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  1. #1
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    Emir Abdelkader : fondateur de l’Etat algérien et concepteur des droits humains


    Dimanche 25 mai 2008 -- L’Emir Abdelkader, fondateur de l’Etat algérien moderne, a été à l’origine de la naissance et des droits humains internationaux, en 1843. L’Emir Abdelkader, qui a promulgué en 1843 un décret national fixant les droits des prisonniers de guerre, préfigurant ainsi dans la convention de Genève en 1864, s’est distingué également par des positions historiques honorables et des contributions au rapprochement des peuples, des religions et des civilisations. Ces vérités ont été affirmées hier par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, dans une lettre adressée aux participants du colloque international dédié à l’Emir Abdelkader organisé par le Conseil de la nation, sous le thème l’«Emir Abdelkader et les droits de l’Homme, vision d’hier et d’aujourd’hui».

    S’adressant aux participants à ce séminaire, le président Bouteflika a indiqué que, par leurs travaux, ils apporteront «un témoignage précieux» à l’action de l’Emir en faveur des droits de l’Homme dans son pays et alors qu’il se trouvait en exil forcé. «Il y a deux siècles naissait donc sur cette terre d’Algérie un homme qui a eu plusieurs vies», écrit le chef de l’Etat, rappelant que l’Emir a été «guerrier et homme politique, bâtisseur d’Etat mais aussi poète et philosophe, écrivain et penseur». «Tous ces parcours croisés, toutes ces haltes comme il l’écrit lui-même vont faire de l’Emir Abdelkader un sage au sens antique du terme. C’est-à-dire un homme pour lequel la tolérance apparaît comme la mère de toutes les vertus», a souligné le président Bouteflika. Le fondateur de l’Etat moderne algérien avait animé «une longue et héroïque lutte contre l’invasion française de l’Algérie», rappelle le chef de l’Etat, précisant que «c’est dans ces deux rôles d’homme politique avisé et d’homme de guerre valeureux que l’Emir est surtout connu aussi bien en Algérie qu’à travers le monde».

    Ce colloque, organisé par le Conseil de la nation, a vu la participation de la Fondation Emir Abdelkader et de nombreuses personnalités et chercheurs en histoire nationaux et étrangers. Nous citons, entre autres, Soheib Bencheikh et l’ancien ministre français Pierre Joxe. L’historien algérien et actuel président du Conseil constitutionnel, Boualem Bessaïeh, a rappelé en ce sens que l’Emir Abdelkader a été le précurseur des droits humains, à travers son engagement pour sauver 12 000 chrétiens à Damas en juillet 1860. Il a estimé, dans ce contexte, que «lors des violences contre la minorité chrétienne à Damas en 1860 […], l’Emir a eu une vision politique d’une lucidité et d’une prémonition remarquables», en relevant que l’acte «héroïque» de l’Emir avait épargné à l’humanité une «nouvelle série de croisades et au Moyen-Orient de sombrer dans une cascade de violences sans fin».

    Selon lui, l’Emir a su gérer la foule «compacte» venue jusqu’aux abords de son domicile réclamant de lui livrer les chrétiens qui se sont réfugiés auprès de lui. Et ce, avant de relever la réaction d’admiration suscitée par cet exploit qui lui a valu plusieurs décorations faites par la Russie qui lui envoya la grande croix de l’Aigle blanc, la France le cordon de la Légion d’honneur, la Prusse la grande croix de l’Aigle noir (…). Dans sa modestie naturelle, confortée par la probité intellectuelle et l’humanité religieuse, Abdelkader reçoit ce magnifique bouquet de remerciements comme un hommage rendu à un enfant de l’Algérie musulmane et plus un hommage rendu à l’islam, perçu sous son vrai jour (…), conclut le docteur Bessaïeh. Il a été relayé par d’autres communications, données par Idriss Djazairi, représentant de l’Algérie auprès des Nations unies à Genève, Maksoud Clovis, directeur du «Global South Center» à Washington, qui ont développé des idées liées au thème des droits de l’Homme, qui sera suivi de celui du dialogue des civilisations et des cultures.

  2. #2
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    Dimanche 25 Mai 2008 -- Les travaux du Colloque international sur l'Émir Abdelkader organisé par le Conseil de la nation, présidé par Abdelkader Bensalah, sous le thème l'“Émir Abdelkader et les droits de l'Homme, vision d'hier et d'aujourd'hui”, ont débuté hier à Alger. L'Émir Abdelkader a été à l'origine de la naissance et des droits humains internationaux, a affirmé le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, dans un message adressé aux participants du colloque et lu par le conseiller à la présidence de la République, M. Mohamed-Ali Boughazi. Le chef de l'État a rappelé que l'Émir Abdelkader a promulgué en 1843 un décret national fixant les droits des prisonniers de guerre, préfigurant ainsi dans la Convention de Genève en 1864. Il a également mis en exergue les positions historiques honorables de l'Émir Abdelkader et ses contributions au rapprochement des peuples, des religions et des civilisations, rappelant que l'Émir Abdelkader est le fondateur de l'État algérien moderne. Des “droits humanitaires” aux “droits de l’Homme”, le concept n’a pas changé depuis l’appel et l’offensive de l’Émir Abdelkader pour sauver 12 000 chrétiens dans les évènements de Damas et du Mont Liban.

    Idriss El-Djazaïri, petit-fils de cet homme historique, est remonté jusqu’aux années 1860 avant de faire une projection dans l’avenir, en passant par la récente campagne d’évangélisation qui a touché l’Algérie. Une campagne dangereuse, selon l’ambassadeur, chef de la Mission permanente de l’Algérie auprès des Nations unies à Genève, “qui vise à détruire le patrimoine authentique des peuples, tantôt au nom du développement, tantôt au nom de la démocratie”. Aux yeux d’El-Djazaïri, la mondialisation a su imposer un modèle de comportement loin de refléter la réalité culturelle et religieuse. “La mondialisation, a-t-il dit, nous promet des bénéfices matériels, des leurres et une pression à tel point où certains tombent dans les bras d’une identité meurtrière, l’intégrisme religieux, l’extrémisme et le racisme.” Des concepts étrangers à l’islam et que les tenants et les aboutissants de la campagne d’évangélisation tentent d’imposer “au nom de la liberté d’expression”.

    Idriss El-Djazaïri a plaidé pour l’esprit de tolérance, la cohabitation des cultures, des civilisations et des religions, et la nécessité de revisiter la notion des droits de l’Homme dans l’histoire. Y compris sa vision de la tolérance dans l’islam. Il dira, à ce propos, que l’Émir Abdelkader a différencié les deux concepts, à savoir les règles de la religion, qui relèvent des principes de l’universalité, et les règles conjoncturelles, qui suggèrent dans toute société tolérante le recours à la jurisprudence “pour permettre aux différentes sociétés de cohabiter et de s’adapter à la réalité”. Et d’ajouter sur la notion des droits de l’Homme : “La vision de l’Émir Abdelkader est issue de l’esprit de pardon religieux.” Dénonçant les caricatures de dénigrement qui ont porté atteinte à l’image du prophète Mohammed (QSSSL), M. El-Djazaïri a rappelé à l’assistance que l’œuvre de l’Émir devra être davantage explorée par les spécialistes pour la perpétuer aux futures générations en consacrant une rencontre annuelle à ce sujet.

    D’autres interventions ont également été programmées, comme “L’identité religieuse et la tolérance” de Monseigneur Tessier, archevêque d’Alger, “L’Émir Abdelkader et le pluralisme religieux” du professeur Paolo Urizzi, “Pourquoi El-Kader en Amérique” de Katie Garms, présidente du Club d’El-Kader aux USA et bien d’autres communications sur l’histoire, l’itinéraire et la dimension internationale de cet homme. Ce colloque, qui coïncide avec le bicentenaire de la naissance de l’Émir Abdelkader, et dont les travaux prendront fin aujourd’hui, a vu la participation de la fondation, qui porte son nom, de nombreuses personnalités et chercheurs en histoire nationaux et étrangers. Une cérémonie de recueillement aura lieu, ce matin, au cimetière d’El-Alia de Bab-Ezzouar. Il faut rappeler que le ministre de l'Énergie et des Mines, Chakib Khelil, ainsi que l'ambassadeur d'Algérie au Mexique, Merzak Belhimeur, ont procédé à l'inauguration de la statue de l’Émir Abdelkader au Mexique.

  3. #3
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    Dimanche 25 Mai 2008 -- Ironie de l’histoire : alors que l’ONU tarde à opérer sa mue, on trouvera des réponses loin en remontant dans le temps pour se rendre compte du retard accumulé par les temps modernes. Attendre 2008, la crise alimentaire mondiale, pour se rappeler qu’il faut manger pour vivre, c’est élémentaire. Il aura fallu revisiter l’Émir Abdelkader, ce précurseur des droits de l’Homme. Un séminaire autour non pas du poète et leader guerrier, fondateur du premier État algérien, mais surtout sur sa conception des droits humains et du respect de la liberté de culte. Combien de pas en arrière a enregistrés l’humain depuis cette époque ?

    Difficile de mesurer l’ampleur du recul quand on en est réduit par la faute des hommes à revenir au “stade alimentaire” dans un monde qui s’amuse à dribbler les étoiles entre deux guerres. Dans une période très chamboulée, des hommes ont eu la sagesse de différencier l’ennemi de l’homme, le chrétien envahisseur du chrétien victime. Qu’en est-il maintenant ? Les différends et les différences sont érigés en dogmes idéologiques pour nourrir des haines, des extrémismes et des racismes et légitimer des disparités entretenues par l’usage abusif de la force. Et les instances et démembrements de l’ONU, souvent instrumentalisés, accentuent le déséquilibre.

    C’est aussi légitimement que l’ambassadeur algérien à Genève, et néanmoins descendant de l’Émir, proposa qu’on intègre le droit à la nourriture dans la nomenclature des droits de l’Homme, tout comme l’accès à l’eau potable ou à la liberté. Et ce n’est pas l’évolution, le savoir et les sciences qui aident à dépasser les clivages et les malentendus. Bien au contraire. À mesure que les sociétés évoluent, les comportements tendent vers les intolérances. C’est plus qu’anormal, c’est absurde que sous des prétextes aussi fallacieux les uns que les autres, on dresse des barrières et des interdits. Ou qu’un ministre de la République, sous prétexte de réglementer “la liberté de culte”, se lance dans des procédés frisant parfois la phobie de l’autre religion. L’Émir a bien défendu les chrétiens du Moyen-Orient, lui qui a ouvert la guerre contre les chrétiens colonisateurs français ! Certains devraient s’en inspirer.

  4. #4
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    Lundi 26 Mai 2008 -- Au deuxième jour du séminaire sur l’émir Abdelkader, organisé par le Conseil de la nation, les participants ont tenté d’aborder le parcours du personnage à travers de nouvelles approches. Pour M’hamed Berradouane, ex-ministre et membre de la Fondation Emir Abdelkader, les études qui ont été consacrées au fondateur de l’Etat algérien n’ont pas pris en considération certains aspects de sa personnalité : «Son intervention à Damas pour sauver les chrétiens n’était pas seulement une action d’assistance humanitaire mais c’est surtout une véritable action de justice. L’émir Abdelkader ne s’est pas contenté d’assister les chrétiens arabes puisqu’il a accueilli dans sa demeure plusieurs ambassadeurs et consuls occidentaux. Pour lui, le droit n’avait pas de couleur, de nationalité ou de religion», a expliqué M’hamed Berradouane qui a présidé, hier, une séance du séminaire international sur l’émir Abdelkader organisé au Conseil de la nation.

    «L’émir Abdelkader a eu à rencontrer l’Occident à travers la guerre, les pillages, les massacres et les enfumades», rappellera pour sa part le professeur Mohamed Bahloul de l’université d’Oran. Homme d’Etat, il avait, selon lui, instauré un système basé sur «la légitimité ». «L’émir avait banni les critères de pouvoir en cours à l’époque. Les postes de responsabilité n’étaient pas attribués sur la base des liens du sang et de l’argent mais sur la compétence», ajoutera-t-il. Mohamed Bahloul insistera particulièrement sur le caractère «mystique» du personnage qui lui a permit de lutter activement contre une certaine forme d’islamophobie en cours à l’époque.

    John King, journaliste et historien anglais, est revenu quant à lui sur la perception de la personnalité de l’émir auprès des Britanniques. «L’émir Abdelkader a effectué une visite à Londres en août 1865. Ce fut sa seule visite dans un pays européen autre que la France. (…) Il est clair que les Britanniques étaient à ce moment-là très intéressés par Abdelkader en tant que figure politique aussi bien dans le Levant qu’en Afrique du Nord», a indiqué John King. Pourtant, l’intérêt de l’Angleterre s’est avéré être éminemment stratégique. «Lors de son mandat de ministre des Affaires étrangères jusqu’en 1941, Lord Palmerston a vu dans la lutte d’Abdelkader contre les Français un bon moyen de déranger le gouvernement français», a tenu à rappeler John King qui a étudié l’émir durant une quarantaine d’années.

  5. #5
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    Lundi 26 mai 2008 -- L'Hospitalité d'Abraham, une association française basée à Lyon, a décidé d'instituer un «Prix Émir Abdelkader pour le dialogue des cultures et la concorde religieuse», à l'occasion du bicentenaire de la naissance de la figure algérienne (1808-1883). Dotée d'une récompense de 5.000 euros, cette distinction répond à une ambition qui tient à coeur ses initiateurs : la promotion d'un dialogue des hommes et des cultures entre les deux rives de la Méditerranée. Le jury sera présidé par le Franco-algérien Mohamed Arkoun, Professeur émérite à la Sorbonne. De périodicité annuelle, le prix soutient, en les honorant, des personnes et des groupes «qui font preuve d'ingéniosité et de courage pour favoriser, à travers diverses initiatives, l'interconnaissance, le dialogue et la coopération entre des groupes humains appartenant à des cultures et à des fois différentes».

    Le prix sera remis à Lyon au moment de la Fête des Lumières, indiquent les organisateurs. Cet anniversaire commémoratif coïncide avec le passage, en décembre 1852, de l'Émir dans la ville, où il avait assisté à l'inauguration de la statue de la Vierge couronnée de Fourvière. Les oeuvres soumises à concours concernent des «travaux de recherche originaux», dont les thématiques sont de nature à «favoriser» l'interconnaissance, le dialogue et la coopération entre personnes et groupes d'horizons culturels et spirituels divers. Illustration de cet esprit d'ouverture et de brassage, la participation au «Prix Émir Abdelkader pour le dialogue des cultures et la concorde religieuse» est ouverte à un très large public. Toute personne a vocation à y concourir à condition d'être agée d'au moins 18 ans et de résider dans un Etat de l'Union européenne, au Maghreb et dans un des pays de l'Afrique sahélienne.

    Fondée en 1996 à l'initiative d'un groupe de chrétiens et de musulmans lyonnais, l'Hospitalité d'Abraham se veut un «lieu de rencontres, d'échanges et d'ouverture à la religion de l'autre». Présidée par le Père Christian Delorme, elle réunit des personnalités d'origines confessionnelles différentes. Le Franco-algérien Amar Dib, membre de la Haute autorité de lutte contre les discriminations (HALDE), en fait partie. En instituant ce prix, l'Hospitalité d'Abraham entend honorer la mémoire d'un homme qui «demeure dans les mémoires comme une grande figure spirituelle universelle». L'Emir Abdelkader a su «rassembler son peuple autour de valeurs fondamentales quand son pays fut soumis à l'épreuve de la colonisation». «En un temps où l'intolérance, l'aveuglement, la haine, la bêtise, dressent des hommes les uns contre les autres, en un temps où les visages et les frontières ont tendance à se fermer, le message d'amour et de paix de l'Émir Abdelkader n'a jamais été aussi actuel».

  6. #6
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    Karimène Toubbiya :


    Mardi 27 Mai 2008 -- « Le poète a toujours raison/Il voit plus haut que l’horizon/ Et le futur est son royaume » écrivait Louis Aragon (1897/1982). Arthur Rimbaud (1854/1891), enfant terrible de la poésie française, illustre à merveille ces vers du poète considéré comme la mémoire du siècle. A 14 ans, alors qu’il est encore collégien, il écrit en latin un poème sur l’émir Abdelkader en lequel son génie précoce pressent déjà l’avenir de l’Algérie. «Il est né sur les monts d’Algérie un enfant peu commun» prophétise celui qui voit en Abdelkader l’héritier de Jugurtha et qui réduit ainsi en cendres la thèse de l’Afrique romaine et latine revenant de droit aux Français. «Et la brise légère l’a dit / Jugurtha nous revient…» annonce-t-il. «Depuis peu s’est levé celui/ Qui bientôt deviendrait /Pour le peuple arabe et sa patrie un nouveau Jugurtha/ Quand l’ombre de Jugurtha lui-même aux parents stupéfaits / Apparut, penché sur leur enfant et l’ombre rapporta /L’histoire de sa vie et se mit à conter / Ô patrie, Ô terre défendue par ma seule vigueur». Inutile de souligner que ce poème découvert et traduit du latin par Jules Monquet en 1932 est royalement « ignoré » par les rimbaldiens.

    Tout comme le poème écrit par Victor-Hugo (1802/1885), sur le même sujet ne figure pas au programme d’enseignement des établissements français. Dans ce poème l’auteur des Misérables fait un parallèle entre Napoléon III, brocardé comme «l’homme louche de l’Elysée» et l’Emir. Les deux hommes ont le même âge et c’est la visite que Napoléon III rend à Abdelkader sur les lieux mêmes de sa captivité qui inspire Victor-Hugo qui qualifiait la colonisation de «civilisation de la guillotine». «Lui, l’homme fauve du désert/ Lui, le sultan né sous les palmes/ Le compagnon des lions roux/ Le hadj farouche aux yeux calmes/ L’Emir pensif, féroce et doux.» écrit Victor-Hugo qui met en valeur «Le beau soldat, Le beau prêtre» et rabaisse Napoléon III, dernier monarque et le premier président des Français. Clichés orientalistes mis à part, la personnalité de l’émir que l’historien Benjamin Stora qualifie d’ «homme de la synthèse» a profondément impressionné le plus grand des écrivains français.

    Un autre adolescent, bien algérien celui-là, tiendra une conférence sur ce sujet décidément inépuisable. Nous sommes en mai 1947 à Paris et Kateb Yacine, marqué au fer des évènements du 8 mai 1945, prononce à la Salle des Sociétés savantes une véritable profession de foi qui annonce l’homme de conviction et l’écrivain génial qu’il restera toute sa vie. Ainsi bien avant que le louent ses propres ennemis et que ne le «redécouvrent» les politiques de son pays celui qui se prévalait du hadith bien connu «L’encre des savants est plus précieuse que le sang des martyrs» était chanté par les hommes de plume dont il fût. Ne disait-il pas : «Le Kalam – la plume – depuis qu’il a été taillé a pour esclave le sabre depuis qu’il a été effilé».

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