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  1. #1
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    Décès du fondateur du réseau des "porteurs de valises", Francis Jeanson



    Francis Jeanson: A Dissident Intellectual from the French Resistance to the Algerian War by Marie-Pierre Ulloa (U.S.A.)

    Publication date March 26, 2008

    Francis Jeanson: A Dissident Intellectual from the French Resistance to the Algerian War by Marie-Pierre Ulloa (U.K.)

    Publication date 15 April 2008

    "Marie-Pierre Ulloa seamlessly blends political, intellectual and cultural histories in this superb and moving biography of a unique dissident voice. By tracing Francis Jeanson's marginalization after his successive courageous stands for the French Resistance in 1943 and later against the Indochina and Algerian Wars, the author sheds light for the first time on a remarkably consistent moral trajectory. She also takes us through some of the most dramatic conflicts of the twentieth century, bringing back to life the raging debates for and against colonial wars, and exploring their legacies and memories. A very timely read."

    ~ Eric T. Jennings, University of Toronto
    "Marie-Pierre Ulloas book, erudite and precise, powerfully reconstructs the itinerary of Jeanson and paints a gripping intellectual portrait of the 1950s in France."

    ~ Benjamin Stora, Maghreb-Europe Institute, Paris VIII-Saint-Denis
    This new biography of Francis Jeanson follows the existential philosopher and political activist from his birth in 1922 to his participation in a government "cultural action" program in the late 1960s and '70s. As a young man, Jeanson escaped German-occupied France and joined the Resistance army in Africa. After the war, he pursued a career in France as a writer, philosopher (he was the "chosen disciple" of Jean-Paul Sartre), and editor at the Editions du Seuil. During the French-Algerian War, Jeanson founded the Jeanson Network, which collected and transported funds to support the Algerian side in the conflict. He and members of his network were tried and convicted of breaching the security of the state, but Jeanson was eventually reintegrated into French society. His participation in that historical moment and in controversies both philosophical and political that continue to rage today make for a compelling and pertinent read.

  2. #2
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    • Voix dissidente et solitaire, Francis Jeanson fut l'animateur du plus important réseau d'aide aux combattants anticolonialistes pendant la guerre d'Algérie. • Engagé dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, intellectuel proche de Jean-Paul Sartre, Jeanson incarne une contre-mémoire: celle de la France du refus, refus de la torture et du mensonge d'État mais surtout refus de toute guerre coloniale menée au nom de la République. • En 1957, alors qu'il dirige la collection « Écrivains de toujours » aux éditions du Seuil, il entre dans la clandestinité et s'engage pleinement aux côtés du F.L.N. Ce philosophe-combattant brocarde sans relâche la frilosité et le légalisme prudent de la gauche respectueuse du consensus national et qui s'obstine à considérer l'Algérie comme un département français. • En 1960, le procès du « réseau Jeanson » révèle à la France entière le visage et le choix de ceux qui ont décidé de combattre pour préserver les valeurs républicaines. • Après l'indépendance de l'Algérie, Francis Jeanson choisit de rester en France et se tourne vers l'action culturelle. A la fin des années 60, sur l'invitation d'André Malraux, il dirige et anime la Maison de la Culture de Chalon-sur-Saône. • S'interroger, comme le fait Marie-Pierre Ulloa, sur l'itinéraire de Francis Jeanson, c'est s'interroger sur la singularité d'un combattant « hérétique » aux yeux de la gauche de l'époque; c'est montrer en quoi il n'usurpe pas sa place au panthéon de l'engagement des intellectuels français au XXe siècle.

  3. #3
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    Notre guerre de Francis Jeanson

    • Courageusement édité par Jérôme Lindon aux éditions de Minuit, alors que la guerre sévit en Algérie, Notre Guerre de Francis Jeanson est saisi une semaine après sa publication, le 29 juin 1960, pour « provocation à la désobéissance ». • Le 7 avril de la même année, un mandat d'arrêt avait été lancé contre l'auteur pour « atteinte à la sûreté de l'État ». Francis Jeanson, chef des « porteurs de valises » ainsi que les baptisera Jean-Paul Sartre, le plus important réseau d'aide aux combattants anticolonialistes, est alors l'un des hommes les plus recherchés de France. • Convaincu que l'Algérie française est une survivance anachronique du colonialisme le plus dur, produit du capitalisme, Jeanson apporte son soutien aux militants algériens et incite les Français à une forme extrême d'engagement : la rébellion, le refus d'obtempérer aux ordres du pouvoir politique. • Ce livre n'est pas un simple témoignage, c'est un cri pour la défense des valeurs républicaines menacées, une incitation à la désertion devant une guerre qui ne veut pas dire son nom. Il répond à ceux qui l'accusent de trahir son pays et démontre également que la gauche, qui refuse de soutenir son combat, est infidèle à sa mission, à ses valeurs. • A une période de médiatisation extrême de la torture en Algérie qui semble vouloir faire croire qu'il pourrait y avoir des guerres « propres » et de « repentances » collectives qui conduisent à occulter la connaissance des faits, il était urgent de faire lire ce livre incisif, chef-d'oeuvre de la littérature de Résistance.

  4. #4
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    Depuis le début des années 1990, trente ans après la fin de la guerre d'Algérie, le travail de mémoire sur cette atroce "guerre sans nom" n'a cessé de s'étendre, redonnant la parole à ceux qui en furent les acteurs du côté français : appelés du contingent, officiers tortionnaires, harkis, pieds-noirs, responsables politiques... Mais celle de ceux qu'on a appelés les "porteurs de valises", une petite minorité de femmes et d'hommes dont le rôle fut pourtant important, ne s'était encore guère faite entendre.

    En France, en Belgique et en Suisse, plusieurs centaines de jeunes militants courageux, venus d'horizons très divers, ont alors choisi de s'engager aux côtés des Algériens en lutte pour l'indépendance de leur pays. Jacques Charby, qui fut des leurs, a recueilli les témoignages de plus de soixante d'entre eux et les présente dans ce livre sans équivalent. En dépit de leur peu de goût pour les récits d'"anciens combattants", chacune, chacun, raconte "sa" guerre d'Algérie avec vérité et précision.

    Ils ont tous assumé, pour la plupart dans le "réseau Jeanson" ou le "réseau Curiel", des tâches dangereuses, et les ont parfois payées de nombreuses années de prison. Contribution décisive à l'histoire d'une guerre qui, malgré des milliers d'écrits, est encore loin d'être complète, ce livre est aussi un document majeur pour comprendre les ressorts de l'engagement. A l'heure où tant de jeunes s'interrogent sur les raisons et les façons de se battre contre l'inacceptable, ils y liront des pages inégalables : les "porteurs d'espoir", s'ils n'ont jamais surestimé la portée de leurs actions, et quelles que soient leurs déceptions sur le devenir de l'Algérie indépendante, y expliquent, non sans émotion, leur sentiment d'avoir été utiles à une "juste cause".

  5. #5
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    Samedi 25 Juillet 2009 -- Francis Jeanson vit ses dernières heures. Malheureusement, notre jeunesse en général et notre jeunesse universitaire en particulier ignorent le nom de Francis Jeanson et le rôle qu’il a joué durant la guerre de libération et sa contribution décisive dans le soutien à la Fédération de France du FLN. Pour rappel, il a été le fondateur du réseau des porteurs de valises du FLN et y a attiré parmi les plus grands noms d’intellectuels, d’artistes et de militants français, dont Henri Curiel, Hélène Cuénat, Jacques Charby, Georges Arnaud, Daniel Campagno, le père Davezies, etc. réseau qui aurait mobilisé jusqu’à 4 000 membres, selon certains historiens. Jeanson n’a pas constitué ce réseau sous l’effet d’une impulsion. Son engagement dans la guerre de libération reposait sur des précédents militants et des bases philosophiques. Et il reste important de bien les connaître pour comprendre les positions des intellectuels français à l’endroit de la révolution algérienne parmi ceux qui l’ont soutenue comme Sartre, ignorée comme Camus ou s’y sont opposés. La haute figure de Jeanson est la plus connue de l’Autre France, la France minoritaire mais qui existait et agissait. Chacun peut imaginer l’ampleur des difficultés psychologiques, politiques et idéologiques qu’ont supportées ces militants dans un climat d’hostilité. Ils ont subi les quolibets, les accusations de traîtrise et d’atteinte à l’Etat. Et ces difficultés devraient ajouter, à notre sens, du prix et de la valeur à cet engagement. Il est hors de doute que notre révolution se serait grandie à le reconnaître–reconnaissance à tous les peuples, tous les sympathisants et les amis de notre révolution. Et Francis Jeanson était plus qu’un sympathisant, plus qu’un compagnon. Il était un participant de cette révolution et un frère dans son action et ses souffrances.

    Le philosophe Francis Jeanson est né en 1922. En 1943, à 21 ans, il rejoint les Forces françaises libres en s’évadant de France par l’Espagne où il subira des conditions effroyables d’internement dans deux camps. Il rejoindra l’Algérie par le Maroc. Il ne demandera aucune reconnaissance pour ces faits. Après la défaite du nazisme, il continuera son action par un engagement pour la libération des peuples colonisés et pour la classe ouvrière. Il s’opposera à Camus et à sa thèse que toute révolution débouche sur la négation des libertés. La position de Camus condamnait toute révolution alors que Jeanson soutenait le projet de ces révolutions, notamment les guerres de libération au moment où, en Indochine, la guerre de libération inaugurait l’ère de la décolonisation. Sartre interviendra dans cette célèbre controverse en assénant à Camus qui voulait garder ses mains propres : «Avoir des mains propres, c’est ne pas avoir de mains.» La théorie libératrice de Jeanson reposait sur l’existentialisme de J.-P. Sartre que l’opprimé recouvrait son humanité dans le processus même de la lutte contre l’oppresseur et son état. Jeanson a été choqué par le racisme des colons en Algérie alors qu’il parlait de la boucherie du 8 mai 1945 comme s’il avait tué des cloportes.

    Dès le déclenchement de la guerre, il se précipite en Algérie avec sa femme Colette. Ils publieront ensemble en 1955 L’Algérie hors la loi qui a provoqué que tempête intellectuelle et politique. Ils publieront par la suite Notre guerre en 1960 et La Révolution algérienne, problèmes et perspectives, en 1962. Il ne tardera pas à entrer en contact avec la révolution par Louanchi, puis Boudaoud et ensuite Ali Haroun. Il en octobre 1957 crée le réseau qui avait pour mission le transport des personnes et de l’argent, la fabrication de fausses pièces d’identité, l’hébergement des responsables ou des réunions, etc. Le procès Jeanson, en septembre 1960, coïncidera avec le fameux appel des 121. Que Jeanson trouve dans ce modeste texte l’expression de la reconnaissance de ses deux signataires. Sans aucun doute, d’autres Algériens – intellectuels ou moudjahidine – portent dans leur cœur la même reconnaissance avec l’espoir que l’Etat né de la guerre de libération s’éveille au devoir de mémoire et de reconnaissance pour tous ceux qui nous ont soutenus et au devoir de faire connaître leurs noms, leurs actions et les bases philosophiques qui les ont menés vers nous en particulier par l’aménagement des programmes scolaires et universitaires. Est-il concevable que nos étudiants continuent à ignorer l’œuvre et la pensée de Fanon ou de Jeanson ?

  6. #6
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    Mardi 28 Juillet 2009 -- Une vie pour la philosophie, une philosophie pour les causes justes. À 87 ans, le philosophe français Francis Jeanson risque de tirer sa révérence dans l’anonymat. Jusqu’au bout, l’intellectuel a parié pour exister car, selon lui «les hommes n’existent qu’au prix de parier sur leurs propres chances d’exister». Ainsi se déclinait pour Francis Jeanson la foi d’un croyant. Pour M.Jeanson, le combat n’avait de sens que quand il était mené pour des causes justes. Homme de réflexion et d’action, la «Voix dissidente» s’engage pleinement dans la lutte du peuple algérien pour son indépendance. Dans un hommage rendu au philosophe, Marie Ulloa, historienne, révèle: «En 1957, alors qu’il dirige la collection Ecrivains de toujours aux éditions du Seuil, il entre dans la clandestinité anticolonialiste et s’engage, pleinement, aux cotés du FLN. Trois ans plus tard, le procès du "Réseau Jeanson" révèle à la France entière le visage et le choix de ceux qui ont décidé de combattre pour préserver les idées républicaines.» Fondateur du réseau de porteurs de valises pour le FLN, l’éminence grise a su rallier à son action d’illustres intellectuels, artistes et militants français. Parmi les 4000 membres que comptait le réseau, figuraient les noms de Jacques Charby, Georges Arnaud, le père Davesies et Hélène Cuénat. Le procès qui devait condamner les esprits engagés, pour leurs convictions, a constitué un rappel à l’ordre historique pour la France coloniale aux idéaux de la révolution française.

    Né en 1922, Francis Jeanson a grandi dans une période (entre les deux guerres mondiales) qui a eu un impact décisif dans sa manière d’appréhender les conflits qui ont marqué le siècle précédent. En 1943, M.Jeanson rejoint les rangs des Forces françaises libres. Pour ce faire, le jeune résistant a dû s’évader de France pour fuir le Service du travail obligatoire (STO). Imposé par l’Allemagne nazie, le STO permettait la réquisition et le transfert, obligatoires, de milliers de Français au pays du IIIe Reich. Arrivé en Espagne, il y découvrira, à son corps défendant, les conditions, inhumaines, d’internement dans les camps. Entrant en Algérie via le Maroc, M.Jeanson fut bouleversé par la boucherie du 8 Mai 1945. Epris de liberté, le philosophe s’opposa farouchement à la théorie d’Albert Camus qui soutenait que le stade final des révolutions n’était autre que la négation des libertés. Inspiré de l’existentialisme de Jean-Paul Sartre, Francis Jeanson croyait fermement que le sens de l’humanité était dans la lutte contre l’oppresseur et le système qui a secrété l’oppression. En 1955, Francis Jeanson publie, avec sa femme Colette, L’Algérie hors-la-loi. Révolutionnaire, la publication souleva un tourbillon intellectuel et politique qui a fortement contribué à rendre visibles les mouvements de décolonisation à travers le monde. Quarante ans après l’Indépendance de l’Algérie, le philosophe invitait la classe politique et intellectuelle française à faire un diagnostic honnête de la période coloniale. Dans un entretien accordé au quotidien français, Le Monde le 28 mai 2001, Francis Jeanson déclarait: «La vraie question est: pourquoi faisions-nous la guerre au peuple algérien? Au nom de quel intérêt?» La réponse à cette interrogation implique une libération mutuelle de l’Algérie et de la France, d’un passé qui ne cesse de peser dans le présent des deux pays. Mais cela est une autre histoire.

  7. #7
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    Dimanche 2 Août 2009 -- Le fondateur du réseau des "porteurs de valises" durant la guerre de libération, Francis Jeanson, est décédé samedi à Paris à l’âge de 87 ans suite à une longue maladie, a-t-on appris dimanche de ses proches. Philosophe français, Francis Jeanson est né en 1922. Fuyant d’Espagne en 1943, il rejoint l’armée française de la Libération pendant la Seconde Guerre Mondiale. Après la défaite du nazisme, son action et son militantisme se concentreront dans son engagement aux côtés des peuples colonisés et de la lutte de la classe ouvrière. Après le déclenchement de la guerre de libération nationale (1954-1962) et après la publication de L’Algérie hors la loi, Jeanson afficha sa grande sympathie au Front de libération nationale (FLN) et fonda, en 1957, un réseau de soutien qui porta son nom le "Réseau Jeanson". Le réseau était constitué d’un groupe de militants français, agissant sous ses directives. Leur rôle principal consistait à collecter et à transporter des fonds et des faux-papiers pour les militants du FLN opérant en France, d’où leur surnom de "porteurs de valises". Ses activités pour la cause algérienne le contraignirent à verser dans la clandestinité. Il publia une revue de propagande, Vérité pour, destinée à expliquer le sens de son engagement. Il s’était vite rendu compte que ni le parti communiste, ni la gauche non-communiste ne souhaitaient se départir d’une attitude prudente à l’endroit de la guerre d’Algérie. Lorsqu’il publia Notre guerre, en juin 1960, Jeanson était devenu la "mauvaise conscience" de la gauche. Malgré son procès et sa condamnation par contumace, pendant l’automne 1960 — le réseau fut démantelé en février 1960 — Jeanson poursuivit son combat jusqu’à l’indépendance de l’Algérie.

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