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  1. #1
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    Un Nanterre algérien, terre de bidonvilles, de Abdelmalek Sayad


    "Comment ne pas avoir peur quand tu sais que tu n'as pas le droit d'habiter là ? Tu n'existes pas." Le bidonville c'est aussi l'histoire de la "ville qui n'existait pas" - une honte refoulée - auquel on a refusé le statut de réalité. Ni empêché, ni accepté. Toléré. Les bidonvilles de Nanterre se sont constitués à partir des années 50, une époque profondément marquée par la guerre d'Algérie qui, comme chacun sait, n'existait pas non plus. Sur ce territoire, un monde de baraquements envahis par la boue et les rats ou menacés par les incendies accidentels et criminels, a pourtant vécu avec ses échanges, ses rituels, reconstituant les solidarités rurales importées du pays. Plus de vingt ans après son éradication, ce bidonville hante la mémoire et les corps. Il a déterminé la révolte fataliste des immigrés, il nourrit la colère des enfants de la deuxième génération. Un témoignage nécessaire. Par Abdelmalek Sayad, avec la collaboration de Eliane Dupuy.

  2. #2
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    « France, terre d'accueil, patrie des droits de l'homme ? Après la lecture de ce document poignant, il est permis d'en douter...

    Brancardière bénévole auprès des déportés de retour des camps de concentration en 1945, Monique Hervo s'engage au Service civil international, une des toutes premières ONG qu'on n'appelait pas encore comme cela. Elle atterrit en 1959 à La Folie, surnom donné à l'un des bidonvilles de Nanterre. Là, pendant trois ans, elle consigne, griffone et observe le quotidien des familles maghrébines – et surtout algériennes, alors de nationalité française – qui s'entassent dans ce qu'elle déqigne comme "un enfer". Des zones de non-droit absolu, où règne l'arbitraire des exactions commises par des groupes bien définis – les harkis ou les contingents de policiers affectés aux interventions dans les bidonvilles. Avec comme point culminant la tragédie du 17 octobre 1961.

    Préfacé par l'éditeur François Maspero, un implacable témoignage sur la banalité du mal, qui renvoie la France à l'une de ses plus sombres périodes, dont la mémoire rejaillit peu à peu, non sans douleur. »


    ~ Yves Fraillont
    « Des milliers de tôles enchevêtrées se mêlent à des briques cassées : La Folie. Des moutons broutent l'herbe alentour. Gravats et vieilles ferrailles traînent aux abords de cette étrange cité, reliquats des déchets déversés ici par des entreprises : une décharge publique ! Je contourne le bidonville. Je n'ose y pénétrer. Je suis une intruse. Par une sorte de boyau, je me faufile à l'intérieur de cette agglomération en papier goudronné et cartons aplatis, bouts de bois vermoulus et tôles rouillées. Situées derrière le palais de La Défense en construction luisant de blancheur, les baraques s'agrippent les unes aux autres dans un décor de débris de matériaux usés. Les chemins sont vides. Tout semble inerte. »

    ~ Monique Hervo, La Folie, 1959
    « Si je peux maintenant livrer ce témoignage de mes trois années de guerre passées au bidonville de La Folie, c'est grâce à toutes les notes accumulées, observations consignées souvent journellement. Griffonnées sur des bouts de papier. Entassées en vrac dans des cantines. En les relisant, j'avoue avoir eu un choc : c'était l'horreur. Mon étonnement fut si fort qu'il me sembla que mes amis algériens n'avaient pu vivre pareil enfer. Avec le temps, mes souvenirs s'étaient atténués même si je gardais une blessure ineffaçable. On ne peut oublier. »

    ~ Monique Hervo, 2001

  3. #3
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    Bidonville de Nanterre

  4. #4
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    A bras-le-coeur de Mehdi Charef

    Depuis que maman a dit à ma grand-mère qu'on allait bientôt rejoindre mon père en France, Hanna vient tous les jours à la maison. Pour mon père, vivre sans nous est une épreuve. Nous lui manquons, la décision est prise. Moi, au début, je n'ai rien ressenti, je ne savais pas quel effet ça faisait d'être là-bas. Ensuite, je me suis mis à vivre avec une inquiétude tenace que je trimballais partout. Et la tristesse en prime : quitter Hanna, le reg, ma tribu, Abdel, tout. J'ai prévenu l'école de mon départ. La maîtresse est ravie pour moi. Elle dit qu'en France, il y a des feux verts et rouges qui règlent la circulation, des cabines d'ascenseur dans les maisons très hautes, des trains qui roulent dans les tunnels. - Ton père habite où ? Quand j'ai répondu Nanterre, elle était moins ravie pour moi... Du reg algérien de son enfance au bidonville de Nanterre, Mehdi Charef raconte les tribulations d'un petit garçon dont la vie n'a pas toujours été facile. Pour vivre, il a dû se battre : chez lui, sur la terre de ses ancêtres, comme en France, son nouveau pays d'accueil, au milieu des années 1960. Humaniste et généreux, l'auteur dresse un tableau attachant de sa famille et propose le récit de son expérience d'immigré.

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