Dimanche 10 Juin 2007 -- Intitulées Des voies et des voix, les actes de la deuxième édition du colloque international sur le soufisme, placée sous le thème «culture-soufisme-musique» qui s’était déroulée du 12 au 16 novembre 2005 à Tlemcen ont été rassemblés dans un ouvrage réalisé par le Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH) a annoncé l’APS.

Cette publication de plus de 500 pages est coordonnée et présentée par le directeur de recherches au CNRPAH, le Dr Zaïm Khenchelaoui avec la participation d’une cinquantaine de spécialistes en anthropologie et islamologie et des chercheurs et universitaires en provenance des quatre continents.

Le Dr Khenchelaoui a indiqué en préface que «ce livre intervient dans une optique de connaissance, d’observation, de décryptage, de préservation et de conservation de cette tradition spirituelle et culturelle qu’est le soufisme», espérant que cela «contribuera à la réhabilitation de ce trésor humain vivant, à la consécration de ses techniques, à la promotion de sa philosophie et à la diffusion de sa sagesse de par le monde».

Le directeur de recherches au CNRPAH précise que le principal thème traité dans ces actes regroupés concerne l’apport de l’audition spirituelle «Samaa» au cheminement dans la voie mystique, tout en prenant en compte les autres aspects psychosomatiques, poétiques d’où la symphonie thématique qui caractérise le soufisme.

Ainsi, il est mis en exergue dans cet ouvrage l’accueil favorable réservé par l’islam aux grandes traditions mystiques de l’humanité. Il est écrit à ce propos : «Le soufisme étend ouvertement sa communion spirituelle et intellectuelle à la mystique artistique et philosophique dans son expression agnostique, voire athée [...] invitant notre monde pitoyable et haineux à une généreuse et savoureuse culture de tolérance, de compassion, de charité et de solidarité.»

L’ouvrage se divise en trois grands chapitres : la recherche historique, l’application sociologique et l’analyse anthropologique. Les lecteurs peuvent ainsi prendre connaissance des différentes communications présentées, à l’instar de «danser et chanter pour exprimer sa foi», «l’image contemporaine du soufisme dans l’opinion publique occidentale», «les effets psychologiques du chant soufi», «soufisme et dialogue islamo-chrétien à Béjaïa à l’époque médiévale», «cheikh Aheddad : personnage historique emblématique et figure de saint» et «les techniques contemplatives selon le compendium Rahmani et dans les traditions mystiques universelles».

Le Dr Khenchelaoui a expliqué que ces actes «paraissent ouvrir la voie d’une nouvelle compréhension multidisciplinaire du soufisme, notamment, l’approche d’une théorie du samaa en islam par l’interrogation du terrain ethnographique». Il a également affirmé que ces articles publiés contribuent, majoritairement, à faire ressortir la notion de la hadra (présence en Dieu), principe fondamental dans le soufisme, dans sa dimension locale et universelle.

Le Dr Khenchelaoui ajoute que «notre propos ici est d’aborder le soufisme comme un terrain contemporain et un phénomène anthropologique global, et non pas comme un volet achevé de notre histoire ancienne ni comme une vulgaire donnée statistique limitée par les frontières abstraites de la sociologie fondamentale».

Le coordonnateur des actes du colloque a souligné, en conclusion, la nécessité d’une redéfinition et d’une réactualisation du statut de l’audition spirituelle en islam et la détermination de son rapport à la médiation.