Samedi 18 Août 2007 -- Les évènements historiques du 20 Août 1955 ont constitué le thème d'une rencontre organisée par l'association Machaâl Echahid à l'intention de 200 enfants de la colonie de vacances Ibn-Badis de Sidi-Fredj (Alger). La rencontre, animée par le moudjahid Mohamed Bouslama, a porté sur une étape phare de la guerre de Libération, à savoir l'offensive du Nord constantinois du 20 Août 1955. Revenant sur le cours des évènements, l'intervenant a rappelé que le soulèvement qui s'est déclenché un samedi 20 août 1955 à 12h a duré trois jours et gagné l'ensemble des villages et douars du Nord constantinois.
M. Bouslama, qui était moudjahid dans la Wilaya II historique, a indiqué que le peuple algérien s'est soulevé comme un seul homme et montré par ses sacrifices que la Révolution algérienne était une révolution populaire. Les exploits du 20 Août 1955, a-t-il ajouté, ont préparé le terrain à la tenue du congrès de la Soummam en 1956, constituant ainsi deux étapes décisives de la guerre de libération dont l'histoire retiendra à jamais le nom des vaillants artisans. Le 20 Août 1955 a constitué un tournant décisif dans l'histoire de la Révolution algérienne après son déclenchement le 1er novembre 1954, a souligné le moudjahid Bouslama.
Le président de l'association Machaâl Echahid, M. Mohamed Abad, a indiqué pour sa part que l'organisation de cette rencontre de sensibilisation sur les évènements du 20 Août 1955 s'inscrit dans le cadre du programme consacré à la célébration de cette date. M. Abad a précisé que la rencontre, organisée chaque été depuis trois années par l'association, réunit des enfants des différentes wilayas du pays en vue de transmettre le message de la révolution aux générations montantes et de leur faire connaître les étapes de la glorieuse révolution et le sacrifice de ses héros.
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18th August 2007 20:39 #1
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Les évènements historiques du 20 Août 1955 et 1956
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19th August 2007 12:38 #2
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Dimanche 19 Aout 2007 -- L’Algérie commémore lundi le double anniversaire de l’offensive du nord constantinois en 1955, et du Congrès de la Soummam en 1956, qui ont eu lieu tous les deux un 20 août, proclamé journée du moudjahid, pour marquer l’importance des deux événements dans la réussite de la Révolution.
En 1955, alors que la lutte armée pour l’indépendance n’avait pas encore un an, les dirigeants de l’Armée de libération nationale (ALN) dans le nord constantinois décidèrent de lancer une grande opération contre une quarantaine de cibles militaires et économiques coloniales. Les objectifs de cette grande offensive de l’ALN, qui dura trois jours, étaient multiples. Il s’agissait de desserrer l’étau sur les Aurès, l’un des foyers de la révolution où l’on comptait le plus grand nombre de moudjahidine, et où l’armée française pesait de tout son poids pour tenter de tuer dans l’œuf l’expression de l’aspiration du peuple algérien à l’indépendance.
Le deuxième but recherché était de prouver sur le terrain l’étendue du soulèvement populaire contre le colonialisme, en mobilisant toutes les couches de la société algérienne dans la lutte armée. Il était également escompté d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la «question algérienne», après la décision du sommet afro-asiatique de Bandung (18-24 avril 1955) de la porter à l’ordre du jour de l’Assemblée générale de l’ONU.
Tous ces objectifs ont été atteints, mais la répression coloniale fut terrible : 12 000 morts recensés parmi la population de la région, des milliers d’arrestations suivies de tortures, d’exécutions collectives sommaires et de disparitions. Les exactions les plus barbares furent le fait des milices des colons, surpris que de simples paysans, qu’ils traitaient comme des esclaves, aient pris les armes contre eux, de Annaba à Constantine, de Skikda à El Milia et Jijel.
Si tous les objectifs de l’offensive du nord constantinois ont été atteints, cela est dû en grande partie à la minutie avec laquelle elle fut préparée. Le commandant de la zone II à l’époque, Zighoud Youcef, alors âgé de 34 ans, avait convoqué une «conférence générale» des militants de la région, du 25 juin au 1er juillet 1955, pour préparer l’offensive du 20 août.
C’est par référence à cette grande opération que les dirigeants du FLN décidèrent de convoquer, le 20 août 1956, un congrès rassemblant les dirigeants de toutes les zones et de l’extérieur. La verdoyante vallée de la Soummam, flanquée des hautes montagnes de la région d’Ifri, près de Béjaïa, fut choisie pour accueillir ce congrès, qui sera l’occasion d’une réorganisation complète des méthodes et structures du combat libérateur. Près de deux années s’étaient alors écoulées depuis le déclenchement de la guerre d’indépendance nationale et le FLN estimait que le temps de la contre-offensive générale et multiforme était venu, sur la base de la priorité à donner à l’action armée.
«Comment organiser et diriger des millions d’hommes dans un gigantesque combat, comment imposer à l’Etat français des négociations sur la base de l’indépendance, comment mener à la victoire un combat patriotique [...] telles étaient les questions auxquelles les responsables du FLN [...] étaient tenus de répondre pour empêcher que l’enthousiasme populaire spontané ne s’affaiblisse sous les coups répétés de la répression du régime colonial pour lequel, aux dires de l’un de ses ministres, ‘’la seule négociation, c’est la guerre’’», a résumé le président Abdelaziz Bouteflika dans un discours à l’occasion du 60ème anniversaire du congrès, en 2006.
Il en découla d’importantes décisions qui favorisèrent la réussite de la révolution et jetèrent les bases, par la suite, de l’édification de l’Etat algérien moderne. Il s’agit en particulier de l’adoption du principe de la direction collégiale, à travers la mise en place d’un Conseil national de la révolution algérienne (CNRA) composé de 34 membres et d’un Comité de coordination et d’exécution (CCE) composé de 5 membres.
Le territoire national a été divisé en 6 wilayas - en plus de la zone autonome d’Alger -, incorporant pour la première fois le Sud. Ces wilayas historiques, étaient elles-mêmes subdivisées en zones et ces dernières en secteurs. Le Congrès de la Soummam a également institué les grades militaires et les titres pour les responsables et militants civils. Les commémorations cette année du double anniversaire de l’offensive du nord constantinois et du Congrès de la Soummam ont pour slogan : «20 Août, résistance et défi».
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19th August 2007 12:44 #3
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Dimanche 19 Aout 2007 -- La continuité entre les générations de Novembre et de l’indépendance est importante en ce sens qu’elle permet de barrer la route aux contrevérités et tromperies autour de certaines dates historiques de la glorieuse révolution, à l’instar des événements des 20 Août 1955 et 1956. Lors d’une rencontre-débat à la Bibliothèque nationale en commémoration du double anniversaire des 20 Août 1955 et 1956, les participants ont mis l’accent sur la responsabilité historique qui incombe à la génération de Novembre appelée à transmettre la vérité sur la révolution nationale à la génération montante en vue de barrer la route aux thèses fallacieuses sur les événements historiques véhiculées par certaines parties.
Pour la moudjahida Louiza Ighil Ahriz, l’école algérienne a une grande part de responsabilité en la matière. L’école, a-t-elle souligné, doit transmettre l’histoire de la révolution aux élèves à travers une explication approfondie des événements historiques du 20 Août 1955 et du Congrès de la Soummam de 1956, se référant aux témoignages vivants de la génération de la révolution. «Ces glorieux événements étaient dans la continuité du processus révolutionnaire qui a démarré en novembre pour mettre fin à l’humiliation que nous a fait subir la colonisation française», a encore souligné la moudjahida, ajoutant que «le déclenchement de la révolution n’était pas fortuit mais une réalité à laquelle le peuple algérien a cru».
Le secrétaire national de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), M. Hadri Abdelaziz, a, de son côté, souligné que beaucoup de vérités demeuraient inconnues sur les événements des 20 Août 1955 et 1956. C’est à la génération de l’indépendance de faire la lumière sur ces événements, a-t-il insisté. M. Hadri a, par ailleurs, évoqué les dimensions de l’offensive du Nord Constantinois et du Congrès de la Soummam intervenus peu de temps après le déclenchement de la révolution «qui était le fruit d’un travail de fond mené par le Mouvement national uni par l’esprit nationaliste et épris de liberté».
Revenant sur l’offensive historique du Nord Constantinois menée par le héros Zirout Youcef pour desserrer l’étau autour de la région des Aurès, M. Hadri a énuméré les nombreux objectifs visés par ces opérations, dont le plus important, a-t-il estimé, «était de réaffirmer la dimension globale de la révolution et de faire porter sa voix sur la scène internationale, outre la volonté d’exprimer l’esprit de solidarité avec le peuple marocain, les événements en question ayant coïncidé avec le 2ème anniversaire de l’exil du roi Mohamed V.» Redoublant de férocité, l’armée coloniale a riposté en isolant la région entière avant d’y mener une vaste campagne punitive, qui avait fait plus de 12 000 martyrs victimes de la torture et de l’oppression.
Quant au Congrès de la Soummam, il a été «un tournant décisif dans l’histoire de la révolution, et ce, sur les plans organisationnel, politique et militaire», a soutenu M. Hadri, rappelant que ce rendez-vous historique a constitué «l’acte constitutif de la lutte armée». Le conférencier n’a pas manqué d’illustrer les décisions de ce Congrès, tels «le découpage du territoire national en six wilayas historiques, l’institution des grades militaires pour les dirigeants de la révolution et la création des instances dirigeantes, à l’instar du Conseil national de la révolution algérienne [CNRA] et du Comité de coordination et d’exécution».
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20th August 2007 01:38 #4
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Chaffik Benhacene :

Lundi 20 Aout 2007 -- Il y a cinquante-deux ans, ce jour, était lancée la grande offensive du Nord-Constantinois sous la direction de Zighoud Youcef -Si Ahmed pour tous ses compagnons- chef de la zone II dont il avait hérité la direction après la disparition de Si Abdelkader Mourad Didouche en janvier 1955. Cet événement relève désormais et principalement du travail des historiens et la meilleure des preuves en est le dessèchement quasi irréversible des rites commémoratifs institués dont les processions officielles se condamnent, au mieux, à l'exercice obligé et à la répétition. On rappellera donc, c'est la loi du genre, la solidarité avec le peuple frère du Maroc et on glorifiera l'engagement d'un peuple sous la bannière du FLN/ALN, étant entendu que la victoire était de toute manière inéluctable, et ceux qui sont payés pour se mettre en place pour la prochaine sortie, celle du 1er novembre.
Sur un autre registre, l'antienne, de moins en moins discutée, veut que de toute manière ces «histoires n'intéressent plus personne et les jeunes aspirent à vivre et que, pour eux, ce passé, d'ailleurs hanté par les mensonges, est considéré comme révolu». Ce désenchantement national est bien réel et ne couvre pas exclusivement la seule guerre d'indépendance, et en faire le constat ne signifie en rien s'y résigner. Du reste, le président de la République ne s'y trompe pas, il a fustigé plus d'une fois, dans ses récentes interventions publiques, «l'ignorance des jeunes Algériens de leur histoire».
Un pénultième procès des mensonges du régime, des occultations, et plus généralement de l’instrumentation du passé - qui peuvent autoriser, entre autres choses, un Ben Bella à faire le procès d’un Abane -, s’il demeure à tous égards nécessaire, peut tout autant paraître en décalage par rapport aux évolutions que connaissent, en particulier, les champs politique et intellectuel français dans leurs rapports avec le passé colonial de la France ; et s’il est un fait qui frappe, à cet égard, c’est cet autisme algérien qui consiste à n’envisager la séquence de la colonisation et/ou de la guerre d’indépendance que sous les seuls auspices nationaux.
De ce point de vue, il est presque cruel de relever la quasi-sécheresse éditoriale nationale en la matière ou encore l’absence notable des historiens algériens du champ des recherches les plus porteuses - ainsi, à titre d’exemple, que n’a-t-on invoqué, sur le ton de l’incantation, les massacres de mai 1945 alors que la thèse sans doute la plus originale sur le sujet sera soutenue en septembre prochain par Jean-Pierre Peyroulou, représentant de la nouvelle génération de chercheurs français - et l’Algérie paie aujourd’hui les complaisances vis-à-vis de ceux qui, sous le fallacieux argument identitaire, ont imposé les falsifications néo-islahistes comme vérités officielles dûment enseignées dans les lycées et dans les universités algériennes.
Ainsi donc, et avec tout le respect que l’on doit aux contributions de Abdelhamid Benbadis ou de Bachir Brahimi - qui furent assurément éminentes -, le devoir de mémoire prioritaire, aujourd’hui plus particulièrement, doit rappeler les figures des insurgés dont celle de Si Ahmed Zighoud et de ses compagnons, ceux qui ont, en toute conscience, fait le choix d’opposer la violence des opprimés à celle totalitaire d’un système colonial qui a, non seulement, dépossédé les Algériens de leur terre -de leurs langues, de leurs référents culturels- mais essentiellement de leur humanité, violentée, niée. Dans leurs rapports avec l’ordre colonial et avec ceux qui en cultivent la nostalgie ou s’appliquent à sa défense, les Algériens ne peuvent ni ne doivent perdre de vue que telle est encore la question nodale.
Sous-estiment-ils alors -ou, pire, ignorent-ils- les glissements opérés ces dernières années en France au sein de l’opinion et qui ont pu autoriser l’audience accordée par le candidat Sarkozy, la veille de l’élection présidentielle, aux représentants du lobby des rapatriés, expression patentée des tenants de l’Algérie française, et des engagements publiquement pris dans une correspondance rendue publique qui, au fond, s’inscrivent tout à fait dans la logique de la loi de février 2005 dont l’initiative parlementaire revenait à l’UMP alors présidée par le même Sarkozy.
Un exemple, pour rendre perceptible ce qui est actuellement en jeu et qui se rattache précisément aux événements du 20 août 1955. Dans le récit qu’il en fait, dès la fin des années soixante, Yves Courrière, qui avait couvert le conflit en qualité de correspondant de guerre, note à propos de la répression qui s’en était suivie. «Le bilan dressé par les hommes de l’ALN, qui, pour la première fois dans le Constantinois, procèdent à un travail de recensement énorme, douar par douar, mechta par mechta, est de douze mille morts et disparus. Des listes avec des noms et des adresses sont établies. Irréfutables», estime alors le premier auteur à revenir de manière relativement informée sur la guerre algérienne d’indépendance.
Quarante ans plus tard et sur un site Internet, on peut lire, sous la plume d’un certain Jean Monneret, la critique suivante du travail de l’historienne Raphaëlle Branche : «Mme Branche semble ignorer que le FLN a pratiqué le terrorisme durant la guerre d’Algérie. Dans son livre [l’Armée française et la torture], elle évoque l’activité dudit FLN par de remarquables euphémismes : le front commet des [attentats], il [conteste l’ordre colonial]. Les massacres racistes d’août 1955, ordonnés par Zighout Youcef, deviennent [le soulèvement coordonné de milliers de paysans]. Il s’en est suivi une répression naturellement [féroce] dont le bilan de 12 000 victimes n’a jamais été infirmé. Il serait plus juste de dire que ce chiffre, fourni par le FLN, n’a jamais été confirmé.» Dans l’absolu, ce type de littérature, marqué au coin de la haine de l’autre - du musulman ou/du juif - si caractéristique de la culture de la minorité européenne d’Algérie, n’est ni neuf ni surprenant mais ce qui est en train de changer, outre le fait qu’elle s’expose au travers de nombreux sites sur le Net, est la prise en compte de ces thèses éculées par la droite dite républicaine, souvent au prix de reniements et de discutables raccourcis.
L’ancien président Chirac, en dépit de son attachement affirmé à la concrétisation d’un traité d’amitié avec l’Algérie, s’est trouvé consentir des gages sur la question des harkis, entre autres, érigés par ce courant tout à fait abusivement en victimes. Est-il besoin ici de renvoyer au témoignage de Constantin Melnik, chargé des questions de sécurité dans le cabinet de l’ancien Premier ministre Michel Debré, sur la barbarie de ces mêmes harkis lors des massacres du 17 octobre à Paris, pour ne pas évoquer une mémoire algérienne de ce que furent et ce que firent ces supplétifs de l’armée française. Il importe ici de relever que sur ces questions proprement historiques, l’option récurrente de faire du travail des historiens la voie royale vers «l’apaisement des mémoires» se délite.....
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20th August 2007 01:39 #5
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continued.....
Le moins que l’on puisse observer est que sur fond de montée en puissance des thèses dites révisionnistes - celles qui contestent par exemple les chiffres des victimes algériennes de la répression ou de la guerre ou qui s’attachent à mettre sur un même pied de responsabilité l’ALN et l’armée de l’Etat colonial, et ces derniers mois, plus singulièrement, à mettre en cause toute idée de repentance -, la droite aux affaires, notamment au niveau municipal ou régional, réinscrit dans l’espace public les actes et les acteurs les plus controversés du passé pour le moins entaché de la France en guerre d’Algérie.
En est-il ainsi depuis quelques années déjà, particulièrement dans le sud de la France, où se banalisent les hommages aux tueurs de l’OAS. Tout récemment, la municipalité de Perpignan, dirigée par un cacique de l’UMP - le sénateur Alduy - a connu une très large mobilisation d’associations de la société civile et de défense des droits contre la prétention annoncée d’organiser une manifestation au pied d’une stèle érigée en l’honneur des hommes de l’OAS. Quelque quarante et une organisations, opposées par ailleurs au projet de la mairie d’ériger un musée à la gloire de la colonisation, avaient en effet alerté l’opinion et amené le préfet et le maire à annuler la manifestation instituée depuis quatre années maintenant par l’Adimad.
Ce retour dans l’espace public de ce qui, au mieux, relèverait d’une manière d’archaïsme, procède d’évidence de la stratégie clairement énoncée par l’ancien président de l’UMP de chasser sur les terres de Le Pen dont on sait qu’une part au moins de ses réserves électorales est constituée de rapatriés d’Algérie. La récente tribune signée, dans Libération par Catherine Coquery-Vidrovtich, Gilles Manceron et Benjamin Stora, éclaire précisément la nature des enjeux de cette démarche du chef de l’Etat français dont il convient alors d’accorder toute leur profondeur aux propos tenus lors de son passage dans la capitale algérienne le 11 juillet dernier. Il n’était pas, en effet, venu «pour s’excuser» et ce qu’il faut bien entendre par-là est qu’il ne s’agit en rien d’une posture circonstancielle, que la remise en cause du projet d’amitié envisagé ne tient pas tant à un désir de se distinguer ou de se délier de la gestion du dossier Algérie par son prédécesseur qu’au sentiment qu’il exprime quant au fond, le nouveau rapport de force au sein de la société française, y compris dans sa prise en charge du rapport au passé colonial.
Dit plus explicitement, c’est, bien sûr, un profond courant idéologique de remise en question de l’anticolonialisme que s’adosse le président de la République française dans la définition de ce qu’il appelle «un partenariat d’exception» avec l’Algérie qui doit passer, d’une manière ou d’une autre, par la renonciation à la reconnaissance par la France de ses crimes coloniaux. Les exemples ne manquent pas dans l’actualité politique et médiatique française, validant les prétentions de ce courant à remettre les pendules françaises à l’heure des missions civilisatrices de la France.
Le harcèlement - il n’y a pas d’autre mot pour celui qui prend connaissance des courriers adressés - dont fait l’objet l’historien Benjamin Stora à chacune de ses sorties publiques de la part des sites pieds-noirs en offre un exemple édifiant. Insultes, menaces, - en temps de guerre, les propos de Benjamin Stora se seraient traduits par un jugement de haute trahison en cour martiale avec exécution capitale - et le procès fait à cet auteur, dont l’autorité est justement reconnue au plan international, tient notamment au rappel qu’il fait, que plus de quarante ans après la fin du conflit, il se trouve encore en France des personnes qui ne se font toujours pas à l’indépendance de l’Algérie.
Sur ce plan, il y a au moins lieu de marquer les colères sélectives de l’establishment parisien si prompt à s’émouvoir des menaces adressées à un obscur professeur de lycée par les islamistes, en fermant l’œil sur des propos qui, en toute équité, auraient dû requérir l’intervention de la justice. Ce qui prête à inquiétude, c’est que ce type de dérives puisse trouver des balises à prétention académique. La lecture que fait l’historien Savarese, de l’université de Perpignan, de l’ouvrage de Jeanine Verdes-Leroux - plutôt connue pour ses travaux sur le communisme - consacré aux «Français d’Algérie», donne à réfléchir, en concluant “à la capitulation de l’histoire devant la mémoire de natifs de l’Algérie coloniale” ; conclusion d’autant plus à prendre en considération que cet auteur est en charge de la direction d’un ouvrage censé couvrir l’histoire de l’Algérie des origines à nos jours.
Ces mouvements divers de reconfiguration idéologique appellent, en Algérie même, autre chose qu’un vague communiqué de condamnation d’organismes satellites comme l’organisation des anciens moudjahidine ; cela d’autant plus que, visiblement, une part de la mémoire coloniale tend à se fixer en choix politiques de l’Etat français. Faut-il alors se résoudre à aller au-delàdes formules consacrées sur des «relations tumultueuses» ou encore «passionnelles», conventions qui exonèrent, à bien y réfléchir, le rapport colonial de ses tendances les plus lourdes et souvent aussi les plus criminelles.
Il s’agit d’histoire de peuples, et ici d’un peuple asservi, dépossédé, en droit de se reconstruire, et ne pouvant le faire qu’à la condition essentielle de parvenir à nommer les faits, situer les responsabilités politiques, morales - à ce sujet, même si effectivement le mot de repentance a une indiscutable connotation religieuse, elle pourrait tout à fait se trouver justifiée eu égard à la place notable de l’Eglise catholique dans le système de domination coloniale ; tous les prélats, en effet, ne s’appelaient pas Duval en Algérie - et de ce point de vue, la question de la responsabilité directe des Algériens, de leurs élites politiques et intellectuelles, est incontournable.
Cela fait maintenant des années que ceux qui, sur ce terrain tout à fait significatif de la recherche historique, demeurent surtout stériles, s’arrogent le rôle -est-il vraiment beau ?- de tirer sur tout ce qui pense, écrit hors des frontières et dont il faut bien entendre qu’elles sont moins celles du pays que du système qui le commande. Instruire le procès de la colonisation en Algérie est une tâche sérieuse, hautement spécialisée et surtout de très longue haleine.
Ce travail est celui des historiens, il a ses propres exigences et ses normes éthiques et professionnelles, dont la liberté d’esprit et l’accès aux sources, pour n’en citer que cela, continuent, - c’est une litote - à faire problème dans notre pays. Est-il besoin de rappeler, une fois de plus, toutes les raisons stratégiques d’une coopération saine et confiante entre l’Algérie et la France et de marquer, une fois de plus aussi, que l’apurement du contentieux colonial, qui en est l’une des conditions, ne se fera jamais sérieusement et durablement sur la seule base de l’idée que peut s’en faire un dirigeant français, fut-il président de la République.
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20th August 2007 01:48 #6
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Lundi 20 Aout 2007 -- Cinquante-deux ans plus tard, l'attaque contre le colonialisme français, le 20 août 1955, dans le nord constantinois, et les massacres des Algériens qui s'ensuivirent, ont laissé des traces indélébiles dans la mémoire de toute une génération d'Algériens et de ceux qui en ont été les acteurs ou les témoins. Ayant pour objectifs de desserrer l'étau sur les Aurès et la Kabylie et de prouver à la face du monde que la lutte déclenchée le 1er novembre 1954 était loin d'être une simple série d'actions de rébellion sans lendemains, confinée dans une zone précise, comme le prétendaient les médias français, et donner une nouvelle impulsion à la révolution par une implication plus importante de la population, l'attaque a été planifiée et menée par le chahid Zighoud Youcef, futur chef de la wilaya II historique.
Lorsqu'elle fut déclenchée, parmi les milliers d'Algériens y ayant pris part, «des dizaines n'avaient pour arme que des pioches et parfois de simples cannes», selon le témoignage de Abdallah Boudarsa, 71 ans.
Des groupes ont été désignés par Zighoud Youcef pour conduire l'action, mûrement préparée la veille, vendredi 19 août 1955, près du douar Souadek, non loin de l'endroit où tomba, sept mois auparavant, le chahid Didouche Mourad, chef de la zone qui allait devenir la wilaya II. Les combattants avaient pour objectif l'attaque du siège de la gendarmerie, de la caserne militaire, des lignes ferroviaires, des fermes des colons et de plusieurs centres d'intérêt français.
Seulement, certaines «péripéties» ont quelque peu altéré l'effet de surprise et précipité la riposte de l'armée coloniale, occasionnant des pertes en vies humaines dans les rangs des moudjahidine. La principale «péripétie» a concerné le groupe de combattants conduit par le chahid Amor Laïfa.
Ce dernier et ses compagnons avaient pris possession, de force, d'un camion de l'ex-EGA (Electricité et gaz d'Algérie), à bord duquel ils projetaient de s'approcher du village. Le chauffeur du véhicule, proche de l'administration coloniale, décida de s'engouffrer à toute vitesse dans le centre de «Condé-Smendou» obligeant les moudjahidine à l'abattre.
Ce coup de feu près du village donna l'alerte, si bien que plusieurs autres groupes furent accueillis par des crépitements d'armes, deux parmi ces groupes n'arrivant même pas à pénétrer dans l'agglomération.
Amor Laïfa et son groupe, pris de court, se positionnèrent non loin du village, près d'une grande botte de foin. A l'approche des soldats français, plusieurs d'entre eux se cachèrent à l'intérieur de la botte et «furent brûlés vifs». Il s'agit de Boutaka Ramdane, Boudarsa Bouzid, Rikouh Tahar, Zerouana Bachir et Abdelli Mahmoud.
L'attaque du 20 août 1955, prévue pour durer 3 jours, reprit la nuit même puis le lendemain. Le 21 août, fut abattu, au centre de la localité, Zighoud Moussa, un proche parent de Youcef.
La découverte, sur son cadavre, de ses pièces d'identité mena les forces coloniales jusqu'au douar El Karmet où il résidait. «Deux avions et 14 hélicoptères pilonnèrent sans arrêt le douar, y supprimant toute trace de vie et brûlant tout ce qui pouvait l'être.»
El Karmet devint zone interdite et quiconque y était surpris était abattu sans sommation. Ce jour-là, des milliers d'Algériens ont été tués, massacrés dans les pires conditions par l'armée française d'occupation.
Cette attaque qui "allait faire trembler, jusque dans ses fondements, l'administration coloniale", témoigne de la détermination des Algériens du village, qui prirent fait et cause pour la lutte de libération nationale et la stratégie de Zighoud avec d'autant plus d'ardeur que le peuple était spolié et constamment humilié par les colons", ajoute-t-on.
Selon un moudjahid, dont l'évocation de cette date suscite l'émotion, le message de Zighoud Youcef a été saisi et le résultat fut largement atteint grâce à l'attaque du 20 août 1955.
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20th August 2007 15:04 #7
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Le 20 août 1955 et 1956 ravive les plaies et réclame le devoir de mémoire :
Lundi 20 août 2007 -- L’Algérie revisite aujourd’hui son histoire. Elle jettera un regard fier vers ces glorieux révolutionnaires – morts ou vivants – qui ont réussi l’épopée de Novembre.
Et un autre, chagriné, en direction de l’ancienne puissance coloniale dont les nouveaux maîtres s’entêtent, comme leurs devanciers, à se voiler la face pour ne pas reconnaître les méfaits de la France coloniale. Le temps de la commémoration du double anniversaire de la fameuse attaque du Nord-Constantinois le 20 août 1955 et du congrès de la Soummam qui avait donné une assise organisationnelle à la révolution, l’Algérie s’arrêtera aujourd’hui encore, jusqu’à ce que justice soit faite, sur la longue nuit coloniale qui aura laissé des milliers de cadavres, de veuves, d’orphelins et de dévastation, pour dire à toute l’humanité toute l’horreur vécue par le peuple algérien 132 années durant. Cette date symbole est aussi une occasion d’instruire et de sensibiliser les nouvelles générations afin qu’elles n’oublient pas l’indicible douleur vécue par nos aïeux pour que naisse enfin la République algérienne indépendante.
C’est donc un devoir de mémoire interne que de rappeler ces pages glorieuses de la lutte – politique et militaire – de libération nationale écrites par de vaillants maquisards, à l’image de Abane Ramdane, Larbi Ben M’hidi, Mohamed Boudiaf, Benyoucef Benkhedda, Mohamed Khider, Hocine Aït Ahmed, Krim Belkacem, Ourida Meddad et Djamila Bouhired. C’est aussi une belle opportunité de rafraîchir la mémoire à quelques nostalgiques de l’Algérie française qui veulent transformer l’entreprise génocidaire à laquelle s’était livrée l’armée coloniale en mission civilisatrice par une alchimie dont seule la droite française connaît le secret. Mais tel un fantôme, les exactions de la France en Algérie hanteront les esprits des responsables de ce pays aussi longtemps qu’ils n’auront pas libéré leur conscience.
45 ans après l’indépendance et 51 ans après le congrès de la Soummam, la douleur reste vive, très vive, pour que la France se permette de compter sur l’usure du temps pour apaiser les cœurs et se dédouaner de son devoir de mémoire. En l’occurrence, la politique spectacle du président Sarkozy, qui tente de se soustraire en tant chef d’Etat à ce devoir – dont seuls les grands hommes en sont capables au demeurant – en invoquant sa non-implication personnelle dans la sale guerre, n’est rien d’autre qu’une fuite en avant. Fallait-il à ce point privatiser l’héritage historique de la France pour décider aussi péremptoirement de faire table rase du passé ? Nicolas Sarkozy a malheureusement enfilé l’uniforme de Napoléon chez nous à Zeralda pour nous asséner ses « vérités et ses convictions ». « Je ne suis pas venu m’excuser (…), je ne souhaite pas être blessé par des amis. » Sarkozy aime l’Algérie, mais d’une certaine manière. Il l’aime à partir de 1962… Le reste, tout le reste, ne serait que de l’histoire dont « on retrouve des blessures de part et d’autre » sic.
Le président de la France s’en lave donc les mains. Un tel discours fait assurément mal, surtout quand il est prononcé ici même en Algérie. Mais tel un goulot, la France officielle traînera cette histoire-là et son lourd passif dans ses rapports futurs avec l’Algérie. Le 20 août, le 5 juillet, le 1er novembre, le 17 octobre et le 8 mai seront ces balises qui illumineront la voie des nouvelles générations dont se réclame justement Nicolas Sarkozy. Il a du reste pu vérifier la permanence de ce sentiment d’injustice des populations colonisées lors de son passage mouvementé au Sénégal, il y a quelques semaines. Ce jour-là, Sarkozy a concédé que la colonisation fut une « faute ». C’est tout de même un petit pas vers le long chemin du pardon.







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