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  1. #1
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    Une rue de Paris baptisée du nom du général Bollardière


    Mercredi 28 Novembre 2007 -- Une rue du XVe arrondissement de Paris portera, dès ce jeudi, le nom du général Jacques Pâris de Bollardière, ce militaire français qui a dénoncé la pratique de la torture durant la guerre de Libération nationale. Ancien compagnon de la libération, le plus décoré des généraux de cette époque, il a demandé, en mars 1957 à être relevé de ses fonctions de commandement pour ne pas cautionner la pratique de la torture. Il fut condamné à 60 jours de prison puis mis à l’écart pour avoir rendu publique sa position sur les colonnes de l’Express. En avril 1961, suite au putsch des généraux, il prend une retraite anticipée pour s’engager ensuite dans les campagnes de non-violence et en particulier contre les essais atomiques dans les atolls de l’océan Pacifique. Jacques de Bollardière est décédé en février 1986, mais sa veuve, Simone de Bollardière, est l’une des signataires de l’appel des douze : le 31 octobre 2000, douze personnalités, dont Henri Alleg et Josette Audin, ont demandé une condamnation publique de l’usage de la torture pendant la guerre d’Algérie.


  2. #2
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    Samedi 1 decembre 2007 -- Entre le général Jacques Paris de Bollardière et l'armée française, le face-à-face est loin d'être clos. Un demi-siècle après avoir refusé de faire siennes les «méthodes efficaces» chères au général Massu et au commandement, il revient rappeler avoir tiré sa révérence «en paix avec sa conscience».

    A défaut d'endosser l'uniforme - il n'est plus de ce monde depuis 1986 - et de renouer avec le monde des casernes, le «rebelle» s'installe symboliquement à un pas de l'Ecole militaire de Paris. Là où, entre autres passages d'une carrière militaire bien meublée, il avait assumé les tâches d'instructeur et de formateur.

    C'est le maire de Paris, Bertrand Delanöe, et son équipe municipale qui ont «arrangé» cette énième explication entre le général Jacques de Bollardière et «la grande muette». Début octobre, le Conseil de Paris délibérait unanimement en adossant une nouvelle adresse à l'espace public parisien : «Carrefour du général Jacques Paris de Bollardière».

    Le carrefour est situé au croisement des avenues de Suffren et de La Motte-Picquet Grenelle entre les 7ème et 15ème arrondissements parisiens. Symboliquement, l'initiative urbaine de la Ville des Lumières est très forte. Le général de Bollardière, le militaire sanctionné de 60 jours de forteresse, l'officier accusé d'avoir attenté à l'honneur de l'armée, prend place au coeur de la France officielle. La nouvelle adresse parisienne est inscrite dans le quartier de l'Ecole militaire, de l'Hôtel des Invalides - là où reposent maréchaux et généraux de France - et de nombre de ministères. Autre symbole, le général de Bollardière, le soldat devenu un adepte convaincu de l'anti-violence et de l'antinucléaire, trône à un îlot du siège de l'UNESCO. Là où délégués du monde entier n'en finissent pas de discourir «de la culture de paix et de dialogue entre les peuples et les hommes du monde».

    Avant de dévoiler la plaque en compagnie de Simone de Bollardière, la veuve du général, le maire de Paris a salué la mémoire de l'homme. «Jacques Paris de Bollardière n'est pas seulement l'homme de la libération. C'est un militaire qui se bat et se révolte - d'abord au sein de l'armée - contre des pratiques comme la torture et la fouille des lieux de culte en Algérie». Une des filles Bollardière s'est dite heureuse de partager avec les membres de sa famille l'héritage moral d'un père «en paix avec sa conscience». Un père qui «a pris la mesure de la vie, le prix infini de chaque être humain».

    Simone de Bollardière a souhaité la présence à la cérémonie des Algériens contre lesquels «mon mari a refusé de se livrer à l'abominable». Des Algériens, il y en avait pour la circonstance aux côtés de «porteurs de valise», de politiques qui - tel l'ancien ministre Pierre Joxe - ont inauguré leur carrière politique dans l'opposition à la guerre d'Algérie. Au premier rang se dressaient Malika Boumendjel, la veuve de Me Ali Boumendjel, le militant froidement exécuté par les parachutistes, Hocine Aït-Ahmed, Mohamed Harbi, l'écrivain Mourad Bourbonne. En revanche, les officiels diplomatique et consulaire n'étaient pas de la partie. En 2004, l'ambassadeur et le consul général de l'époque, Mohamed Ghoualmi et Saïd Abdiche, étaient présents à l'inauguration, au quartier latin, de la «Place Maurice Audin» du nom du militant indépendantiste enlevé par les paras et jamais retrouvé depuis.

    Membre d'une famille de soldats de père en fils, le général de Bollardière a eu une carrière déclinée en quatre temps forts : la résistance au nazisme et à la trahison vichyste, le bourbier indochinois, l'Algérie et l'opposition à sa «salle guerre» et, dans les années 1960 et 1970, la croisade anti-violence et anti-essais nucléaires. A toutes les étapes de son itinéraire, Jacques Paris de Bollardière a fait valoir sa différence par rapport au conformisme militaire. Mais c'est à Alger - livrée aux parachutistes et aux tortionnaires par le gouvernement socialiste de Guy Mollet - qu'il a conféré à sa carrière la résonance qui est la sienne.

    Au plus fort de ce que les clichés médiatiques ont qualifié de «Bataille d'Alger», le général est sollicité fermement par sa hiérarchie de contribuer à «l'efficacité» de la lutte impitoyable contre le «terrorisme du FLN». A l'image de Paul Teitgen, le secrétaire général de la Préfecture de police d'Alger qui a refusé d'être le complice de Massu et de Bigeard, le général de Bollardière a opposé une fin de non-recevoir.

    Le 7 mars 1957, il s'en explique dans un courrier adressé au général Salan, commandant la 10ème région militaire (Algérie) : «Convoqué par le général Massu, j'ai été obligé de prendre nettement conscience du fait que j'étais en désaccord absolu avec mon chef sur les méthodes employées (...), j'ai, donc, l'honneur de vous demander d'être immédiatement relevé de mes responsabilités». Prix de cette audace : 60 jours de forteresse et le début de la fin précoce d'une brillante carrière militaire.


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