Mercredi 1er Aout 2007 -- Djoudi Attoumi était, lundi après-midi à la librairie du Tiers-Monde, pour la vente-dédicace de son dernier ouvrage le Colonel Amirouche, à la croisée des chemins publié aux Editions Ryma.

Cet ouvrage est en fait le deuxième volet d’un premier ouvrage intitulé le Colonel Amirouche entre légende et histoire publié par la même maison d’édition en 2004.

L’auteur nous explique que, suite à ce premier ouvrage, il avait reçu beaucoup de courrier de lecteurs qui s’intéressent au personnage emblématique de la wilaya III, lors de la guerre de libération nationale.

Il explique à propos de ses motivations d’écriture et de l’intérêt qu’il porte au lion de la Soummam : «D’abord, je suis très influencé par le colonel Amirouche. C’était un ancien compagnon et j’ai eu l’honneur d’être à ses côtés. Je l’ai connu pendant toute la période du maquis et jusqu’à sa mort. Ensuite, ce qui m’a réellement motivé à me mettre à l’écriture, c’est tout le mal qui a été dit à son sujet, notamment par les écrits abominables d’officiers de l’armée coloniale française. Mais ce qui m’a fait plus mal, c’est que ces mensonges avaient été colportés par la bouche d’Algériens.»

Il poursuit avec beaucoup de conviction : «J’ai considéré alors que cela aurait été de la lâcheté de ma part si je ne rétablissais pas la vérité. Surtout que même la nouvelle génération commence à croire à ces mensonges et il devenait urgent pour le devoir de mémoire de celui qui a combattu pour la liberté de l’Algérie d’apporter mon témoignage.»

Djoudi Attoumi mettra ainsi en exergue le fait que «pour moi, c’est un autre combat à mener non pas avec les armes mais avec la plume. Il fallait absolument montrer le véritable visage du colonel Amirouche : sa modestie, son courage et toutes ses qualités morales. Montrer également le génie de Amirouche, meneur d’hommes, à la fois autoritaire, sympathique et paternel».

Le compagnon de Amirouche relatera avec beaucoup d’émotion l’anecdote de sa dernière rencontre avec le colonel : «J’avais demandé de partir avec lui en Tunisie, chose qu’il avait refusée et il m’a dit textuellement : Hna Imout Kaci. Je me suis alors fâché. Pour me consoler, il enlève une mitraillette à son secrétaire et me la remet en me disant : "Sois un homme.’’ Quand on s’est séparés, quinze jours après, il était mort.»

Il ajoute avec un soupir : «Si j’étais parti avec lui en Tunisie, je serais certainement mort à ses côtés, et je ne serais pas parmi vous aujourd’hui.»

Militant du MTLD dès 1953, Djoudi Attoumi rejoint le maquis en 1956, juste après le congrès de la Soummam ; il est affecté au PC de la wilaya III où il combattra le colonialisme français jusqu’à l’indépendance. Il est également l’auteur d’Avoir vingt ans dans le maquis, journal de guerre des années passées au combat (Avoir vingt ans dans les maquis – journal de guerre d’un combattant de l’ALN en wilaya III, 1956-1962).

Prochainement, il publiera deux autres ouvrages toujours sur la thématique de la guerre de libération et de son parcours d’officier de l’ALN dans la wilaya III. Il confiera pour conclure : «Je pense avoir réussi à présenter réellement qui était le colonel Amirouche. Un homme de cœur qui, malgré son faible niveau intellectuel, était un homme d’une grande compétence sur le terrain. Le colonel Amirouche portait dans cœur et son âme le combat pour la réalisation de la grande nation algérienne.»