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  1. #36
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    Dimanche 11 Octobre 2009 -- Un rassemblement symbolique a eu lieu hier, vers la mi-journée, à Bab El Oued, à hauteur du lycée Emir Abdelkader, en face de la DGSN, en hommage aux victimes des événements d’octobre 1988. C’est Azwaw Hamou L’hadj, figure emblématique de l’association AVO 88 (association des victimes d’octobre 1988) qui est l’auteur de cette initiative. Azwaw était au nombre des innocents happés par une fusillade meurtrière un certain 10 octobre 1988 (lire notre article : « Azwaw, le bras désarmé d’Octobre », El Watan du 9 octobre 2009). Cet ancien artisan bijoutier avait alors été criblé de neuf balles qui lui coûteront son bras gauche et des séquelles indélébiles sur le visage. Il avait à peine 21 ans. Vingt-et-un ans après ces péripéties sanglantes, Azwaw a tenu à revenir sur les lieux du drame et déposer une gerbe de fleurs à la mémoire des chouhada d’octobre 1988, tout particulièrement les 39 victimes tombées ce jour-là. « Moi, je revendique un statut particulier pour les victimes d’Octobre en tant que victimes d’une bavure d’Etat et non d’un ‘accident de travail’ comme on nous désigne honteusement », nous explique-t-il. « C’est ici que je suis tombé », se remémore-t-il en désignant du chef un portail vert attenant au lycée Emir Abdelkader. « Voyez ce mur : il y a encore les impacts de balles qui témoignent de la boucherie. Ce mur-là par contre a été recouvert de ciment pour effacer les stigmates des automitrailleuses », poursuit notre ami avec émotion.

    Le rassemblement auquel avait appelé Azwaw a commencé à se former à partir de 10h30 au sein de l’un des cafés adossés au boulevard du 1er Novembre. Petit à petit, les gens ont commencé à s’agglutiner autour d’Azwaw. Parmi les présents, Yacine Teguia, membre du bureau national du MDS, Hakim Addad, secrétaire général de RAJ, l’opposant et journaliste Arezki Aït Larbi, le comédien Kader Farès Affak (personnage principal dans Gabla, de Tarik Teguia). Il y avait également des écrivains et journalistes dont le chroniqueur Chawki Amari ainsi que notre collègue Adlène Meddi. Portant une gerbe de fleurs, le cortège s’est ébranlé du café 1er Novembre en direction du lycée Emir Abdelkader. Azwaw a, alors, accroché avec son bras épargné par la machine de la répression la couronne de fleurs sur la grille du lycée, juste en face du bâtiment de la DGSN.

    Comme il fallait s’y attendre, la police n’a pas tardé à se manifester. Un officier de police en civil et en lunettes, arborant un talkie-walkie, accourut pour s’enquérir de l’objet de ce rassemblement qu’il avait jugé d’emblée menaçant pour l’ordre public. « N’touma chkoun ? Andkoum autorisation ? » (Qui êtes-vous ? Avez-vous une autorisation ?). « Les forces de l’ordre avaient-elles une autorisation quand elles ont arraché le bras d’Azwaw et canardé 39 citoyens algériens ? », rétorque-t-on. Arezki Aït Larbi enchaîne : « Nous sommes venus déposer une gerbe de fleurs, pas poser une bombe. » Les éléments de la police continuent d’affluer et envahissent en force le périmètre. « Qu’est-ce que je vais dire maintenant à mes supérieurs ? », revient à la charge l’officier en lunettes. Un autre policier en civil muni d’un talkie-walkie tente de calmer les esprits. « On veut bien vous laisser, mais cela risque de causer des débordements et on ne veut pas de ‘machakel’. Vous êtes quand même en face de la DGSN », implore-t-il. La sérénité l’emporte assez vite sur la colère et la cérémonie finit par se tenir malgré tout. Au préalable, la police s’empare de la pièce d’identité d’Azwaw en guise de gage. Une minute de silence est observée, suivie de quelques mots d’Azwaw. Il est revenu sur ce qui s’est passé ce funeste lundi 10 octobre 1988 en ayant une pensée émue pour celles et ceux qui sont tombés ce jour-là. Le geste, plus symbolique que bruyant, avait le goût d’une victoire sur l’amnésie. « L’important est de marquer le coup », se dit-on. Il est vrai qu’une simple gerbe de fleurs peut avoir raison d’une forêt de talkies-walkies…

  2. #37
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    Yazid Slimani :


    Lundi 4 Octobre 2010 -- Annoncés il y a plus de deux ans, les mémoires de Chadli Bendjedid ne sont toujours pas sortis. Depuis sa conférence publique, fin novembre à El Tarf dans l’est dans pays, dans laquelle il avait évoqué plusieurs dossiers gênants et sensibles, l’ancien président n’a plus parlé en public. Dans un premier temps, on avait pensé que le silence qui avait suivi la conférence d’El Tarf avait pour objectif de ne pas gêner la présidentielle de 2009. En fait, Chadli Bendjedid semble avoir été invité à garder le silence pour longtemps.

    Mais si Chadli Bendjedid ne s’est plus exprimé publiquement en Algérie, il a parlé à des chercheurs étrangers. Le quotidien Liberté rapporte dans son édition d’aujourd’hui les propos inédits et parfois surprenants que l'ancien président de la République a tenus dans une longue interview réalisée par deux chercheurs japonais spécialistes de l'Algérie et publiée dans The Journal of Sophia Asian studies. Parmi les sujets évoqués, les élections de 1991, le 5 octobre 1988 et la question amazighe.

    Concernant l'arrêt du processus électoral de 1991, Chadli Benjedid affirme ainsi: «il aurait fallu que nous respections le choix du peuple algérien et donner une chance au Front islamique du salut (FIS) de constituer son gouvernement». Et il nie avoir été forcé de quitter le pouvoir, mais affirme avoir démissionné de son propre chef. «J’étais pour le processus démocratique (…) mais les membres du FLN ont eu peur et ils m’ont demandé d’annuler les résultats des élections et de les refaire. J’ai refusé par respect à la constitution et à la promesse que je m’étais donnée quand j’avais juré sur le Coran de respecter la volonté du peuple algérien. (…) Quelle aurait été la réaction de l’opinion nationale et internationale si je les avais annulées ? Ils auraient pensé que les réformes qu’avait réalisées Chadli n’étaient qu’une manœuvre pour rester au pouvoir et c’est pour cette raison que j’ai décidé de tout quitter. J’ai déposé ma démission par respect au peuple algérien (…) . J’ai démissionné de mon plein gré sans pression d’une quelconque partie», explique ainsi l'ex-président.

    Il s'exprime également sans ambages sur la question amazighe. «L’amazighité est une sorte de tradition et de langue de quelques tribus appartenant à des civilisations et cultures prè-islamiques et il reste encore peu de tribus qui tiennent encore à ces origines. (…) L’amazighité est une langue qui est dépassée par le temps et qui ne pourra pas se développer. (…) La langue amazigh a disparu», affirme-t-il.

  3. #38
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    Imene Brahimi :


    Mardi 5 Octobre 2010 -- Le président de l’Assemblée populaire de wilaya (APW) de Tizi Ouzou n’a pas laissé passer l’occasion de la journée thématique organisée sur l’urbanisme, mardi 5 octobre, pour répondre à la sortie de Chadli Bendjedid au sujet de l’amazighité. Dans une déclaration lue en plénière, Mahfoud Belabbas estime qu’il est hors de question de faire l’impasse sur la symbolique de la date historique du 5 octobre. Il a insisté sur le fait que «des centaines de jeunes sont tombés durant cette période noire pour la liberté d’opinion, la liberté de conscience, les droits de l’Homme et la démocratie». Aux yeux de l’élu du RCD, aujourd’hui, les acquis semblent remis en cause. Il en veut pour preuve, la sortie médiatique de l’ex-président de la République qui a remis en cause l’amazighité de l’Algérie. À ce propos, le P/APW recommande la vigilance aux élus de la région qui ne doivent pas céder devant ces provocations, seule manière selon lui d’honorer les combats d’hier et d’aujourd’hui. M. Belabbas a également rendu hommage à l’islamologue Mohamed Arkoun, décédé récemment et enterré au Maroc. «Cet homme est mort dans l’anonymat. Il a été inhumé en terre étrangère parce que renié par les pouvoirs publics algériens qui ne lui ont même pas accordé une pensée», regrette-t-il, rappelant que Mohamed Arkoun avait toujours milité pour un islam des libertés. «À l’heure où l’obscurantisme revient dans notre pays, chacun a en tête l’affaire des non-jeûneurs de Aïn El Hammam qui a alimenté la chronique durant le mois sacré du Ramadhan», a-t-il conclu.

  4. #39
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    Yasmine Djaber :


    Mardi 5 Octobre 2010 -- Le rassemblement auquel a appelé, mardi à Alger, le Rassemblement Actions Jeunes (RAJ) pour commémorer symboliquement les événements du 5 octobre 19888 a été empêché par les autorités. Les services de sécurité, dépêchés en force sur les lieux, n’ont pas hésité à violenter et à malmener les organisateurs du rassemblement. Prévu à midi à la Place des Martyrs, le rassemblement avait à peine débuté que les forces de l’ordre ont intimé l’ordre aux responsables de RAJ, à leur tête son président Hakim Addad, de quitter les lieux. Hakim Addad a été empêché de procéder au traditionnel dépôt d’une gerbe de fleurs dans ce lieu symbolique qui fut le théâtre, 22 ans auparavant, de scènes d’arrestations de jeunes pendant que d’autres avaient été blessés ou sont morts sous les balles des forces de sécurité.

    Les services de sécurité ont également empêché le président de RAJ de lire la déclaration préparée pour la circonstance et dans laquelle cette organisation rappelle le sacrifice des jeunes algériens et le message qu’ils ont voulu lancer aux autorités lors de ces événements qualifiés à l’époque de «chahut de gamins». Un autre jeune militant de RAJ a été conduit au commissariat. Parmi les présents au rassemblement, figurent notamment l’Association des victimes du 5 octobre (AVO), SOS disparus, la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH), des militants du FFS, des députés du RCD et d’El islah… Mais vers 12h30, la manifestation a été annulée sous la pression des forces de sécurité et les manifestants dispersés.

  5. #40
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    Sonia Lyes :


    Mardi 5 Octobre 2010 -- L’association Rassemblement action jeunesse (RAJ) a dénoncé mardi «la féroce répression» qui s’est abattue sur les manifestants, qui ont tenté de se rassembler à la place des martyrs d'Ager pour commémorer le 22ème anniversaire des événements d’octobre 88. Quelques dizaines de personnes dont des militants de partis politiques, des victimes des événements, des journalistes et des animateurs de mouvement associatif se sont retrouvés place des martyrs en fin de matinée pour déposer une gerbe de fleurs à la mémoire des victimes d’octobre.

    Dans un communiqué parvenu à TSA, RAJ soutient que «Nul n’a été épargnés, pas même les deux victimes de la répression d’octobre 88, venus participer au rassemblement». Le membre du RAJ, en l’occurrence Hakim Addad, et les deux autres manifestants qui ont été interpellés ont finalement été relâchés suite aux négociations avec les responsables de la police locale. «Le RAJ salut le courage des citoyens (es) présents (es) et fait le serment qu’octobre 88 ne tombera jamais aux oubliettes», conclut le communiqué.

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