedou et qui avait pourtant tracé un riche programme au niveau du chef-lieu en collaboration avec la direction de la culture, n’a finalement organisé que le gala au niveau de la salle Errich, le jeudi soir. Dans les autres communes et même au chef-lieu, les esprits étaient plutôt rivés au stade de Bologhine où la JSK s’apprêtait à donner la réplique dans l’après-midi à l’équipe camerounaise de Garoua dans le cadre du match retour des 1/8es de finale de la Champions League africaine, dernier tour avant les poules.


  7. #7
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    266,388
    Samedi 21 Avril 2007 -- Dans le cadre de la semaine culturelle organisée au niveau du centre universitaire de Bouira par l’association culturelle Assirem n’Djerdjer, M. Ali Brahimi, militant de la première heure de la cause amazighe et l’un des 24 détenus du Printemps berbère 1980, a animé mardi dernier une conférence- débat autour de la revendication amazighe.

    Usant de la langue arabe pour faire parvenir son message à l’auditoire composé d’étudiants ayant pour la plupart très peu de maîtrise de la langue française et sachant que parmi les étudiants, il y avait des arabophones, l’animateur a essayé tout au long de son exposé d’expliquer comment, contrairement à l’idée qu’a toujours propagée le pouvoir en place, la question amazighe a toujours été un facteur d’union et de cristallisation de la nation algérienne une et indivisible. Ainsi, remontant le plus loin dans l’histoire du mouvement nationaliste algérien, M. Ali Brahimi a rappelé la composante des fondateurs de l’Etoile nordafricaine en 1926, faite en majorité de Kabyles et d’un certain Messali Hadj. La présence des Kabyles dans la première organisation nord-africaine s’expliquait par le fait qu’à l’époque, les Kabyles, qui vivaient sur des terres montagneuses incultes car chassés des plaines par les colons, n’avaient trouvé d’autres issues que d’émigrer en France. Là, une fois conscients de leur situation et de celle de leur pays, ils ont commencé à s’organiser pour revendiquer l’indépendance de toute l’Afrique du Nord.

    Cependant, à cette époque déjà, Messali Hadj définissait son action dans un cadre arabo-musulman alors que les autres fondateurs la définissaient dans un cadre laïc tel que s’organisait la société au niveau des villages. Plus tard, Messali Hadj créa le PPA en prenant le soin d’évincer les premiers fondateurs de l’ENA. Cependant, là aussi, il sera confronté aux autres nationalistes kabyles qui définissaient l’Algérie dans un cadre global en refusant de décrire un Etat comme étant une entité basée sur la langue et la religion, mais sur des frontières données telles que définies par les Nations unies. Plus tard, cette notion sera reprise dans le congrès de la Soummam et les cadres intellectuels de l’ALN de l’époque, à leur tête Abane Ramdane, savaient que beaucoup d’Européens d’Algérie étaient aux côtés de la cause algérienne.

    Après l’indépendance et la lutte des clans, la génération post-indépendante allait reprendre le flambeau des aînés en définissant la revendication amazighe dans un cadre démocratique et de pluralisme politique mais celle-ci qui avait coûté des pires exactions aux militants de la cause amazighe, notamment en 1980, s’articulait entre autres sur la revendication multilinguistique avec même l’arabe algérien comme composante de la personnalité et l’identité culturelle algériennes aux côtés des autres composantes de tamzight. Toutes ces revendications et malgré un pouvoir des plus négateurs vont finir par ébranler le système et arracher le multipartisme tant revendiqué par le peuple. C’est dire combien la génération post-indépendante qui avait lutté dans un cadre culturel, le MCB — dont faisait partie le conférencier — avait contribué à l’avènement du multipartisme !

    Toutefois, une fois le multipartisme installé et la question amazighe n’étant plus un tabou, les militants démocrates commençaient déjà à se poser la question autour de l’opportunité de cohabitation de plusieurs langues dans un Etat centralisé et jacobin comme le nôtre. C’est là qu’avait germé l’idée de revendiquer en plus de la langue amazighe comme nationale et officielle, l’Etat régionalisé. En d’autres termes, pour l’émancipation de la langue amazighe, il doit y avoir un Etat décentralisé où les régions pourront jouir de plus de prérogatives et de plus de pouvoir de gestion avec un Parlement régional. Tout cela dans un cadre organisé où les ministères de souveraineté comme la Défense et les Affaires étrangères ainsi que la monnaie seraient du ressort de la capitale, Alger.

    Cependant, poursuit le conférencier, toutes ces revendications ont été l’apanage de la question amazighe qui s’est transformée depuis la revendication essentielle, celle de l’indépendance du pays et sa construction, à la nécessité de l’heure, celle de l’œuvre citoyenne. Une nécessité de l’heure sans laquelle rien ne pourra se faire, à savoir la participation citoyenne dans l’édification du pays et des régions...

    Lors des débats, le conférencier est revenu sur les évènements du Printemps berbère survenus suite à l’annulation de la conférence de Mouloud- Mammeri sur les poèmes kabyles anciens, qui avait déclenché la protestation chez les étudiants. Puis vinrent les fameuses arrestations de ce qui sera appelé désormais les 24 détenus, qui furent libérés grâce à la mobilisation nationale tant en Kabylie que dans toutes les universités du pays, ainsi que la pression internationale...

    Notons à la fin que, outre cette conférence, l’association estudiantine organise une exposition- vente d’objets traditionnels et de poterie, et des robes kabyles, ainsi que des livres se rapportant à la culture amazighe. Durant cette semaine, une radio locale, une pièce théâtrale et un gala sont au menu.


+ Reply to Thread
Page 1 of 7 1 2 3 ... LastLast

Posting Permissions

  • You may not post new threads
  • You may not post replies
  • You may not post attachments
  • You may not edit your posts