Mercredi 23 Avril 2008 -- En rendant un vibrant hommage au chahid Taleb Abderrahmane, exécuté par l’armée française le 24 avril 1958, les spécialistes de l’histoire de la guerre de libération estiment que exécution a pleinement contribué à la mondialisation de la cause nationale. «L’exécution du chahid avait contribué à l’internationalisation de la question algérienne durant la guerre de libération nationale», a affirmé M. Mohamed Rebbah, un chercheur, lors de la cérémonie d’hommage rendu par l’association Machaâl Chahid à Taleb Abderrahmane à l’occasion du cinquantenaire de sa disparition.

M. Rebbah a fait remarquer à cet effet que sa condamnation à mort en 1958 a suscité un bon nombre de réactions dénonçant la décision de son exécution. «Un nombre important d’intellectuels et 24 associations activant en France avaient demandé au président français de l’époque de surseoir à l’exécution de la décision de justice le condamnant à mort», a-t-il indiqué. Tout en rappelant l’enfance du chahid à La Casbah, il a relevé que Taleb Abderrahmane «avait un penchant précoce pour les études», tout en précisant qu’il a eu un cursus scolaire qui l’avait mené de l’école indigène Brahim-Fateh de La Casbah à l’école Saroui. Tout en indiquant qu’il a connu le chahid, M. Rebbah a signalé qu’il avait une grande ouverture d’esprit.

«Il avait suivi des études en chimie dans l’unique faculté que l’Algérie comptait à l’époque», a-t-il encore souligné. Présent aussi à cette cérémonie, le moudjahid Yacef Saâdi a affirmé que Taleb Abderrahmane, en rejoignant le maquis d’Azzefoun en Kabylie, avait répondu à l’appel lancé aux étudiants et aux lycéens par le FLN en 1956. «Après l’exécution de Zabana et de Ferradj et suite aux activités de l’organisation appelée La main rouge, avant qu’elle ne devienne OAS, Abane Ramdane avait rendu public un tract dans lequel il avait promis des réponses du FLN à ces actes, a-t-il souligné.

«C’est dans ce contexte que Taleb Abderrahmane fut réaffecté à Alger», a-t-il précisé tout en affirmant qu’il avait appris au chahid Debbih Cherif dit Si Mourad le montage des bombes. Il a fait savoir dans ce sens que la première bombe fabriquée dans le premier atelier de Taleb Abderrahmane et qui devait viser un capitaine de l’armée coloniale qui habitait au Bastion 23, avait explosé en cours de route tuant son porteur, le chahid Hadj Omar Kahouadji. «Grâce à Taleb Abderrahmane, la révolution avait ébranlé l’occupant dans la capitale pendant une bonne partie de la bataille d’Alger», a-t-il affirmé.

Evoquant sa rencontre avec l’ethnographe française Germaine Tillion, qui était à Alger à la tête d’une délégation pour enquêter sur la pratique de la torture, Yacef Saâdi avait rappelé que le chahid «avait promis à cette militante humaniste d’arrêter les attentats à l’explosif si les autorités coloniales acceptaient de mettre un terme à la pratique de la torture et à l’exécution des condamnés à mort».