Dimanche 10 juin 2007 -- L’association Mechaâl Echahid a rendu hier un hommage aux martyrs de la Révolution qui ont été les acteurs des opérations suicide à Alger durant la guerre de Libération nationale. Parmi eux, Imekhelaf Lounis dit “Farid la Corniche” qui s’est distingué en déposant la bombe qui a visé le casino de la Corniche. Les moudjahidine et témoins de l’époque présents à la conférence animée hier dans le cadre du Forum d’El Moudjahid se sont rappelés avec beaucoup d’émotion le chahid “Farid la Corniche” qui a participé à l’un des attentats les plus spectaculaires de l’époque.

Le moudjahid Mohamed Berrouaghia évoquant les événements en question relatera une partie du parcours combattant de “Farid la Corniche”. “Farid est un héros… c’est un miracle de notre révolution. Il illustre à lui seul le sacrifice de dizaines de moudjahidine. Il est ainsi entré dans l’histoire en participant à la Révolution dans la capitale, car cela a été une révolution plutôt qu’une bataille du fait que cette dernière est limitée dans le temps. J’ai connu Farid au maquis où il a été intégré au sein des commandos au cours du mois de septembre de l’année 1957. Il s’agissait d’unités de 120 moudjahidine qui faisaient partie des meilleurs. Avant, on lui avait suggéré de se rendre au Maroc ou en Tunisie, mais il avait refusé disant qu’il préférait mourir en martyr dans son pays”, témoigne le moudjahid, ce dernier précisera par ailleurs que “Farid la Corniche” avait par la suite participé à plusieurs batailles notamment dans les régions de Médéa et Cherchell. “Il a ainsi montré sa bravoure et acquis de l’expérience”.

L’intervenant témoin des événements de l’époque, rappellera en outre qu’Alger en 1958 et 1959 était un véritable “camp de concentration” et des laissez-passer étaient exigés pour non seulement accéder à la capitale, mais aussi pour passer d’un quartier à un autre. “Par ailleurs, le 11 décembre 1960 a été la résultante de la Révolution sur tout le territoire national. Et pas seulement des opérations effectuées à Alger. Comme la capitale ne s’est jamais rendue, les opérations se sont poursuivies jusqu’à la fin. Je citerai le cas du “fidaï” qui est mort le 19 mars 1962 au square. Jusqu'à la fin, le combat s’est poursuivi. Revenant sur l’attentat à la bombe qui avait visé le casino de la Corniche le moudjahid dira qu’il vaut plus de 20 accrochages.

Pour sa part, Yacef Saâdi est revenu sur le détail de la journée de l’attentat qui a eu lieu à 19h précisant que l’engin explosif pesait quatre kilos. Un autre moudjahid reprendra les propos, dira-t-il, de l’ambassadeur de France qui avait déclaré il y a de cela quelques jours que l’octroi de visa sera élargi “mais pour ceux qui œuvrent pour l’amélioration des relations algéro-françaises. Cela signifie donc que pour ceux qui font la promotion du colonialisme, on donne des visas alors que pour les autres, les portes seront fermées,” dira l’intervenant.