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  1. #1
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    Hommage au martyr Henri Maillot

    Samedi 9 juin 2007 -- Un hommage a été rendu ce jeudi au cimetière chrétien d’El Madania à Henri Maillot à l’initiative de l’association Yveton -Maillot. Les présents à cette cérémonie de recueillement, principalement les amis et compagnons d’armes du martyr ont tenu à rappeler qu’il a été l’un des grands moudjahidine de la Guerre de libération nationale.

    “Il a sacrifié sa carrière pour que vive l’Algérie indépendante comme il avait le cœur rempli de valeurs. Il a donné sa vie pour que les autres vivent dans la dignité,” dira ému, M. Hassani, un ancien moudjahid. “C’est avec les armes de Maillot que l’on avait fait les plus grandes embuscades. A cette époque, on avait commencé à former les katibat, comme avec Henri Maillot la révolution s’est étendue vers l’Oranie. Il a galvanisé le mouvement de libération et l’a soutenu”, renchérira un autre compagnon du martyr.

    Henri Maillot fait ainsi partie des Français qui ont combattu auprès des Algériens lors de la Guerre de libération nationale. Sur sa tombe figure l’inscription suivante : «Ici repose Henri Maillot, mort au champ d’honneur le 5 juin 1956 pour l’Algérie indépendante et fraternelle.» Ses amis et anciens compagnons en présence de la sœur de Maillot, Yvette, ont déposé des gerbes de fleurs sur la tombe du martyr.

    C’est un certain 4 avril 1956 que Henri Maillot a scellé son destin alors qu’il était aspirant dans les rangs de l’armée française. Il déserta le 504e bataillon de la garnison de Miliana à bord d’un camion chargé d’armes. Il rejoindra les moudjahidines au maquis d’Orléansville (Chlef) et de l’Ouarsenis. Il fera connaitre par la suite ses motivations par le biais de lettres qui seront adressées à des militaires, à des policiers, à la presse et à des civils. Son message était clair : répondre en premier lieu à l’appel de la patrie. Le 22 mai 1956 le tribunal permanent des forces armées françaises le condamna à mort pat contumace. Et c’est le 5 juin 1956 que Henri Maillot tombe au champ d’honneur dans un douar dans la région Orléansville.


  2. #2
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    Mardi 24 juillet 2007 -- L’association Maillot Yveton se lance un défi de porter à l’écran le parcours militant et héroïque du martyr Maillot, tombé au champ d’honneur, dans la région de Chlef, exactement au lieu-dit Beni-Boudouane, près d’El Attaf. Les auteurs de cette initiative semblent plutôt pencher pour le documentaire, comme l’a avancé le président Malek Benghadou.

    L’équipe s’est déjà rendue sur place pour les repérages, interroger les compagnons d’armes et en profiter pour se recueillir sur la tombe de ce résistant et de son ami, Maurice Laban, un autre combattant de la liberté. Tous deux ont été enterrés au cimetière d’El Karimia. En préambule, le documentaire va faire intervenir les proches de Maillot, comme par exemple sa sœur Yvette, qui va décrire son enfance, au quartier du Clos Salembier et sa passion pour le football. M. Collosi essayera de nous donner des précisions sur sa formation politique et ses activités au sein de la CGT et de l’UJDA.

    L’amitié de Maillot et Yveton sera mise en relief dans le commentaire, alors qu’ils travaillaient ensemble à Alger républicain. Rappelons que ce dernier a été guillotiné après avoir été soupçonné de fomenter un attentat à la bombe contre l’usine à gaz d’El Hamma. Le documentaire insistera sur la livraison d’un camion d’armes aux moudjahidine. Les survivants de cette opération s’attelleront à expliquer comment l’aspirant Maillot a réussi à déjouer la vigilance de l’escorte qui devait surveiller le chargement d’armement réformé vers la caserne de Belcourt et la neutralisation de la jeune recrue qui conduisait l’engin, après avoir succombé à une invitation à un copieux couscous. Ceci a eu lieu le 5 avril 1956, date à laquelle Maillot adressa une lettre aux forces coloniales pour expliquer son geste.

    Sur le parcours de Maillot, la caméra rencontrera ceux qui ont assuré la logistique du groupe. Parmi ceux-là, Bouzina, dont la demeure a servi de refuge à ces résistants, et qui, le jour de la visite de Yvette, le 7 juillet 2007, lui remit le drap de son frère. Il y aura aussi l’intervention du moudjahid Hassani, qui expliquera comment cette livraison d’armes avait permis de faire les plus grandes embuscades et raviver la révolution vers l’ouest. Quant à Yvette Maillot, elle sera sûrement sollicitée pour expliquer la réaction très vive des autorités, qui condamnèrent à mort, par contumace, le déserteur et le traitèrent de félon.

    Le documentaire présentera l’organisation du maquis, aidé en cela par Maurice Laban qui aura pour tâche de dispatcher les 132 mitraillettes, 140 révolvers et 57 fusils subtilisés à l’ennemi. Le moudjahid Mustapha Saâdoun, survivant de l’accrochage qui a coûté la vie à Maillot et Laban, le 5 juin 1956, décrira l’événement. Un autre résistant, Salaouatchi, témoignera sur le courage d’Henri, quoique blessé refusera de se rendre malgré les sommations de l’officier français. Une fois réalisé, ce document sera un monument à la gloire de tous ces “Européens” qui avaient répondu à l’appel de la patrie qu’ils avaient au cœur et qui la considéraient comme la leur. Merzak Chertouk, ingénieur et féru d’histoire, apportera sa compétence à ce travail, de par sa fonction qui l’implique dans l’audiovisuel de Riadh El Feth. Le côté technique comme l’image et le son seront sa principale préoccupation.


  3. #3
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    Mardi 3 juin 2008 -- Il y a 52 ans, Henri Maillot et Maurice Laban sont tombés au champ d’honneur un certain 5 juin 1956. En répondant à l’appel de la patrie, l’enfant de Clos-Salembier (El- Madania) Henri et l’enfant de Biskra Maurice ont offert leur vie pour une Algérie libre, indépendante, fraternelle et tolérante. Pour mémoire, en leur mémoire et afin que nul n’oublie, une cérémonie de recueillement aura lieu le jeudi 5 juin à 10h au cimetière chrétien de Diar Essaâda (El-Mouradia). Gloire à tous nos martyrs.

    Les familles Maillot et Laban

  4. #4
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    Merzak Chertouk :


    Jeudi 5 juin 2008 -- Le devoir de mémoire nous impose de connaître notre histoire pour mieux comprendre le présent et appréhender l’avenir. Il revêt aussi une importance particulière pour l’écriture de l’histoire de la guerre de Libération nationale. Celle-ci demeure d’une actualité brûlante. Elle procède malheureusement des luttes politico-idéologiques actuelles dont elle reste un enjeu important. Pour ce faire, nous devons ressusciter certains héros “oubliés”, parmi eux, l’aspirant Henri Maillot et Maurice Laban, authentiques patriotes algériens, morts les armes à la main un certain 5 juin 1956. Comme Iveton, son voisin et ami d’enfance, héros guillotiné le 11 février 1957, Maillot avait choisi la cause de l’indépendance de l’Algérie par conviction idéologique, considérant la guerre de Libération comme “une lutte d’opprimés sans distinction d’origine contre leurs oppresseurs et leurs valets sans distinction de race”, tel qu’il l’a écrit lui -même aux rédactions parisiennes juste après sa désertion.

    Ayant assisté à la répression qui s’est abattue sur les musulmans lors des évènements du 20 août 1955 dans le nord constantinois, il en est sorti profondément marqué. Maillot a, dès lors, pris résolument la décision de se joindre au combat libérateur. Après avoir été rappelé sous les drapeaux pendant trois mois, il demanda à être réengagé dans le but de mettre à exécution son projet de désertion avec un stock d’armes. Affecté au 57e bataillon de tirailleurs de Miliana où il a le grade d’aspirant, Maillot convoite l’occasion de détourner des armes pour les acheminer aux maquis de la résistance algérienne afin, précise-t-il, d’“aider mon pays et mon peuple”. L’opportunité se présente le 4 avril 1956 : l’officier Maillot déserte avec un camion d’armes qu’il remet aux moudjahidine. Pas moins de 132 mitraillettes, 140 revolvers, 57 fusils et un lot de grenades viennent enrichir le potentiel militaire de la résistance.

    Henri Maillot, devenu “l’officier félon” pour la presse coloniale, est condamné à mort le 22 mai par le tribunal militaire d’Alger, qui décide de mettre aussi la maison familiale de Clos-Salembier sous séquestre et ce, afin de rembourser les armes sous la part d’héritage revenant à Henri. Activement recherché, il échappe aux paras jusqu’à ce mardi 5 juin 1956, quand son commando de huit hommes fut surpris au djebel Deragua, à El-Karimia (Lamartine), par les miliciens du bachagha Boualem et les soldats français. Henri y laissera sa vie, ainsi que quatre autres compagnons d’armes : l’enseignant de Biskra Maurice Laban, Belkacem Hanoun qui n’avait pas 20 ans, Djillali Moussaoui et Abdelkader Zalmat. Trois combattants ont échappé au traquenard : Hamid Gherab, Mohamed Boualem et Mustapha Saâdoun. Mustapha Saâdoun est le dernier survivant de cette aventure inoubliable. Il a 89 ans. Retiré à Cherchell, il vit désormais avec ses plantes et ses souvenirs.

    Force est de constater que cinquante deux ans après sa mort, Henri Maillot reste inconnu de la grande majorité de la génération post-indépendance, qui plus est, par les jeunes d’El-Madania, quartier où vit toujours sa famille. Et pour cause, aucune rue, ni école, ni institution publique ne porte son nom jusqu’à l’heure actuelle. La désertion de cet officier avec un camion rempli d’armes vers le maquis a été d’une grande portée psychologique et a marqué de façon éclatante la participation d’Algériens d'origine européenne au combat pour la libération de la patrie commune. Un combat qui n’avait aucun caractère de race ni de religion, mais un combat libérateur et national.

    Quant au second, Maurice Laban, né à Biskra, de parents instituteurs, ils étaient lui et sa sœur les seuls Européens dans toute l’école où enseignaient leurs parents. C’est tout naturellement qu’il a appris à parler l’arabe comme une langue maternelle. Plus tard, il parlera le chaoui couramment après avoir enseigné dans une école indigène où les élèves ne parlaient que cette langue. Dans les années 1930, il prit part à la guerre civile d’Espagne aux côtés des républicains, il fut blessé deux fois sur le front. La deuxième blessure était tellement grave, qu’il a failli être achevé par les brancardiers qui ne croyaient pas en sa survie. C’est finalement Georges Rafini, son camarade de lycée à Constantine, qui le sauvera in extremis sur le champ de bataille.

    Tellement imprégné de la mentalité de la population de Biskra, il envoya une lettre à ses parents leur demandant de sacrifier un mouton sur le tombeau de Sidi Messaoud (le saint patron de la localité) et l’offrir accompagné de couscous aux pauvres de la région. Et ce, en guise de reconnaissance envers Dieu pour l’avoir sauvé d’une mort certaine. De retour d’Espagne, il rentrera à Biskra, où il participera aux côtés des musulmans opprimés à tous les combats contre les formes d’injustice auxquelles ils étaient soumis par le système colonialiste et leur valet le bachagha Bengana. En 1941, il fut arrêté et incarcéré à Serkadji, puis condamné à mort avec son épouse Odette et son camarade Georges Rafini. L’acte d’accusation portait sur la publication et la diffusion d’un journal clandestin s’opposant au régime fasciste de Pétain.

    Au déclenchement de la Révolution, le chahid Mostefa Benboulaïd lui fait appel pour devenir son adjoint. Vu son tempérament de bagarreur, Maurice était ravi à l’idée de s'engager enfin par les armes dans sa lutte contre le colonialisme. Etant un militant discipliné du parti, il demanda l’accord de sa hiérarchie. Celle-ci refusa et lui demanda de tempérer ses ardeurs jusqu’à nouvel ordre. C’est finalement à El Karimia (Lamartine), dans l’Ouarsenis, qu’il devra rejoindre Henri Maillot qui venait de déserter. Cette rencontre fut possible grâce à Myriam Ben, militante du parti et enseignante à Oued Fodda. La méconnaissance de cette région leur fut fatale à lui et ses compagnons.

  5. #5
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    Un document ronéotypé, portant en signature le nom de l’aspirant Henri Maillot, est parvenu hier aux rédactions des journaux parisiens. Ce document déclare notamment :

    «L’écrivain français Jules Roy, colonel d’aviation, écrivait, il y a quelques mois : “Si j’étais musulman, je serais du côté des fellagha.” Je ne suis pas musulman, mais je suis algérien, d’origine européenne. Je considère l’Algérie comme ma patrie. Je considère que je dois avoir à son égard les mêmes devoirs que tous ses fils. Au moment où le peuple algérien s’est levé pour libérer son sol national du joug colonialiste, ma place est aux côtés de ceux qui ont engagé le combat libérateur... La presse colonialiste crie à la trahison, alors qu'elle publie et fait siens les appels séparatistes de Boyer-Bance. Elle criait aussi à la trahison lorsque sous Vichy les officiers français passaient à la Résistance, tandis qu’elle servait Hitler et le fascisme. En vérité, les traîtres à la France ce sont ceux qui, pour servir leurs intérêts égoïstes, dénaturent aux yeux des Algériens le vrai visage de la France et de son peuple aux traditions généreuses, révolutionnaires et anticolonialistes. De plus, tous les hommes de progrès de France et du monde reconnaissent la légitimité et la justesse de nos revendications nationales. Le peuple algérien, longtemps bafoué, humilié, a pris résolument sa place dans le grand mouvement historique de libération des peuples coloniaux qui embrase l’Afrique et l’Asie. Sa victoire est certaine. Et il ne s’agit pas, comme voudraient le faire croire les gros possédants de ce pays, d’un combat racial mais d’une lutte d’opprimés sans distinction d’origine contre leurs oppresseurs et leurs valets sans distinction de race. ll ne s’agit pas d’un mouvement dirigé contre la France et les Français ni contre les travailleurs d’origine européenne ou israélite. Ceux-ci ont leur place dans ce pays. Nous ne les confondons pas avec les oppresseurs de notre peuple. En accomplissant mon geste, en livrant aux combattants algériens des armes dont ils ont besoin pour le combat libérateur, des armes qui serviront exclusivement contre les forces militaires et policières et les collaborateurs. J’ai conscience d’avoir servi les intérêts de mon pays et de mon peuple, y compris ceux des travailleurs européens momentanément trompés.»

  6. #6
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    Tayeb Belghiche :


    Jeudi 5 juin 2008 -- Nos gouvernants sont-ils devenus fous ? Ils ont l’art de faire dans la provocation et se mettre à dos l’opinion publique nationale et internationale en prenant des décisions gratuites et intempestives. Qu’on en juge. Les moudjahidine algériens des trois confessions chrétienne, juive et musulmane ont décidé aujourd’hui de se recueillir sur les tombes de deux martyrs de la guerre de libération, Henri Maillot et Maurice Laban, morts au champ d’honneur le 5 juin 1956. Or quelle ne fut la surprise des organisateurs de la cérémonie lorsqu’ils ont été informés par les autorités qui leur ont dit qu’il faut au préalable une autorisation pour aller au cimetière ! Du jamais vu en Algérie ! Des combattants de la guerre d’indépendance, tous du troisième et du quatrième âges, risquent de se retrouver aujourd’hui face à face avec des policiers antiémeute et pourquoi pas tabassés. Imaginons le professeur Chaulet, figure emblématique de la résistance algérienne, matraqué par les flics. La décision du pouvoir est surprenante à plus d’un titre. Est-elle la suite logique de la politique inquisitoriale menée contre les évangélistes et les chrétiens en général ? D’ailleurs, les tribunaux de l’inquisition continuent à fonctionner à Tiaret. En cherchant à empêcher le recueillement, les autorités, semble-t-il, poursuivent leur chasse aux sorcières parce que les deux chouhada Maillot et Laban étaient d’origine chrétienne. Par cette opération, on veut sans doute faire plaisir aux forces intégristes qui ont fait un retour remarqué et encouragé depuis environ une dizaine d’années. Le locataire d’El Mouradia en personne a travaillé dans ce sens. Dans cette tragi-comédie, l’Organisation nationale des moudjahidine, dont l’une des missions essentielles est la défense de la mémoire et de nos chouhada, ême si elle s’est installée dans le confort et qu’elle cherche surtout à faire plaisir au puissant du moment, cela ne l’empêche pas de se démarquer de temps en temps et de faire preuve d’un peu de courage. Nous ne sommes malheureusement pas là. Entre temps, l’image de marque de l’Algérie se détériore irrémédiablement sur la scène internationale. Malheureusement, les maîtres du moment donnent l’impression que c’est le dernier de leurs soucis. Leurs préoccupations sont ailleurs. Ils scrutent surtout le prix du baril de pétrole et se délectent devant chaque augmentation.

  7. #7
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    L’escalade à l’atteinte des libertés se poursuit par un pouvoir qui pousse à l’extrême sa politique lente et insidieuse d’érosion, «de grignotage», pour engager l’Algérie dans la voie de l’intolérance et de la régression. Bâillonnant de plus en plus les libertés d’expression avec des procès continus contre la presse, réprimant les libertés d’opinion, de conscience et de culte par des procès inquisitoires d’un autre âge et des condamnations inadmissibles, le pouvoir a ainsi bafoué, sans état d’âme, la Constitution. Scandale sans précédent, après celui de la loi fondamentale, c’est au viol de la mémoire révolutionnaire que le pouvoir procède, en faisant obligation d’une demande préalable aux organisateurs de la cérémonie à la mémoire des chouhada, Henri Maillot et Maurice Laban, au cimetière d’El- Madania. Sous la pression, notamment médiatique, il finit par «autoriser» le recueillement en exigeant une minute de silence sans discours, comme l’ont affirmé les organisateurs outrés ! Pourquoi cette discrimination ? Le pouvoir pousse-t-il l’inquisition jusque dans les tombes des héros de la Révolution ? Après avoir instauré deux collèges chez les moudjahidine, il veut en faire de même pour les chouhada. Ce qui confirme son approche réductrice et mutilante de l’histoire de notre pays. Après sa politique insensée de division régionaliste et culturelle, le pouvoir s’engage de plus en plus dans la dangereuse voie de la rupture de la cohésion sociale, en portant atteinte à la mémoire de celles et de ceux qui donnèrent leur vie non pour une cause religieuse, mais pour l’indépendance de leur pays : l’Algérie ! Sans parler de la nouvelle politique des centres de rétention annoncée par le pouvoir, en élève docile et soumis, faisant fi de l’image de marque de l’Algérie révolutionnaire, vivante dans la mémoire profonde africaine. L’Algérie ne peut oublier Frantz Fanon. Au cimetière, ils furent très nombreux celles et ceux, toutes confessions confondues, unis dans le même recueillement dans un climat empreint de grande émotion, au pied de la tombe des deux martyrs de la Révolution. En fait, ces atteintes aux espaces de toutes les libertés, la déclaration outrecuidante du chef du gouvernement remisant au placard une Constitution adoptée par le peuple souverain, et cette agression à la mémoire révolutionnaire, sont autant de manœuvres politiciennes annonciatrices d’un glissement vers une république théocratique. En son temps, à l’Assemblée constituante en 1963, lors du débat sur le code de la nationalité, l’abbé Bérenger avait déjà tiré la sonnette d’alarme avec une phrase prémonitoire : «Je déplore de voir l’Algérie s’engager dans l’Histoire à reculons !»

    Alger, le 5 juin 2008
    Le Bureau national du CCDR

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