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  1. #15
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    continued.....

    LES CHOIX DU HCE

    D’autre part, avant de dénigrer le HCE, n’oublions pas que son premier président fut l’initiateur de cette Révolution et le second l’un des premiers à rejoindre le maquis. Par ailleurs, prétendre que « l’hostilité sournoise de la présidence du HCE » (p. 120) avait précipité sa chute, est un non-sens. Si « hostilité » il y avait, pourquoi la manifester « sournoisement » dès lors que le HCE, qui avait pleine compétence pour le nommer, avait la même compétence pour mettre fin ouvertement à sa mission sans recourir à quelque manœuvre que ce soit. Sur un autre plan, soutenir que l’appel au FMI conduit à « décréter, délibérément, de dévaloriser la signature de notre Etat » (p. 163) laisse entendre que notre ex-chef du gouvernement était le défenseur unique de la fierté nationale, puisque ceux qui, comme nous avions en définitive opté pour le rééchelonnement de la dette menèrent « délibérément » le pays dans la voie de l’indignité.

    Comme il est établi, qu’à son départ, nous disposions de réserves en devises, à peine suffisantes pour assurer deux mois d’importation de produits alimentaires, on se demande alors si son obstination n’allait pas provoquer des « émeutes de la faim » qui ont secoué tant de pays.A propos du Code des Investissements de 1993 sur lequel se penche le HCE, notre désaccord porte non pas sur la nécessité de poursuivre la corruption et le blanchiment d’argent, mais sur le moyen le plus efficace d’inviter les étrangers à investir et les nationaux à rapatrier les capitaux qui avaient fui le pays. Ces capitaux, quelle qu’en soit l’origine, avions-nous intérêt à les voir réinvestis dans notre économie nationale (à défaut de quoi les étrangers hésitaient à répondre à nos appels) ou fructifier dans le pays d’accueil comme la Suisse, le Luxembourg ou les Bahamas ? Alors que nous sommes demandeurs d’investissements, faut-il pour des raisons morales – au demeurant fort louables – tarir les sources de capitaux susceptibles de s’investir chez nous ?

    Il n’y eut pas d’autre raison qui justifia le rejet de contrôle d’origine des fonds apportés, ajoutée par Abdesselam au projet de code que le HCE avait approuvé. Toute autre supputation sur l’intérêt des « gros importateurs connus sur la place commerciale algérienne pour les juteuses opérations qu’ils avaient réalisées » (p. 173) est inopérante et n’a aucun sens économique. Les fonds de ces importateurs, placés à l’étranger, nous échappaient de toute façon, allions-nous les menacer encore, à tel point que cette fuite le soit sans retour et que ces capitaux soient définitivement perdus pour l’Algérie ? Dans sa critique méprisante, notre censeur se fait une piètre opinion du HCE tant sa critique en est méprisante, ce même organe dont il a accepté une investiture légale ainsi que sa destitution. Il affirme (p. 208) : « Ainsi, au sein de l’instance qui exerçait, de manière collective, la magistrature suprême de l’Etat et concentrait entre ses mains tous les pouvoirs législatifs et exécutifs définis par la Constitution, on se proposait de faire le bilan d’une année d’action gouvernementale et de fixer l’avenir du pays en une période cruciale de son histoire comme entre amis, on décide brusquement, au détour d’une promenade ou d’une séance de jeux quelconque, d’aller prendre un pot autour de la table d’un café ou de déjeuner sur le pouce, tout en devisant des affaires du pays. »

    Voilà donc cette équipe d’amateurs incapables, désinvoltes, insignifiants, qui tout de même se sont investis pour éviter au pays de sombrer dans les ténèbres d’une théocratie des âges révolus et préserver vaille que vaille les institutions du pays. Mais au constat de l’incapacité, de la désinvolture, de l’insignifiance des hommes qui l’ont désigné comme chef du gouvernement que n’a-t-il démissionné aussitôt ? Comment, lorsque l’on se drape de la dignité d’un « révolutionnaire authentique », d’un « nationaliste intransigeant », accepter une mission confiée par de tels « incapables » ? Mais surtout, pourquoi avoir courageusement attendu treize ans pour les dénoncer à l’opinion publique que l’on prétend « éclairer » ? Quant à la suspension du processus électoral, notre censeur accuse ceux qui la décidèrent de « putschistes », emboîtant allégrement le pas aux gens du FIS et autres intégristes. Pour lui, « la démission » provoquée du président Chadli avait procuré un alibi, bien peu convainquant d’ailleurs, pour couvrir le coup de force par lequel a été opéré le changement intervenu dans les institutions du pays en janvier 1992 (p. 271).

    Si le pouvoir issu des événements de janvier 1992 n’est que le produit d’un coup d’Etat, donc illégitime, pourquoi alors accepter d’être investi par des « usurpateurs » et de se prétendre soi-même indemne de toute impureté ? Accepter de servir les auteurs d’un coup de force, c’est s’en rendre complice. Mais trêve de polémique.Résumons-nous. Le HCE, dont je faisais partie, je le répète, a œuvré dans la transparence absolue en publiant chaque semaine un communiqué synthétisant ses activités. Il n’a eu aucune ambition, refusant d’entendre le chant des sirènes qui l’imploraient de poursuivre sa mission au-delà du délai de deux ans fixé par la proclamation du 14 janvier 1994, que nous avions déclaré respecter par serment prêté sur le Saint Coran. Pour éviter toute ambiguïté sur leur engagement, les membres du HCE ont solennellement déclaré qu’ils ne brigueraient aucun mandat à l’issue de leur mission. Promesse tenue. Quoi dire en définitive ? Que Dieu apporte la sérénité aux cœurs tourmentés et inspire plus de sagesse à Monsieur Abdesselam à qui préserverait sa pudeur, en s’abstenant de lancer dans les médias internationaux des affirmations nuisibles à l’image du pays. En ce domaine plus que dans d’autres, rappelons que le silence est d’or.


  2. #16
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  3. #17
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    La dernière sortie publique de Khaled Nezzar semble avoir sérieusement ébranlé l’ancien chef de gouvernement, Belaïd Abdesselam:

    Alger, Dimanche 5 Aout 2007 -- Manifestement, le successeur de Sid-Ahmed Ghozali à la tête du gouvernement ne s’attendait pas à la réaction de Nezzar. En tout cas, à en juger par le langage qu’il utilisera en réagissant aux propos de l’ex-ministre de la Défense. Dans un entretien avec nos confrères de Djazaïr News, l’homme perd toute circonspection, préférant l’invective et l’attaque personnelle à l’argument politique.

    “Cet homme a perdu la tête, il est fou”, dira d’emblée Belaïd Abdesselam à propos de Nezzar. “Il est devenu sénile, il raconte des mensonges !” Ahurissant ! “Il ment lorsqu’il prétend que nous nous sommes rencontrés deux jours de suite au domicile de Ali Kafi. La vérité est que nous nous sommes rencontrés le 18 juillet 1993 à la Présidence sans pour autant aboutir à un accord et nous nous sommes séparés sur un différend. Nous nous sommes ensuite fixé rendez- vous au domicile du président du Comité d’Etat, Ali Kafi, à Palm- Beach.” Il ne s’arrête pas là ! “Il ment également lorsqu’il prétend que nous nous sommes rencontrés en tête à tête à la résidence Dar-El-Afia. Etait présent avec nous le président du Haut Comité d’Etat.”

    Et ce n’est pas fini ! Après les louanges faits à Nezzar dans son pamphlet sur le Net, le voilà qu’il l’accuse d’avoir “terni l’image de l’Algérie en parlant dans des tribunaux étrangers, français de surcroît”. Ici, Belaïd Abdesselam reproche à Nezzar le procès intenté, en février 2001, à un certain Souaïdia auquel les éditions La Découverte et la grande famille “qui-tuequiste” de laquelle se proclame Abdesselam ont fait écrire un “sale livre” dans le genre “l’armée massacre des civils avec de fausses barbes, etc.” L’on se rappelle que l’ancien ministre de la Défense affrontait, ce jour-là, des “témoins” allant de dirigeants du sinistre FIS à Hocine Aït- Ahmed, en passant par d’obscurs militaires déserteurs. La “crème” de Sant’Egidio réglant ses comptes à l’Algérie démocratique et républicaine, celle qui subissait et combattait, de ce côtéci de la Méditerranée, les “moudjahidine de l’opposition réelle”.

    La courageuse initiative de l’exhomme fort de l’armée et du pouvoir algérien combattant tout ce beau monde dans leur propre fief parisien est assimilée par Abdesselam à une “atteinte à l’image de l’Algérie”. Lequel Abdesselam qui, il y a à peine une semaine, a cru faire de ce grand personnage de l’Algérie indépendante un allié de taille dans “sa guerre” contre tous ceux qui, militaires ou civils, ont contribué à l’arrêt du processus électoral. En voulant “isoler” les généraux Touati, Mohamed Lamari et tous ceux qui symbolisent le combat anti-intégriste, Belaïd Abdesselam se voit interpellé par leur chef de file, Khaled Nezzar. N’étant pas un novice en la matière, l’ancien chef de gouvernement, qui n’agit assurément pas en solitaire lui aussi, sait, désormais, qu’il a affaire à toute l’armée. D’où sa panique et cette escalade dangereuse dans l’accusation : “La plus grosse erreur commise par Houari Boumediene est d’avoir laissé l’armée entre les mains de cet individu et celle d’”El Mokh” Touati. Et je crois qu’il s’en était rendu compte, mais c’était trop tard. Et aujourd’hui, il faut que l’on s’entende sur la mort de Boumediene” (!?) C’en est là une très grave insinuation et un front nouveau d’ouvert. Décidément, “la polémique” ne fait que commencer…


  4. #18
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    Mohamed Badaoui :

    Dimanche 5 aout 2007 -- Dans un choc saisissant, le passé, le présent et l’avenir se sont violemment télescopés la semaine dernière sous l’effet d’une réplique sismique dont l’épicentre historique se situe au début des années 1990. Cette secousse politique, économique et militaire de forte magnitude a été provoquée par le déplacement inattendu de l’une des plus anciennes plaques tectoniques du pays : Belaïd Abdesselam, ancien patron de l’énergie, architecte de l’industrie industrialisante, puis chef du gouvernent sous le HCE.

    Cet homme qui est, aux yeux de ses détracteurs, le symbole de l’archaïsme socialiste, est descendu dans la rue ou plutôt dans l’autoroute de l’information pour se replacer au devant de la scène. Après un époustouflant mouvement en queue de poisson, il a réussi à dérouter deux grosses cylindrées : le général Touati, cerveau politique de l’armée, et le général Nezzar, l’un de ses plus puissants vétérans.

    En balançant son brûlot sur Internet, l’ancien dauphin de Boumediene a utilisé une arme d’assaut postmoderne pour fustiger un des principaux défenseurs de la modernité en Algérie. Au-delà de la polémique que sa manœuvre a suscitée et sans préjuger de ses répercussions, c’est le champ choisi par Belaïd Abdesselam pour livrer cette bataille verbale qui étonne.

    En se transformant en cybernaute, ce pépé, qui était en poste à l’époque de Kim Il-sung et de l’ex-RDA, a fait preuve d’un redoutable sens de l’adaptation. Il a même troqué sa légendaire chapka pour une casquette de base-ball tout à fait américaine.


  5. #19
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    Belaid Abdesselam répond à Nezzar :


  6. #20
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    Lundi 6 aout 2007 -- L’ex-chef du gouvernement M. Sid Ahmed Ghozali a préféré ne pas rentrer dans la controverse suscitée par les mémoires de Belaid Abdesslem publiées sur Internet. Il a relevé que notre pays ne favorise pas le dialogue public, ce qui pousse les politiciens à tomber dans des labyrinthes mettant ainsi les personnes au cœur de la polémique.

    M. Sid Ahmed Ghozali a qualifié la dernière sortie de Belaid Abdesslem et les réactions qui y ont suivies de peu innocentes, vu qu’elles visent à défigurer la vérité. Il s’est interrogé sur l’avantage que tirera le citoyen de tels conflits personnels.

    Dans un entretien avec El Khabar, M. Ghozali a nié la spontanéité des confrontations qui font la une des lead de la presse nationale, ils visent, dira-t-il, plutôt à détourner l’attention de l’opinion publique nationale, ce qui n’est pas au service de l’intérêt publique de quelque manière que ce soit, car le système en place trouve sa béatitude quand les gens sont le plus loin de la réalité.

    L’ex-chef du gouvernement a regretté le grand intérêt porté par la presse aux détails de cette affaire même s’il souligne que la coquille dans laquelle le pouvoir s’enferme en est à l’origine, vu l’absence d’une donne actuelle à médiatiser.

    M. Ghozali a conclu par mettre l’accent sur le besoin pour le pays de mettre en relief les véritables problèmes qui tourmentent le citoyen, des problèmes bien connus et difficiles, et non à dénuder tel ou tel responsable, ou mettre en lumière des dossiers clos qui remontent aux années 90, d’autant plus que l’approche suivie ne vise pas à en tirer les enseignements.


  7. #21
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