Lundi 19 Mai 2008 -- L’Algérie commémore le 19 mai de chaque année la Journée de l’étudiant. Cette commémoration atteste donc que cette frange de la population a profondément marqué de son empreinte l’histoire de la lutte de Libération nationale. En effet, le 19 mai 1956, l’Union générale des étudiants algériens (Ugema), créée une année auparavant sous l’égide du Front de libération nationale, dont elle constituait le prolongement idéologique et politique, décidait souverainement de lancer un appel à la cessation des études et au ralliement de la jeunesse estudiantine au combat pour l’émancipation du joug colonial. Cet appel fut unanimement entendu au niveau des universités, des médersas, des instituts, des lycées et collèges tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Je ne m’étalerai pas sur les circonstances de la création de l’Ugema ni sur son rôle mobilisateur à la veille de cet événement historique. Ces faits sont connus. J’insisterai pour dire que cette importante décision fut d’abord un acte politique. Un acte politique majeur qui situait clairement et irrémédiablement la place de la jeunesse intellectuelle algérienne dans le camp des opposants à la présence française dans notre pays, ce qui ruinait l’argumentaire de l’administration coloniale qui s’évertuait à présenter les combattants de l’Armée de libération nationale comme des groupes marginaux de rebelles incultes, manipulés de l’extérieur, coupés de la population qu’ils soumettaient et dominaient par la terreur. Cette décision politique, pour importante qu’elle fut, n’était pas cependant une fin en soi. En écho à l’invite contenue dans l’appel à la grève, elle allait avoir des prolongements naturels dans l’engagement pour l’action à l’intérieur et à l’extérieur du pays.
Cet engagement fut massif, en proposition, si l’on considère que sur les trois à quatre mille étudiants qui fréquentaient universités, lycées ou instituts, plus des deux tiers ont rejoint le FLN et l’ALN. Il a scellé l’unité de la jeunesse en lutte, cette jeunesse qui figurait désormais toutes les couches de la société, femmes et hommes, ruraux et habitants des villes, paysans et ouvriers, instruits et non instruits. La seule problématique que cet engagement allait poser : comment les utiliser. Au plan qualitatif, l’étendue de leur niveau intellectuel et la diversité de leur formation les prédisposaient à jouer des rôles importants au vu de leur compétence, de leur engagement patriotique et de leur détermination. C’est ainsi qu’à l’intérieur du pays, des centaines d’entre eux vont rejoindre, dès l’été 1956, les pionniers du 1er Novembre 1954 parmi lesquels figuraient déjà des aînés intellectuels engagés, à l’image de Chihani Bachir, Abbès Laghrour, Mohamed Lamouri, Ali Kafi, Hachemi Hadjerès, Benbaâtouche, les frères Zaâmoum, Amara Rachid, Taleb Abderahmane, Si El Haouès, Mohamed Chaâbani, Brahim Zeddour, Houari Boumediène, Lotfi, Akbi, Medeghri... tous issus des instituts islamiques ou de l’université, ce qui permet d’affirmer que l’élément intellectuel ou ceux que l’on appelait prosaïquement « Al qaryine » (les instruits) n’était pas absent du théâtre opérationnel.
Toujours à l’intérieur, l’intégration de ces « grévistes » au sein du FLN/ALN se fera dans les structures politiques urbaines clandestines, dans les missions spécifiques de santé (médecins et infirmiers), dans la presse et la propagande et surtout, pour la majorité d’entre eux, dans les unités combattantes. Ce dernier point mérite toutefois une explication pour répondre à une interrogation récurrente souvent occultée. Ces jeunes de l’intérieur ont-ils eu les mêmes chances que leurs frères travailleurs et paysans de se voir valorisés afin d’atteindre les responsabilités auxquelles ils pouvaient aspirer compte tenu de leurs aptitudes ? Je réponds : pas toujours. Dans beaucoup de régions, en effet, ils ont fait l’objet d’une marginalisation et d’un ostracisme évident. La raison en est que de nombreux responsables militaires de régions ou de zones appréciaient la qualité de combattant à l’aune de la rusticité physique, de l’ampleur de la personnalité, du sens du commandement et surtout de la faculté d’insertion dans la société rurale afin de mieux développer leur instinct de survie : ces étudiants, ces lycéens n’ont cependant pas démérité.
Dans tous les cas de figure, ils ont relevé le défi, bravant les difficultés, allant jusqu’au sacrifice suprême. Des milliers d’entre eux ont payé ainsi de leur vie, par la main de l’ennemi, leur engagement sans faille. D’autres, malheureusement et ils furent nombreux, connurent un sort injuste. Ils payèrent de leur vie l’incapacité de leurs chefs à déjouer le complot diabolique tramé par les officines des services psychologiques spécialisés de l’armée ennemie, les désignant à la liquidation physique par leurs propres frères. Il est vrai que la sécurité des maquis, vitale pour la survie de la révolution, imposait la vigilance la plus extrême et légitimait le fait de faire face avec rigueur et rapidité à la moindre suspicion, à condition que les choses ne perdurent pas dans le temps et ne gagnent pas d’autres régions, ce qui fut malheureusement le cas. Ces victimes innocentes ont été, par conséquent et sans contestation possible, les victimes directes de l’armée coloniale et ont mérité le titre de chahids. Il faut savoir que l’élimination de l’élite était un objectif prioritaire permanent de la soldatesque ennemie, pour ce qu’elle représentait de double danger, dans l’immédiateté de la guerre d’une part, et pour l’avenir en tant que réservoir de cadres de l’Algérie indépendante, d’autre part.
Pour tempérer ce tableau au trait forcément sombre, je dirai quand même qu’une minorité de ces jeunes, purs produits de la grève de l’Ugema, ont tenu le coup et sont devenus, grâce à la force de leur volonté et à la constance de leur conviction, de grands cadres de l’ALN : responsables d’unités combattantes, commissaires politiques de haut niveau, chefs de région ou de zone, membres de conseils de wilaya, chefs de wilaya tel le colonel Khatib Youcef, membre du GPRA, tel Lamine Khène, sans omettre l’artisan de la création de l’Ugema, Mohamed Seddik Benyahia devenu, très tôt, membre du Conseil national de la révolution algérienne et un de ses principaux animateurs. Qu’en est-il par ailleurs de ceux qui ont rejoint le FLN à l’extérieur du pays, dans les capitales de pays frères ou directement dans les bases arrières de l’ALN ? Leur destin sera différent et directement lié aux besoins induits par les nécessités politiques ou techniques de la stratégie d’appui et de soutien à la lutte armée menée par l’intérieur.
Partant de l’évidence que l’ALN ne manquait pas de bras, tous ceux qui pouvaient être utilisés autrement se verront confier, par des responsables lucides, des tâches immédiates en rapport avec leur niveau ou bien seront tenus de suivre une formation appropriée pour une qualification opérationnelle spécifique. Pour les tâches immédiates, les contingents qualifiés, politiquement parlant, seront désignés en qualité de chefs de mission du FLN dans les capitales des pays frères et amis à l’exemple, entre autres, de Tewfik Bouattoura, Lakhdar Brahimi, Ali Lakhdati, Mohamed Kellou, Salah Benkobbi, Abdelmalek Benhabylès, Hafidh Kerramane, Djamel Houhou, etc. Un autre contingent rejoindra l’appareil administratif du CCE ainsi que les services de l’information (presse nationale et radio) Belaïd Abdesslam, Rédha Malek, Mohammed Bedjaoui, Mohamed Harbi.
A suivre.....
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Thread: La grève des étudiants de 1956
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19th May 2008 22:42 #8
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Dahou Ould Kablia :
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20th May 2008 17:34 #9
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Dahou Ould Kablia :
Mardi 20 Mai 2008 -- Les jeunes médecins et étudiants en médecine, pour leur part fort nombreux, seront repartis dans les unités de l’ALN aux frontières, dans les bases arrières au service des réfugiés et dans les hôpitaux civils marocains et tunisiens qui disposaient de pavillons exclusivement réservés aux combattants algériens malades ou blessés. Enfin, les contingents de moindre qualification, les plus nombreux, ont été pris en charge par les commandements militaires des zones frontalières. A l’Ouest, en particulier, où leur nombre était grand, car issus de l’importante communauté algérienne résidant au Maroc, leur présence n’embarrassa guère le colonel Boussouf, commandant la Wilaya V. Celui-ci, tirant la leçon des lacunes organisationnelles et matérielles de deux années de lutte, imagina rapidement le profit qu’il pouvait en tirer avec une formation rapide dans des domaines où le déficit était patent : les liaisons et le renseignement, le contrôle, la communication, les transmissions, la logistique... Une école des cadres politico-militaire fut créée, des centres de formation des transmissions érigés. Les résultats furent rapides. En quelques mois, l’ALN s’est dotée d’opérateurs radio facilitant les liaisons et les communications. L’aspect opérationnel fut modifié avec la mise en place de centres d’écoute de l’ennemi ; les services de renseignements et de contre-renseignement développèrent un maillage couvrant plusieurs régions géographiques, y compris le territoire français. La plus grande réussite fut la mise sur pied d’un centre d’émission radio qui fit entendre la voix du FLN dès le 16 décembre 1956.
Cette formation ne s‘arrêtera pas. Elle se déploiera à l’Est du pays sous la houlette des colonels Krim Belkacem et Amar Ouamrane et ira en s’amplifiant jusqu’à l’indépendance. La jeunesse algérienne venait d’intégrer, en l’assimilant, le domaine de la techno-science, chose impossible à imaginer au départ de la lutte. Un deuxième saut qualificatif sera atteint avec l’ouverture des académies et instituts militaires des pays frères, Egypte, Syrie, Jordanie, Irak. Des centaines d’Algériens intégreront ces centres pour maîtriser les métiers de l’aviation dans toutes ses dimensions : pilotes, navigants, radaristes, ingénieurs mécaniciens, météorologues, parachutistes. Ceux de la marine avec son corollaire les commandos et les hommes grenouilles. Le plus grand nombre allant cependant à l’armée de terre dans ses variantes infanterie, arme blindée, artillerie, génie. Les officiers sortants de cette dernière formation d’infanterie seront appelés, pour partie, par le chef d’état- major général, le colonel Boumediène, pour renforcer son état-major, les autres pour l’encadrement au fur et à mesure des bataillons de l’ALN et pour la formation des nouvelles recrues dans les centres d’instruction de l’ALN des frontières à côté de plusieurs dizaines de leurs frères officiers et sous-officiers déserteurs des centres de formation de l’Armée française (Saint-Maixent notamment). Le lieu d’accueil de cette formation militaire spécifique et multiforme ne se limitera pas aux pays frères. L’Union soviétique et la Chine ouvriront, à leur tour, leurs centres aux pilotes stagiaires algériens pour un complément de formation sur les appareils les plus perfectionnés de l’époque : chasseurs à réaction MIG 15, avions de transport Ilyoutchine, hélicoptères MI.5 à un point tel que ces pilotes étaient opérationnels dès 1961.
J’ai parlé jusqu’à présent de la formation à caractère ou à usage militaire qui a servi directement au soutien de la lutte menée par l’ALN, se traduisant par le renforcement de ses capacités opérationnelles grâce à la maîtrise de la technoscience. La vision et les objectifs du FLN allaient cependant bien au delà de ce cadre. Dès 1959, après le discours du général de Gaulle, où celui-ci acculé par la pression militaire, politique et diplomatique du FLN, concède au peuple algérien le droit de se prononcer sur son avenir par un référendum d’autodétermination, le FLN va initier une politique de formation de grande ampleur pour les cadres de l’après-indépendance. Le GPRA, en coordination avec l’UGEMA, optera pour les filières les plus sensibles : pétrochimie, économie, mécanique, hydraulique, génie rural, génie nucléaire, agronomie, géologie, métallurgie, toutes les sciences interdites aux algériens dans les universités françaises de l’époque. Au niveau de l’association que je préside, l’Association des anciens du MALG, nous disposons des données complètes sur l’ensemble de ces actions de formation tant en ce qui concerne le contenu, que le niveau, la durée des études et la liste quasi-complète de ceux qui en ont bénéficié. Nous tiendrons, le moment venu, ce dossier à la disposition des historiens et des chercheurs. Il me reste à présent à conclure et comme je suis en présence de lecteurs avertis, je sais bien que je suis attendu sur un bilan chiffré pour leur permettre d’apprécier, au final, l’apport des étudiants algériens à la glorieuse lutte de Libération nationale. Au plan militaire, j’ai déjà évoqué leur contribution. Au plan politique, la diplomatie algérienne, menée par ces cadres, a marqué des points dans toutes les capitales ciblées et à l’ONU. Au plan politique toujours, les cadres du service de renseignement du GPRA/MALG (plus d’une centaine) prirent une part importante dans la confection des dossiers de négociation avec l’adversaire français dès 1960, grâce à la somme d’informations de grande qualité recueillies aux sources les plus proches du pouvoir français. Au plan de la santé et de la médecine au service de l’ALN, je n’y reviens que pour dire que sur les 200 à 300 médecins et étudiants en médecine que comptait le pays entre 1954 et 1956, plus de la moitié a rejoint l’ALN, dont plusieurs dizaines dans les maquis de l’intérieur du pays. Plus de la moitié y laissera la vie.
Parallèlement, des centaines d’infirmiers ont été formés sur le tas. Ceux qui ont été formés, quant à eux, dans d’autres secteurs, se comptent également par centaines. Ainsi :
900 agents des transmissions, (opérateurs, dépanneurs, chiffreurs) ont été formés au sein de 16 promotions et affectés aux unités combattantes de l’ALN et aux services du FLN et du GPRA. 119 parmi eux sont tombés au champ d’honneur dans les maquis de l’intérieur.
250 jeunes ont été formés dans la maîtrise des explosifs, la maintenance et la fabrication des armes.
150 jeunes sont devenus des spécialistes du renseignement.
70 pilotes et techniciens, 40 officiers de marine, 10 hommes grenouilles, 40 officiers de police ont été formés dans les écoles du Moyen-Orient et du camp socialiste.
20 ingénieurs en pétrochimie ont été formés aux Etats-Unis (dont le commandant Abderrahmane Meguatelli, Chakib KheIil et Aït Hocine) et en Roumanie (dont Abdelmadjid Kazi Tani et Mellouk) pour ne citer que les plus connus.
8 spécialistes des mines, de l’électronique et du génie nucléaire ont rejoint en 1959 la RDA et la Tchécoslovaquie. Je les cite parce que c’est important (Ihaddadène Abdelhafidh, Mered Djelloul, Mouffok Hocine, Bennini Abdelouahab, Djebbar Mustapha, Maâchou, Bekhoucha). Trois d’entre eux, les premiers cités, spécialistes en science nucléaire, feront l’objet d’un attentat des services spéciaux français. Leur avion, un Ilyoutchin 18 de la compagnie tchécoslovaque, assurant la liaison Prague-Casablanca, a été abattu le 11 juillet 1961 dans le ciel marocain.
15 ingénieurs électroniciens ont été formés à Leningrad.
83 jeunes ont été envoyés en janvier 1962 à Belgrade à l’Institut métallurgique des fabrications militaires.
Cela conforte, on ne peut mieux, ce que le président Abdelaziz Bouteflika a écrit en préfaçant récemment un livre de mémoires Bezouiche le Malgache, d’un jeune et dynamique combattant, Abdelmadjid Maâlem. « Le lecteur d’aujourd’hui doit savoir qu’en sept ans de guerre, l’Algérie combattante a formé dans ses centres, en comptant d’abord sur ses propres forces, un nombre incommensurablement plus élevé de techniciens, de spécialistes et de gestionnaires que la France coloniale n’en a formé en 132 ans. » Soit un bilan largement positif de la contribution de ces jeunes intellectuels, comparativement à ce qui a été fait par des mouvements de résistance dans d’autres pays du globe, y compris le Vietnam, Cuba, l’Afrique du Sud ou même la Résistance française contre l’occupant allemand. Je rappelle pour caricaturer l’apport « civilisationnel » de la France en Algérie, que l’armée française privilégiait dans ses rangs la chair à canon constituée par la plèbe des tirailleurs et des spahis au lieu de la formation élitiste. Nous avons pu dénombrer seulement 4 aviateurs formés (Mahieddine Lakhdari, Abderrahmane Serri, Tahrat Abdelkader et Saïd Aït Messaoudène) qui ont tous rejoint l’ALN d’ailleurs et un seul marin du grade de sous-officier technicien dans l’aéronavale également revenu vers l’ALN (Charef Abdelkader).
L’indépendance, chèrement acquise grâce aux multiples sacrifices du peuple (un dixième de la population décimé) et à l’effort surhumain des valeureux combattants de l’intérieur qui n’ont pas plié devant la quatrième puissance militaire du monde, n’a pas pris au dépourvu le FLN qui, en plus de sa mission principale de conduite de la Révolution, a accueilli, encouragé et forgé une élite d’hommes et de femmes, à partir d’une jeunesse intellectuelle motivée pour l’action, au point d’en faire, au niveau de l’Etat algérien restauré, les piliers incontournables et l’ossature solide de l’armée, la haute administration centrale et territoriale, la diplomatie, les services de sécurité, les services techniques les plus sophistiqués, en toute responsabilité et en toute souveraineté. Gloire à nos martyrs.
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20th May 2008 17:44 #10
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Mardi 20 Mai 2008 -- Née pourtant à Chlef, la chahida Hassiba Ben Bouali n’a pas eu droit à une cérémonie de recueillement à l’occasion de la commémoration du 19 Mai 1956, Journée nationale de l’étudiant. La stèle, érigée à sa mémoire au centre-ville à quelques mètres seulement du siège de la wilaya, est restée bien triste en cette journée commémorative. Et dire que Hassiba avait abandonné ses études pour s’engager, dès son jeune âge, dans la lutte de Libération nationale. Un simple oubli ou une omission volontaire ? En tout cas, ce n’est pas la première fois que la chahida est « exclue » de ces rendez-vous historiques. Même sa biographie sur la plaque de la stèle, a été dénaturée et n’a subi aucune rectification, malgré les réclamations de ses proches.
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19th May 2010 00:19 #11
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Nordine Mzalla :
Mercredi 19 Mai 2010 -- Il y a 54 ans, les étudiants algériens déclenchaient une grève générale en guise de soutien à la Révolution qui connaissait ses batailles les plus héroïques et probablement les plus meurtrières. Par la suite, ces mêmes privilégiés, parmi les indigènes souvent réduits au métayage dans les fermes coloniales, prirent massivement le maquis pour renforcer les rangs de l’ALN. Une bouffée d’oxygène pour notre résistance qui confirmait l’adhésion quasi totale des Algériens authentiques décidés à en découdre avec le colonialisme. Ce fut cette bourgeoisie amadouée par les autorités françaises qui tournait le dos à l’occupant corrupteur. Beau revers de la médaille contre l’ignominie d’un régime qui pillait les richesses du pays et maintenait tout un peuple sous le joug, par la ruse et par la force. Beaucoup de ces jeunes héros sont tombés au champ d’honneur. D’autres ont eu le bonheur de voir l’Algérie libre avant de s’éteindre et enfin quelques uns sont encore bien vivants, près de nous, pour apporter leur témoignage sur cette épopée universitaire. Chaque année la journée est commémorée contre l’oubli, mais l’usure du temps et les tourments de l’université contemporaine éclipsent un peu l’événement. Dans ce contexte de fuite de cerveaux continue, malgré les efforts de développement, le sacrifice de cette génération des années 1950 relève d’un patriotisme presque utopique. Il y a tant d’éminences grises algériennes installées à l’étranger, des cadres d’abord formés dans nos écoles et universités, mais qui servent le développement d’autres pays. Ces élites ne ratent jamais une occasion de rappeler leur volonté de participer à l’essor de l’Algérie lors de forums ou d’assises sans prise sur la réalité. C’est l’ambassadeur de France à Alger qui faisait d’ailleurs remarquer, il y a quelques mois devant un parterre de journalistes, qu’aucun quota ne limitait le nombre de visas pour études au bénéfice des étudiants algériens. Message de bienvenue ou opération de pillage, pourvu que les candidats soient nombreux! Du fils de notable indigène qui a renoncé à ses avantages pour que revive l’Algérie, au médecin fraîchement diplômé qui veut quitter le pays, les 19 mai ont bien changé… A qui la faute ?
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20th May 2010 17:12 #12
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