Mardi 31 Juillet 2007 -- En déposant une gerbe de fleurs devant la stèle commémorative de la bataille d'El Mactaa, dans la commune de Mers El Hadjadj, rendant ainsi hommage aux martyrs de ce haut lieu de la résistance à l'invasion puis à l'occupation françaises, le président Bouteflika a souligné l'importance du devoir de mémoire pour la nation dont l'histoire reste malheureusement à écrire, surtout en ce qui concerne la période de la guerre de libération.
C'est l'Emir Abdelkader qui a conduit ce haut fait de la résistance contre l'armée coloniale, le 28 juin 1835, dans la région d'El Mactaa, à l'embouchure de l'oued qui a donné son nom à cette bataille, intervenue dans les limites administratives actuelles des wilayas de Mostaganem et d'Oran. Présentée par les historiens comme la plus importante des 116 batailles menées par l'Emir Abdelkader contre l'armée française, de 1830 à 1847, la bataille d'El Mactaa avait occasionné de lourdes pertes dans les rangs de l'envahisseur français qui compta plus de 1 000 soldats tués et 1 500 autres blessés.
A un moment où on assiste à une tentative de réhabilitation du fait colonial, assortie d'une démarche politique qui vise ni plus ni moins qu'à dédouaner la puissance colonisatrice de ses crimes et de ses exactions, il faut comprendre qu'un tel geste revêt une symbolique forte et qu'il rappelle aux Algériens combien ils doivent demeurer attachés à leur histoire et à leur mémoire.
Que des partis ou des hommes politiques en France tentent de décomplexer leur opinion publique quant à la face cachée du colonialisme dont tout le monde sait pourtant qu'elle fut particulièrement odieuse, c'est une chose. Que les partis et les hommes politiques algériens négligent, ou minimisent, l'importance du message qui doit être sans cesse ressassé et transmis aux générations futures, avec toute son émotion et sa véritable dimension, voilà le vrai défi qui exige une ambition autrement plus résolue que dans les déclarations, les discours et les résolutions de circonstance.
Par-delà la liesse manifeste des foules qui ont accueilli et acclamé le chef de l'Etat à Mostaganem et à Oran, conscientes de l'importance des inaugurations de sites socioéconomiques et des poses de la première pierre de futures réalisations quant à l'amélioration de leurs conditions de vie, il y a comme un raccourci saisissant entre l'image d'un recueillement à El Mactaa et celle d'une ville en fête, parée de ses plus beaux atours, entre lesquelles toute une page de l'Algérie en quête de son développement est inscrite. Baroud et fantasia font intimement partie de l'histoire et de la mémoire de l'Algérie et c'est un symbole aussi que de les voir se dérouler, en l'honneur du président de la République, tout au long du boulevard de la Soummam, assourdi par les karkabous et les zornas des troupes folkloriques mobilisées pour l'occasion.
Scènes en apparence banales mais qui en disent long sur le chemin parcouru par tout un peuple dont on a tenté, plus d'un siècle durant, d'effacer la personnalité et d'annihiler l'espérance. Que les historiens retroussent les manches et que les infrastructures de l'éducation, les troupes théâtrales, les cercles intellectuels entre débats et conférences, les médias conjuguent leurs efforts afin de rendre justice à cette épopée, en la retraçant le plus fidèlement et le plus objectivement possible. C'est là un devoir vis-à-vis de tous les martyrs qui, depuis l'Emir Abdelkader à Larbi Ben M'Hidi, ont payé le prix de l'exil ou du sang pour que vive l'Algérie.
C'est, en effet, l'un des messages les plus essentiels que la cérémonie d'El Mactaa délivre en cette période cruciale pour la réconciliation et la renaissance d'un pays en mal de justice et de développement.
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31st July 2007 22:20 #1
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Souvenirs d'Oran







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