Maurice Audin, torturé à mort et disparu en Algérie
26 juin 2007 -- Il y a 50 ans disparaissait Maurice Audin. Torturé et assassiné, son corps n’a jamais été retrouvé. Depuis cette date, son épouse Josette se bat pour établir la vérité et pour que la France reconnaisse officiellement l’emploi de la torture par son armée pendant la Guerre d’Algérie.
En 1957, Maurice Audin a 25 ans, il est assistant de mathématiques à l’université d’Alger et membre du parti communiste algérien (PCA) au sein duquel il milite pour l’indépendance de l’Algérie.
Dans la nuit du 11 juin 1957, les paras du général Massu font irruption au domicile des Audin. Josette et Maurice sont là, avec leurs trois enfants, leur dernier a tout juste un mois.
Maurice est embarqué, les officiers français assurent à sa femme qu’elle le reverra bientôt et ils la séquestrent avec ses enfants transformant son domicile en souricière. Un guet-apens qui fonctionne. Dés le lendemain, Henri Alleg, membre du PCA lui aussi et directeur du journal Alger républicain (censuré depuis 1955), tombe dans le piége.
Les paras l’emmènent dans « le centre de tri » comme le baptisaient les autorités françaises, une villa en construction à El-Biar dans la banlieue d’Alger. Là, il y retrouve son ami Maurice « en slip allongé sur une planche, des pinces reliées par des fils électriques et fixées à l’oreille droite et à l’oreille gauche ».
Maurice a juste eu le temps de lui murmurer : « C’est dur Henri ». Henri Alleg sera l’un des derniers à voir Maurice vivant.
Le 21 juin 1957, l’armée déclare que Maurice se serait évadé lors d’un transfert.
Le silence de plomb de l’Etat sera brisé par un tout jeune assistant d’histoire de l’université de Caen qui deviendra l’un des plus grands historiens français : Pierre Vidal-Naquet. Dans son ouvrage « L’Affaire Audin » il établit que Maurice a été assassiné le 21 juin par les mains des officiers para qui l’ont arrêté le 11. La thèse de l’évasion ne tient plus et l’institutionnalisation de la torture est dénoncée grâce à la publication du livre d’Henry Alleg, "La Question", témoignage sur son mois de détention à El-Biar.
Josette Audin portera plainte plusieurs fois mais à chaque fois elle se heurtera aux lois d’amnistie de 1962 et 1968 : “Sont amnistiés de plein droit toutes infractions commises en relation avec les événements d’Algérie”. Malgré les enquêtes et les suspicions (le général Aussaresses a évoqué le cas Audin lors de son procès), la justice française considère toujours que Maurice n’a pas été assassiné mais qu’il a disparu après s’être évadé.
Le 21 juin 2007, Josette Audin a envoyé une lettre ouverte au Président Sarkozy, nous l’avons rencontrée le 23, elle venait de recevoir l’accusé de réception de sa lettre à l’Elysée.
50 ans après, les faits sont à peu près établis.
Il reste à l’Etat français à assumer cette histoire et à reconnaître enfin l’emploi de la torture par notre armée pendant la guerre d’Algérie.
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29th June 2007 06:59 #1
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La Guerre d’Algérie et torture : L’affaire Audin
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29th June 2007 07:04 #2
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28th December 2007 04:20 #3
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L'affaire Audin
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28th December 2007 11:47 #4
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Il y'a ceux qui ont milite pour l'independence de l'Algerie comme Maurice Audin et d'autres " Cons" qui veulent etouffer l'Algerie .. La triste realite!
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1st March 2008 18:53 #5
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Samedi 1 Mars 2008 -- La veuve de Maurice Audin, militant de la cause nationale mort sous la torture durant la guerre de libération en 1957, a exigé aujourd'hui et à partir d'Alger, de la France qu'elle «reconnaisse tous ses crimes coloniaux». Intervenant lors de la cérémonie de recueillement organisée ce matin à la place qui porte le nom de son illustre mari, au coeur d'Alger, Josette Audin a précisé que «c'est notre principale revendication». La veuve de Maurice, âgé de 25 ans lors de sa mort dans les geôles françaises, a rappelé que son défunt mari "se sentait Algérien et était donc solidaire avec le combat de ses compatriotes pour la liberté".
Josette Audin a également précisé que Maurice avait été tué "sous la torture, comme des milliers d'autres Algériens". La France n'a jamais reconnu sa responsabilité dans la mort de Maurice Audin, enlevé par les parachutistes du général Massu dans le sillage de la chasse à l'homme déclenchée durant la "Bataille d'Alger". La mort de Maurice Audin reste à ce jour une grande énigme tant son corps n'a jamais été retrouvé et sa veuve ne cesse de réclamer sa dépouille à l'Etat français.
L'organisation nationale des moudjahidine (ONM) a envoyé une lettre de soutien à la veuve de Maurice Audin dans laquelle elle réclame de la France un "pardon" pour ses crimes.
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2nd March 2008 03:40 #6
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Dimanche 2 Mars 2008 -- Une cérémonie de recueillement à la mémoire de Maurice Audin s’est tenue, hier, à Alger, au niveau de la place qui porte son nom. Des membres de sa famille, des amis et des compagnons d’armes du martyr ont pris part à cet hommage. Contactée par téléphone, son épouse, Mme Josette Audin dira que la France se devait de reconnaître les crimes commis durant la colonisation.
«La France doit reconnaître tous ses crimes coloniaux, c'est notre principale revendication. Maurice se sentait algérien et était donc solidaire avec le combat de ses compatriotes pour la liberté», a-t-elle déclaré à l’APS. «C’est un hommage rendu par une nation meurtrie au plus profond de sa chair, en déposant avec solennité cette gerbe de fleurs, symbole de l'éternel souvenir en cette place, la plus connue d’Alger», dira, pour sa part, un représentant de l’Organisation nationale des moudjahidine.
Agé de 25 ans et père de trois enfants, ce mathématicien milite au sein du Parti communiste algérien (PCA) et devient membre actif du FLN dans la Zone autonome d’Alger. Le 11 juin 1957, des parachutistes font irruption dans l’appartement des Audin. Maurice est embarqué et ne reverra plus les siens. Il subira les pires tortures avant d’être assassiné. Le corps de Maurice Audin n'a jamais été retrouvé malgré les multiples procédures initiées par les membres de sa famille.
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21st June 2008 11:02 #7
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Samedi 21 Juin 2008 -- Il y a cinquante et un ans, Alger était sous l’autorité du général Jacques Massu, auquel le gouvernement français remit les pleins pouvoirs en janvier 1957. C’était la Bataille d’Alger. Dans cette page d’histoire, le nom de Maurice Audin, jeune mathématicien d’Alger, figure parmi les milliers d’Algériens soumis à « la question » par l’armée coloniale française et portés « disparus » pour la plupart. Maurice Audin, assistant à la faculté des sciences d’Alger, est mort le 21 juin 1957, sous la torture, étranglé par le lieutenant de renseignements, André Charbonnier. Le colonel Roger Trinquier, instituteur dans les années 1940, avant de porter la tenue de tortionnaire, commandait le service « renseignements-action », dans l’appareil militaro-policier français en Algérie. Un immeuble en construction, boulevard Georges Clémenceau(*), à El Biar, abritait le centre de torture, Maurice Audin y fut conduit dans la nuit du 11 juin 1957 et soumis à d’atroces tortures durant dix jours. Les tortionnaires et auteurs de nombreux crimes ont pour nom : Devis, Roger Faulques, André Charbonnier, Philippe Erulin, Jacquet, Llorca.
L’intelligence assassinée
Né le 14 février 1932, à Béja, en Tunisie, Maurice Audin est venu à Alger en 1940. Après de brillantes études secondaires et supérieures, il est nommé assistant d’analyses supérieures à la faculté des sciences d’Alger (chaire de mathématiques du professeur Pomel), le 1er février 1953. Très doué, il préparait une thèse de doctorat d’Etat sur « L’équation linéaire dans un espace vectoriel et cycles limités dans les systèmes différentiels ». Son directeur de thèse était René de Possel, professeur à la Sorbonne (Paris). Epris de justice sociale, Maurice Audin se lança dès l’âge de 19 ans dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie, dans les rangs du PCA, aux côtés de son épouse Josette, professeur de mathématiques comme lui. Maurice Audin avait trois enfants, sa fille aînée est agrégée de mathématiques. Afin de perpétuer le souvenir du savant, la République algérienne a donné le nom de Maurice Audin à la place centrale d’Alger au carrefour du tunnel des facultés, du boulevard Mohamed V et de la rue Didouche Mourad. La place fut inaugurée le 5 juillet 1963, an I de l’indépendance. Par ailleurs, l’Ecole nationale d’administration (ENA) donna à sa promotion 2006 le nom du chahid.
L’homme sans sépulture
Où se trouve le corps du supplicié ? Le général Jacques Massu a refusé de dévoiler le secret. Quelques mois avant la mort du général en 2002, le commandant Paul-Louis Aussaresses, qui servit sous ses ordres en 1957, lui avait demandé : « Vous ne pensez pas, général, qu’après plus de cinquante ans, il faudrait parler pour Mme Audin ». L’ancien « patron » des milliers de parachutistes basés à Alger le rabroua : « Je ne veux plus rien entendre ; compris, Aussaresses ? », lança-t-il au téléphone à l’assassin de Larbi Ben M’hidi. L’histoire de la fin du mathématicien algérien sera-t-elle connue un jour ?
* Aujourd’hui, avenue Ali Khodja, héros de la guerre d’indépendance, mort le 16 octobre 1956, les armes à la main dans un refuge à Fort-de-l’eau (Bordj El Kiffan).







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