Mardi 23 Septembre 2008 -- Enfin un livre sur le colonel Mohand Oul Hadj, successeur de Amirouche à la tête de la Wilaya III historique, sorti récemment aux éditions El Amel. Il est l’œuvre de Amar Azouaoui, secrétaire au PC de la Wilaya III de fin 1960 à l’Indépendance, monté au maquis à l’âge de 16 ans et demi. Peu médiatisée, cette figure emblématique de la Révolution avait hérité de lourdes responsabilités à la mort d’Amirouche. Les combattants de l’ALN l’appelaient «Amghar» (le sage), non pour son âge mais pour le profond respect qu’il incarnait ; l’ennemi le surnommait «le vieux renard» pour sa connaissance de la stratégie militaire et la mise en échec des complots ourdis par les officiers de l’armée coloniale, et tout le monde le désignait par le qualificatif de sage pour la justesse de ses décisions toujours mûrement réfléchies, son patriotisme, son esprit de tolérance et ses hauteurs de vue. Pas étonnant dès lors que parmi les instructions qu’il a données à la veille de la proclamation de l’Indépendance, figurait en bonne place l’école. Institution qui avait les faveurs des premières dispositions qui veillaient à leur réouverture et au maintien de celles en fonction même sous la tutelle coloniale pourvu qu’elles permettent rapidement à la jeunesse algérienne de s’instruire.
Dans une sorte de coup de cœur, l’auteur, qui s’est senti un devoir d’écrire ses mémoires pour combler le vide caractérisant le sujet de la Révolution et son tréfonds, les maquis, soulève le problème de l’écriture de l’histoire laissée vacante aux historiens français. Bien que peu exhaustif de la vie et du combat d’un homme apprécié aussi bien pour ses qualités de stratège militaire que d’homme politique au charisme extraordinaire qui a fini ses jours en résidence surveillée, dans son propre village et qui avait déclaré en se retirant de la vie politique qu’il «ne pouvait en aucun cas faire couler davantage de sang algérien », et qu’il «ne voudrait surtout pas assister à un gouvernement algérien remplacer dans ses actions le colonialisme, ces gens pourront mettre fin à mes fonctions mais pas me retirer mes galons, un attribut revenant aux seuls moudjahidine dont certains ne sont plus de ce monde», le livre a cependant le mérite de contribuer à l’écriture de l’histoire, de dire la particularité d’une wilaya et de sa saga historique et de lever le voile sur bien des aspects de la vie et du courage de ce héros de la Révolution qui fut le premier algérien à lever les couleurs nationales à Sidi Fredj le 3 juillet 1962, selon le livre, le 5 juillet d’après l’un de ses fils. Archives filmées par la télévision «qui ne montre jamais le colonel hissant l’emblème», confie un de ses proches.
La thèse du livre, dédiée à «ces hommes dont la démarche laissait apparaître la force de lutter et le courage de mourir, à ces chahids tombés les armes à la main pour un idéal qui semblait lointain…», revient avec quelques détails intéressants sur le destin politico- militaire d’une wilaya, la Wilaya III, confrontée, après la mort de Amirouche sur la route en Tunisie pour régler de nombreux et délicats problèmes avec les dirigeants de l’extérieur, à diverses crises internes : la paix des braves du général de Gaulle, la propagande française ayant suivi la mort de Amirouche, l’affaire des officiers dissidents, l’affaire de la bleuite et enfin à l’opération Jumelles, guerre d’usure et totale menée par 60 000 hommes contre les maquis isolés des populations. Epreuves traversées grâce aux sacrifices consentis par des hommes valeureux, sous le commandement éclairé d’un combattant exceptionnel qui fut la cible d’ un attentat à la batterie piégée, œuvre des services secrets français dans le cadre de ses actions psychologiques.
L’audace autocritique de l’auteur n’a, semble-t-il, pas échappé aux censeurs. Parce qu’il a dénoncé «les tours de passe-passe de certains révolutionnaires de salon essayant de confisquer la Révolution et les fruits de la victoire» au lendemain de l’Indépendance, l’assassinat de Abane Ramdane, le rejet de l’autorité du GPRA, le baâthisme, «ces hommes du général de Gaulle préparés pour l’Algérie de demain», la substitution du congrès de Tripoli au congrès de la Soummam, le scandale des faux moudjahidine via l’opération «portes ouvertes sur les 3 volets», l’auteur aurait vu son livre rejeté à trois reprises par la commission de lecture, selon un de ses proches. Le livre ne met, cependant, véritablement en scène le colonel Mohand Oul Hadj qu’à partir de la page 123, chapitre 3, laissant encore en friche bien des pans de sa vie et de ses rêves libérateurs que les historiens peuvent revisiter à volonté.
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24th September 2008 00:59 #1
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10th November 2008 19:02 #2
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Le livre d'Amar Azouaoui, intitulé le Colonel Si Mohand Oulhadj, chef de la wilaya III, face aux diverses crises internes et à l'opération Jumelles, se veut un hommage au parcours de combattant de l'ancien chef maquisard, retraçant son œuvre réunificatrice d'une wilaya historique meurtrie par les opérations militaires de l'armée coloniale. Ce livre en format de poche, écrit par un ex-secrétaire de poste de commandement (PC) de la wilaya III, au summum du plan Jumelles, offre aux historiens et à tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de la guerre de libération nationale un autre outil dans leur quête de la vérité historique.
Dans ce livre qui vient d'être édité par les éditions El Amel, l'auteur qui a pris le maquis à l'âge de 16 ans, en pleine opération Jumelles, a relaté les conditions l'ayant poussé à intégrer les rangs de l'Armée de libération nationale (ALN), et a donné plusieurs détails sur l'activité du défunt colonel de la wilaya III, qui avait fait face à des conditions difficiles pour l'ALN, comme la «bleuite», le plan Jumelles et la dissidence dite du «mouvement des officiers libres».
Ce livre s'inscrit à la fois dans le récit autobiographique et le témoignage documenté sur le parcours de Mohand Oulhadj en tant que chef maquisard. Tout en donnant des détails sur les conditions de vie dans les maquis, notamment au moment où était déployé le plan militaire du général Challe, il a levé certaines zones d'ombre sur la réconciliation obtenue par le colonel, alors appelé par ses compagnons «le sage», avec les leaders du «mouvement des officiers libres», conduit par l'ancien chef de la région IV de la zone II, le lieutenant Allaoua Zioual.
Sur ce chapitre, Azouaoui a publié le procès-verbal de la réunion ayant mis fin au conflit qui avait failli mettre la wilaya III en péril. Il a écrit à ce sujet : «Le colonel Si Mohand Oulhadj accueillera enfin en homme sage la querelle « familiale « interne […] conduite par le lieutenant Allaoua Zioual.» «Malgré la désobéissance à laquelle il se heurta, il géra ce conflit en véritable père de famille, continuera à maintenir le contact et à apporter à ces moudjahidine toujours engagés dans le combat libérateur l'appui financier «, a-t-il encore écrit.
D'autres épisodes importants de la guerre de libération nationale dans cette wilaya historique, où le défunt colonel avait joué un rôle remarquable, couronné par d'autres victoires de l'ALN, sont cités dans le détail par l'auteur dont, entre autres, sa rencontre avec Salah Zaâmoum, suite à l'affaire dite «la paix des braves « et la gestion des retombées de la «bleuite.»







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