Vendredi 20 Juin 2008 -- L’ancien général Brahim Fodhil Chérif a été inhumé aujourd’hui au cimetière de Lerhat, à Cherchell, dans la wilaya de Tipaza, selon l’ENTV. L’ancien commandant de la première région militaire s’est éteint, jeudi 19 juin, à l’hôpital militaire d’Ain Naadja, à la suite d’une longue maladie, selon la même source. Le défunt était âgé de 65 ans.
Durant les années 1990, sous le règne du président Zéroual, il avait pris la tête de la lutte contre les groupes terroristes dans un contexte de multiplication des attentats et des massacres de civils. Il avait notamment mené des opérations spectaculaires contre les maquis du GIA dans la région de la Mitidja. En 1997, après une série de massacre dans cette région, il avait lancé une vaste opération antiterroriste et sorti en même temps de l’anonymat en invitant les caméras de la télévision sur les lieux des combats. C’est également cet officier supérieur qui a mené, en février 2001, avec succès l’opération qui avait conduit à l’élimination de l’ancien chef du GIA, le tristement célèbre Antar Zouabri. Depuis la mort de son chef, le GIA a progressivement disparu de la scène terroriste.
Mais, considéré comme un proche de l’ancien général Mohamed Lamari, Fodhil Chérif avait pris ses distances avec la politique de réconciliation nationale menée par le président Bouteflika. Il se serait également opposé à un deuxième mandat du président sortant. A la réélection de Bouteflika pour un second mandat en 2004, le général Chérif a été mis à la retraite en juillet 2004.
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20th June 2008 22:01 #1
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Le général-major Brahim Fodhil Chérif décède :
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21st June 2008 09:23 #2
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Samedi 21 Juin 2008 -- Le général-major à la retraite Brahim Fodhil Chérif est décédé, jeudi, à l’âge 65 ans à l’hôpital militaire de Aïn-Naâdja. Celui qui incarnait “la main de fer” contre le terrorisme était un personnage singulier au sein de l’ANP. À l’évocation de son nom, le général-major Fodhil Chérif ne laissait jamais indifférent. Soit on l’appréciait, soit on le détestait. Car Fodhil Chérif était l’antithèse de la “grande muette” où l’on apprend à ne pas trop s’exprimer et encore moins à donner son opinion publiquement. Le général-major, aux allures de James Coburn, baladait sa silhouette svelte en treillis, sa chevelure argentée et ses Ray Ban sur les terrains d’opérations militaires de la Mitidja en étant l’incarnation physique de la lutte antiterroriste des années 1990. Ancien chef de la 1re Région militaire sous le commandement du général de corps d’armée Mohamed Lamari, son ami et ancien chef d’état-major, avec lequel il partageait une vision tenace de la lutte antiterroriste, le général-major Fodhil Chérif ne faisait pas dans la dentelle.
Devant le cadavre d’Antar Zouabri, le dernier chef du GIA en 1999, il se tenait là, avec un cigare, dans une posture de vainqueur, se laissant allègrement photographier après l’opération qui avait décapité définitivement le GIA à Boufarik. Deux ans auparavant, la presse algérienne avait découvert dans son QG des opérations à Sidi Moussa, lors de l’opération de Ouled Allel, ce personnage atypique, au verbe tranchant et aux idées simples quant à “l’éradication” du terrorisme islamiste. S’il mâchait nerveusement son chewing-gum, il ne mâchait pas ses mots pour autant. L’ANP, en pleine tourmente après les massacres de Bentalha, Raïs et Béni Messous, avait un besoin crucial de communiquer et d’expliquer au monde l’horreur qu’elle affronte sur le terrain face aux tueurs du GIA. C’est à Fodhil Chérif que ce rôle ingrat a été dévolu. C’était comme mettre un éléphant dans un magasin de porcelaine. Lui, le baroudeur, l’armée voulait en faire un communicant. L’idée ne lui plaisait guère, et il le faisait savoir aux journalistes en les rabrouant avec sévérité quand les questions étaient “stupides”. Le paradoxe, c’est que les journalistes ont fini par adopter ce personnage qui incarnait magnifiquement l’idée d’un militaire en action.
Car son franc-parler n’avait pas d’égal. Quand il menait des opérations, comme dans le maquis de Tala Acha, il ne pouvait supporter l’échec et avait acquis la réputation d’un dur. Ratissages de nuit, opérations commandos avec les forces d’élite, traque des “émirs” du GIA dans la Mitidja, il ne faisait pas les choses à moitié. Alors que la réconciliation nationale s’enclenchait en 1999, et que l’on devinait qu’il n’était pas franchement pour, il s’en est tenu à la discipline du corps, ne s’exprimant que rarement en politique. Les choses se normalisant dans la Mitidja, il passa ces dernières années au commandement (2000/2004), à traquer les nouveaux maquis du GSPC en Kabylie. Les journalistes le retrouvent lors des inondations d’Alger en 2001, toujours aussi prompt à réagir et à encourager la presse à “ne pas écrire n’importe quoi”. 1 000 soldats ont été mobilisés dans les secours à Bab El-Oued, et lui-même, avait installé sa tente dans le quartier Triolley et n’oubliait jamais de rappeler la nuisance de l’islamisme comme pour cette tragédie lorsqu’il accusa l’ex-FIS d’avoir fait construire le marché de Triolley à l’aboutissement du lit de l’oued qui a débordé.
À une consœur qui le faisait réagir sur la responsabilité de l’État depuis, il réagira sur le terrain politique : “Nous vivons l'intégrisme depuis 1982. Et quelles sont les causes de l'intégrisme si ce n'est la déliquescence de l'État ? On est passé de laxisme en laxisme…”. 24 heures avant la visite du président Bouteflika sur les lieux, c’en était trop pour le général-major qui ose braver ouvertement les politiques. Lucide, Fodhil Chérif savait ses jours comptés au sein de la hiérarchie militaire. Étiqueté “éradicateur” en pleine réconciliation nationale, certains voyaient en lui une anomalie dans le nouveau paysage militaire qui se dessinait, et c’est logiquement, après la démission du général Lamari, qu’il quitta son poste pour sombrer dans un anonymat indigne de son rang et des services qu’il rendit à la nation.
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21st June 2008 10:27 #3
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Samedi 21 juin 2008 -- La dépouille du général-major Fodhil Cherif Brahim est arrivée hier, vendredi, en fin de matinée dans sa ville natale Larhat, localité côtière située à 70 km environ à l’ouest de Tipaza. Une délégation du ministère de la Défense nationale a accompagné la dépouille de l’ex-commandant de la 1re Région militaire. Dans son prêche, l’imam a fait l’éloge de l’un des chefs militaires algériens demeuré humble de son vivant envers les citoyens de sa petite ville. Quelques minutes après l’arrivée du corps, aux environs de 12h, Saïd Bouteflika, le frère du président de la République, est accueilli par l’un des compagnons du défunt, Abdelhamid Melzi. Le général Metidji, directeur de la communication au ministère de la Défense nationale, qui a lu l’oraison funèbre, a rappelé la droiture, l’intégrité, le patriotisme, le dévouement et l’engagement du défunt envers sa patrie pendant toute sa carrière. « Vous êtes un exemple pour nous et l’Algérie est reconnaissante à l’égard de toutes vos actions et votre fidélité à votre pays, déclare-t-il, vous n’avez jamais failli à vos missions à l’intérieur et à l’extérieur de votre Algérie », dira l’orateur devant une foule impressionnante dans laquelle se trouvaient des officiers supérieurs de l’ANP, d’anciens ministres, d’ex-walis, des chefs de daïra, des chefs de partis politiques, des députés des différents courants politiques, des patriotes, des anonymes. On pouvait voir parmi la foule Ali Benflis, Karim Younès, Kamel Bouchama et Moussa Touati, président du FNA. Il y avait aussi quelques généraux, à l’image de Maïza, Djoudi, Bouchouareb qui se détachent d’une manière anonyme de la marée humaine compacte. Certains ont cru apercevoir le général Toufik. Des sources militaires nous ont indiqué que le général-major Gaïd Salah et le commandant de la 1re RM se trouvaient à l’Académie militaire interarmes (AMIA) de Cherchell. L’absence du général de corps d’armée, Lamari, et celle du général Oudaï ne sont pas passées inaperçues en cette pénible circonstance.
Le grand espace s’est avéré à cette occasion trop exigu pour accueillir tout ce monde. « Il s’est investi dans la lutte antiterroriste », nous ont déclaré certains généraux et colonels de l’ANP. « Il n’a jamais reculé dans les moments difficiles, de jour comme de nuit. C’était un véritable homme de terrain, et nous reconnaissons ses compétences militaires », concluent nos interlocuteurs. Au mois de mai dernier, le général-major Fodhil Cherif Brahim était revenu de France, après avoir subi des soins intensifs. Il rejoint immédiatement la station thermale de Hammam Righa pour séjourner pendant 15 jours. Lundi dernier, de son domicile à Alger, il appelle son neveu et confident à la fois pour lui dire : « Mustapha, c’est fini, c’est fini », avant qu’il ne soit évacué en urgence vers l’hôpital central militaire. Il décède jeudi 19 juin 2008. Le fils de Larhat avait demandé à ses proches à ce qu’il soit enterré à côté de son père. Un détachement militaire et des officiers supérieurs lui ont rendu les honneurs. Le cercueil couvert de l’emblème national est transporté par 6 militaires jusqu’à la tombe. Fodhil Cherif Brahim est né le 20 avril 1943 à Larhat. Il est père de deux filles et un garçon. Il s’engage dans les rangs de l’ANP le 1er novembre 1962. Il avait gravi tous les grades de la hiérarchie militaire, avant de se retirer pour jouir de ses droits à la retraite le 7 août 2004. Fodhil Cherif Brahim avait fait partie, entres autres, du Colas (Centre opérationnel de la lutte antisubversive) depuis le début des années 1990. Il quitte l’ANP après avoir dirigé la 1re R.M du 23 février 2000 jusqu’au 7 août 2004. Il venait en toute simplicité à Larhat pour se ressourcer auprès de ses amis, pour être proche de la nature et parler en tamazight. Ce fut le dernier coup de maître du général-major Fodhil Cherif Brahim, pour faire sortir son village natal de l’anonymat, dans une ambiance chargée d’émotion.
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21st June 2008 10:39 #4
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Samedi 21 Juin 2008 -- L’on retient de lui cette décision d’engager les troupes de l’ANP, qu’il dirigeait en tant que commandant de la 1re Région militaire, pour porter secours à la population de Bab El Oued, envahie par les eaux en furie lors des inondations de novembre 2001. Il était le premier sur les lieux, avant même que le wali d’Alger de l’époque ne signe la réquisition. Lui, c’est le général-major Brahim Fodhil Cherif, décédé jeudi après-midi des suites d’une longue maladie.
Connu pour avoir été contre toute compromission avec les groupes terroristes, il reste l’un des officiers supérieurs qui a publiquement assumé ses engagements et dévoilé les carences de l’administration, en dépit des réactions parfois violentes des dirigeants politiques. Sa désignation en 2000 à la tête de la plus importante Région militaire, la 1re, en remplacement du général-major Boughaba Rabah, est intervenue un peu plus d’une année après l’élection présidentielle de 1999. Il venait d’être promu au grade de général-major, après avoir occupé pendant des années, en tant que général, le poste de chef du département emploi et préparation de l’état-major de l’ANP. Poste qui le mettait en relation directe avec la lutte antiterroriste, et le présentait comme le dauphin du général de corps d’armée, Mohamed Lamari, chef d’état-major de l’ANP. Ses déclarations au sujet du laxisme de l’administration, du manque de vigilance et de la démobilisation des patriotes et GLD, à la suite de la concorde civile, font tâche d’huile. « La lutte antiterroriste concerne tout le monde et ne doit pas être l’apanage des seules forces de sécurité (…) Les élargis constituent un terrain important pour la logistique des groupes armés. Ce qui rend la collaboration de la population capitale pour la neutralisation de ces bandes de desperados qui sèment la terreur. »
Ces propos vont le placer dans le clan des opposants à la politique de réconciliation et susciter les pires critiques. Tantôt il est cité parmi les 11 généraux ayant déserté l’armée française, à la fin de la guerre, pour rejoindre l’ALN et servir les intérêts de la France, et tantôt il est accusé d’avoir soutenu l’arrêt du processus électoral en 1991. Mais son engagement sur le terrain va faire de lui un militaire à l’avant-garde de la lutte antiterroriste et un chef au côté des troupes. Il a eu à gérer les crises les plus dures. D’abord, les événements de Kabylie, puis les inondations de Bab El Oued en 2001 et le séisme de Boumerdès, en 2003, où l’ANP s’est illustrée par son intervention rapide. Parallèlement, de nombreux succès dans la lutte antiterroriste sont à son actif. Le plus important est l’élimination de Antar Zouabri, émir du GIA, abattu après une cabale qui a duré plus de 10 ans. Il a gagné l’estime de ses troupes grâce à la promptitude avec laquelle il se déplaçait sur les lieux des attentats pour s’enquérir en personne de l’état des rescapés des attentats. Il a de tout temps été très proche des patriotes et GLD, dont beaucoup lui reconnaissent son soutien moral et matériel. La première fois que les journalistes ont eu à le rencontrer, c’était à Sidi Moussa, lorsque l’armée avait décidé de réoccuper Ouled Allel, quartier général du GIA.
C’était juste après le massacre de Bentalha, et Fodhil Cherif n’était alors que coordinateur de la lutte antiterroriste au niveau de l’ANP. Le travail titanesque de cette opération est censuré par la télévision, pour des raisons jamais connues. C’était en septembre 1997. Moins d’une année après, il est chargé d’expliquer à la délégation parlementaire onusienne dirigée par Mario Soares les circonstances des massacres, notamment autour de la capitale. Il fait bonne impression sur ses interlocuteurs. Ce qui a été pour beaucoup dans sa promotion dans le grade et dans le poste. Mais il ne s’attendait pas à la réconciliation avec les terroristes, tout comme son chef envers lequel il avait une profonde estime. En signe de solidarité avec ce dernier qui venait de démissionner, il décide de se retirer de l’armée après la réélection de Bouteflika en 2004. Son souhait était d’être enterré dans sa petite ville natale de Larhat, située sur la côte cherchelloise, à Tipaza.
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22nd June 2008 00:03 #5
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Samedi 21 Juin 2008 -- Le général-major à la retraite Brahim Fodhil Chérif est décédé jeudi dernier à l’Hôpital central de l’Armée de Ain Naâdja à l’age de 65 ans, a indiqué un communiqué du ministère de la Défense nationale. En cette pénible circonstance, poursuit le communiqué, le ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, M. Abdelmalek Guenaizia, présente à la famille du défunt, en son nom et au nom de l’ensemble des cadres, officiers, sous-officiers, djounoud de l’Armée nationale populaire et personnels civils assimilés, ses «sincères condoléances» en les assurant de «sa profonde compassion, priant Le Tout-Puissant d’accueillir le défunt dans Son Vaste Paradis, de lui accorder Sa Sainte Miséricorde et d’assister les siens en cette pénible épreuve». Le défunt a été inhumé hier au cimetière de Larhat, wilaya de Tipaza.
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22nd June 2008 09:30 #6
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Noureddine Khelassi :
Dimanche 22 juin 2008 -- Au lendemain de l’enterrement de feu Brahim Fodil Cherif dans l’humus de la terre natale, loin du «Carré des Martyrs» et des VIP du régime au cimetière d’El Alia, la presse a rivalisé dans l’usage d’images et de formules pour le dépeindre. Le jour de son enterrement au cimetière des humbles du douar de Beni Ahmed, près de Larhat dans la wilaya de Tipasa, l’ANP, elle, a rendu l’hommage solennel qui sied à un des siens, qui plus est, une grande figure de la lutte militaire et politique contre le terrorisme islamiste. Il y avait là le ban et l’arrière-ban du régime. L’expression du devoir de bienséance et de solidarité avec la famille du disparu traduisait de toute évidence l’esprit de corps qui a toujours animé les composantes civiles et militaires de l’Etat algérien. Ce ciment transcende parfois les divergences qui peuvent opposer les uns aux autres à des moments charnières de l’histoire du pays. Mais certaines absences, comme celles d’un ancien chef d’état-major de l’ANP et d’un des anciens bras droits du général major Brahim Fodil Cherif, soulignent en creux la fin d’un cycle au sommet de l’armée. C’est connu, le général major Brahim Fodil Cherif était, pour reprendre un vocable galvaudé et défraîchi, un «éradicateur» implacable qui s’assumait. Droit dans ses bottes et à l’aise sous le képi comme sous la casquette de combat, il avait en plus la formule et le calembour qui vous mettaient en un tour de phrases les journalistes dans la poche.
Le baroudeur était aussi un communicant de première classe. C’était même le premier de la classe parmi ses pairs militaires, taiseux par définition. Efficace, il assurait le service après-vente de la lutte antiterroriste tout en glanant au passage quelques lauriers personnels. Le personnage savait aussi être sympathique avec sa dégaine d’acteur hollywoodien. Il s’en est même trouvé un confrère sagace pour lui trouver des allures de Lee Marvin. L’antiterroriste avait aussi une casquette de rechange, celle du général humanitaire qui traînait sa silhouette sportive et ses guêtres sur les zones de sinistre. Inondations meurtrières, séisme, le général était à la fois un homme de devoir et de cœur. Il était aussi l’homme modeste qui partageait souvent le thé avec les gens simples, parmi les siens, à Larhat, commune berbérophone du Chenoua. Brahim Fodil Cherif était un Chenoui, selon des témoignages concordants.
C’est archi connu également, ce militaire à la carrière éclectique, était un «éradicateur» idéologique, dans le sens où il estimait que la décrue constante du terrorisme ne signifiait pas pour autant que la guerre politique contre l’intégrisme soit gagnée. Bardé de cette certitude, il sera critique à l’égard de la politique de concorde civile et son corollaire la réconciliation nationale. On a bien dit de lui aussi qu’il aurait même montré quelque tiédeur à soutenir la réélection du chef de l’Etat en 2004. Conjugués, ces deux motifs lui ont permis de «faire valoir ses droits à la retraite», selon la formule consacrée dans la haute administration algérienne. Expression biologique, la disparition de Brahim Fodil Cherif et d’autres figures emblématiques de la guerre contre l’islamisme radical et armé exprime bien la fin d’un cycle. Celui d’une génération issue de la guerre de libération et formée initialement dans les rangs de l’armée française.
Elle dessine en filigrane, mais à grands traits, l’arrivée aux commandes de l’ANP de la génération de l’indépendance. Forcément plus jeune, nécessairement mieux formée et plus apte à assurer la transition de l’armée vers la maîtrise professionnelle de la modernité militaire, elle saisit mieux les enjeux de la mondialisation et le glossaire des nouvelles menaces stratégiques. Depuis 2000, le haut degré de mobilité des élites de l’ANP et leur renouvellement perpétuel témoignent de l’entrée de l’armée algérienne dans une nouvelle ère de normalisation. Normalisation qui se conjugue avec normes et… normal.







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