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    Des ONG françaises s’élèvent contre l’hommage aux criminels de l’OAS

    Jeudi 7 juin 2007 -- Les nostalgiques de l’«Algérie française» s’apprêtent aujourd’hui à affliger aux victimes des crimes coloniaux un affront de plus. Leur hommage à Perpignan, dans le sud de la France, à des membres de l’organisation terroriste OAS est toutefois contrecarré par des ONG françaises qui se sont élevées hier contre cette «idéologie des revanchards» et décident d’organiser, ce même jour, une contre-manifestation, estimant que l’hommage «aux criminels de l’OAS est inadmissible et dangereux».

    Ce collectif d’associations, dont la Ligue française des droits de l’Homme (LDH) et le Mouvement pour l’amitié entre les peuples et contre le racisme (MRAP), a appelé donc à une contre-manifestation «pour refuser qu’une telle cérémonie puisse se dérouler dans un espace public» où une stèle à la gloire des criminels a été érigée l’année dernière.

    «Parce que ce monument peut apparaître comme une apologie de ces crimes, contraire à l’esprit de paix, de fraternité et de réconciliation nécessaires pour que vivent ensemble les personnes issues de familles qui ont subi le drame algérien», note la LDH dans la lettre de contestation qu’elle a adressée aux autorités locales et régionales.

    «Ce genre de manifestations à la gloire d’individus qui ont commis des crimes contre l’humanité en Algérie et en France est inadmissible et dangereux, non seulement pour le devoir de mémoire, mais aussi pour les valeurs de la République», a déclaré à l’Agence algérienne de presse (APS) l’historien Gilles Manceron, vice-président de la LDH.

    Il a dénoncé, par la même occasion, le maire de Perpignan qui «n’a pas pris ses distances» par rapport à ce rassemblement «que nous contestons pour son caractère colonial et arrogant».

    L’historien s’est indigné «de l’impunité» dont bénéficient les tenants de cette «idéologie d’un autre temps» mais qui reviennent régulièrement sur la scène publique pour «alimenter leur lobbying politique» à des fins électorales ou pour des privilèges personnels. Parmi ces privilèges, le mouvement associatif réitère ses dénonciations de l’article 13 de la loi du 23 février 2005 dont l’article 4, abrogé par le président sortant Jacques Chirac, faisait l’apologie du colonialisme.

    L’article 13, maintenu en revanche, a prévu l’indemnisation des criminels de l’OAS. «Avec cette amnistie, on a voulu tourner trop vite la page des crimes coloniaux, et on n’a pas laissé le temps au travail historique», a commenté M. Manceron, qui sera aujourd’hui parmi ceux qui dénonceront les criminels de l’OAS à Perpignan.

    A noter que les historiens français estiment que le nombre total des victimes de l’OAS s’élèverait, en France, à 71 morts et 394 blessés. En Algérie, 2 200 morts au moins au total. Pour la période allant jusqu’à avril 1962, on compterait 12 999 explosions au plastic, 2 546 attentats individuels et 510 attentats collectifs.

    Les ONG saisissent l’opportunité de cette manifestation pour dénoncer, à nouveau, l’article 3 de la même loi qui prévoit la création d’une «fondation pour la mémoire». Chose qui, selon le collectif associatif et les historiens, «ne fera que légitimer l’écriture d’une histoire officielle et unilatérale». Selon leur analyse, l’abrogation par le Conseil constitutionnel français de l’article 4 de cette loi n’aura conduit «à rien d’autre qu’à ménager les opinions, au nom du politiquement correct», mais laisse libre cours «à un relent revanchard d’une droite conservatrice», ne manque pas de relever le collectif associatif.

    «Comme on le voit, sous l’influence du négationnisme colonial ambiant, les criminels de l’OAS et leurs représentants ont désormais droit de cité» en France, a noté la LDH, se demandant «jusqu’à quand ?» «Le révisionnisme avéré sur la question coloniale» donne «ainsi l’occasion à un courant d’opinions qui ne s’est pas encore affranchi des vieilles querelles, des vieilles nostalgies et des vieux ressassements, de trouver auprès du citoyen français ordinaire un écho favorable à la rancœur», a précisé M. Manceron.

    La question coloniale «n’est pas totalement affranchie du débat passionnel dans lequel le politique domine», a souligné M. Aounit qui a considéré que le rassemblement de Perpignan en hommage «à des assassins est une insulte et une offense à la mémoire des victimes, notamment algériennes, et à tous ceux qui ont choisi de tourner le dos à la logique des revanchards, une logique de haine et de division du peuple français et entre les peuples» des deux rives. «C’est une honte», a martelé M. Aounit, tout en déduisant que «cela montre en tout cas que la France ne s’est pas encore libérée de son passé colonial».

    La LDH a aussi appelé «tous les démocrates soucieux de dépasser les drames d’hier et e préparer l’avenir à déposer aujourd’hui, à l’entrée du cimetière du Haut Vernet à Perpignan, une gerbe de fleurs en hommage à toutes les victimes du passé colonial de la France en Algérie de 1830 à 1962».

    Last edited by Al-khiyal; 5th June 2009 at 18:45.

  2. #2
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    Vendredi 5 Juin 2009 -- La Ligue des droits de l'Homme a dénoncé vendredi dans un communiqué un hommage prévu «aux assassins de l'OAS» (Organisation armée secrète) dans le cimetière du Haut-Vernet à Perpignan, appelant « tous les démocrates » à un contre-rassemblement.

    "Chaque année depuis 2003, une association d'anciens activistes de l'OAS nommée Adimad (Amicale pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques de l'Algérie française) invite à la veille du 7 juin à un rassemblement à l'intérieur du cimetière du Haut-Vernet à Perpignan devant une stèle érigée à la gloire des fusillés de l'OAS", écrit la LDH dans un communiqué intitulé "Non à l'hommage à Perpignan aux assassins de l'OAS".

    La date choisie correspond à l'anniversaire de l'exécution en 1962 de deux membres d'un commando de l'OAS, Albert Dovecar et Claude Piegts, qui avaient participé le 31 mai 1961 à l'assassinat du commissaire central d'Alger, Roger Gavoury, rappelle l'organisation de défense des droits de l'Homme. "La stèle honore aussi Roger Degueldre, qui a notamment organisé l'assassinat le 15 mars 1962 à Alger de six enseignants des centres sociaux éducatifs ainsi que Jean-Marie Bastien-Thiry, qui a dirigé le 22 août 1962, l'attentat du Petit-Clamart" contre le président français Charles de Gaulle, poursuit le texte.

    La LDH "appelle tous les démocrates à se rassembler à l'entrée du cimetière autour de représentants des familles touchées par les assassinats de l'OAS pour demander que, comme la stèle identique qui a été enlevée en 2008, après une décision de justice, du cimetière de Marignane (Bouches-du-Rhône), ce monument soit retiré du lieu public que constitue ce cimetière" (de Perpignan).

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