Mercredi 18 juin 2008 -- Saisissant l'opportunité de l'évocation du génocide des Ouled Riah, dans le Dahra, région de Mostaganem, dont c'est le 163e anniversaire qui coïncide avec la date du 19 juin 2008, les membres de la section de wilaya de la Fondation du 8 Mai 1945 ont tenu à faire connaître à leurs adhérents, assoiffés de vérité, d'autres exécutions sommaires individuelles et collectives dans la région de Sidi Bel-Abbès et dans d'autres sites méconnus où la vérité a fini par sortir des puits.
En effet, du puits de l'ex-ferme Laumet, dans la localité de Oued Séfioun sur l'axe Saïda/Sidi Bel-Abbès où plus de 130 cadavres entassés ont été d'abord attachés puis jetés dans les puits par les soldats de la colonisation française que certaines voix ont qualifiée de «civilisatrice». Non loin de Oued Séfioun 120 autres dépouilles ont été signalées, il s'agit toujours de cadavres, produits d'exécutions sommaires et ce, dans la ferme Coulet au sud de M'cid. A Sidi Bel-Abbès-ville, 52 chouhadas ont été retrouvés aux Amarnas. 54 autres chahids, retrouvés eux aussi, dans un autre puits situé près de l'ex-Berthelot (aujourd'hui Daoud) sur l'axe Sidi Bel-Abbès/Saïda.
A la sortie sud de la ville, au champ de tir dit «Camissis» des dizaines de cadavres ont été retrouvés également à «Hassi Merdoum», un nom symbolique plein de sens. A Tilmouni, au douar Senaïssa près de Belarbi (ex-Baudens), près de Tenira, 24 km au sud de Sidi Bel-Abbès-ville, à Hassi Chetouane, vers Tlemcen, près de Ras El-Ma (ex-Bedeau), à la limite des Ouled Benabdallah, à Hassi Ouled Nasser, à Hassi Ouled M'barek...
Tout un listing non exhaustif précise M. Nehari Ali, secrétaire général et porte-parole officiel de la section du 8 Mai 1945, est à citer «autant de puits, autant d'exactions extra-judiciaires, autant de crimes contre l'humanité, dans ces puits qui pullulent dans les différentes localités de l'Oranie et dont la profondeur moyenne est de 10 m, précise notre source qui insista sur l'aspect exhaustif.
Pour ce qui est du 163e anniversaire des «enfumades des Ouled Riah», un génocide exécuté dans les grottes du Dahra, par les mains du sanguinaire Pelissier; ce dernier n'hésita pas à enfumer, à outrance, des centaines d'Algériens (près d'un millier) de la tribu des Ouled Riah, après avoir, entre temps, désarmé les populations qui avaient pris part à la révolte contre l'occupant colonial... Pelissier fit mettre le feu à l'entrée des grottes où ils s'étaient réfugiés... La chasse à l'homme eut lieu et se caractérisera par cette «enfumade» que l'on ne retrouvera, à ce jour, dans aucun manuel français.
A noter que lesdites grottes sont creusées dans le plâtre et non dans le calcaire comme tant d'autres. Elles sont constituées de galeries sans ramifications latérales et à peu près rectilignes... Ce sont donc des couloirs obscurs longs d'environ 200 m... Aucune plume ne saurait rendre la description de ces «enfumades», souligne notre source qui citera d'autres lieux.
Dans la région de Tlemcen, à Ouled Mimoun (ex-Lamoricière), 41 personnes ont été asphyxiées en mars 1957. Les populations de cette région, en contact régulier avec le FLN/ALN, ont vite découvert l'acte ignoble. Dans la capitale des Ouled Slimane, c'est-à-dire la ville de Sfisef, une trentaine de martyrs ont été asphyxiés le 16 avril 1957, un mois après ceux de Ouled Mimoun, comme pour signifier une constance dans les exactions sommaires. Cela s'est passé dans la cave dite «de Laforgue».
Parmi les exécutés, en majorité des djounoud de la zone V, wilaya V, au nombre de 21, l'on cite les 4 membres de la famille Boussatla, les deux frères Boulsis: Djelloul et Baghdad, les deux Kaddous: Mohamed et Mustapha, les deux Senoun: le père et le fils, indique la même source. D'autres endroits de la région ouest et du pays y figurent, tient à mentionner notre interlocuteur M. Nehari Ali.
C'est un peu ou selon ses termes, «à vrai dire, l'histoire d'un grand silence» qui a tenu à faire cacher la France coloniale. D'autres pratiques d'extermination, telles les cuves à vin furent longtemps usitées pour contrer la résistance et la rébellion du peuple en lutte.
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18th June 2008 07:20 #1
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Ouled Riah : Il y a 163 ans, les «enfumades»
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28th June 2008 11:53 #2
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Samedi 28 juin 2008 -- Si le peuple algérien s’était soudainement soulevé par une nuit sanglante de 1954, par un certain 1er Novembre, cela n’était sans doute pas seulement un élan spontané de patriotisme ou par esprit de nationalisme. Les Algériens avaient décidé alors d’avoir leur propre sort entre leurs mains en se soulevant contre le farouche colonisateur que fut la France et les affreux actes de barbarie commis par des troupes armées issues pourtant d’une nation dite «civilisée». Ils étaient savamment menés par de non moins sanguinaires qui avaient pour noms à l’époque, Cavaignac, Salan, Pelissier et autres Bugeaud... Toute cette armada de notoires criminels de guerre avait alors, de par leurs agissements, suscité l’indignation d’un peuple qui, touché au plus profond de son être, ne tardera pas à braver les risques et aléas des maquis pour prendre les armes et, partant, combattre la haine, l’injustice et le mépris d’un envahisseur dévastateur nommé la France. C’est ainsi que les glorieuses troupes du FLN allaient, dans la dignité d’un peuple meurtri par tant de barbarie, prouver à la face du monde que la liberté des hommes ne s’octroie point mais elle s’arrache quel qu’en soit le prix à payer. Et c’est là d’ailleurs que le destin de la patrie, sous le joug de la colonisation depuis plus de 120 années de souffrance, allait enfin se jouer. Mais bien avant cela, les Algériens auront eu le temps de payer le prix fort du sacrifice tout en subissant les pires humiliations de la part des soldats français, forts de leur imposant arsenal militaire face à la seule volonté et farouche détermination du combattant opprimé, à savoir celle de lutter contre l’oppresseur jusqu’à la victoire ou alors tomber tout simplement en glorieux martyrs de la Révolution.
Ainsi, dans les fins fonds de la région du Dahra, au cœur de laquelle est implantée Mostaganem, des crimes de guerre abominables et sans précédent ont été perpétrés par l’armée française contre quelque 1 150 habitants indigènes de la localité des Ouled Riah, dans la commune de Nekmaria. Il s’agira d’une importante opération d’enfumade de femmes, enfants, nourrissons, vieillards et hommes sans défense au fond des sinistres grottes où a eu lieu l’un des plus graves génocides que l’histoire de l’humanité ait connu jusqu’à présent et ce, sous l’ordre de Pelissier, sur instruction de l’administration centrale d’alors. A cet égard, un des soldats français témoin de l’horreur, racontera bien plus tard, les moments de tragédie abominable que nulle plume, dira-t-il, ne saurait décrire. C’est avec d’ailleurs, non sans forte émotion, qu’il évoquera quelques effarantes péripéties inhérentes à cet acte on ne peut plus barbare. Il se souviendra avoir compté jusqu’à près de 800 cadavres gisant à même le sol. L’horreur de la mort était visible et se sentait bien avant de franchir le seuil de ces macabres grottes calcinées. Telle fut en l’espace d’une nuit, la sale besogne effectuée à dessein par des troupes armées déchaînées, soucieuses d’exterminer toute une population et au plus vite, et ce, après 115 années d’occupation sauvage dont la perspective majeure étant de diviser un peuple, plus que jamais uni, pour évidemment mieux régner. Cependant, il était écrit quelque part sur les murs de la vie, que l’Algérie vivra libre et indépendante, souveraine et libérée du joug de la colonisation, et ce, à la faveur d’une farouche résistance populaire digne des grandes révolutions dans le monde et qui, sans coup férir, fera date dans les annales de l’humanité. L’œuvre civilisatrice dont veut aujourd’hui s’enorgueillir la France, c’est aussi la haine et le dédain semés à l’encontre de nos populations, de la spoliation de leurs terres et de leur biens. C’est aussi l’oppression aveugle et le crime abject. La mauvaise semence a donné en fait la pire des récoltes... Sans commentaires.







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