Mardi 6 novembre 2007 -- Au cœur du combat est le titre d’un nouvel ouvrage de Mohamed Cherif Ould El-Hocine qui vient de paraître chez Casbah Editions. Il s’agit du témoignage d’un acteur de la guerre d’Algérie. C’est aussi, comme mentionné dans le livre, un récit authentique des batailles du commando Si Zoubir et de la katiba El-Hamdania ALN, wilaya IV.
Ecrit dans un style simple et romancé, l’auteur aborde la guerre de libération nationale, notamment sur les combats qui ont eu lieu dans la région de Hadjout, sur les monts du Zaccar et sur l’axe reliant Blida à Hadjout et à Cherchell.
Mohamed Chérif Ould El-Hocine recrée l’ambiance qui prévalait à cette époque, avec ses hauts et ses bas, les souffrances, mais aussi des moments appréciables que le moudjahid goûtait à la volée : «Après l’iftar [rupture du jeûne], nous avons pu déguster la succulente zlabia promise par Si Abderrahmane Sahnoun.
Nous avons entonné quelques chants patriotiques : Min Djibalina, Fidaou El-Djazaïr. L’auteur relate en détail les batailles qui l’ont marqué : «Pour en revenir à ce grand ratissage où nous étions parvenus à nous échapper par la grâce de Dieu, j’ai eu l’immense plaisir de rencontrer mon ami d’enfance Si Lyès, de son vrai nom Mohamed Saïd Doudou, qui deviendra par la suite chef de région politico-militaire, avant de mourir les armes à la main au cours d’un accrochage du côté de Marengo.
Si Lyès, malgré l’encerclement où nous étions pris, réussira à tromper la vigilance des soldats français et à passer jusqu’à nous pour nous informer des positions précises de l’ennemi.» Dans ces récits, l’auteur a mis l’accent sur le courage des moudjahidine.
«L’un d’eux, Si Moussa, chef du commando, a sauvé de la mort plus de quatre cents étudiants en se battant jusqu’à la mort contre une attaque de l’armée française, protégeant ainsi leur retraite.» Il n’a pas omis de rappeler le code qui était d’usage pour aboutir à l’objectif principal, qui était celui du recouvrement de l’indépendance de l’Algérie, comme le code de l’honneur du moudjahid, la discipline, l’abstention de fumer ou de proférer des vulgarités, l’observation de la prière, etc.
Il rend un hommage appuyé aux populations rurales en écrivant : «Ce peuple héroïque était notre guide. Il a réussi à avoir l’admiration et la considération des peuples de la planète. Je ne crois pas qu’il puisse exister de peuple aussi merveilleusement généreux, aussi courageux et aussi magnanime que le peuple algérien durant les terribles années de la Révolution».
Par ailleurs, il rend hommage aux familles des valeureux chouhada : «Je voudrais que leurs noms ne disparaissent pas des mémoires de ceux qui les ont connus. Que nos valeureux martyrs, que leur mémoire soit honorée, que leurs familles, leur peuple sachent combien ils ont été superbes.
Maintenant, je veux écrire les lettres que je n’ai pas transmises dans les moments difficiles. Ces lettres à nos jeunes enfants de notre valeureux peuple, pour qu’ils n’oublient jamais nos vaillants chouhada morts au combat, face à l’armée française qui n’a pas hésité à pratiquer la politique de la terre brûlée.
Elle détruisait tout sur son passage, brûlait maisons et forêts, se vengeait sur notre courageux peuple sans armes, qui a consenti tous les sacrifices. Par son engagement, il était plus qu’un soutien logistique pour les moudjahidine ; je ne l’oublierai jamais ; cela doit rester gravé dans la mémoire collective : l’accueil chaleureux réconfortant et revigorant que nous réservaient les populations civiles en nous nourrissant et en nous logeant après nos batailles, nos longues marches harassantes qui atteignaient plus de dix heures bien des fois.
En effet, combien sont-ils nos enfants de vingt ans, universitaires, les forces vives de l’Algérie de demain, à connaître le chahid Si Zoubir de Soumaâ, de son vrai nom Souleimen Tayeb, mort héroïquement au champ d’honneur le 22 février 1957 dans le douar de Sbaghnia, dans la wilaya de Blida, pour protéger la vie d’environ 400 étudiants et lycéens qui avaient fui les villes après la grève générale de huit jours, et qui étaient en attente dans cette localité avant d’être envoyés en Tunisie et au Maroc pour l’acheminement des armes au profit de notre wilaya IV…».
Au cœur du combat présente également des photos de moudjahidine et de chouhada. Il est disponible en arabe et en français. C’est une œuvre fort intéressante pour les historiens, les étudiants et pour tous ceux qui désirent connaître l’histoire de l’Algérie.
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6th November 2007 20:49 #1
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Au cœur du combat, de Mohamed Cherif Ould El-Hocine







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