Mercredi 3 octobre 2007 -- L’Emir Abd El-Kader ni sultan ni imam est le titre d’un nouvel ouvrage d’Amar Belkhodja, qui vient de paraître chez Alpha éditions. Préfacé par Waciny Laredj, ce livre présente des articles de presse que le journaliste et chercheur en histoire, Amar Belkhodja, a consacré à l’émir Abd El-Kader de 1990 à 2000, en s’insurgeant contre la falsification, le mensonge et les détracteurs de tous bords du disciple de Mohamed Ibn Arabi.
Dans cet ouvrage de 181 pages, et en s’appuyant sur des archives, l’auteur fait le tour de l’histoire et du vécu de ce grand homme. L’émir Abd El-Kader est un personnage éminent et charismatique, inscrit au panthéon de l’histoire de l’Algérie contemporaine.
Fondateur d’un Etat moderne, humaniste et mystique, il ne cessa d’œuvrer au rapprochement de l’Orient et de l’Occident, ainsi qu’au dialogue des cultures et des religions. Après dix-sept années de lutte contre l’occupation française en Algérie, emprisonné puis libéré par Bonaparte, il s’exila en Turquie, puis en Syrie, où il se consacra à l’enseignement et à la méditation.
Il fut inhumé à Damas, aux côtés de son maître soufi, Ibn Arabi. Le livre en question est structuré en plusieurs parties : Musée et fondation Emir Abd El-Kader – Rachid Boudjedra et l’émir Abd El-Kader– Servir la vérité historique – Combattre la falsification et la calomnie – Les auxiliaires de l’armée française….
En plus de cette contribution à l’écriture de l’histoire, Amar Belkhodja a écrit d’autres ouvrages, s’attaquant cette fois-ci aux conquêtes coloniales européennes entreprises en terre d’Afrique, lesquelles conquêtes ont été considérées durant un temps comme une œuvre civilisatrice.
Dans cet autre livre intitulé la Barbarie coloniale, paru aux éditions ANEP, l’auteur s’est appuyé sur des archives, des articles de presse, en l’illustrant de photos. Cette publication englobe un grand nombre de pays et de peuples, tous marqués par l’entreprise sanglante du colonialisme.
Saisissant et richement documenté, le livre de Belkhodja invite le lecteur à découvrir les différentes formes d’exploitation et de massacres subis pendant des années, voire des siècles, par les populations africaines. «Il faudrait soutenir avec force que les conquêtes coloniales, toutes d’origine européenne, sont en tant que telles des crimes contre l’humanité […]», estime l’auteur, qui expose, avec des témoignages à l’appui, toute l’horreur du système colonial dans de nombreux pays africains comme le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, le Congo et la Côte d’Ivoire.
Le Congo à lui seul a perdu, entre 1885 et 1925, plus de 10 millions d’habitants, est-il indiqué. Concernant à l’Algérie, le bilan n’a jamais été établi. Les formes de cette barbarie sont multiples, constate-t-il. Les populations ont été réduites non seulement à la misère et à la torture mais aussi aux épidémies ravageuses et à une exploitation inhumaine.
«Des contingents d’hommes étaient répartis entre les domaines appartenant aux colons. On leur distribuait un salaire de misère[…]», souligne l’auteur, avant d’ajouter : «Les répressions et les massacres ne constituent que des échantillons d’innombrables méfaits du colonialisme.
Cette œuvre «malsaine» et «hideuse» est entreprise par des militaires sous les ordres de responsables politiques», accuse l’auteur. Cette publication, qui se veut un grand hommage aux victimes et aux martyrs de la guerre de libération, s’est particulièrement appuyée sur les travaux et témoignages du docteur Paul Vigné d’Octon (1859-1943), un parlementaire français qui fut le témoin, de 1889 à 1924, des crimes de la conquête de la Tunisie, du Maroc et d’une importante partie de l’Afrique noire.
A maintes reprises, ce député a eu à interpeller, avec indignation et dégoût, le gouvernement français sur les pillages et les massacres commis au nom du peuple français en Afrique. Comme disait Vigné d’Octon dans la Gloire du sabre, d’ailleurs cité par l’auteur, «la plupart de ses officiers, de ses généraux, comme la plupart de ses exploiteurs, n’ont d’autre gloire que celle de faciles exterminations coloniales.
Les soldats anglais portent la casaque rouge afin de ne pas trop se salir au cours de leurs nombreuses boucheries…». Il ajoute: «L’histoire de ces guerres est monstrueuse et déshonore à jamais le pays qui prétend tenir plus haut que les autres les flambeaux des civilisations».
La forte contribution d’Amar Belkhodja sera très utile aussi bien aux spécialistes de l’histoire qu’au grand public, qui y découvrira des témoignages accablants. Et comme l’écrivait Djilali Sari dans sa préface : «Les conquêtes coloniales ne sauraient mériter d’autre qualificatif que celui de crime contre l’humanité.»
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4th October 2007 01:59 #1
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Amar Belkhodja :







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