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  1. #15
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    Lundi 11 Février 2008 -- Le moudjahid et ex-commandant de la Gendarmerie nationale, le colonel Ahmed Bencherif, revient dans cet entretien sur les circonstances de la mort du président Houari Boumediene, se disant persuadé qu’il a été empoisonné. Ahmed Bencherif s’est également remémoré les circonstances de l’intronisation de Chadli Ben Djedid à la tête de la présidence de la République et le rôle qu’il a joué à cette période.

    El Khabar : Monsieur Bencherif, il est clair que les mémoires de Mehieddine Amimour vous ont dérangé, lorsqu’il a abordé votre rôle dans l’intronisation de Chadli Ben Djedid à la tête de la présidence de la République après la mort de Boumediene ?

    Ahmed Bencherif : Avant de parler des mémoires d’Amimour, je voudrais revenir un peu sur les circonstances du décès de Boumediene. J’ai été le seul à avoir accès à une ordonnance du médecin qui indiquait que Boumediene était malade du système urinaire, et qu’il urinait du sang. Je pense personnellement que les médecins russes n’ont pas été à la hauteur. Si nous l’avions conduit dans un autre pays européen, sa maladie aurait été diagnostiquée de façon plus précise, et il aurait pu être soigné et sauvé.

    El Khabar : Adhérez-vous à la thèse qui met en doute les circonstances de la mort du président Boumediene, ou pensez-vous qu’il est mort de façon naturelle ?

    Ahmed Bencherif : Vous avez dit dans votre journal qu’il semblait y avoir une ressemblance entre la mort de Boumediene et la mort d’Arafat.

    El Khabar : C’est Chadli qui a affirmé cela.

    Ahmed Bencherif : Et moi je peux confirmer que la mort du président Boumediene est parfaitement identique à celle d’Arafat.

    J’ai offert au président un couple de chiens de race danoise, et les chiens sont morts empoisonnés, mais il est étrange que les médecins russes aient descellé chez les deux chiens les symptômes de la maladie de Boumediene.

    El Khabar : Revenons aux témoignages de Mehieddine Amimour, qui prétend que c’est Ahmed Bencherif qui a proposé Chadli Ben Djedid comme président de la République.

    Ahmed Bencherif : Cela n’est pas vrai, et le conflit entre Bouteflika et Yahiaoui a commencé dès la mort de Boumediene afin de déterminer qui devait lire l’oraison funéraire. Abdelmadjid Allahoume, qui était secrétaire général de la Présidence, penchait pour Bouteflika, et tout le monde se souvient du discours de celui-ci au cimetière d’El Alia. En ce qui me concerne, je me suis opposé aussi bien à Yahiaoui qu’à Bouteflika pour des raisons que je garde pour moi.

    El Khabar : Pourquoi vous êtes-vous opposés à Bouteflika ?

    Ahmed Bencherif : Oui je me suis opposé à Bouteflika à l’époque et je le soutiens actuellement, car j’ai vu que l’homme avait beaucoup évolué durant sa traversée du désert. Je vois qu’il n’a pas lieu de le comparer avec ses concurrents à la présidence de la République.

    El Khabar : Nous reviendrons plus tard sur la révision de la Constitution et le troisième mandat. Revenons à ce qui s’est passé après la mort de Boumediene. Vous dites que vous vous êtes opposés à Yahiaoui, à Bouteflika et à la révision de la Constitution afin de permettre à Bitat de prendre la tête de la présidence. Etiez-vous personnellement candidat à la succession de Boumediene ?

    Ahmed Bencherif : En fait il y a eu un coup d’Etat contre moi, afin que je ne dirige pas l’armée. J’ai dit plus tard à Chadli que c’est Merbah « qui t’a ramené et c’est lui qui va se retourner contre toi ».

    El Khabar : Comment est-ce que Merbah s’est débarrassé de Chadli ?

    Ahmed Bencherif : Des membres du Conseil de la révolution comme Abdelghani et Taybi El Arbi ont déclaré sincèrement qu’il fallait désigner le plus faible qui était Chadli, et Merbah, que Dieu ait son âme, s’est réjouit de ces propos, et il a tenu, après cela, une réunion de l’ensemble des commandants des régions militaires, en sa qualité de secrétaire général du ministère de la Défense, et il les a informés que Chadli Ben Djedid a été désigné à la tête de la Présidence. Chadli s’est effondré en larme, puis il s’est dépêché d’écarter les membres du Conseil de la révolution.

    El Khabar : Vous dites que vous vous êtes opposés à Bouteflika par la passé, et vous l’appelez aujourd’hui à un troisième mandat car « il a beaucoup évolué ». Comment a évalué Bouteflika ?

    Ahmed Bencherif : Premièrement, il a appris le Coran par cœur, et il prie désormais. Par ailleurs, il est le numéro 1 de la politique étrangère. Je le considère comme le meilleur des présidents arabes actuels.

    El Khabar : Mais jusqu’à quel point votre génération et celle de Bouteflika détiennent-elles toujours les rênes du pouvoir ? Beaucoup de choses ont changé dans le monde et en Algérie, on ne peut concevoir la révision de la Constitution que si l’on désire retourner au temps du parti unique ?

    Ahmed Bencherif : Je suis pour la révision de la Constitution et la désignation d’un vice-président qui finirait le mandat en cas de vacance de la présidence de la République. Nous éviterons ainsi les dépenses des élections. Sans ça, je suis contre la révision de la Constitution.

    El Khabar : Pourquoi ne pas conserver la Constitution actuelle et élire un nouveau président au début de l’année 2009 ?

    Ahmed Bencherif : Nous vivons une véritable catastrophe, qui est la catastrophe des quarante partis. Il nous faut deux partis ou trois au maximum.

  2. #16
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  3. #17
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    Samedi 27 Décembre 2008 -- Le 19 juin 1965, Houari Boumediene, alors vice président du Conseil de la révolution et ministre de la Défense, prenait le pouvoir à Alger à la faveur d'un coup d'état militaire. Mettant fin au régime populiste de Ben Bella qui s'apprêtait, disait-on, à mettre l'Algérie sous la tutelle de l'Egypte de Nasser, cette journée sera sacrée celle du redressement révolutionnaire et sera fériée, chômée et payée. Cumulant les fonctions de chef de l'Etat et de ministre de la Défense nationale, Boumediene règnera de main de maître sur le pays jusqu'à sa disparition, le 27 décembre 1978.

    La démocratisation de l'enseignement, la gratuité des soins et la nationalisation des hydrocarbures sont à mettre à son crédit ainsi que le recouvrement progressif mais réel de la souveraineté nationale. Sur le plan économique, la politique de l'industrie industrialisante confiée à Belaïd Abdeslam, de même que la révolution agraire, s'avèreront des échecs cuisants. Au chapitre des erreurs on peut ajouter le royal mépris du tout puissant président pour le secteur du tourisme qui peine à relever la tête à ce jour.

    Le plus controversé est, cependant, son bilan politique. S'il a réussi à donner sa place à l'Algérie sur la scène internationale en s'imposant comme un leader incontournable au sein du mouvement des non-alignés, son régime se caractérisait par une politique intérieure qui n'avait rien à envier aux dictatures socialisantes de l'Europe de l'Est. Ayant déjoué un coup d'état en 1967 et ayant échappé à des tentatives d'assassinat, Boumediene a joué la sécurité en bouclant hermétiquement tous les espaces de liberté et d'expression et en imposant l'unicité de la pensée au nom de l'unité des rangs. La sécurité militaire, dont la seule évocation faisait trembler les Algériens, était partout et veillait à étouffer toute voix discordante, au besoin par des moyens expéditifs. Exil forcé, emprisonnement et parfois même assassinat d'opposants sont ainsi à déplorer.

    Au plan des libertés, l'université restait le seul îlot où il pouvait y avoir un semblant de débat, sous haute surveillance. Quatre forces s'y confrontaient : les nationalistes et les baathistes du FLN acquis à Boumediene, les communistes du PAGS semi-clandestins qui appuyaient ouvertement sa politique économique et sociale, les Frères musulmans et les berbéristes qui constitueront l'essentiel des formations démocratiques après l'ouverture de 1989. En dehors des berbéristes régulièrement réprimés, le régime de Boumediene a souvent joué les courants les uns contre les autres, à son plus grand profit.

    Boumediene assoit solidement son régime en 1976 en lui donnant une forme de légitimité après avoir fait adopter par référendum la charte nationale, puis la constitution. C'est alors qu'il commet deux erreurs stratégiques qui compromettront gravement l'avenir. Il s'agit de l'arabisation intempestive du système éducatif qu'il servira comme gage aux baathistes, et du passage du week-end universel au week-end islamique que recevront les islamistes comme un cadeau inespéré.

    Le 27 décembre 1978 les Algériens étaient abasourdis par l'annonce de la mort de celui qui était un peu le père fouettard mais dont on mesurait, soudain, l'étendue du vide qu'il laissait. Il eut droit à des funérailles mémorables et le peuple a inondé les rues pour lui rendre un dernier hommage. La majorité des Algériens a alors pleuré. Un peu pace qu'ils regrettaient l'homme dont la mort n'a pas dévoilé tous ses secrets, un peu par crainte des lendemains...

  4. #18
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    Fazila Boulahbal :


    Samedi 27 Décembre 2008 -- Un important passage de l’histoire du défunt président Houari Boumediene a été évoqué jeudi dernier par d’anciens proches, des personnalités politiques et son épouse, Mme Anissa Boumediene, lors d’une conférence organisée au centre de presse d’El Moudjahid par l’association Mechaâl Echahid. «Boumediene et l’autodétermination des peuples en lutte» était le thème de cette rencontre durant laquelle les participants ont témoigné du soutien sans faille de feu Houari Boumediene aux peuples en lutte pour le recouvrement de leur liberté. Les conférenciers ont souligné que l’ancien président avait fait en sorte que les mouvements révolutionnaires qualifiaient Alger de Mecque des révolutionnaires. M. Djelloul Melaïka a rappelé, à cet effet, que Boumediene avait refusé de nouer des relations diplomatiques avec des Etats colonisateurs tels que le Portugal du dictateur Salazar qui avait colonisé des pays d’Afrique, à savoir le Mozambique, la Guinée-Bissau et le Cap-Vert, préférant soutenir les causes des peuples colonisés.

    Il a ajouté, par ailleurs, que l’ancien président de la République algérienne avait reçu à la frontière algéro-marocaine avant l’indépendance de l’Algérie d’importantes personnalités politiques dont Nelson Mandela et ses compagnons et a fait part de son appui à la lutte anti-apartheid. «Non seulement Boumediene soutenait les mouvements de libération dans le continent noir, le monde arabe et l’Amérique latine, mais il accueillait les leaders indépendantistes en Algérie, où ils étaient formés politiquement et militairement», a-t-il affirmé. Et d’ajouter que Boumediene avait également apporté son soutien au peuple palestinien ainsi qu’aux Sahraouis sous domination marocaine et a convaincu le général Franco de reconnaître que la question sahraouie était un problème de décolonisation. Le vice-président du Conseil de la nation et ancien ambassadeur au Vietnam, Abderrazak Bouhara, a témoigné, pour sa part, du soutien «sans réserve» apporté par feu Boumediene aux Vietnamiens pour leur lutte contre le colonialisme dans les années 1960 et 1970. Mme Anissa Boumediene a affirmé, quant à elle, que le Président était pragmatique dans ses positions de soutien aux peuples en lutte pour leur liberté, «privilégiant les faits aux paroles».

  5. #19
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    Outoudert Abrous :


    Samedi 27 Décembre 2008 -- Trente ans après sa disparition, que reste-t-il de l’homme d’État qu’il fut ? Pour ceux qui l’ont pratiqué et qui ont travaillé avec lui, dans un pays portant encore les stigmates de la guerre de Libération nationale, il reste celui qui a disqualifié les décisions farfelues et démagogiques de son prédécesseur, le président déposé, Ahmed Ben Bella. Il reste aussi, à leurs yeux, celui qui a mis fin à la logique des règlements de compte post-révolution.

    Il incarnait un idéal pour la génération de la révolution agraire et du socialisme spécifique, quand les fellahs ont pu retrouver leur terre dans un cadre socialisé, appelé village agricole, et recevaient la visite d’étudiants à col Mao. La SNVI et le complexe textile de Draâ Ben Khedda constituaient les joyaux de la révolution, livrés clefs en main. Pour les mouvements de libération, Alger était la Mecque des révolutionnaires et la capitale du mouvement des pays non alignés.

    Pour la génération de l’après-octobre 88, Boumediene n’est plus qu’un vague souvenir retenu dans un livre d’histoire lors d’un cursus scolaire interrompu, comme a été interrompue brutalement l’image de cet homme aux traits sévères par ceux qui lui ont succédé et dont, paradoxalement, il a façonné le moule. Tous se sont empressés d’effacer d’abord son image, puis ses réalisations, avant de dénoncer sa politique de développement, calquée sur le bloc historiquement ami : le bloc socialiste.

    Trente ans après, ses amis décident de marquer une date anniversaire, mais que reste-t-il de l’héritage de cet homme d’État ? Rien ou peu de choses sur ses intentions, sa politique, son projet de société, son implication dans l’élimination ou la mise à l’écart de compagnons et de personnes qui ne partageaient pas sa façon de gérer le pays. Peu d’écrits sérieux ont été publiés sur cet homme qui n’est pas au-dessus de tout soupçon, mais qui a, quoi que l’on dise, marqué l’Algérie “à la tête haute”. Le président Bouteflika, pourtant friand de messages et de patronages, ne s’est jamais joint, selon les proches du défunt, aux nombreux évènements consacrés au président disparu.

  6. #20
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    Hasna Yacoub :


    Samedi 27 Décembre 2008 -- En juillet 1964, au Caire, à la conférence au sommet des pays arabes, Bourguiba soumet à Ben Bella le problème de la délimitation des frontières. Le chef de l’Etat algérien consent alors verbalement à un arrangement reconnaissant la souveraineté tunisienne à cette frontière. Mais à son retour à Alger, Houari Boumediene, ministre de la Défense, et Abdelaziz Bouteflika, ministre des Affaires étrangères, refusent d’entériner cet accord. Cet incident a été la cause du «redressement révolutionnaire» du 19 juin 1965 - un coup d’Etat militaire – et le renversement d’Ahmed Ben Bella. Cette étape de l’histoire algérienne a été évoquée hier par Mme Anissa Boumediene en marge d’une conférence sur le thème «Boumediene et l’autodétermination des peuples», organisée au centre de presse d’El Moudjahid, par l’association Mechaal Echahid à l’occasion du 30ème anniversaire de la mort du président Boumediene.

    Mme Boumediene, qui se refusait au début à commenter des déclarations de l’ancien président Ben Bella, a fini par enfoncer le clou en lâchant : «Le président Ben Bella, sans se référer à son ministre de la Défense ni à son ministre des Affaires étrangères, a décidé unilatéralement de céder au président Bourguiba, qu’il a rencontré au Caire lors du sommet de 1964 et en présence de Djamel Abdel Nasser, une parcelle de terre algérienne. C’est celle-là, la vérité. L’autre vérité qui a d’ailleurs été rapportée par le journal le Monde en 1965, c’est celle des 1 200 Algériens qui croupissaient dans les prisons et qui ont été libérés par Boumediene quand il a pris le pouvoir.»

    Anissa Boumediene, en réponse à une question sur l’écriture de l’histoire, ne manquera pas de jeter un autre pavé dans la mare. Revenant sur les dernières déclarations de l’ancien président Chadli Bendjedid, elle soutient formellement que feu Houari Boumediene n’a jamais pensé à Chadli Bendjedid comme son successeur. «J’assiste à des diatribes de part et d’autre de certaines personnalités. Des déclarations qui m’étonnent comme celle faite par l’ancien président Chadli Bendjedid. Ce dernier avait déclaré que le défunt président Boumediene avait pensé à lui pour être président. Ceci est totalement faux. D’ailleurs, j’étais constamment avec mon mari en URSS et les deux seules personnalités qui sont venues le voir et qui lui ont parlé sont M. Ahmed Taleb Ibrahimi, ministre d’Etat à l’époque, et le président Bouteflika qui était à ce moment-là ministre des Affaires étrangères. Ce sont les deux seules personnalités qui ont vu Boumediene à Moscou. Et jamais, jamais à aucun moment, la candidature de M. Bendjedid n’a été évoquée. Je dirai même que cette idée n’aurait jamais traversé l’esprit de Boumediene. Donc cela, c’était erroné et complètement faux. Je persiste et signe», a assuré Mme Boumediene.

    Sur l’affaire Chaabani, l’invitée d’honneur du centre de presse d’El Moudjahid a certifié que son mari était contre l’exécution du défunt colonel. «Rappelez-vous, a dit Mme Boumediene, que mon mari a été victime de tentatives d’attentat, par exemple en 1968. Boumediene n’a jamais condamné à mort un responsable d’une tentative d’attentat. C’était sa position. Il avait même fait le reproche à certains chefs de l’Etat de recourir à ce procédé comme Hassan II et Djamel Abdel Nasser parce qu’il considérait que la haine ne sert pas, c’est complètement inutile. Il a profondément regretté la mort de Chaabani qui avait fait la guerre à ses côtés et qui était un vrai patriote. Boumediene a d’ailleurs demandé à Ben Bella, qui avait les pleins pouvoirs à cette époque-là, de ne pas exécuter Chaabani. Mais la décision a été prise très rapidement et Ben Bella a insisté pour l’exécution immédiate du colonel Chaabani.»

    À signaler enfin que, lors de cette conférence, l’ancien haut responsable du FLN, M. Djelloul Melaïka, et M. Abderrazak Bouhara, vice-président du Conseil de la nation, sont revenus sur l’engagement de Boumediene aux côtés des causes justes de par le monde. Un hommage a été également rendu au défunt par des représentants de l’Autorité palestinienne et du Front Polisario, qui ont souligné l’aide apportée par l’Algérie à ces causes.

    Mme Anissa Boumediene qui a également apporté son témoignage, a, quant à elle, affirmé que le président était «pragmatique» dans ses positions et qu’il «privilégiait les faits aux paroles». Soutenant que L’Algérie était devenue gênante sur tous les plans pour les grandes forces du monde parce qu’il y «avait beaucoup d’intérêts», elle se refusera à faire un commentaire sur la mystérieuse mort de Houari Boumediene. «Je ne peux pas savoir si mon mari a été assassiné. Dieu seul le sait. Il y avait beaucoup d’intérêts dans le monde et sa maladie était subite.»

  7. #21
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    Dimanche 28 Décembre 2008 -- Il n’y avait pas foule hier au cimetière El-Alia, à l’est d’Alger, notre “Arlington” à nous. À peine une cinquantaine de personnes, pour la plupart d’illustres anonymes, parmi lesquelles deux ou trois femmes dont l’épouse du défunt président Houari Boumediene, un représentant de la Rasd, un ancien ministre sorti des “archives”, Abdelhafid Amokrane, ancien officier de la wilaya III et l’inénarrable Mahieddine Amimour, ancien ministre également, et quelques représentants de l’Unja dans ses deux tendances, et de l’Unea, venus commémorer, à l’appel de l’association Machaâl Echahid, le trentième anniversaire de la mort du président Boumediene et le 51e anniversaire de la mort de Abane Ramdane, le Jean Moulin algérien, principal architecte de la révolution. Aucun représentant de l’État algérien, pas même un ministre, n’a pointé du nez. “Peut-être que la presse ne parle pas. Les partis politiques ont failli à leur devoir d’éducation de la population et les organisations de masse ont failli à leur devoir”, tente d’expliquer, dans un langage sorti tout droit des années soixante-dix, l’ex-ministre, Abdelhafid Amokrane. Mais, c’est à l’État qu’il appartient le rôle d’enseigner l’histoire, fait-on observer à l’ex-ministre. “Ces organisations qui ont failli à leur rôle d’éducation, basée sur le vrai militantisme, auraient dû mobiliser leurs militants pour assister à ce genre de cérémonies”, dit-il avant de concéder que “l’État avait un rôle à jouer”.

    Après le rituel du dépôt de gerbes de fleurs, un ami du défunt prend la parole pour louer les vertus de l’ex-président controversé. Une voix jaillit alors pour lui demander d’arrêter son discours et d’aller d’abord déposer une gerbe de fleurs sur la sépulture de Abane Ramdane. Tandis que Abdelhafid Amokrane, qui a connu le défunt tué par les siens au Maroc, rappelait, au pied de sa sépulture, que Abane avait donné “des perspectives politiques et militaires” à la révolution, Mme Anissa Boumediene, coiffée d’un foulard, les yeux couverts de lunettes noires, répondait, à quelques mètres de là, devant la tombe de son ex-époux, aux sollicitations, qui pour des photos souvenirs, qui pour une signature. Alors qu’on commençait à se disperser, Mahieddine Amimour arrive avec un léger retard et se prête volontiers aux photos souvenirs au pied de la tombe de Boumediene. On apprendra de la bouche de l’ex-ministre que si les ossements des défunts sont dirigés vers La Mecque, selon le rite musulman, tel n’est pas le cas de certaines… sépultures. Dans son compte rendu de la commémoration, l’agence officielle (APS) n’a même pas mentionné l’hommage rendu à Abane Ramdane.

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