Mercredi 4 juillet 2007 -- La bataille de Staouéli (16 juin 1830) ainsi que d’autres faits d’histoire liés à l’invasion de l’Algérie par la France ont été au centre des débats au forum d’El Moudjahid. Mme Ben Brahem, juriste et historienne, a mis l’accent sur la nécessité de remettre les faits d’histoire dans leur contexte. Selon elle, les événements tels que rapportés par les Français déforment la vérité.

En effet, d’après les correspondances de Bourmont, la prise de la régence d’Alger a été une promenade de santé pour l’armée française. Les comptes rendus adressés par le général français au souverain de France étaient truffés de mensonges, a-t-on souligné. Les pertes en vies humaines du côté de l’armée française ont été minorées à escient. Documents historiques à l’appui, Maître Ben Brahem a prouvé que De Bourmont cachait la réalité. Dans une lettre adressée à son souverain, il avait fait état de la perte de 1 200 soldats entre le 14 juin et le 5 juillet de l’année 1830. Or, d’autres documents officiels démontrent que l’armée de débarquement avait perdu 12.025 hommes sur un total de 37.000 à Alger.

L’historienne a expliqué que la bataille de Staouéli a été d’une rare violence. Outre l’armée algérienne de l’époque, la population civile a massivement participé à la bataille. C’est notamment le cas de la tribu des Chirraga qui a été la première à arriver au front. Cette tribu de fermiers a totalement été décimée. Le lieu d’implantation de cette tribu n’est autre que l’actuelle Cheraga. Maître Ben Brahem, par ailleurs, a relevé le massacre de 6000 soldats français au cours d’une bataille interarmes. «A cette époque, les militaires français mettaient des bonnets blancs sur leur tête au moment de dormir. Les sentinelles d’autres bataillons français stationnées un peu plus loin ont confondu leurs semblables avec les militaires d’Algérie, qui en sus de la tenue de combat mettaient un voile blanc sur leur tête afin de réfléchir les rayons du soleil. Cet épisode n’a jamais été porté sur aucun document d’histoire de la France.

La «reddition» d’Alger aussi a été évoquée par les conférenciers. D’après eux, le dey d’Alger n’a jamais porté son sceau sur ce document. Ce dernier ne s’est jamais livré, mais a plutôt été emprisonné dans son palais avant d’être déporté. D’après l’oratrice, c’est le général De Bourmont qui a rédigé et paraphé, le traité en question. «Le testament a été rédigé et signé en français alors que le dey d’Alger ne pratiquait que le turc». Dans le traité de reddition, il a été précisé que les femmes, les biens ainsi que la religion des Algériens allaient être protégés. Le lendemain de la signature de ce traité, les soldats français ont lancé une campagne de pillage. C’est alors que le trésor d’Alger a été volé. Ce trésor est estimé à 40 tonnes d’or.