Samedi 19 Avril 2008 -- Germaine Tillion, ethnologue et résistante, qui s'était élevée contre la torture en Algérie, est décédée samedi dans sa 101e année à son domicile de Saint-Mandé (Val-de-Marne), a annoncé à l'AFP Tzvetan Todorov, président de l'association Germaine Tillion. Elle était l'une des françaises les plus décorées et partageait avec cinq autres femmes le privilège d'être grand'Croix de la Légion d'honneur.
Elle était Croix de guerre 1939-1945, médaillée de la Résistance avec rosette et médaillée de la déportation pour faits de résistance. Au printemps 2007, à l'occasion de son centième anniversaire, elle avait été faite citoyenne d'honneur de la ville de Saint-Mandé où elle résidait depuis 1945.
Ethnologue en Algérie dans les années 30, Germaine Tillion avait été déportée à Ravensbrück en 1943. En 1955, l'ethnologue renoue avec l'Algérie à la demande du gouvernement Pierre Mendès France, empêtré dans la crise algérienne.
Elle crée les Centres sociaux pour les ruraux musulmans déplacés dont elle dénonce la "clochardisation" (L'Algérie en 1957), analyse les dysfonctionnements de la société coloniale (Les ennemis complémentaires), enquête sur la torture et les lieux de détention. En 1957, en pleine bataille d'Alger, elle réussit à obtenir pour quelques semaines l'arrêt des attentats, après une rencontre secrète avec le chef militaire de la région d'Alger Yacef Saadi.
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Thread: Décès de Germaine Tillion
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19th April 2008 18:22 #1
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Décès de Germaine Tillion
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19th April 2008 19:53 #2
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Samedi 19 Avril 2008 -- Germaine Tillion, ethnologue et résistante, est morte samedi 19 avril, à son domicile de Saint-Mandé (Val-de-Marne), dix jours avant de fêter ses 101 ans, a annoncé Tzvetan Todorov, président de l'association Germaine Tillion.
Ethnologue en Algérie dans les années 30, spécialiste des Berbères chaouias de l'Aurès algérien, Germaine Tillon voit "sa vie basculer" , le 17 juin 1940, en entendant le discours du maréchal Pétain "capitulant devant Hitler". "J'ai vomi - ce n'est pas une image - dans les dix minutes qui ont suivi". "A l'époque, confirme-t-elle, je n'étais pas communiste. Ni anticommuniste. J'étais antihitlérienne, d'emblée."
Elle entre en Résistance et fonde le réseau du Musée de l'homme. Dénoncée par un prêtre, l'abbé Alesch, en 1942, elle est incarcérée puis envoyée, avec sa mère, en déportation. De son séjour dans les camps nazis, elle a rapporté un ouvrage magistral, Ravensbrück (édité en 1946, réédité en 1973 et en 1988), mais aussi une opérette, Le Verfügbar aux enfers, présenté en 2007 au Théâtre du Châtelet.
Après la guerre, Germaine Tillion restera cette femme engagée. Celle qui se décrira comme une "vieille gaulliste" ( Le Monde du 6 juin 1992) n'en travaillera pas moins avec le trostkiste David Rousset, contribuant à la création, en 1951, de la Commission internationale contre le régime concentrationnaire, qui dénonce l'existence des goulags en URSS.
Dans un ouvrages consacré à Germaine Tillion, publié aux éditions du Seuil (Le Siècle de Germaine Tillion), Tzvetan Todorov, disait d'elle qu'elle était "savante et militante à la fois". Cela s'est illustré, quand, après-guerre, de retour en Algérie, l'ethnologue a également joué le rôle d'intermédiaire entre le régime gaulliste et les combattants FLN, sauvant des vies quand elle l'a pu, et dénonçant les tortures et les "singes sanglants" de l'OAS.
Germaine Tillion était l'une des Françaises les plus décorées et partageait avec cinq autres femmes le privilège d'être grand'Croix de la Légion d'honneur.
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19th April 2008 19:55 #3
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PARIS, April 19, 2008: French Resistance fighter and celebrated anthropologist Germaine Tillion died on Saturday, her association said. She was 100.
Tillion died at her home in Saint-Mande, in the Paris region, the head of the Germaine Tillion Association, Tzvetan Todorov, said by telephone.
French President Nicolas Sarkozy's office hailed Tillion as "an exceptional woman for whom courage, dedication and humanism were lifelong guides."
In a statement, the French leader paid "homage to an early Resistance fighter who, imprisoned at Ravensbruck (concentration camp) never lost hope, to an ethnologist whose passions lay in North Africa and the Middle East, to a prolific writer and a committed woman in the political fight for the emancipation of women and against all forms of torture."
Tillion — who was sent in 1943 to the Nazi camp for women and children in Ravensbruck, Germany, for her work with France's underground Resistance network — was the recipient of the Grand Cross of the Legion of Honor, one of France's highest distinctions. She was one of only five women to have received such an honor, the government said Saturday.
Tillion wrote extensively about her experiences in the camp, revisiting through her work the place where her mother died, according to a biography appearing on the Germaine Tillion Association's Web site.
In a 1988 book on the camp, Tillion wrote that she had managed to survive "thanks to luck, to anger, to the desire to bring these crimes to light, and, finally, to the bonds of friendship."
After the end of World War II, Tillion devoted herself to documenting the history of France's Resistance to German occupation. She was also a prominent voice against the French colonial presence in Algeria and spoke out against torture.
Tillion was born on May 30, 1907, in the southern town of Allegre. Her father was a judge and her mother, a writer.
Tillion studied anthropology and conducted several years of field work in Algeria during the 1930s. Living in the southern Aures region, she studied the semi-nomadic Ah-Abderrahmane tribe, according to her association's Web site. Tillion's 700-page ethnography on the tribe disappeared during her internment at Ravensbruck, the site said.
Tillion reconstructed the study from memory decades later, and Il etait une foi l'ethnographie (Once upon an Ethnography) was finally published in 2000.
Funeral arrangements for Tillion were not immediately announced.
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21st April 2008 04:19 #4
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21st April 2008 22:21 #5
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21st April 2008 22:33 #6
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26th April 2008 02:46 #7
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Samedi 26 Avril 2008 -- L’ethnologue et résistante française Germaine Tillion, qui a notamment dénoncé la torture durant la guerre de Libération nationale, a été inhumée jeudi à Paris. L’ambassadeur d’Algérie à Paris et le moudjahid et sénateur Yacef Saâdi, qui étaient présents aux funérailles, ont déposé un bouquet de fleurs au nom du président Bouteflika. Le parcours de la résistante, de la scientifique et de la militante contre la torture a été mis en exergue par plusieurs intervenants comme le résistant Stéphane Hessel qui a rappelé le soutien de la défunte aux “sans-papiers de Saint-Bernard”, il y a onze ans, qui a “incarné la France de la liberté, de la justice et de la solidarité”. D’autres ont évoqué les efforts déployés par Germaine Tillion, durant la guerre de Libération nationale, pour dénoncer les injustices, la spoliation et les traitements inhumains infligés à la population algérienne par l’armée coloniale.







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