Les manifestations des 10, 11 et 12 décembre 1960 :
Le cœur de l’histoire (V)
par Nordine Chabane
(Ancien moudjahid, membre de l’ALN)
Lundi 17 Décembre 2007 -- Le 11 décembre 1960, s’il fut le mouvement ayant tranché toutes les questions, n’en restera pas moins que c’est l’événement qui, de la guerre, est celui de la confrontation entre le front de l’Algérie française et celui de l’Algérie algérienne.
Cependant, il ne suffit pas d’évoquer les événements historiques de notre pays pour s’enorgueillir de leur éloquence. Il faut les traduire, les interpréter et les expliquer afin que la jeunesse sache. Car lorsque tous les stratèges du général de Gaulle, président de la République française, eurent établi leur plan de «paix en Algérie», il s’avérait n’être en réalité qu’un plan minutieusement élaboré, d’une prédétermination de l’autodétermination.
Et, c’est ce même plan qui devait faire aboutir à l’indépendance de l’Algérie dans l’interdépendance avec la France. Et, c’est à cet effet que les manipulations des services spéciaux, sous le slogan de l’Algérie algérienne, vision de Gaulle, activèrent sans répit.
Par ailleurs, les stratèges du front de l’Algérie française tendaient à vouloir mobiliser pour des manifestations contre le général de Gaulle et pour l’Algérie française. Pendant que l’Algérie authentique observait ce qui se tramait contre elle, il y a eu ce qu’il est convenu d’appeler les vrais patriotes (les Algériens authentiques) qui, en ayant tout compris, firent d’une pierre deux coups.
Et, ils entraînèrent la quasi-majorité du peuple avec eux. Ceux-ci n’étaient pas d’accord avec l’Algérie algérienne «vision gaulliste» et encore moins «vision FAF». Ils eurent le génie de recourir à la seule définition qui leur restait pour signifier leur désapprobation avec l’un et l’autre camp.
Ce peuple de patriotes authentiques pour se démarquer comme un seul homme cria : «Non» aux visions étriquées de l’Algérie française du FAF et de l’Algérie algérienne du général de Gaulle et dit «oui» à l’Algérie musulmane, une et indivisible.
C’est là le génie du vrai peuple algérien qui a su trouver la parade et les termes propres à la détermination qui mesurent tous les sacrifices pour la libération du pays. Ceci étant, et l’indépendance de notre pays ayant coûté plus d’un million de chouhada, rappelons, pour la bonne compréhension des choses, qu’au soutien pour l’autodétermination de l’Algérie, il y a eu :
Inscrits : 6 549 736, Votants : 6 017 680, Exprimés : 5 992 115, Nuls : 25 565, Oui : 5 875 581, Non : 16 534.
Absents, 532 056 (6 549 736 inscrits – 6 017 680 votants = 532 056 absents) Soit, pour le «oui» : 91,23 % des inscrits et 99,72 % des suffrages. Donc, sur 6 549 736 inscrits, 5 875 581 votants ont dit clairement «oui» à l’indépendance de leur pays, l’Algérie.
Et, que les partisans du «non» 16 534 + les absents 532 056 = 548 590 qui n’ont pas dit oui à l’indépendance et qui peuvent être considérés comme étant ceux auxquels fait allusion le FAF lorsqu’il prétend avoir plus d’un million de membres dont 120 000 «indigènes Français musulmans».
Quoi qu’il en soit, l‘Algérie a vaincu et il n’y a qu’un seul héros, le peuple, avait dit Abane Ramdane. Mais cela, les cerveaux des spécialistes français de la guerre psychologique ne l’avaient pas compris. Et, leurs computers, comme aime à le dire Houari Boumediène, ne l’avait pas prévu ! Enfin, c’est l’indépendance tant attendue de l’Algérie.
Une Assemblée constituante est élue le 20 septembre 1962. Ahmed Ben Bella, devenu secrétaire général du FLN (devenu un parti politique), sera élu président de la République algérienne démocratique et populaire. Le premier gouvernement de l’Etat algérien est formé.
Revenant de loin, un Etat vient au monde le 8 octobre 1962, il prendra sa place parmi les Nations unies. La guerre d’Algérie prend fin. Une guerre française d’occupation coloniale et de répression contre la lutte de libération algérienne entre dans le passé.
Une autre page s’est ouverte sur une autre histoire et tout cela nous incite à penser au présent et à vouloir un avenir meilleur. Un futur à la mesure de la grandeur des sacrifices consentis par des dizaines et des dizaines d’hommes et de femmes des deux bords, jeunes et vieux, qui sont tous morts pour que nous vivions sous le signe de la «liberté, de l’égalité et de la fraternité».
Et, si l’on évoque le passer, ce n’est ni par rancune ni par haine. C’est seulement pour rappeler la souffrance du peuple algérien et rappeler le mérite qui doit revenir à sa grandeur d’âme. Sur cette base, on peut dire sans grand risque d’erreur que le FAF, mouvement du Front de l’Algérie française, qui prétendait avoir dans ses rangs plus d’un million de membres dont 120 000 Français musulmans, avait certainement parlé de ces personnes qui se sont abstenues ou qui ont voté «non à l’indépendance de l’Algérie» et dont le FAF bénéficiait de la complicité et alliance dans l’administration française.
Quant à la complicité militaire, elle a été établie et elle n’est plus à démontrer. Le FAF, issu de l’ex-Front national français, présentait diverses faces : l’officiel axée sur la défense de «l’Algérie française» et l’autre, cachée, que dirigeait un état-major avec ses diverses branches : «Renseignements, appuis, informations, finances et surtout action, qui sous «l’étendard OAS» sema le malheur de la terre brûlée et du désastre de l’Algérie qu’ils allaient perdre.
Et cet «O.A.S.» dont beaucoup de membres, après l’indépendance de l’Algérie en 1962, sont restés nostalgiques de l’Algérie française et des gloires coloniales, commirent beaucoup de faits et de méfaits qui prouvent qu’il était abusif de prétendre que cette «race n’était pas morte»… Il faut toujours et encore rester vigilant, car c’est encore leur lignée qui soutient les bienfaits du colonialisme et le caractère civilisateur de l’occupation colonial français.
Et, pour avoir une réelle idée sur l’ampleur des nuisances causées à l’Algérie libre et indépendante, par souci de vérité et non par envie de vengeance, rappelons-nous combien de harkis avaient recruté l’armée française. Combien parmi eux sont restés en Algérie ? Et, combien sont partis rejoindre leur patrie, la France ? Essayons aussi, sans rancune et sans haine, de nous rappeler les cercueils d’Algériens émigrés, assassinés en France, qui nous revenaient durant les années post indépendance.
Le peuple algérien a énormément souffert du mal des malfaiteurs pendant des années après la guerre d’Algérie. Il faut le reconnaître et l’admettre. Malgré tout ce qu’il a enduré, il reste prêt à pardonner. Mais «il faut le lui demander».
Il n’y a aucune honte à le faire. Bien au contraire. C’est eu égard à toutes les souffrances engendrées par la «guerre faite par la France à l’Algérie», qu’il faut que les forces du bien continuent d’expliquer la nécessité d’une demande de pardon par la voix des autorités officielles française afin d’extirper le mal à la racine est d’enterrer une fois pour toutes et à jamais notre malheur commun.
Pour aller vers la nécessaire construction de l’Union «du Maghreb» et de «la Méditerranée». Mais il ne faut pas construire sur du sable. Il faut construire sur du solide. Et, pour cela, comment croire en des regrets non exprimés ? Comment avoir confiance en un repentir non déclaré ? Comment pardonner à celui qui n’a pas eu la volonté de s’excuser ? S’il n’y a pas de pardon, comment, s’entendre et s’aimer ? A quel pôle rattacher l’Union méditerranéenne si ce n’est au port d’attache de la triple réconciliation historique, humaine et morale.
C’est-à-dire au cœur même de l’histoire de notre mère commune, la Méditerranée «notre Marée Nostrum». Les conséquences de la guerre, des décennies plus tard, germent encore dans les banlieues françaises, allumant les feux de détresse d’un peuple déraciné qui s’alimente d’un fanatisme religieux.
A ces jeunes gens, ce n’est pas de traité d’amitié seulement qu’il faut parler, mais de fraternité, de retrouvailles et de réconciliation avec leurs origines. C’est cela la triple vérité culturelle. Alors instruisons nous de nos expériences communes et reconnaissons que ce n’est pas de «traité d’amitié algéro-français» seulement qu’il faut traiter mais de «conciliation FRATERNELLE» au sens noble, large et profond du terme, car la réconciliation commence entre les membres de la même famille, même s’il sont de «nationalités différentes», et que leur parents étaient dans des camps opposés.
Car tout deux ont les mêmes origines et sont victime du même microbe «la guerre». Et, tant que l’empreinte de la guerre existera, la haine subsistera. Quant à nous, nous sommes contre la haine par conscience et non par consigne, et au service de cette cause, nous sommes d’une servitude volontaire.
Nous vous apportons la paix et nous ne nous étonnerons pas de vous voir nous faire la guerre pour ce que l’on vous apporte.
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17th December 2007 13:11 #8
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11th December 2008 14:12 #9
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Jeudi 11 decembre 2008 -- Le 11 Décembre 1960, le Front de libération nationale appelle les Algériens à occuper la rue. But : réaffirmer au monde la détermination du peuple à se libérer du joug colonial français. L’appel est reçu cinq sur cinq. Les manifestations devaient s’étendre à tous les quartiers populaires à Belcourt (actuellement Belouizdad), Clos Salembier (Madania), précisément à Diar El-Mahçoul, Bab El-Oued, El-Harrach, Kouba, Birkhadem, La Casbah ou encore Climat de France (Oued Koriche). Les manifestations qui durèrent plus d’une semaine s’étendirent également à plusieurs villes algériennes, comme Oran, Chlef, Blida, Constantine, Annaba, au cours desquelles le peuple portait les mêmes slogans. Réagissant à des manifestations pro-de Gaulle, visant à maintenir l’Algérie dans le giron colonial, le FLN a opté pour le slogan «Algérie musulmane indépendante». Les adeptes du général de Gaulle brandissaient le slogan «Algérie algérienne» ou le tristement célèbre «Algérie française». L’Algérie combattante faisait ainsi en sorte de s’opposer à la politique du président français, revenu aux affaires deux ans plus tôt, qui s’apprêtait à se rendre à Aïn Témouchent le 9 décembre 1960. La répression a été d’une rare violence et l’histoire retiendra que le premier Algérien, tué de sang-froid par les soldats français, s’appelait Farid Maghraoui. Le chahid qui n’avait que 10 ans brandissait le drapeau à l’effigie du croissant et de l’étoile. Il a été fauché en pleine course au moment où il rejoignait les manifestants par une rafale de mitraillette. Il tomba à terre le drapeau lui enveloppant le corps. A souligner que Mohamed Cherif Abbas, ministre des Moudjahidine, se rendra aujourd’hui dans la wilaya de Mila, où il présidera les festivités officielles de la commémoration du 48e anniversaire des glorieuses manifestations du 11 Décembre 1960. Par ailleurs, l’association culturelle Machaâl Echahid et l’inspection académique d’Alger-Centre ont organisé hier au lycée Hassiba-Benbouali de Kouba une conférence débat portant sur la participation de la femme algérienne à ces historiques manifestations.
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13th December 2008 20:12 #10
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Kamel Amghar :
Samedi 13 decembre 2008 -- Il y a comme ça, dans l’histoire, des dates fédératrices qui rassemblent tout le monde, sans exception aucune, autour d’une cause juste. Des circonstances exceptionnelles qui réunissent un peuple entier, jeunes et vieux, femmes et hommes, pauvres ou riches, pour dire d’une seule et même voix son attachement viscéral à la liberté et sa quête profonde de la dignité humaine. Des événements consensuels qui transforment tous les rapports de force préétablis et qui bousculent l’ordre imposé par tant de forces. Les manifestations urbaines du 11 décembre 1960, de par leur ampleur et la nature du contexte dans lequel elles se sont produites, sont à ce propos un jalon majeur dans l’histoire de l’Algérie combattante. En voyage dans le pays conquis, le général Charles de Gaulle, alors président de la République française, a été partout accueilli par des manifestations pacifiques qui revendiquent invariablement le droit légitime du peuple algérien à l’autodétermination.
L’irruption massive des populations «indigènes», scandant «Algérie libre», «Algérie indépendante», a évidemment projeté la cause algérienne aux premières loges de la scène internationale. Profondément populaires, ces marches triomphantes ont absolument discrédité l’argumentaire de la France colonialiste qui, auparavant, s’enorgueillissait de sa «mission civilisatrice» en Afrique du Nord en réduisant la révolution du 1er novembre 1954 à une simple question de banditisme de grands chemins. L’ancrage réellement populaire de ces manifestations et l’écho qu’elles ont eu à travers le monde ont été deux facteurs déterminants dans l’inscription de la question algérienne sur l’agenda de l’Assemblée générale des Nations unies. C’était un grand sursaut patriotique qui a montré le vrai visage de l’occupation en balayant toutes les allégations servant de prétextes à l’asservissement d’un peuple et au pillage d’un pays souverain. Tous les dirigeants du monde, y compris les alliés traditionnels de la France impériale, ont alors pris conscience de la justesse et de la pertinence des idéaux de la révolution novembriste. Un front populaire uni qui rappelle les manifestations du 8 mai 1945, événement précurseur de la lutte directe du peuple algérien pour sa souveraineté.
Si, en 1960, les populations algériennes ont radicalement changé le rapport de force qui prévalait au sein de l’opinion publique internationale au sujet de la guerre d’indépendance, leur irruption spectaculaire de 1945 a irrémédiablement refaçonné le front interne en optant pour une confrontation directe avec les forces coloniales. Les événements du 8 mai 1945, réprimés dans le sang et le feu, ont coupé l’herbe sous les pieds des attentistes et des assimilationnistes qui ont mené le mouvement national vers l’impasse. La montée solennelle des populations a mis fin à toutes les hésitations pour mettre tous les acteurs politiques et socioculturels devant leurs responsabilités historiques. La lutte armée s’imposait alors d’elle-même comme unique perspective pour déloger l’occupation coloniale. Doté d’une conscience politique aiguë, le peuple algérien a montré au fil de l’histoire sa capacité à trancher dans le vif les grands défis qui se posent à la nation. Le 20 août 1955, le 20 août 1956, le 19 mars 1962 et le 5 juillet 1962 ont été aussi autant de dates symboliques au cours desquelles le commun des Algériens a fait l’histoire avec un grand «H». Même au lendemain de l’indépendance, le peuple algérien a toujours su défendre les intérêts du pays et arbitrer les écueils qui se sont posés à son développement. Le choix populaire de la réconciliation nationale en est la dernière démonstration en date.
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13th December 2008 20:12 #11
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Samedi 13 decembre 2008 -- Les manifestations du 11 décembre 1960 ont été célébrées jeudi dernier sur le territoire national comme une étape principale dans le processus du recouvrement de l’indépendance du pays. L’événement a été d’un impact si déterminant sur le cours de la révolution qu’il a imposé à la France d’enclencher les négociations qui aboutiront à la proclamation de l’indépendance de l’Algérie le 19 mars 1962. Les manifestations du 11 décembre 1960 sont venues, à première vue, confirmer que la révolution était au cœur de la population. Elles sont aussi le démenti à un discours qui avait tenté de faire croire aux Algériens ainsi qu’à l’opinion internationale en la victoire politique de l’armée française dans la capitale. L’effet des manifestations a été vite ressenti aussi bien au sein de la population algérienne qui venait de signer son attachement avec la lutte armée que chez les forces françaises qui n’ont pas tardé à saisir la portée et le sens d’une manifestation grandiose ayant mobilisé tout un peuple. L’effet immédiat des manifestations a été l’adoption par l’ONU, cinq jours plus tard, d’un projet de résolution afro-asiatique qui reconnaît de manière solennelle le droit du peuple algérien à l’indépendance. Quarante-huit ans après la démonstration de la dimension populaire de la révolution, les Algériens se rappellent dans la communion de cette date décisive et significative.
Pour le ministre des Moudjahidine, M. Mohamed Cherif Abbas, qui s’est rendu dans la wilaya de Mila -choisie comme lieu de la célébration officielle de l’événement-, «les grandes manifestations du 11 décembre 1960 ont fait échec à la dernière carte abattue par le colonialisme français en Algérie». Au cours de la conférence de presse qu’il a animée à la maison de la Culture de Mila, le ministre des Moudjahidine, tout en rappelant le sens et la portée de toutes les dates symboliques de la guerre de libération nationale, a noté que les manifestations ont prouvé à la puissance coloniale que le peuple algérien s’était rangé du côté de la révolution. M. Mohamed Cherif Abbas a ajouté que «les manifestations de décembre 1960 ont permis d’atteindre plusieurs objectifs importants, dont l’unité entre le peuple et l’armée de libération nationale et l’échec des plans du général Charles de Gaulle visant à garder l’Algérie dans le giron colonial de la France». Pour le secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidine, M. Saïd Abadou, les manifestations du 11 décembre 1960 ont été couronnées par le triomphe du projet national tel que défini dans la déclaration du 1er novembre 1954. La rencontre de Mila a été accompagnée par une cérémonie de distribution de prix aux lauréats des différents concours organisés dans le même cadre.
À Ouargla, c’est le secrétariat de wilaya de l’Organisation nationale des moudjahidine qui a organisé une exposition de photos et d’articles de presse liés aux manifestations du 11 décembre 1960. La wilaya de Tamanrasset n’a pas été à l’écart de la commémoration puisque le centre universitaire a abrité des conférences qui ont traité de «la révolution algérienne dans la littérature» et de «la femme moudjahida dans la littérature algérienne». Elles étaient animées par des enseignants universitaires, appuyés par des témoignages de personnes ayant vécu la période.
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11th December 2010 12:47 #12
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Dr Ahmed Benflis, Ambassador of Algeria to Pakistan:
December 11, 2010 -- The heroic struggle of the National Liberation Army not only lasted for 6 years but the mobilization of the people for the benefit of the revolution also sparked the demonstrations of December 11th 1960 which allowed the Algerians to organize a peaceful demonstration, to reaffirm the self-determination of the Algerian people against the politics of France with its regard to maintain Algeria as part of France within the framework of the idea of "Algerian Algeria", and on the other hand was against the French colonists who cultivated the dream of "French-Algeria". The Algerian revolution of liberation with its constant struggle and heroic sacrifices succeeded to bring about the downfall of 7 successive governments of the French colonialists from November 1954 to June 1958 and allowed the National Liberation Army to neutralize the 4th Republic which afterward gave birth to the 5th Republic in 1959 under the aegis of General Charles De Gaulle who did not know to draw on the teaching of history by practicing the liquidation of politics to break the Algerian revolution. By these obnoxious practices, the French army helped the determined collaborators and the experienced well equipped NATO army. However, the National Liberation Army and the Algerian people who fought for a just cause within the framework of the current state of affairs and the history with a divine will and the liberals of the world gave a lesson to French colonialists with regard to sacrifices and heroism and foiled their plans of conspiracy. The people who amazed the whole world through their heroism were set an example by the martyr Larbi Ben M’ Hidi who during one of the gatherings declared in substance; “let's bring out the revolution to the street, it will contained by the people”. The National Liberation Front at the same time opposed the politics of De Gaulle and the colonists believed that the latter would count on the Algerian-French people to support his politics and organized a demonstration to welcome him in Ain Temouchent on 9th December 1960, whereas the colonists who reacted to this demonstration in support of the politics of De Gaulle imposed on the Algerians, considered that Algeria belonged to all within the framework of France. The National Liberation Front remained not silent but entered into the conflict with an impressive popular strength, raising the slogans of “independent Muslim Algeria” against that of De Gaulle's “Algerian-Algeria” and that of colonists “French-Algeria”.
The demonstration to support the politics of De Gaulle on 9th December and that of the colonists on the 10th in the same month led to the popular demonstration which was held on 11th December, supervised by the National Liberation Front to express the unity of the country and the gathering of people around the revolution to claim total independence. The popular gathering which consisted of many categories took place in the squares across all cities of Algeria. So, in Algiers, the square of operations on May 1st looked like a thickly populated density that mobilized the population under the National Flag and the slogans of Independence as well of long live the National Liberation Front. They invaded the street of Didouche Mourad and encountered the colonial strength and their protestations. The demonstrations were extended in all famous districts of Belcourt (place of 1st May), Diar El Mahssoul (place of martyrs), Bab-El-Oued, El-Harrach, Kouba, Birkhadem, Casbah, Oued Koriche prior to propagating together on the national territory, during which time the protestors were waving national flags and condemning the odious French colonialism and their crimes that snubbed the Algerian people who were deprived of arms, only having faith in armed struggle as one of the instruments for obtaining peace and restoring their independence. Slogans were unified under the National Flag, the National Liberation Front, the provisional government and long live Algeria. The demonstrations which lasted for more than a week, also extended in several other cities of Algeria such as Oran, Chlef, Blida, Constantine, Annaba, Sidi-Bel-Abbes, Bejaia and Tipaza while others demonstrated in many aspects; the echo which had the chaos to heighten the colonialism and the intensity of attachment of the Algerian people to wipe out their despoiled sovereignty.
On this occasion, on 16th December 1960, Ferhat Abbes, in his capacity as head of the Provisional Government of the Algerian Republic, on 19th December 1958, established a positive impact on the progress of the revolution and mobilization of the international community for the support to the Algerian people under the command of the National Liberation Front and army, addressed a speech in the form of a call in which he paid homage to courageous people and condemned publicly the savagery and tyranny of colonialism. After the blatant political victory realized by the National Liberation Front, in response to the politics of De Gaulle and the colonists, the president Ferhat Abbes monitored the colonialist politics and the crimes committed against the isolated civilians. The popular demonstrations laid bare before the eyes of the world that criminal reality, the repulsion of France and its expressed colonialism, the the unity of the Algerian people, its mobilization under the aegis of National Liberation Front as well as the attachment in its principles and liquidation of the politics of De Gaulle that contained the idea of “Algeria-Algeria” as well as that of the colonists “French-Algeria”. At international level, the popular demonstration exhibited a support without reserve for the National Liberation Front. Therefore, the United Nations was convinced of the necessity to register the dossier of Algeria on its agenda. As a result, the political committee of the General Assembly voted favoring the withdrawing of French arguments that deceived international public opinion. This demonstration had also the consequence of the releasing of a circle of support for the Algerian people worldwide, particularly in the Arab world and in France where the population organized the demonstration of support which had an undeniable influence on the people across the world. Thus, France entered into a whirlwind of internal conflicts that led to its isolation at the international level following the pressure of the people and consequently De Gaulle was forced to envisage negotiations with the National Liberation Front, a unique legitimate representative of the Algerian people: it was the only hope to save France from total collapse.







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