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  1. #1
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    Mouloud Mammeri, un anthropologue méconnu


    Mercredi 21 Novembre 2007 -- «Mouloud Mammeri, le défricheur de savoirs.» C’est le titre qu’a choisi le professeur Ali Sayad pour sa conférence, lundi dernier à la médiathèque Bachir Mentouri, sur les travaux et l’apport du défunt écrivain et chercheur Mouloud Mammeri. «On connaît beaucoup le côté écrivain de Mouloud Mammeri, mais le côté anthropologue a été très peu développé», dira d’emblée le conférencier, qui a été l’élève de Mammeri avant de devenir son collaborateur au Centre de recherches anthropologique, préhistorique et ethnographique (CRAPE), aujourd’hui Centre national de recherches préhistorique, anthropologique et historique (CNRPAH).

    «Le travail anthropologique de Mammeri, qui a sillonné l’Algérie de long en large, porte sur la littérature orale du Gourara, la poésie berbère et les poèmes de Si Mohand», dira l’universitaire qui précisera que Mammeri «a été le premier, le défricheur qui a ouvert la voie de la littérature orale». «A l’ancienne ethnographie, il lui substituait de manière claire et définitive la terminologie anglo-américaine d’anthropologie sociale et culturelle sans délaisser le volet préhistorique, qu’il renforçait par ailleurs», ajoutera M. Sayad.

    De plus, Mouloud Mammeri a été un véritable animateur, organisateur et dirigeant. Outre la création de la revue Libyca qui publiait des «travaux originaux» en préhistoire et en anthropologie socioculturelle, ainsi que la bibliographie «systématique» et par rubriques scientifique du Maghreb, M. Mammeri a entrepris de faire du CRAPE, dont il a été le directeur de 1969 à 1979, un véritable pôle de la recherche scientifique.

    Durant ces dix années, il a réussi à faire du centre un creuset du savoir et un «lieu de convergence» pour les préhistoriens, anthropologues, sociologues, linguistes, géographes et historiens algériens et étrangers. Il a ainsi institué la tradition des rencontres scientifiques au sein du CRAPE en organisant des séminaires ; certains étaient exclusifs et réservés uniquement aux chercheurs du CRAPE auxquels ils permettaient, en plus des échanges enrichissants, de renforcer le travail d’équipe et d’autres étaient ouverts à tous les chercheurs extérieurs aussi bien algériens qu’étrangers.

    Lors de ces séminaires, les participants débattaient des «problèmes afférents à la validité épistémologique ainsi qu’aux présupposés idéologiques de l’anthropologie classique, avec comme perspective plus lointaine la définition d’une anthropologie dont les pays du tiers-monde ne seraient plus seulement les sujets mais les acteurs», expliquera le professeur.

    En dehors de ces rencontres scientifiques, le CRAPE s’ouvrait également aux étudiants et à leurs professeurs qu’il accueillait à l’occasion de portes ouvertes ainsi qu’aux citoyens qui pouvaient rencontrer aussi bien les chercheurs que le directeur du CRAPE. «Da l’Mouloud les recevait et leur ouvrait la bibliothèque du Centre», dira l’anthropologue. On se souvient de cette époque où une visite au CRAPE était un véritable cours. L’idée d’aller au Centre était très contagieuse. Un étudiant disant à ses potes qu’il y allait s’entendait souvent répondre : «Attends, on vient avec toi.»

    Car chaque étudiant savait qu’il était non seulement le bienvenu au centre mais qu’il y apprendrait certainement quelque chose. Et cet engouement était principalement dû à la disponibilité de tous les chercheurs du CRAPE, à leur tête Mouloud Mammeri dont la modestie n’avait d’égale que son respect pour l’homme, quel qu’il soit.


  2. #2
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    L'opium et Le baton by Mouloud Mammeri



















    Friendship

    [60:8] GOD does not enjoin you from befriending those who do not fight you because of religion, and do not evict you from your homes. You may befriend them and be equitable towards them. GOD loves the equitable.

    [60:9] GOD enjoins you only from befriending those who fight you because of religion, evict you from your homes, and band together with others to banish you. You shall not befriend them. Those who befriend them are the transgressors

  3. #3
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    Da l'Mulud


  4. #4
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    Les chemins de la connaissance :
    Ethnographie en Algérie



  5. #5
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    Mouloud Mammeri - L'Algérie sous l'occupation coloniale


  6. #6
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    Abdennour Abdesselam :


    Mercredi 27 Février 2008 -- La Traversée, roman paru en 1982, traite des lendemains qui déchantent après la Révolution. En effet, une fois l’euphorie de la libération passée, notre pays sombre peu à peu dans un chaos idéologique appesanti encore plus par un vide culturel et une école à contre-courant du progrès. Mourad (personnage principal du roman) est journaliste contestataire dans un quotidien étatique. Se voyant frappé par la censure, il avait le choix entre “le refus intégral et la capitulation sans condition”. Il décide de quitter le journal et refuse ainsi de cautionner l’acte infamant. L’attitude de Mourad est significative de la résistance, même occulte et isolée, qui animait tant de cadres algériens travaillant à l’intérieur même des structures de l’État dans ces folles années où le pouvoir exerçait une terrible pression sur la société. Il pense qu’à partir de la censure instituée comme mode de gestion, tous les dépassements et les détournements inimaginables allaient commencer par là. Il sait que sa responsabilité est d’être au centre des luttes et des débats. Dans cette jungle d’autoritarisme qui fera de l’Algérie un désert de l’intelligence, Mammeri refuse de fabriquer un héros positif. Il lui substitue un intellectuel engagé dont la mission est d’éveiller, de guider le peuple jusque-là “gardé que pour les grandes occasions : la caisse de solidarité, les défilés...”, et de lui faire traverser ce désolant désert.

    La Révolution étant confisquée, on s’attelle alors au démantèlement et à la destruction de la personnalité et de la culture populaires auxquelles les pouvoirs successifs voulaient substituer des modèles artificiels importés d’Orient, sans prise ni ancrage dans l’âme du peuple. Pour Mammeri, le guerrier, d’hier, qui a tenu pendant sept années le maquis, avait des qualités faites spécifiquement pour le maquis (le courage, le mental, la condition physique, etc.) ; Il n’a pas systématiquement le même profil que le dirigeant politique car, disait-il, “pour faire vivre un État dans sa routine quotidienne, pour résoudre les petits problèmes, vous n’avez pas besoin de ces mêmes qualités”. C’est toute la lancinante problématique de la primauté du politique sur le militaire, qui a tant miné le destin du pays, qui est ainsi posée. La gestion du pays est alors happée par l’ignorance. Il fallait bien que quelqu’un dénonce la situation. Pour cela et dans The Middle East Magazine de février 1984, Mammeri déclare que “les gens, qui ont fait cette Révolution, qui y ont participé, avaient naturellement des images belles du futur, que les évènements réels, que la réalité ne peuvent pas confirmer. C’était presque couru d’avance… Mais encore fallait-il que quelqu’un le dise… Eh mon Dieu… Comme j’avais un certain âge, il a fallu que ce soit moi que je le dise…”

    Mammeri se déclare comme n’étant pas un homme politique mais plutôt un romancier. Et en tant que romancier, disait-il, “ce qui m’intéresse surtout, c’est le destin de l’Homme, sa liberté, sa pleine expansion et dès que cette liberté n’est pas acquise, dès que cette plénitude n’est pas acquise, j’ai la conviction qu’il manque quelque chose, et que mon rôle c’est justement de crier que quelque chose manque à cette plénitude”. Et la Traversée fut l’amertume et la désillusion de Mourad, ce désappointement généralisé annoncé et dénoncé à temps par Mammeri, se vérifient malheureusement par le désespoir actuel de notre jeunesse qui est sourde, et à juste titre, aux notions confuses et creuses de souveraineté nationale et patati et patata. Hélas !

  7. #7
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    Samedi 1 Mars 2008 -- L’association Djurdjura de l’université de Boumerdès a organisé durant une semaine plusieurs activités culturelles entrant dans le cadre de la commémoration du 19e anniversaire de la disparition de Mouloud Mammeri. Ainsi une exposition retraçant la vie de l’écrivain a été organisée au niveau de la résidence universitaire en plus de la projection du film La colline oubliée qui a été suivi d’un débat, nous a affirmé le président de l’association, Samir Lakhal. Un monologue sous le titre Amara Agswah N’tadart a été également présenté par M. Akli Tamazirt suivi d’un concours consacré à la poésie kabyle alors que le jour suivant, c’est une conférence qui a été animée par Aziri Boudjemaâ à la salle de l’INH ayant pour thème “Youcef Oukaci ressuscité par Mammeri”. Parallèlement à ces activités culturelles, l’association Djurdjura a organisé un tournoi de football au stade de l’INH. La clôture de ces festivités a été marquée avant-hier par la présentation de la pièce théâtrale Mazal El kheir ar zdat produite par la troupe Tichemlit suivie de la remise des prix et des cadeaux aux lauréats des différents concours et tournois organisés durant cette semaine culturelle. Par ailleurs, l’association Djurdjura en collaboration avec l’association l’AC Tiliwa ont organisé hier une cérémonie de recueillement sur le tombe de l’écrivain à Beni Yenni.

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