Samedi 16 Juin 2007 -- Ça tourne à Alger, un film documentaire du réalisateur Salim Aggar dont la projection a attiré l’attention du public jeudi dernier à la cinémathèque de Béjaïa dans le cadre des 5èmes Rencontres cinématographiques.
Afin de rendre hommage aux cinéastes algériens qui ont mené un «combat artistique et cinématographiques» durant les années noires de la décennie 1990, le documentariste montre dans quelles conditions, extrêmement dangereuses, s’est déroulé le tournage de certains longs métrages à succès.
Le film de Malik Lakhdar Hamina, fils de l’illustre Mohamed, réalisateur de Chronique des années de braises, réalisé en octobre 1992, a été tourné presque dans le secret en raison de la situation politique complexe que vivait le pays au moment du conflit sanglant. Ce film dévoile les conditions dans lesquelles a été filmée la manifestation menée par l' ex-FIS vers la Présidence en janvier 1992. «J’avais demandé à tous les cameramen algériens de filmer la marche, mais personne ne voulait le faire, car ils savaient qu’ils couraient un risque mortel. A la veille de la marche, j’ai appelé mon père qui était en France. Le soir même de mon appel, il est arrivé à Alger. Le lendemain, il a eu le courage de filmer la marche de l’ex-FIS malgré la menace des islamistes.
Sur place, il n’y avait que mon père et ses trois enfants dont moi-même», raconte Malik qui a également montré dans son film les attentats commis à la Casbah et l’autre à l’Amirauté en février 1992. Il filmera aussi les scènes des répressions sanglantes lors des manifestations populaires d’octobre 1988 à Tizi Ouzou, épargnée à l’époque par le terrorisme islamiste. Près de 1 500 étudiants de Tizi Ouzou ont pris part au tournage de ces scènes.
Le film eut un succès retentissant après sa diffusion …à l’étranger, car à ce jour il est toujours interdit de diffusion en Algérie. Plusieurs prix ont été décernés à ce film qui sera le «film culte de l’avenir et le plus marquant de sa génération », comme le prédisait le père du réalisateur, Mohamed Lakhdar Hamina. Le documentaire de Salim Aggar fait, par ailleurs, un focus sur le long métrage de Belkacem Hadjadj, Machahou, réalisé en 1994, quand l’horreur terroriste atteignait son apogée.
Après le tournage de séances nocturnes, l’équipe est tombée dans un faux barrage en pleine forêt de Yakouren. N’était le stratagème de Hadjadj qui a pu faire croire aux terroristes qu’ils revenaient d’une fête de mariage, ils auraient à coup sûr payé de leur vie leur folle aventure. Terrifiée, l’équipe avait du mal à se reprendre et poursuivre le tournage. «Le commandant du groupement de gendarmerie de Tizi Ouzou a refusé 20 fois de nous accorder une équipe de protection afin de parachever le film.
Grâce à mon insistance, l’officier finira par me donner une semaine pour finir mon film alors qu’il m’en fallait au moins deux. Il a pu dégager une vingtaine de gendarmes pour protéger l’équipe», confia le réalisateur tout en admettant qu’il fallait toute la «folie» d’un réalisateur pour mener à terme son film. Le film Rachida, réalisé en 2002 par Yamina Bachir Chouikh, a lui aussi connu une destinée bien particulière. Aucun acteur professionnel n’a voulu prendre part au casting par peur des représailles des intégristes.
La réalisatrice a dû recourir alors aux acteurs amateurs grâce auxquels elle a tenu son casting. Ce dernier a eu un retentissement mondial lors de sa diffusion. Mais, la télévision algérienne ne l’a encore jamais diffusé à ce jour. Le documentaire n’a pas manqué aussi d’évoquer le seul cinéaste algérien assassiné en 1997, Ali Tenkhi, auteur du film au titre prémonitoire, le Papillon ne volera plus (1997). Aucun hommage ne lui a été rendu à ce jour et aucun prix ne porte son nom, déplore encore Salim Aggar.
Enfin, ce dernier affirme que son documentaire lui a pris six longues années et n’a bénéficié d’aucun soutien financier et que ce n’est qu’avec son salaire de journaliste qu’il a pu couvrir les frais de réalisation.
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16th June 2007 16:21 #1
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Ça tourne à Alger, un hommage au combat du cinéaste algérien
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1st October 2007 05:21 #2
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Lundi 1 Octobre 2007 -- Le documentaire algérien Ça tourne à Alger (Tassouir fi El-Djazaïr) de Salim Aggar traduit en anglais sous le titre Filming in Algiers sera présenté le 20 octobre à San Francisco, dans le cadre de la 11e édition du Festival arabe (AFF) qui aura lieu du 18 au 28 octobre prochain à San Francisco, Berkeley, Los Angeles et San Jose. C’est la seule production algérienne présente parmi les 80 films choisis et représentant plus de 13 pays.
Ce documentaire de 52 minutes réalisé par l’ancien journaliste Salim Aggar montre, à travers la chronique du cinéma algérien, le parcours cinématographique de quatre cinéastes algériens aux styles et aux genres différents et qui ont réalisé leurs films en pleine décennie noire, entre 1992 et 2004, dans un contexte politique, social et artistique particulier. Le documentaire montre également les difficultés, les réalités, la vie et surtout le drame du 7e art algérien à travers le parcours artistique de quatre films prolifiques du cinéma algérien Automne octobre à Alger de Malik Lakhdar Hamina, Machaho de Belgacem Hadjadj, Rachida de Yamina Bachir Chouikh et Douar Enssa de Mohamed Chouikh.
Présenté cet été à la salle Ibn-Zeydoun, aux Rencontres cinématographiques de Béjaïa et au Festival du film arabe d’Oran, le documentaire a eu un accueil favorable dans la presse et auprès du public. Filming in Algiers (Tassouir fi El-Djazaïr) sera présenté le 20 octobre prochain au Roxie Cinéma de San Francisco, en présence de la communauté algérienne très importante dans cette région des États-Unis. Le documentaire dans sa version sous-titrée en anglais sera également présenté au Festival du film de Cork en Irlande entre le 14 et le 21 octobre prochain, dans le cadre d’un panorama sur le cinéma algérien.
L’Arab Film Festival de l’État de la Californie a été créé en 1996 par un groupe de personnalités arabo-américaines de San Jose, grâce au soutien d’hommes d’affaires, d’artistes, de réalisateurs, de producteurs de comédiens parmi la communauté arabe de Hollywood, parmi eux le célèbre Tony Shalhoub, comédien libano-américain qui joue souvent dans les superproductions américaines ou encore le producteur également d’origine libanaise Mario Kassar, qui a produit notamment Total Recall, Terminator 2 ou encore Stargate. En l’espace de quelques années, il est devenu le plus grand festival du film arabe en Amérique du Nord.
Cette année l’AFF, qui a pour objectif de faire connaître le cinéma arabe à Hollywood, “présente le programme le plus complet dans l’histoire du festival”, a dit Bashir Anastas, directeur exécutif du Festival arabe de film. Le public américain découvrira ainsi le premier film libanais sur les vampires, un polar noir marocain, une histoire d’amour irakienne, le dernier déblocage de l’Égypte et un documentaire d’un Jordanien au sujet de la paix. En outre, le festival présentera les derniers documentaires de Palestine, d’Irak, ainsi que des courts-métrages libanais, égyptiens, marocains. Enfin l’ouverture du festival se fera avec le film tunisien Making of de Nouri Bouzid qui avait remporté le grand prix au dernier Festival du film arabe d’Oran.
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18th April 2008 08:41 #3
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Jeudi 17 Avril 2008 -- Le film documentaire de Salim Aggar, Ça tourne à Alger, a été sélectionné en compétition officielle par le Festival international du documentaire de Qatar, qui aura lieu du 21 au 24 avril. Sélectionné en compétition dans la catégorie des films de 52 minutes, c'est le seul produit algérien présent dans ce festival. Salim Aggar a précisé que son film documentaire sera présenté le 23 avril à Doha dans sa version anglaise, Filming in Algiers. Le choix de la version anglaise du film résulte du fait que “les organisateurs et les jurys viennent d'horizons différents et que l'anglais reste la langue la plus utilisée lors des festivals internationaux organisés dans cette région”. Ainsi Ça tourne à Alger, continuant son parcours à travers le monde, atterrit dans ce prestigieux festival, considéré par les spécialistes comme le plus important rendez-vous du documentaire au Moyen-Orient et en Asie. Ce film documentaire de 52 minutes a été sélectionné dans plusieurs festivals internationaux, dont ceux de San Francisco, d’Amiens, de Cork, de Tétouan, ou récemment le Festival du film oriental de Genève.







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