Mardi 19 Octobre -- Il y a encore quelques semaines, une telle annonce aurait provoqué un tollé parmi les officiels algériens. Mais Alger ayant décidé il y a quelques jours de réchauffer ses relations avec Paris, l’annonce ce mardi 19 octobre par la France du lancement de la « Fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie », ne devrait susciter aucune critique en Algérie.
Pourtant, cette initiative française est à la limite de l’hostilité à l’égard de l’Algérie. Cette Fondation, voulue par l'ancien président Jacques Chirac, était inscrite dans la controversée loi du 23 février 2005 « portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés ». Mis un temps de côté après la polémique sur la référence aux « aspects positifs de la colonisation » - supprimée depuis, le projet avait été relancé fin 2007 par Nicolas Sarkozy. Mais l’esprit de la loi est très présent dans cette fondation qui a officiellement été installée par le Secrétaire d'Etat français à la Défense et aux anciens combattants, Hubert Falco.
La présidence de la Fondation a été confiée à Claude Bébéar. Ce grand patron, fondateur du groupe d’assurances Axa, ancien lieutenant de l’armée française pendant la Guerre d’Algérie, est connu pour sa double proximité avec le Maroc et les milieux harkis et rapatriés en France. M. Bébéar est membre du Cercle d’amitié franco-marocain, une association de lobbying en faveur du Maroc basée en France. À ce titre, il œuvre en faveur d’un soutien fort de Paris à Rabat dans tous les domaines, notamment économique et diplomatique.
Même s’il milite en faveur de l’intégration des jeunes issus de l’immigration – il a notamment appuyé l’initiative du CV anonyme, Claude Bébéar est surtout connu pour sa proximité avec la communauté harkie et des rapatriés de la Guerre d’Algérie. « Il est très mal à l’aise avec l’Algérie. Il ne faut pas s’attendre de sa part à un geste fort en direction de l’Algérie dans le cadre de la nouvelle Fondation », explique un connaisseur des milieux politiques français. En fait, en mettant la Guerre d’Algérie et les combats en Tunisie et au Maroc au sein d’une même fondation, Paris a déjà donné le ton. La France cherche à noyer sa mauvaise conscience concernant l'Algérie dans les événements en Afrique du Nord.
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19th October 2010 20:48 #22
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Sonia Lyes :
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19th October 2010 20:52 #23
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Mardi 19 Octobre -- L'Union démocratique unioniste (UDU, opposition légale en Tunisie), a dénoncé l'installation en France de la Fondation pour la mémoire de la Guerre d'Algérie, appelant les peuples maghrébins à "contrer un esprit néo-colonial". "L'UDU dénonce fortement cette action qui consiste à légitimer des crimes coloniaux et ne fait que pérenniser ce même esprit colonial" de la France, a-t-il estimé mardi dans un communiqué parvenu à l'AFP. La "Fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie" qui veut oeuvrer à la réconciliation autour d'une "époque douloureuse" pour la France a été officiellement installée mardi à Paris. Selon l'UDU, la création de cette fondation est "contraire aux principes des droits de l'Homme les plus élémentaires, à l'initiative d'un pays qui se considère comme étant le défenseur des droits et des libertés dans le monde". "Nous appelons les forces nationales, les élites et les peuples du grand Maghreb à dénoncer cette action et à contrer cet esprit néo-colonial", a ajouté ce parti, qui estime agir "dans l'intérêt des relations franco-tunisiennes" et se défend de faire de la surenchère politique.







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