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  1. #1
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    Séisme du 21 mai 2003 : La longue nuit du mercredi noir

    Lundi 21 mai 2007 -- Il y a quatre ans, jour pour jour, le centre du pays, plus particulièrement la wilaya de Boumerdès, a été ébranlé par un fort séisme dont l’amplitude avait soulevé à l’époque une vive polémique. La secousse tellurique située au nord de la ville de Zemmouri à 7 kilomètres en mer a touché également les wilayas limitrophes, Tizi-Ouzou, Bouira, mais plus gravement celle d’Alger.

    Il était 19h44 ce 21 mai 2003, la journée allait se terminer paisiblement, notamment pour les fans du sport roi qui allaient suivre, sous une chaleur moite, la finale de la Coupe d’Europe sur leur petit écran. Puis brusquement et pendant des secondes interminables la terre se mit à onduler comme la houle, à s’écarteler et à lâcher des grondement terribles, les bâtiments vacillaient, l’eau des puits remontaient subitement en surface et la mer avait reculé de plusieurs dizaines de mètres. S’ensuivaient les destructions qui ont vu des bâtiments tomber comme des châteaux de cartes.

    Des bâtiments de plusieurs étages ont été réduits en “millefeuilles” mettant à nu le système de malversations et de trafic dans le secteur de la construction dans notre pays. Des nuages de poussière ajoutaient leur pénombre à la nuit qui commençait à tomber. 19h45, un long silence recouvre la région. La Faucheuse passait pour prendre sa dîme. Brusquement, des cris de douleur et de terreur s’élevèrent. Des scènes apocalyptiques sont jetées à la face des survivants. 80 personnes qui dansaient à Dellys pour partager le bonheur d’un couple ont été couverts, pour l’éternité, par le manteau noir de la Faucheuse.

    Lekhal Louisa et son frère Zaky étaient beaux comme des anges et leur innocence n’avait d’égale que leur jeune âge. Le 21 mai 2003 ils s’amusaient comme le font les enfants, dans le logement parental des 1 200-Logements de la ville de l’ex-Rocher noir. Ils ont laissé une douleur incommensurable à leur maman. La terrible longue nuit du “mercredi” noir s’est abattue sur les villes de Boumerdès, Dellys, Sidi- Daoud, Zemmouri, Thénia, Boumerdès, Corso, Boudouaou qui sont les plus touchées.

    Après quelques instants d’hébétement, les jeunes par centaines accoururent pour sauver des vies humaines révélant ainsi la bravoure de ces jeunes Algériens. Les services de sécurité dans toute leur composante, sans moyens, se sont également déployés dès les premiers instants de la catastrophe. Cet héroïsme a été suivi quelques heures après par un élan de solidarité instantané du peuple algérien qui a manifesté sa présence auprès des populations des localités martyrisées par la catastrophe. Les entreprises étatiques ou privées et les services publics qu’on s’échine à casser ou à brader se sont rapidement mobilisés pour rétablir les réseaux vitaux. Le corps médical et paramédical avait réalisé des miracles pour soigner les blessés et éviter des épidémies dans les camps de toile érigées pour héberger des milliers de familles sinistrées.

    Les nations étrangères et les ONG ont exprimé concrètement leur solidarité par la présence de leurs sauveteurs ou par des contributions en dons de secours et financiers. Pour ce quatrième anniversaire de ce drame, à l’heure où nous mettons sous presse aucun programme de commémoration n’est prévu. Effectivement, l’attention a été accaparée, ces dernières semaines par ce qui était attendu comme un grand événement, à savoir les élections législatives, mais ce fut un ratage du point de vue mobilisation populaire. Les uns continuent à compter le peu de voix exprimées les autres à se consoler de la déroute. Seules les familles de victimes se souviendront des êtres chers perdus.

    BILAN DE LA CATASTROPHE:

    Des chiffres effarants et le système de corruption dans le secteur du bâtiment mis à nu

    La catastrophe du 21 mai a mis à nu de façon dramatique le système, malheureusement toujours en cours, de passations de marchés publics, particulièrement, dans le secteur juteux de la construction et de l’habitat. En effet, la majorité des victimes a été ensevelie sous les décombres des cités nouvellement érigées. Le bâtiment qui s’est effondré dans la nouvelle ville de Dellys, emportant plus de 80 victimes, n’est pas un cas isolé. En effet, un jeune couple venait juste de bénéficier d’un logement construit par un entrepreneur privé. A ce qui devait être le premier heureux s’ajoutait la célébration d’un mariage. Des centaines de convives étaient présents quelques instants, avant le tremblement de terre, dans les appartements de ce bâtiment. Le bilan on le connaît. La liste macabre ne s’arrête malheureusement aux seules 80 victimes citées plus haut.

    Selon le bilan officiel, le tremblement de terre du 21 mai 2003 s’est soldé par le décès de 1 391 personnes et plus de 10 000 autres ont été blessées. Une partie des blessés traîne des handicaps lourds. A ce lourd bilan humain s’ajoutent les dégâts matériels évalués à l’époque à 5 milliards de dollars par le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika. Effectivement, d’après le dénombrement fait par l’administration de la wilaya de Boumerdès, 10 513 logements individuels ou collectifs ont été soit détruits par la secousse soit démolis parce que représentant un danger. 82 939 autres habitations ont été également endommagées à des divers degrés (vert 2, orange 3 et orange 4). 11 écoles, 4 CEM, 1 lycée, 2 CFPA, 2 mosquées,1 polyclinique, une prison pour mineurs, 1 siège d’APC, 3 brigades de gendarmerie,… entre autres ont été complètement détruits.

    Par ailleurs, des centaines pour ne pas dire des milliers de structures des secteurs de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la santé dont les trois hôpitaux de la wilaya, de la formation, de la culture, des affaires religieuses, des réseaux routiers, de l’AEP, de l’alimentation en énergie électrique et celui du téléphone ont été gravement endommagés.

    Les camps de toile

    Après avoir été tant décriés pour le retard mis pour la prise en charge des rescapés et des décisions à la mesure de la calamité, les services de l’Etat se sont par la suite fortement déployés pour sécuriser et héberger les dizaines de milliers de familles sinistrées. Le gouvernement avait engagé une véritable course contre la montre et fait appel à de nombreux pays pour trouver des tentes en vue d’abriter les familles. De plus, il avait pour obligation d’établir un réseau sanitaire pour prendre en charge les blessés et suivre quotidiennement en plus de la population traumatisée environ 120 000 personnes en situation de précarité qui plus est était sous la menace d’épidémies pouvant découler d’un été caniculaire. 94 sites pour 18 296 tentes ont laborieusement été installées entre le début de la prise en charge et juillet 2003. Ces camps de toile étaient occupés par environ 120 000 personnes sinistrées qui avaient passé de longs mois avant de regagner les chalets qu’ils occupent d’ailleurs pour la majorité faute de relogement définitif.

    Reconstruction et relogement

    Le gouvernement, de M. Ouyahia, qui était, rappelons-le, soumis à l’impératif de faire réélire en 2004 et sans contestation le candidat du pouvoir, avait dégagé un budget colossal (144 milliards de dinars) pour faire face aux dépenses qui seront induites par la prise en charge des séquelles de la catastrophe. Par le biais du fameux décret exécutif numéro 03/227, une manne a été ouverte pour distribuer des indemnités aux propriétaires des logements détruits ou endommagés. Cette opération qui n’a pas été menée, au départ dans la transparence requise, avait donné lieu à de pressions populaires pour l’obtention de la part du gâteau. Des abus ont, en outre, été relevés.

    Selon l’administration qui mène, nous dit-on, une opération d’assainissement de ce dossier, 3 601 décisions d’aide ont été annulées tandis que 680 bénéficiaires, toujours selon les chiffres de la wilaya, ont d’ores et déjà remboursé l’argent qui leur a été injustement attribué. Mais combien d’attributaires ont échappé à ce contrôle ? L’urgence de la reconstruction avait été également une opportunité pour certains entrepreneurs véreux qui n’ont pas hésité à surfacturer des services et des réparations effectués après le séisme. S’agissant du relogement définitif des 8 140 familles qui ont opté pour la prise en charge par l’Etat un programme de réalisation de 8 452 logements a été lancé fin 2003.

    Le pari de M. Mohamed Nadir Hamimid, le ministre de la Construction et de l’Habitat de reloger définitivement ces familles avant la fin 2005 n’a pas été tenu. A ce jour, seules, d’après les statistiques fournies par le cabinet du wali, 4 287 ont repris les logements en dur qui leur ont été affectés. En dépit des appels pressants des autorités, des facilités accordées et de la contribution de l’entreprises chinoise, ce programme n’a pas été réalisé dans sa totalité. Cela dénote malheureusement que notre pays souffre du manque d’un potentiel industriel pouvant construire de logement en grandes quantités dans un laps de temps déterminé.


  2. #2
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    Lundi 21 mai 2007 -- Dans ce bilan, dont nous détenons une copie, arrêté au mois de mai en cours, la wilaya de Boumerdès informe que 86 % des familles dont les logements avaient été totalement effondrés ou classés rouge 5 par le CTC sont «prises en charge».

    Ainsi, sur les 9 467 logements concernés, 8 140 familles sont prises en charge. Dans le détail, 4 287 de ces familles sont définitivement relogées alors que 3 787 autres ont bénéficié d’aide à la construction individuelle ou collective et 66 autres d’aide à l’acquisition d’un logement.

    S’agissant de la différence, soit 1 327 cas, le document précise qu’elle «est constituée, pour l’essentiel, de familles qui préfèrent attendre les logements en cours de réalisation dans leurs communes». «Si ces familles avaient accepté le relogement hors commune, on aurait pratiquement achevé l’opération de prise en charge des rouges 5 qui remplissent les conditions réglementaires», indique le même document qui précise, toutefois, que les autres situations telles que les fiches composées et les cas particuliers, «leur examen se poursuivra au cas par cas».

    Pour rappel, l’Etat, par la voix du chef de gouvernement de l’époque, Ahmed Ouyahia, s’est engagé lors d’un Conseil des ministres tenu en juin 2003 de reloger la totalité des sinistrés dans un délai de deux ans, soit en juin 2005.

    Quatre années après le séisme et deux ans après l’expiration du délai que les autorités se sont fixé pour le relogement des familles ayant perdu leurs logements, 14 % de ces dernières, casées, entre temps, dans des chalets, n’ont toujours pas bénéficié d’un toit «en dur».

    S’agissant des 82 581 logements endommagés à des degrés divers allant du vert 2 jusqu’à l’orange 4, selon la classification du CTC, le bilan indique que leur confortement et leur réhabilitation sont achevés à 100 %. La prise en charge des édifices publics endommagés est, quant à elle, de l’ordre de 93 %, soit 825 édifices publics pris en charge sur les 890 endommagés et classés par les spécialistes dans les catégories allant du vert 2 au rouge.

    La prise en charge du reste des bâtiments publics «est en cours», lit-on dans le même document. Par ailleurs, la wilaya de Boumerdès informe que «15 467 chalets ont été installés», précisant que les chalets libérés par les sinistrés relogés, dont le nombre n’a pas été révélé dans le document, sont affectés à titre social par les commissions de daïra.

    Ladite wilaya souligne que la gestion des chalets relève de l’OPGI et que la «mise en œuvre est en cours». Le même bilan revient en outre sur l’assainissement des aides. On saura, à ce propos, que 3 601 aides sont annulées alors que 1 558 poursuites sont engagées pour le remboursement d’aides.

    44,28 % de ce nombre, soit 690 cas, ont abouti et sont ainsi remboursés. Cette opération se poursuit, indique le document diffusé par la wilaya de Boumerdès. Abordant l’effort financier global fourni par l’Etat pour faire face à ces réalisations, le document indique que celui-ci est de l’ordre de 77 091 535 000 DA (plus de 7 700 milliards de centimes).

    Une somme répartie entre les programmes sectoriels de développement, les plans communaux de développement, le fonds de solidarité national, le fonds des calamités, le fonds du logement, financé par la CNL, ainsi que le coût de réalisation des 8 000 logements et de leurs amenées externes.

    Avant de révéler les lois et les règlements auxquels elle s’est référée pour l’élaboration de ce bilan, la wilaya de Boumerdès revient sur les leçons tirées du fameux séisme qui avait ébranlé un certain 21 mai 2003 à 19 h 44 tout le centre du Nord algérien.

    De nouvelles normes de construction répondant au règlement parasismique algérien (RPA) modifiant celui de 1999, jugé insuffisant, ont ainsi vu le jour avec une reclassification des zones ainsi qu’une précision sur les nouvelles normes techniques à appliquer.


  3. #3
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    May 23, 2007 -- The judge of a court in Boumerdes (northern coast of Algeria) has not yet set a trial date for the people involved in damages caused by an earthquake which occurred on May 21st 2003, in northern Algeria.

    According to judicial sources, 40 people involved in this issue are expected to appear before justice.

    28 of them were released on bail. They are accused of accidental murder, using fake construction products, negligence, not implementing administrative instructions and not respecting urbanisation criteria.

    17 contractors, 69 CEOs of real estate mutual companies and 106 executives including architects, technicians and managers of real estate companies are involved in this issue, said the same source.

    The judge heard more than 513 people of whom 44 will be witnesses during the trial.

    It’s worth recalling that an earthquake measuring 6.8 struck Algeria’s northern coast 70 kilometers (45 miles) east of Algiers on May 21st 2003. 1,459 people were killed and 15,000 houses were destroyed.


  4. #4
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    Mardi 29 mai 2007 -- Pour la première fois dans les annales judiciaires de la République algérienne, une affaire liée aux responsabilités civile et pénale découlant des conséquences d’une catastrophe naturelle sera jugée par un tribunal algérien.

    38 inculpés dont des cadres dirigeants de bureaux d’études, de sociétés de construction et de promotions immobilières, des promoteurs immobiliers, des entrepreneurs publics ou privés, des ingénieurs de construction, de génie civil ou de contrôle de conformité, des techniciens et des chefs de chantier ainsi que des revendeurs de matériaux de construction sont appelés à comparaître le 26 juin devant le juge du tribunal correctionnel de la ville de Boumerdès.

    Selon des sources judiciaires, les 38 inculpés répondront d’homicides involontaires, de falsification, de négligence et d’autres griefs découlant de leurs responsabilités directes ou indirectes relatives aux destructions qui sont survenues après la secousse tellurique du 21 mai 2003 et qui aurait causé le décès de 1 391 personnes, plus 10 000 autres victimes ont subi des blessures.

    Les dégâts matériels ont été évalués, par le président de la République à environ 5 milliards de dollars. Bien entendu, ce sinistre bilan n’est pas imputable uniquement à des malfaçons dans la construction. Selon nos informations, les mis en cause, les témoins et les sinistrés qui se sont portés partie civile ont reçu leurs convocations pour se présenter donc le 26 juin 2007 devant le juge du tribunal.


  5. #5
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    Jeudi 21 juin 2007 -- Le procès se rapportant à la catastrophe du 21 mai 2003 qui s’ouvrira le 26 juin au tribunal de Boumerdès met en émoi les accusés et met aussi en alerte l’opinion publique de la wilaya. L’équipe des fonctionnaires des instances judiciaires de la wilaya de Boumerdès sous l’égide de la secrétaire générale, chargée de la gestion logistique auprès de la cour de Boumerdès, s’affaire en effet à installer toutes les commodités dans la salle des actes de l’ex-INH où se déroulera ce procès.

    Plus de quatre ans après l’ouverture de l’enquête judiciaire, 38 inculpés répondront devant le juge des accusations graves dont certaines sont infamantes : homicide involontaire, blessures involontaires, malfaçon dans la construction, falsification, négligence… Accusés et victimes s’interrogent : tous les accusés, les témoins et les victimes qui se sont portées partie civile répondront-ils présents le 26 juin ? La défense jouera- t-elle sur le report ?

    Ceci, pour l’ouverture de ce procès. Dans ce dossier, certains accusés, s’ils sont condamnés, auront beaucoup à perdre. Leur standing au sein des groupes sociaux sera durablement altéré et craindront pour leur notoriété se rapportant à leurs activités économiques qui sera, sans doute, bien entamée.

    Néanmoins, parmi cette foule d’inculpés, les uns ne se départissent pas d’une sérénité à toute épreuve. “Ce n’est qu’un écueil dans la vie qui passera”, disent-ils sans toutefois se considérer comme des intouchables. D’autres, par contre, ont peur d’un verdict sévère qui ruinerait leur carrière professionnelle et leur vie sociale.

    Ces derniers appréhendent en effet la tournure que pourrait prendre ce procès comme l’a laissé entendre un ingénieur mis en cause : “Serions-nous uniquement des victimes expiatoires pour atténuer la colère des victimes, ou bien serions-nous jugés en toute équité ?” s’inquiète ce cadre d’une entreprise de construction avant de s’interroger : “Dès lors qu’une plainte similaire qui a été déposée par le même ministère auprès de la même justice laquelle devait appliquer les mêmes lois du pays, pourquoi n’a-t-elle pas abouti au niveau de la cour d’Alger ?”

    Il est vrai que certaines découvertes sur les batisses en ruine et le nombre élevé de victimes recensées le lendemain de la catastrophe du 21 mai 2003 ont soulevé l’indignation unanime de la population qui avait exigé des sanctions exemplaires. Cet appel sera très rapidement suivi du dépôt de deux plaintes, par le ministère de l’Habitat et de la Construction, au niveau des parquets d’Alger et de Boumerdès.

    Dans cette affaire qui est, rappelons-le, une première dans les annales judiciaires algériennes, le tribunal de Boumerdès aura, en effet, la lourde tâche de juger la responsabilité, directe ou indirecte, sur des pertes humaines et des dégâts matériels provoqués par un phénomène naturel qui échappe totalement à la maîtrise humaine.

    Cependant, cette juridiction aura à déterminer si l’implication directe ou indirecte de l’humain est avérée dans les causes directes ou indirectes de ces pertes des vies et des dégâts recensés. Cette responsabilité juridique du justiciable sur les faits dramatiques est, selon quelques hommes de loi que nous avions consultés à ce propos, préalablement déterminée par l’évaluation des risques encourus dans le domaine jugé, les fautes commises et les dommages induits par cette faute. “Chaque affaire est spécifique du point de vue de la loi”, nous ont affirmé deux avocats activant dans la wilaya de Boumerdès.

    Cette responsabilité est directe donc susceptible de poursuites et de sanctions pénales si le contrevenant a commis lui-même le délit objet de poursuites judiciaires. Elle est seulement d’ordre civil, ne pouvant donc, selon nos vis-à-vis, faire l’objet de condamnation infamante, lorsque le fautif n’a pas commis directement la faute.

    En la matière, le commun des sinistrés ne pourrait que se poser la question : parmi les prévenus, tous les mis en cause, notamment ceux ayant une responsabilité civile, seront-ils appelés à la barre le 26 juin ? Précisément cette question a longtemps taraudé les esprits de plusieurs avocats de la région qui, selon deux d’entre eux, n’ont pas jugé utile de prendre en charge des dossiers de clients impliqués dans cette affaire.


  6. #6
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    Mardi 26 Juin 2007 -- C’est aujourd’hui que s’ouvre le procès du séisme qui a frappé le 21 mai 2003 la wilaya de Boumerdès. C’est la salle des actes de l’INH de l’université de Boumerdès qui va abriter ce procès au lieu de la salle du tribunal, jugée exiguë pour contenir l’assistance attendue à ces assises.

    Les responsables de la cour de Boumerdès ont déployé beaucoup d’efforts pour préparer ce procès qui va se dérouler durant plusieurs jours. Une attention particulière a été accordée aux équipements sonores et au matériel acoustique pour permettre aux personnes concernées par ce procès de bien suivre le déroulement des débats.

    Ainsi, rien n’a été laissé au hasard par les responsables de la cour qui se sont mobilisés nuit et jour pour être au rendez-vous le jour J.

    Ainsi, plus de 38 personnes, dont certaines sont toujours sous contrôle judiciaire, seront appelées à répondre aux chefs d’accusation tels que homicide involontaire, blessures involontaires, négligence, fraude dans la qualité des matériaux, non-application des lois sur la construction entre autres.

    Autant de failles qui n’ont pas permis aux bâtisses et certains immeubles de résister aux premières secousses, contrairement aux anciennes constructions datant de l’époque coloniale qui n’ont subi que de légers dégâts. Parmi les accusés, on retrouve des responsables d’entreprises de construction et de promotion publiques et privées, des architectes, des responsables de bureaux d’études, des ingénieurs, des techniciens du CTC et des chefs de chantier.

    Des centaines de victimes et leurs ayants droit seront appelés par la justice, certaines d’entre elles se sont déjà portées partie civile. Des responsables de coopératives immobilières seront également entendus lors de ce procès. Selon des magistrats, d’autres personnes peuvent toujours se porter partie civile même lors du déroulement du procès.

    Le séisme de Boumerdès a fait plus de 1 391 morts, uniquement au niveau de la wilaya de Boumerdès, plus de 95 243 logements et 890 édifices publics ont été touchés, les dégâts ont été estimés à 5 milliards de dollars.

    Pour rappel, c’est sur instruction du président de la République qu’une plainte a été déposée le 2 août 2003 auprès de la cour de Boumerdès et celle d’Alger par le ministre de l’Habitat, Mohamed Nadir Hamimid. Quelques jours après, des commissions rogatoires ont été délivrées à la Gendarmerie nationale pour auditionner les personnes concernées par le secteur de la construction établies à Boumerdès et Alger.

    Des centaines de kilos de documents ainsi qu’un rapport de plus de 2 000 pages ont été remis par les gendarmes à la justice. Une bataille de procédure a suivi après, puisque le juge d’instruction décida d’un non-lieu sur cette affaire, une décision qui fera l’objet d’un appel de la chambre d’accusation qui arriva finalement à annuler le non-lieu.


  7. #7
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    Mercredi 27 juin 2007 -- Sitôt ouvert, le procès de l’affaire du séisme de Boumerdès a été renvoyé au 10 juillet à la demande des avocats de la défense qui insistaient sur la présence de certains témoins dont l’ancien et l’actuel ministre de l’Habitat. La matinée d’hier a été consacrée à l’appel des accusés, tous présents, puis des victimes et des témoins dont la majorité étaient absents alors que d’autres sont décédés.

    Par la suite, le président du tribunal a appelé les membres de la commission d’enquête constituée par le ministère de l’Habitat le 26 mai 2003 ainsi que ceux de la commission technique constituée le 24 juin 2003. D’autres experts ont été convoqués pour fournir vraisemblablement des explications contradictoires.

    Les avocats du P-DG de l’EPLF de Boumerdès, M. Mohamed Selkim, ont exigé la présence de l’ex-ministre de l’Habitat, M. Hamimid. Me Benbraham a déclaré à l’adresse du président du tribunal que «si ce procès doit s’ouvrir, alors il faut que la justice respecte aussi bien la partie juridique que celle technique du procès».

    Expliquant à l’assistance que, sur le plan juridique, la présence de l’ancien ministre et de l’actuel, M. Nouredine Moussa, est capitale puisqu’ils sont tous les deux concernés par ce procès et doivent être interrogés et entendus.

    S’agissant de la partie technique, Me Benbraham souhaite que le président accepte la diffusion dans la salle d’une simulation du séisme de Boumerdès réalisée par l’expert algérien en sismologie et la dynamique des mouvements, M. Abdelkrim Chelghoum.

    De son côté, Me Benamrane a demandé au tribunal la convocation des responsables du Centre technique de construction (CTC), afin de répondre de certains faits relevés dans la réalisation des bâtiments effondrés. Me Bensayah trouva pour sa part très intéressant la présence du juge qui avait instruit le dossier.

    Il motiva sa surprenante demande par le fait que le juge avait, à deux reprises, délivré deux ordonnances de non-lieu appuyées, l’une de 96 pages et l’autre de 65. Un fait jamais vu auparavant, affirma l’avocat. Le président du tribunal, qui déclara avoir pris note, a été surpris par la position des avocats exigeant le report du procès ou la présence de certains témoins clés.


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