Mercredi 15 octobre 2008 -- L’écriture de l’histoire peut-elle se faire de manière totalement dépassionnée ? Au regard du débat suscité hier par la présentation du livre du moudjahid Omar Boudaoud du PPA au FLN, la question est toujours aussi sensible. Invité hier à évoquer son parcours immortalisé dans des mémoires, l’invité du Forum d’El Moudjahid est revenu sur les événements qui l’ont marqué avant et pendant la guerre de Révolution. Un témoignage salué par ses pairs même si certains d’entre eux auraient préféré que «toute» la vérité soit dite sans artifice, ni usage de terme édulcoré. «La révolution est faite de héros, de victoire et de trahison. Contre cela personne ne peut rien et lorsqu’on écrit, il ne faut pas édulcorer. On ne peut pas parler de différends quand il s’agit de traîtrise. L’écriture de l’histoire ne doit, à aucun moment, être politisé et les faits ne doivent pas être travestis. Il faut dire clairement que les moudjahidine se sont livrés à un moment une lutte pour le pouvoir et cette situation a rallongé la guerre d’au moins trois ans», a affirmé un compagnon de lutte de Omar Boudaoud. Ce dernier, tout en partageant cet avis, a indiqué que l’écriture de l’histoire était un devoir. Pour cet ancien responsable de la fédération de France, la préparation de la guerre de Révolution date du début des années 20, ajoutant que les événements tragiques du 8 Mai 1945 n’ont fait que précipiter les choses. Mohamed Abbès qui a recueilli, il y a de cela 20 ans, les témoignages de Bendaoud est longuement revenu sur le parcours de ce dernier. Né en 1924, il a rejoint très jeune le PPA. Arrêté après les événements de 1945, il ralliera la France où il devient responsable de la fédération de France puis le Maroc en 1957 et est devenu membre du conseil de la révolution. Membre de l’assemblée constitutif après l’indépendance, il a préféré se retirer de la vie politique après le coup d’Etat de 1965.