Algeria.com Discussion Forum - Powered by vBulletin


+ Reply to Thread
Results 1 to 2 of 2
  1. #1
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    266,388

    Durant la période ottomane (XVIe - XIXe. siècle), la ville d'Alger était réputée pour le nombre important des bains qu'elle possédait et pour la performance de son système hydraulique. Les sources textuelles arabes et occidentales, les documents iconographiques produits en grand nombre à cette époque ajoutés aux pièces authentiques de première importance émanant des archives de l'administration ottomane et de celles des autorités françaises établies durant les premières décennies de l'occupation, permettent de dresser un tableau général sur l'histoire urbaine et socio-économique des bains d'Alger. Ce livre dresse un tour d'horizon complet sur les bains d'Alger : leur nombre. leur histoire, leur situation dans la topographie de la ville, leur répartition géographique par rapport aux autres fonctions, leur mécanisme d'implantation dans la structure urbaine, leur alimentation en eau et leur relation aux éléments du réseau d'adduction urbain, leur gestion et mode exploitation. Ce dernier aspect touche au problème des fondations waqf dont les bains algérois ont souvent fait l'objet en vertu de leur valeur économique potentielle mise au service des œuvres de bienfaisance.
    Last edited by Al-khiyal; 8th April 2009 at 19:28. Reason: Picture link fixed

  2. #2
    Al-khiyal is online now Super Moderator
    Join Date
    Jan 2006
    Posts
    266,388

    Jaoudet Gassouma :


    Mercredi 8 Avril 2009 -- Il est certains bonheurs qui jaillissent à la lumière de travaux scientifiques qui s’orientent délicatement vers le grand public. Aujourd’hui, le constat est clair : bon nombre de chercheurs, grâce aux facilités toutes relatives mais quand même concrètes, peuvent produire du sens à travers des recherches qui trouvent le chemin du lectorat. Une bonne chose donc qui donne du sens à une histoire algérienne qui se cherche encore. Cette fois-ci, il s’agit d’une thèse de doctorat qui a été quelque peu revisitée et allégée pour permettre l’accès aux informations les plus larges. Madame Nabila Chérif Seffadj nous propose donc un très bel ouvrage paru aux éditions Pups. Paris Sorbonne qui, depuis quelques jours, est diffusé en Algérie. Le livre, d’à peu près 400 pages, est un très beau voyage dans le temps, entre le XVIe et XIXe siècles. Il convient de noter que le travail réalisé par cette docteur en histoire de l’art et préfacé par feue Marianne Barrucand est très intéressant, eu égard à la charge informative qu’il comporte bien évidemment, mais aussi aux différentes sources documentaires qui restent précises malgré un travail de collecte ardu réalisé dans les archives administratives turques, avec la difficulté inhérente aux différents dialectes qui y sont usités. Celles-ci ont été puisées dans les différentes notes administratives, les biens wakfs, les documents comptables ou de jurisprudence. Il faut à cet effet rendre grâce à Mme Seffadj qui est architecte de formation et donc peu encline naturellement à décortiquer des documents, sachant que la «lecture» d’éléments architecturaux et des différents relevés permet une meilleure appréciation des indices du passé.

    Cependant, il est utile de signaler au passage que les hammams de l’ancienne Bahdja, dont certaines sources étrangères, plus d’une soixantaine, avaient disparu par l’entremise de la colonisation française, qui avait morcelé La Casbah en plusieurs lots, éliminant par delà beaucoup de structures et d’édifices. Les hammams, en particulier, étaient placés en bordure des voies d’accès pour de nombreuses raisons pratiques. C’est pour cela qu’ils ont fait les frais du morcellement du colonisateur. «Durant la période ottomane (XVIe-XIXe siècles), la ville d’Alger était réputée pour le nombre important de bains qu’elle renfermait et la performance de son système hydraulique. Les sources textuelles arabes et occidentales, les documents iconographiques produits en grand nombre à cette époque, ajoutés aux pièces authentiques de première importance émanant des archives de l’administration ottomane et des autorités françaises, établies durant les premières décennies de l’occupation, permettent de dresser un tableau général sur l’histoire urbaine et socioéconomique des bains d’Alger», indique Mme Seffadj. L’ouvrage nous est livré comme il se doit avec une toponymie des lieux, un glossaire précis, des index, des plans détaillés et un plan général de la carte des bains qui nous donne une bonne visibilité sur les différents réseaux qui alimentaient ces bains, à l’instar du réseau du Télémly, de celui d’Aïn Zeboudja, du Hamma et de Birtraria.

    Nabila Chérif Seffadj nous livre un excellent travail, dont la technicité impeccable ne prend pas en compte d’une manière totale les différents autres aspects plus sociologiques du hammam. C’est plus un ouvrage de références géographiques, architecturales ou autres, mais très complet à tous les niveaux. Mme Chérif Seffadj est architecte de formation et docteur en histoire de l’art à l’université Paris-Sorbonne. Elle enseigne actuellement à l’Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme et à l’Ecole supérieure des beaux-arts d’Alger. Elle est chercheuse associée à l’UMR 81-67 laboratoire islam médiéval de Paris Sorbonne et membre du projet «Balnéorient : Balaneia, thermes et hammams», «Origines et devenir du bain collectif dans le bassin oriental de la Méditerranée» (Hiso Ma, UMR 51-89 CNRS de Lyon, Institut de recherche sur l’architecture antique FR 2777-Aix-en-Provence et l’IFPO de Beyrouth). Elle nous présente donc un ouvrage assez agréable à découvrir, sur quatre cents pages d’information pure, dans la collection «Islam», dirigée par Marianne Barrucand et éditée par Pups. Paris Sorbonne, 2008.

Posting Permissions

  • You may not post new threads
  • You may not post replies
  • You may not post attachments
  • You may not edit your posts