Samedi 18 aout 2007 -- Ecrit dans un style romancé, l’ouvrage de Bellahsène Bali raconte au détail près les faits et les gestes, avec l’émotion d’un acteur qui a vécu ces événements de la guerre. «Noyé dans la confusion et l’obscurité, Abdallah perdit complètement la notion de l’espace, du temps et même du monde environnant. Il n’eut plus conscience que d’une chose : de sa souffrance.»

C’était en 1956, la guerre entrait dans sa troisième année, le peuple algérien était à cette époque passionné de cet idéal qu’était l’indépendance de l’Algérie. Les faits se passent à Tlemcen que l’auteur décrit minutieusement.

«La ville de Tlemcen est abritée du côté du sud par une haute montagne, une des branches de l’Atlas tellien qui, jadis, se couvrait de neige dès les premiers froids de l’hiver. Au Nord, elle couronne un escarpement assez élevé qui domine la plaine d’El-Mounya.» Illustrant de photos et de coupures de journaux de l’époque l’ouvrage, l’auteur tente de faire un travail de mémoire en reconstituant les faits et en les replaçant dans leur contexte social et historique par le biais de la description.

Mais, pour donner de l’action et une vie aux scènes qui se sont produites, l’auteur introduit le style direct. Dans la préface, le Dr El-Ghaouti Benssenouci écrit : «La guerre n’est pas faite seulement de faits d’armes ou de politique. Elle est faite de fibres et d’émotions. C’est une masse d’espoir, un espoir qui persiste malgré la tristesse : impulsion de joie emplie de peur, élans délirants, bonheur tellement insolite qu’il a toute la brutalité d’une jouissance. C’est un espoir qui vous emporte dans la démesure du tendre et de l’inhumain.»

En annexe du livre, l’auteur introduit une liste de martyrs de Tlemcen. Bellahsène Bali est né à Tlemcen le 17 septembre 1936. Il a participé à la guerre de libération nationale en qualité de fidaï en 1955, puis de moudjahid. Il fut blessé par balles en 1956 et par éclats de grenade et de mine en 1959. Les autorités coloniales l’avaient condamné à 10 ans d’emprisonnement en 1956, puis à 20 ans, avant de prononcer à son encontre la peine de mort la même année.

Responsable au sein d’une banque après l’indépendance de l’Algérie, il est actuellement en retraite. Le Rescapé de la ligne Morice est un ouvrage utile pour les étudiants, les historiens et tous ceux qui désirent connaître l’histoire de la guerre d’Algérie.